Alsace-Lorraine : le marché de la construction change

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Terrain, architecture, plans, prix, spécificités régionales : pour vous aider à bâtir votre maison ou simplement vous donner des idées, nous avons enquêté sur les tendances de la construction dans le Grand Est. Suivez le guide !

En Alsace comme en Lorraine, le marché de la maison neuve monte en gamme. En cause : des terrains chers, notamment dans les agglomérations de Strasbourg, Mulhouse, Nancy, Metz. Les secteurs frontaliers sont eux aussi touchés par la hausse des prix. « En première périphérie de ces centres urbains et aux frontières, le coût moyen des parcelles varie de 200 à 300 €/m² », indique-t-on chez Innov’Habitat, un constructeur lorrain spécialisé dans la maison à ossature bois.

Autres exemples cette fois-ci recensés en Alsace. « Dans le Bas-Rhin, il faut plutôt compter en moyenne entre 200 et 400 €/m² et jusqu’à 450 €/m² pour des terrains autour de Strasbourg. Alors que dans le Haut-Rhin, c’est un peu moins cher, par exemple sur Mulhouse ou Colmar, où le mètre carré de foncier coûte entre 180 et 250 €/m² », détaille-t-on chez Homelines, un constructeur qui développe son activité sur le territoire alsacien.

Architecture traditionnelle ou contemporaine ?

En Alsace, la grande tendance architecturale est au style contemporain. Toits plats, bâti en briques rouges recouvert de crépis aux couleurs modernes blanc, gris anthracite ou rouge bordeaux, grandes baies vitrées, grands volumes cubiques, menuiseries en aluminium ou en PVC… sont le plus souvent plébiscités par les acquéreurs. Pour accentuer la modernité, certains constructeurs réalisent des décrochés ou de légères avancées de façade pour créer des contrastes ou des rythmes qui expriment la modernité.

Dans certains secteurs ou villages classés, les Plans locaux d’urbanisme (Plu) sont stricts et les projets sont soumis aux impositions des architectes des Bâtiments de France (ABF). Ici, c’est la tradition qui domine, avec des toitures à deux pans en tuiles rouges qui affichent une forte pente (30 à 45 °C). Les façades s’ornent souvent de couleurs pastel. « Sur la route des vignobles, nous avons l’obligation de respecter cette architecture traditionnelle », glisse-t-on chez Maisons Brand (Groupe Hexaôm). « De nombreux villages ont au moins un bâtiment classé. Ce qui demande de respecter l’architecture classique, avec, entre autres exemples, des maisons aux fenêtres foncées et plus hautes que larges », ajoute-t-on chez le constructeur Claude Rizzon.

En Lorraine, la mode est au toit plat et aux maisons plutôt contemporaines. On retrouve de grandes ouvertures pour donner beaucoup de lumière aux intérieurs, des volumes inspirés du cube, mais aussi des jeux de couleur et des décrochés de façade pour personnaliser les maisons.

Sur l’axe mosellan Nancy-Metz, un ancien secteur industriel et minier qui a forgé l’architecture de maisons de mineurs, le style moderne garde cet héritage avec des maisons de forme simple et des couleurs contrastées de blanc, gris ou noir.

Comme en Alsace mais dans une moindre mesure, nombre de communes classées demandent de conserver l’architecture traditionnelle avec des toitures en ardoise à deux ou quatre pans à une inclinaison de pente de 25°. La tendance est aux toitures foncées et aux façades claires. L’ensemble est relevé par une bande de couleur sur le mur.

Plans intérieurs

En matière d’espaces intérieurs, la demande est similaire d’une région à l’autre. À la différence près que les maisons à étage prédominent en Alsace par manque de foncier alors qu’en Lorraine on constate le fort retour de la maison plain-pied lorsque le terrain le permet. Cette dernière disposition est recherchée pour son côté pratique et facilite l’adaptation de l’habitat aux différents âges de la vie.

Comment les plans sont-ils conçus ? « En Alsace, les maisons pour primo-accédants se composent de trois chambres à l’étage dont la chambre parentale avec salle de bains commune et d’un grand salon/séjour au rez-de-chaussée en général ouvert sur la cuisine », répond-on chez Homelines. « La cuisine peut cependant être séparée du salon par une verrière ou par une porte coulissante », note-t-on chez Innov'Habitat.

Les Alsaciens privilégient également la réalisation d’un sous-sol complet pour y faire du stockage, du bricolage ou servir de garage pour la voiture. « Les acquéreurs plus aisés se réservent un espace de bureau à côté du salon au rez-de-chaussée qui servira de chambre pour leurs vieux jours. En attendant, la chambre parentale est souvent sur un demi-niveau au-dessus du garage », remarque-t-on chez le constructeur Maisons Claude Rizzon.

