Bouger sans seffondrer ! Cest ce qui doit arriver à une maison construite dans le respect de la réglementation parasismique en cas de tremblement de terre important. Cette dernière définit en effet pour lensemble de lHexagone le risque de séisme les secteurs étant classés 1 pour un aléa faible à 5 pour un aléa fort et le dimensionnement de la structure de la maison.
Larchitecture dune maison contrainte par le risque sismique
Si la majorité des départements sont classés 1 (aléa très faible) ou 2 (aléa faible), certains sont en aléa moyen comme les Pyrénées-Orientales. Un classement qui impacte la conception de la future habitation et augmente le budget de lacquéreur. « Si le client souhaite une architecture élaborée, ce sera cher ou parfois impossible à réaliser », rappelle Serges Nauges, P-DG des maisons Serge Olivier qui construit notamment dans ce département situé à deux pas de lEspagne. Les maisons dotées dune grande façade (16 m) devront être ainsi réalisées en plusieurs blocs qui seront séparés par un joint de dilatation. De même, ce dernier sera également obligatoire entre deux niveaux dune habitation dotée dun étage. Pour simplifier les travaux de construction et réduire les coûts, rien ne vaut une forme cubique !
Faire construire votre maison
Une structure rigide
Une étude de sol sera réalisée sur le terrain en tenant compte du plan de la maison pour définir les fondations les mieux adaptées à la nature du sous-sol. Ces documents seront ensuite transmis à lingénieur béton spécialisé en parasismique qui dimensionnera la structure. Dans les secteurs concernés par un risque moyen de séisme, il faudra notamment implanter des poteaux renforcés par lajout dun ferraillage en acier qui ceintureront fenêtres et portes. Une armature en acier devra assurer en outre une bonne liaison entre les poutres et les poteaux ainsi quentre les murs et le plancher afin que la maison constitue un seul bloc. En cas de séisme, cest lensemble de la structure qui bougera évitant ainsi tout risque de dislocation des ouvrages.
Des travaux à surveiller
Une facture qui augmente. Ces travaux nécessitent un suivi pointu comme le rappelle Serges Nauge : « Le conducteur de travaux doit contrôler la pose du ferraillage réalisée par lentreprise avant le coulage du béton. Nous navons pas le droit à lerreur. Le conducteur de travaux est le seul responsable du projet ». Si ces travaux ne sont pas difficiles à réaliser dun point de vue technique, ils sont en revanche coûteux ! Il faut prévoir un surcoût de 5 000 à 6 000 € pour une maison de 100 m² habitables. Une facture qui peut sélever à 10 000 € si le sol est composé dargiles gonflants. Il faut alors implanter des fondations à une profondeur d1,50 m pour éviter quelles se rétractent sous leffet de la chaleur et se dilatent lors dépisodes pluvieux. Un mouvement qui peut provoquer à terme lapparition de fissures sur les murs dans le cas de fondations superficielles.
Plus dacier pour un risque modéré
Si vous construisez dans un secteur où le risque de séisme est classé très faible ou faible par la réglementation sismique, aucun renforcement de la structure de votre maison ne sera nécessaire. En revanche, cest à partir dun risque modéré que la situation changera comme le rappelle le bureau détudes techniques spécialisé dans les calculs sismiques ANT : « La section dacier sera plus importante pour larmature du béton soit un diamètre de 12 mm au lieu de 10 mm pour une maison classique. Côté architecture, il faudra cependant minimiser le nombre et la taille des balcons et consoles de la maison ».
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