Crédit immobilier : les critères des banques pour emprunter

Vous financez votre maison neuve par un crédit ? De votre profil d’emprunteur à la nature de votre projet en passant par l’apport personnel, mode d’emploi pour respecter les critères des banques… Et décrocher votre prêt immobilier !

Les principes de base du crédit immobilier ? « Les banques ne prêtent qu’à ceux qui sont capables de rembourser et elles cherchent avant tout à réduire les risques d’impayés », répond Nicolas Pécourt, directeur de la communication du Crédit foncier. Elles vont ainsi se baser sur toute une série de critères pour vous accorder votre emprunt. Des conditions qui tiennent à vos revenus, à votre situation professionnelle et financière ou encore à votre projet de construction. Inventaire.

La capacité d’endettement. C’est LE critère de base. Avec lui, vous ne pouvez pas consacrer plus du tiers de vos revenus au paiement de votre mensualité de crédit. Aller au-delà est parfois possible, notamment si vos ressources sont très élevées ou si vous présentez de sérieuses garanties à la banque. « Les fonctionnaires, au regard de leur statut plutôt sécurisant, peuvent monter à 35 voire 36% », signale Jauffrey Ianszen, porte-parole du courtier Immoprêt.

Attention : la capacité d’endettement s’entend nette de charges. Les banques la calculent en tenant compte de vos autres crédits (prêts à la consommation par exemple) et de certaines dépenses incompressibles comme les pensions alimentaires. Si vous gagnez 3.600 € net par mois et que ces charges comptent pour 600 € par mois, la règle des 33% va se calculer sur 3.000 €.

Le reste à vivre. C’est la somme qu’il vous reste une fois l’échéance de crédit payée. Ce critère est passé au crible par les banques. Vous devez en effet avoir les moyens de rembourser tout en faisant vivre votre famille et sans risquer l’incident de paiement. Si les banques estiment que votre reste à vivre est insuffisant, elles refuseront votre demande même si vous restez dans les clous des 33% de capacité d’endettement. D’une façon très générale, comptez au minimum 800 € par mois pour un couple plus 400 à 600 € par enfant à charge. Les impôts sont pris en compte dans le reste à vivre, mais pas dans la capacité d’endettement.

Le saut de charges. C’est la différence entre votre loyer actuel si vous êtes locataire et la future échéance de prêt. Elle doit rester raisonnable et cohérente avec vos revenus. Si vous versez 700 € par mois pour votre loyer et que la mensualité de crédit monte à 1.200 €, la banque risque de tiquer et vous aurez du mal à décrocher votre emprunt… Sauf si bien sûr vos revenus ont beaucoup augmenté. Notez que la décision des banques va reposer sur un mix de ces trois premiers critères.

Crédit : votre profil d'emprunteur

Toujours dans leur logique des risques d’impayés, les banques « privilégient les acquéreurs qui présentent une situation professionnelle stable », explique Sandrine Allonier, responsable des relations banques chez le courtier Vousfinancer. En clair : un CDI est recommandé pour décrocher un prêt, au moins pour l’un des membres du couple si vous empruntez à deux. Vous êtes en CDD, entrepreneurs ou indépendants ? La porte du crédit immobilier n’est pas fermée. Vous devrez prouver à la banque que vos revenus sont suffisants et réguliers sur les trois dernières années, en fournissant tous les justificatifs nécessaires. Vous devrez aussi respecter les autres critères des banques. A commencer par la bonne tenue du budget familial.

Les finances personnelles. Vous devrez prouver que vous êtes un bon gestionnaire. « Les banques examinent les trois derniers relevés bancaires pour vérifier si les comptes sont bien gérés, si les crédits personnels ne sont pas trop nombreux, si l’emprunteur montre qu’il sait épargner », précise Maël Bernier, directrice de la communication du courtier Meilleurtaux. Les prêts à la consommation ne sont pas forcément mal vus. Mais ils seront peu nombreux et concerneront des postes budgétaires incontournables comme la voiture.

Les comportements à risques. Attention : certains critères mènent directement au refus de prêt. « Les comptes régulièrement à découvert, les incidents de paiement et les avis à tiers détenteurs sont particulièrement pénalisants », avertit Maël Bernier. De même, attention aux dépenses liées à des sorties trop fréquentes ou à l’abus de jeux en ligne. N’oubliez pas : les banques, en décortiquant vos relevés de compte, connaîtront vos habitudes et la nature de vos dépenses sur cette période. Vous ne pourrez rien leur cacher !

Le crédit immobilier et le critère de santé
Pour obtenir un crédit, vos devez souscrire une assurance décès-invalidité. Le plus souvent, vous remplissez un questionnaire santé pour l’obtenir. Dans certains cas (forts montants empruntés par exemple), un examen médical est demandé. Si vous présentez un risque, l’assurance peut ne pas vous couvrir et le prêt est alors refusé. Si le risque est très important, la convention Aeras (www.aeras-infos.fr) vous permet de trouver une assurance de crédit, et donc de décrocher votre prêt.

Emprunter avec ou sans apport personnel ?

Placer de l’apport personnel dans votre plan de financement facilite l’obtention du crédit. Logique : vos fonds propres rassurent la banque. Si vous savez mettre de l’argent de côté, vous êtes a priori capable de rembourser votre prêt. Et puis, avec de l’apport, vous empruntez moins et/ou sur moins longtemps, ce qui là encore constitue un gage de sécurité pour le prêteur. Par ailleurs, si vous placez des fonds propres dans votre projet, le crédit ne couvrira pas l’intégralité de la dette immobilière. « En cas de revente forcée pour cause d’aléa de la vie, l’emprunteur aura plus de chances de pouvoir rembourser ce qu’il doit même si le prix de cession est inférieur au prix d’achat », indique Philippe Taboret, directeur général-adjoint du courtier Cafpi.

