Les fondations en 10 questions

Invisibles mais… fondamentales, les fondations supportent le poids de votre maison et assurent son adaptation au terrain. Mais attention : elles doivent être réalisées dans les règles de l’art pour assurer la pérennité de l’ouvrage.

Pas question de transiger sur les fondations ! Cet ouvrage enterré assure en effet la solidité et la durabilité de la maison. Plus précisément, elles garantissent sa stabilité dans le temps en répartissant de manière cohérente les charges dans le sol. Mal conçues et mal réalisées, elles peuvent générer des dommages (fissures par exemple), les plus graves pouvant rendre la maison inhabitable.

Heureusement, vous disposez de nombreux moyens pour éviter ces problèmes au demeurant rares dans la construction. De la recherche d'information aux différents types de fondations en passant par la visite terrain, l’étude de sol et les garanties qui vous sont dues, nous vous donnons les principales clés pour bâtir sur des bases solides et durables.

Une étude de sol permet d’identifier les qualités du terrain et de choisir les fondations ad hoc.

1- Fondations : par où commencer ?

Votre objectif : obtenir le maximum d’informations au stade de la recherche du terrain. Certains indices peuvent en effet vous renseigner sur la nature du sol, laquelle conditionne les fondations donc le prix de la maison. Des murets fissurés ou des arbres inclinés, par exemple, peuvent indiquer que la parcelle est instable. Une enquête auprès des voisins ou de la mairie peut vous donner des renseignements.

Autre piste : le site georisques.gouv.fr. Grâce à ses outils interactifs, vous saurez si votre commune d’élection est exposée aux risques géologiques (séismes, sols instables, etc.). D’autres informations concernant les terrains sont disponibles sur les sites www.prim.net et www.qualiteconstruction.com (c'est le site de l'Agence Qualité Construction).

Fondations : objectif sécurité pour votre maison

2- Quels sont les risques du terrain ?

Si votre terrain est argileux, il est exposé au risque de retrait lors des périodes de sécheresse et de gonflement en cas de fortes pluies. Ce qui peut déstabiliser les fondations et entraîner la fissuration des murs. Certains sols présentent une faible résistance ; c’est notamment le cas s’ils sont remblayés. Vous devrez également tenir compte de la pente, sachant que plus elle est accentuée, plus les travaux d’adaptation seront coûteux. Attention également aux cavités naturelles (sols calcaires par exemple) ou artificielles (galeries souterraines). En zone sismique, des règles de construction spécifiques devront être suivies pour renforcer les fondations. Vous trouverez de nombreuses informations sur le site officiel www.planseisme.fr

3- Comment identifier les problèmes du terrain ?

Le mieux, c’est de faire réaliser une étude de sol dite G2 Mission Avant-Projet (G2 AVP, norme NF 94-500). Si vous êtes propriétaire de la parcelle (ou, à tout le moins, si le compromis de vente pour le terrain est signé), vous ferez appel à un géotechnicien. Il procède à des carottages là où la maison sera implantée, ce qui lui permet de connaître précisément la nature du sol.

Vous communiquerez cette étude de sol au constructeur. Ce dernier fera alors réaliser une étude béton par un bureau d’études spécialisé. Et le type de fondations à employer – donc leur coût – pourra être fixé. Comptez trois à quatre semaines de délais et un prix de 1.000 à 2.500 € selon la pente du terrain, la surface de la maison, la proximité de la route. Si vous n’êtes pas propriétaire de la parcelle, vous devrez obtenir l’autorisation du propriétaire vendeur pour faire réaliser cette étude de sol.

Remblai, eau, pente : trois exemples de terrains difficiles, qui nécessiteront des fondations spéciales.

 

Le diagnostic terrain
Le vendeur de votre terrain doit vous fournir un Etat des risques naturels, miniers et technologiques (ENRT) si la parcelle est située dans un secteur relevant d’un plan de prévention des risques technologiques, d’un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou dans une zone de sismicité. Ce document est annexé au compromis de vente, ce que le notaire doit vérifier. Plus d’infos sur www.anil.org et www.qualiteconstruction.com

Choix techniques pour une maison solide et durable

4- Quel type de fondations employer ?

Si votre terrain ne présente pas de problèmes, la maison reposera sur des fondations peu profondes (80 cm en général) sur semelles filantes. Des tranchées sont creusées, suivant la forme de la maison. On y coule du béton armé sur lequel des blocs béton seront posés. Il est également possible de poser un radier. Cette dalle de béton, à employer sur un sol de moins bonne qualité mais sans problème majeur, répartit les charges de façon homogène. Une fois ces ouvrages prêts, le plancher bas est posé.

Quatre types de fondations.

5- Et si le terrain est difficile ?

Si le « bon sol », celui qui supportera le poids de la maison, se situe en dessous d’une couche instable (remblais), on utilisera des fondations sur puits. On creuse des trous de 80 cm de diamètre et de 2 à 4 mètres de profondeur pour atteindre la couche solide. Il en faut neuf pour une maison d’une centaine de mètres carrés. Une structure métal (ferraillage) y est introduite et ensuite, du béton est coulé. Des poutres en béton armé, les longrines, relient les puits. C’est sur ces dernières que les entrevous supportant les isolants seront posés, le tout étant recouvert d’une dalle de béton autoplaçant.

