Construire en secteur dense : les constructeurs montrent l'exemple

Jérôme Augereau
Publié par
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Journaliste chez PAP.fr

Petites parcelles en lotissements, reconversion d’anciennes friches, les constructeurs s’adaptent à tout type de foncier. L’enjeu ? Proposer aux acquéreurs une maison proche des commodités des centres urbains ou ruraux.

Ces trois maisons ont été construites par IGC en secteur dense. © Aurelien Marquot/

Faire construire sa maison dans les métropoles ou à deux pas d’un centre urbain, d’un bourg ? C’est possible ! Les constructeurs de maisons individuelles relèvent le défi. De la Bretagne au Puy de Dôme, les petites parcelles s’imposent de plus en plus dans le quotidien des professionnels qui s’engagent dans la sobriété foncière. Des terrains de 280 m² sont fréquemment proposés dans les lotissements bretons, une surface qui descend parfois à 130 m² ! Les maisons sont alors construites sur les deux limites séparatives du terrain.

🏠🏠🏠Trois ou quatre maisons sont attribuées à un constructeur qui proposera une architecture assez proche pour assurer l’homogénéité des constructions. « Le traitement paysager est imposé par le cahier des charges du lotissement pour assurer aussi la cohérence », détaille Olivier Palain, directeur délégué de Villadim. « Il s’agit d’une clôture grillagée complétée par des végétaux ».

🗣️Le rôle clé de l’architecte coordinateur

Dans ces lotissements devenus plus denses, l’architecte coordinateur a souvent son mot à dire sur le style des constructions. C’est notamment le cas dans le Calvados ; chaque nouvelle tranche de lots commercialisés ayant son identité imposée par l’architecte : couleur des menuiseries, teintes de l’enduit bicolore. « Nous devons présenter les projets de nos clients à l’architecte coordinateur. Sans son accord, pas de permis de construire », rappelle Mouna Saidi, responsable d’agence d’Habitat Concept pour le Calvados. Une architecture contrainte qui peut gêner l’acquéreur qui n’aura pas la maison dont il rêvait. « Mais nous respectons son cahier des charges que ce soient la surface habitable, le nombre de chambres souhaité », précise la dirigeante.

Des jeunes plus conciliants

Ces contraintes sur l’architecture ou la taille des terrains devenus plus petits sont d’autant plus acceptées notamment par les jeunes dont le rapport à la maison individuelle a changé, comme le constate Arnaud Labaune, président de la région Bourgogne Franche-Comté pour le Pôle Habitat FFB : « Pour eux, la maison n’est plus un produit qui se transmet. Et ce n’est pas le lieu où ils finiront leurs jours. Même si la maison reste leur cocon, leur attachement demeure moins fort que les précédentes générations ».

🏭La renaissance des friches

Le foncier devenu plus rare, les constructeurs explorent de nouveaux terrains comme des friches artisanales ou industrielles, situées dans les métropoles comme à Clermont-Ferrand. Une stratégie que détaille Sylvain Massonneau, vice-président du Pôle Habitat FFB : « Il y a beaucoup plus de terrains délaissés que l’on ne croit. Mais les élus communiquent davantage sur les logements vacants que sur ces friches. Pourtant, on peut redonner un nouveau cycle à ces terrains en y construisant par exemple trois petites maisons. Mais cette opération nécessite une ingénierie financière, technique et juridique ».

Faire construire votre maison

À la conquête de la première couronne

En adoptant une architecture différente, certains constructeurs espèrent aussi relancer la maison neuve en première couronne des métropoles comme à Bordeaux où Procivis Nouvelle Aquitaine proposera des maisons de deux étages. À l’image des échoppes bordelaises, ces dernières offriront une surface habitable démarrant à 70 m². « Il y a beaucoup de terrains disponibles en première couronne bordelaise », observe Philippe Petiot, directeur Procivis Nouvelle Aquitaine. « L’objectif est de proposer un projet global terrain et maison à 200 000 € à 7 km du centre-ville de Bordeaux avec le tramway ».

👉Si le financement des maisons devrait être facilité par le prêt à taux zéro, Philippe Petiot envisage de faire plus : « Si le client souhaite effectuer les finitions lui-même, nous n’imposerons pas de maisons clé en main ». Autant d’économies qui peuvent donner un coup de pouce aux jeunes ménages souhaitant devenir propriétaires de leur maison.

Les communes rurales en demande

Alors que la densité de l’habitat doit s’imposer dans les villes, elle trouve aussi sa place dans les communes rurales. Et contrairement aux idées reçues, certains élus sont demandeurs de logements neufs sur leur territoire, comme l’observe Sylvain Massonneau, par ailleurs directeur général de Tradimaisons : « Certaines communes ont besoin de logements sociaux ou d’une résidence séniors qui peuvent être construits à la place d’une grange ou d’un bâtiment agricole inutilisé. Nous pouvons également construire 2 ou 3 maisons et un petit collectif de 4 à 6 appartements ». Preuve que les constructeurs savent retisser une trame urbaine même dans les plus petites communes...


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