Emprunter sans apport. De plus en plus de banques acceptent de financer les particuliers qui n’ont peu voire pas d’apport personnel. Elles leur proposent des crédits à 100%. Des financements qui couvrent le projet immobilier. Dans ce cas, vous devez payer avec votre apport les frais annexes comme les droits de mutation pour le terrain. Autre option : les prêts à 110%. Ils englobent l’intégralité du projet, frais annexes compris. « Ces crédits à 110 % sont souvent réservés aux jeunes primo-accédants à bon potentiel professionnel », explique Ludovic Huzieux, directeur associé d’Artemlis Courtage. « Pour les obtenir, ils doivent respecter les autres critères bancaires, notamment démontrer qu’ils gèrent bien leurs finances et que leur situation professionnelle est stable. »

Prêt immobilier : un âge limite pour obtenir un crédit ?
Il n’y a pas d’âge limite pour emprunter. En fait, tout tient à l’âge que vous avez au moment où vous signez le crédit. Vous pouvez prendre un crédit sur trente à vingt-cinq ans. A soixante ans, c’est plus difficile. Le problème : l’assurance. Plus l’on vieillit, plus le risque santé est grand, plus l’assurance de prêt est chère. Pour autant, les conditions sont aujourd’hui plus souples. Si vous optez pour une autre assurance que celle de la banque prêteuse, vous pouvez parfois finir de rembourser à… 90 ans !

Votre projet de maison : un critère pour emprunter

Votre projet de construction peut avoir une influence sur vos finances personnelles. Si la maison est trop éloignée de votre lieu de travail, vous devrez prévoir un budget transport plus important, ce qui peut influer sur votre reste à vivre. Mais les banques vont surtout s’intéresser au marché immobilier. Pourquoi ? Tout simplement parce que votre maison garantit le crédit soit directement par une hypothèque, soit indirectement par la caution d’une société spécialisée. « Une maison bien placée réduit les risques pris par l’établissement prêteur : en cas de revente forcée, elle gardera de la valeur et elle résistera mieux à une baisse des prix », argumente Philippe Taboret.

CCMI : trouvez du crédit. Parce que le bien immobilier sert de garantie au crédit, les banques vont se pencher sur le cadre juridique du projet. Si cous signez un Contrat de construction d’une maison individuelle (CCMI-loi de 1990), vous bénéficiez obligatoirement d’une garantie de livraison à prix et délais convenus. Même si le constructeur fait faillite, vous êtes certain que votre nouvelle maison vous sera livrée dans les temps et sans avoir à verser un euro supplémentaire. La banque est donc assurée qu’elle disposera bien d’une garantie pour son crédit. Autrement dit, le CCMI-loi de 1990 réduit les risques, ce qui va faciliter l’obtention de votre emprunt. « De plus en plus de banques ne financent plus que des CCMI-loi de 1990, parce qu’il offre le plus de sécurité à l’acquéreur comme au prêteur », commente Cécile Roquelaure, directrice de la communication du courtier Empruntis.

Les autres contrats. Si vos signez des contrats d’architecte, de maîtrise d’œuvre ou de marchés de travaux avec des entreprises, vous ne bénéficiez pas de la garantie de livraison à prix et délais convenus propre au CCMI-loi de 1990. Ce qui est moins sécurisant pour les banques. Celles qui acceptent de financer ce type de projet vont se renseigner sur le sérieux des professionnels. Vous devrez placer davantage d’apport dans le projet et la durée de votre crédit, selon toute probabilité, ne dépassera pas quinze ans.

Question d’assurances. Les banques vérifient si les professionnels sont assurés, notamment en responsabilité décennale. La plupart d’entre elles refusent de financer des projets qui ne sont pas couverts par l’assurance dommages-ouvrage. Certes, elle est obligatoire dans tous les cas (article L 242-1 du Code des assurances). Mais faute de contrôles, certains particuliers s’en dispense pour faire des économies. Rappelons que cette assurance facilite le déclenchement de la garantie décennale. En cas de problème sur le gros œuvre dans les dix ans qui suivent la réception, l’assureur vous indemnise puis poursuit les entreprises fautives.

Derniers conseils. Vous l’aurez compris : c’est en satisfaisant aux critères des banques que vous obtiendrez votre prêt immobilier. Pour réduire le risque de refus de prêt au minimum, informez-vous et préparez-vous. Quelques mois avant de déposer votre dossier, par exemple, soldez vos crédits à la consommation et nettoyez vos comptes bancaires (pas de découverts). Souvenez-vous également que toutes les banques ne pratiquent pas la même politique commerciale. Certaines acceptent les prêts sans apport, d’autre pas. De même, des banques prêtent sur trente, voire trente-cinq ans, alors que d’autres ne dépassent pas vingt-cinq ans. Rendez visite à plusieurs établissements pour comparer leurs propositions. Autre piste : passez par un courtier. Il connaît les critères et la politique commerciale des banques. Il présentera votre dossier à celles qui ont le plus de chances de l’accepter. Logique : le métier de cet intermédiaire, c’est de vous permettre de décrocher un prêt immobilier.

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