En Lorraine, l’intérieur des maisons, le plus souvent de plain-pied, est constitué de deux parties. La première est la « partie jour » avec un grand salon séjour ouvert sur la cuisine et la seconde la « partie nuit » composée de trois chambres dont la chambre parentale. Cette disposition permet à la famille de se réunir, mais aussi de préserver l’intimité des habitants. Les salles de bains font l’objet d’une attention toute particulière. Au programme : carrelage à grands carreaux, aménagements très design, robinetterie de marque, etc. Une tendance que l’on retrouve aussi en Alsace.

Performance énergétique

Quel que soit le type de configuration intérieure, les maisons alsaciennes et lorraines doivent afficher de très hautes performances énergétiques. Logique : elles doivent affronter un climat continental aux hivers rigoureux et aux étés très chauds. D’ailleurs, la réglementation thermique actuelle, la RT 2012, leur impose de ne pas consommer plus de 65 kWh/m²/an, un plafond ramené à 50 kWh dans les Pays-de-la-Loire et même à 40 kWh sur l’arc méditerranéen, des secteurs au climat moins rigoureux.

Les constructeurs locaux sont bien conscients de l’enjeu. « Ici, le respect de la RT 2012 est plus important que dans d’autres régions », confie Yassine Amara. Côté matériaux de construction, la brique tient 44 % du marché, devant le bloc béton (38 %). Huit maisons sur dix sont bâties sur vide sanitaire, une solution qui renforce l’isolation mais aussi la solidité de la maison. Quant à l’isolation et à l’étanchéité, elles font l’objet de toutes les attentions. « Ces points sont optimisés par des bureaux d’étude qui travaillent de concert avec les constructeurs. On prend ainsi un soin particulier à traiter toutes les sources de déperdition de chaleur », résume-t-on chez Claude Rizzon.

La maison bois

Pour gagner davantage en performance énergétique, certains acquéreurs misent sur la maison à ossature bois. « Nos maisons à ossature bois ont le vent en poupe. Elles sont très isolées par un renforcement de cellulose de bois et de laine minérale à l’extérieur et par des menuiseries triple vitrage. Cette forte étanchéité nécessite une ventilation double flux de la maison pour régénérer l’air intérieur », précise-t-on chez Innov'Habitat. Dans ce cas, les maisons à ossature bois ne demandent qu’un appoint de chauffage à l’aide d’un poêle (à bois ou à pellets), qui peut être complété par un chauffage au sol alimenté par une chaudière à condensation.

En Alsace, le plancher chauffant par une chaudière à gaz est souvent rencontré. « Ce système est favorisé par une bonne desserte en gaz de ville des communes et par son coût moins élevé que celui de la pompe à chaleur même si celle-ci progresse dans les demandes des acheteurs », affirme-t-on chez Maisons Claude Rizzon. Et dans des maisons particulièrement bien isolées, les acquéreurs n’ont besoin que d’une chaudière à moindre puissance pour chauffer. Ce qui entraîne une faible facture énergétique, de l’ordre de 300 à 400 € par an seulement.

À l’inverse, la région n'étant pas toujours bien desservie par le réseau de gaz naturel, c’est la pompe à chaleur qui est privilégiée en Lorraine. Les acquéreurs optent en général pour un système qui alimente en eau chaude un plancher chauffant. 

En Alsace comme en Lorraine, les acquéreurs commencent à être friands de prestations domotiques, notamment pour le pilotage des volets roulants par smartphone. « La domotique peut être ensuite à la carte avec en option le pilotage du chauffage et de l’éclairage par smartphone », relève-t-on chez Homelines. Sans oublier la commande de la porte du garage ou la gestion à distance des systèmes d’alarme.

Les services des constructeurs

Quelle que soit la région, les constructeurs proposent un service complet d’accompagnement de leurs clients. Ils les aident à trouver leur terrain, un service très apprécié dans des régions qui souvent manque de foncier. Grâce à des partenariats bancaires, ils leur proposent des plans de financement personnalisés, spécialement adaptés aux projets de construction. Ils prennent également en charge toutes les formalités, qu’il s’agisse de l’étude thermique ou du permis de construire.

Côté maison, l’ère de l’habitat standardisé est révolue. « Nous proposons un projet très personnalisé, avec pour priorité la satisfaction des besoins comme des désirs du client tout en respectant son enveloppe financière », illustre-t-on chez Innov' Habitat. Il est même possible désormais de réaliser des maisons sur mesure pour les primo-accédants au budget peu extensible.

La grande tendance, c’est l’offre intégrée, globale. Elle comprend la maison, le terrain et le financement. Une solution qui facilite et même accélère le projet tout en le sécurisant. Les constructeurs travaillent en effet sous le régime du Contrat de construction-loi de 1990, le seul cadre juridique à toujours garantir la livraison de la maison au prix et dans les délais convenus lors de la signature. Par ailleurs, le contrat comprend le plus souvent l’assurance dommages-ouvrage, une protection obligatoire qui facilite la mise en œuvre de la garantie décennale. Au résultat, ces offres intégrées remportent un vrai succès. 

Bruno Mouly

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