Panorama : les différents types de fondations

 

6- Et si le terrain est très difficile ?

Certaines parcelles, au sol meuble, n’offrent pratiquement pas de portance. Dans ce cas, des micropieux sont employés. Il s’agit de forer des trous de 6 à 30 m de profondeur selon les cas. Ils sont remplis de béton et contiennent, dans leur partie sommitale, un ferraillage en acier. C’est ici que sont posées les longrines destinées à recevoir entrevous, caissons isolants, membranes d’étanchéité et autres dalles en béton autoplaçant.

Les fondations sont terminées. Les soubassements accueillent poutres de béton, isolants et tuyaux du plancher chauffant.

Construction : parer aux risques

7- Humidité, termites et fondations

Certains sous-sols sont humides. Pour protéger la maison des infiltrations, le constructeur prendra soin de poser un cuvelage. Si les locaux sont habitables (salle de jeux, home-cinéma par exemple), on posera une membrane industrielle assurant l’étanchéité des fondations. Pour les caves et garages, un mortier et un enduit hydrofuge seront nécessaires. Si le terrain est en zone termitée, il fera l’objet d’un traitement spécial pour éliminer ces importuns insectes xylophages (plus d'informations sur termite.com).

Une fois isolants et tuyaux posés, une dalle en béton autoplaçant est coulée.

8- Construction : attention au gel !

Un sol est dit gélif lorsque l’eau qu’il contient, remontant par capillarité, gèle en hiver. Si vos fondations reposent sur un tel sol, l’eau, en gelant, va augmenter de volume. Avec un risque de fissures à la clé. Cet inconvénient est pallié par la garde au gel. Ce terme désigne le niveau de profondeur des fondations à partir duquel elles ne peuvent être soumises au gel et au dégel. La garde au gel varie d’une région à l’autre. En plaine, on compte 25 cm en climat tempéré et jusqu’à 90 cm en Alsace. A partir de 150 m d’altitude, la garde au gel est augmentée de 5 cm par tranche de 200 m d’altitude, quelle que soit la nature du sol.

Fondations : combien ça coûte ?
Difficile de chiffrer précisément les fondations, chaque projet relevant du cas par cas. Notez toutefois que des fondations spéciales peuvent alourdir le budget maison. La facture, dans ce cas, peut atteindre 15 ou 20.000 € de plus par rapport au budget initial. Pour éviter cet écueil, mieux vaux faire une étude de sol et signer un Contrat de construction-loi de 1990, un cadre juridique qui sécurise votre projet sur les plans techniques et budgétaires (voir par ailleurs).

Une maison sous protection

9- Faut-il un vide sanitaire ?

Si le terrain est solide, bien drainé et cohérent à partir de sa surface, la maison peur reposer sur un dallage sur terre-plein. C’est une simple dalle qui recouvre la terre. Mais cette technique est bien moins efficace que le vide sanitaire. A partir des fondations, un mur de trois ou quatre rangées de parpaings est posé. On y dispose les longrines reliées par des chaînages. Entre les longrines, on pose les entrevous isolants. Du coup, le plancher bas de la maison ne repose pas sur le sol, ce qui le met à l’abri de l’humidité et renforce l’isolation. Le vide sanitaire s’adapte à toutes les configurations de terrain, il permet de faire facilement passer les canalisations… Bref, il ne présente que des avantages !

10- Quelles garanties pour les fondations ?

Si vous faites appel à un professionnel travaillant sous le régime du Contrat de construction-loi de 1990, vous bénéficiez d’un cadre très protecteur. Si, après signature du contrat, il s’avère que des fondations spéciales sont nécessaires, les surcoûts sont à la charge du constructeur. Vous signerez un avenant au contrat pour préciser les changements techniques, mais aucune somme supplémentaire ne peut vous être demandée.Avec les autres cadres juridiques (contrat d’architecte, de maîtrise d’œuvre, d’entreprise ou autoconstruction, c’est le particulier qui assume les frais supplémentaires.

Une fois le chantier terminé, les fondations sont couvertes par la garantie décennale. Pour faciliter sa mise en œuvre, vous devez obligatoirement souscrire une assurance dommages-ouvrage (articles L 242-1 du Code des assurances et L 111-30 du Code de la construction). Lorsqu’un sinistre survient, l’assureur vous indemnise et se retourne ensuite contre les responsables. Les particuliers qui ne prennent pas de dommages-ouvrage devront prouver la responsabilité des fautifs. Ce qui est aussi long que compliqué. Voire impossible si l’entreprise mise en cause a fermé boutique.

Construction : clés pour un bon sol
Pour construire sur de bonnes bases, il faut bien connaître la nature du sol. Elle va en effet déterminer le type de fondations à employer pour assurer la solidité de l’ouvrage, ce qui permet également de chiffrer précisément le projet. Pour sensibiliser les familles à cette question foncièrement importante, l’Agence Qualité Construction et l’Institut national de la consommation publient régulièrement de nombreuses informations. La dernière en date : un tutoriel clair, complet et très pédagogique qui donne les clés pour bâtir sans fausse note. www.conso.net, www.qualiteconstruction.com

Publié par
© construiresamaison.com -