Trouver un terrain en Alsace et en Lorraine

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Que ce soit en Alsace ou en Lorraine, l'offre de terrains à bâtir est bien réelle, notamment en lotissement. Les prix varient considérablement selon les secteurs concernés.

Comme Marion et Valentin, vous cherchez à faire construire ? Vous allez donc devoir dénicher un terrain avant de concevoir votre projet avec le constructeur. « Nous ne pouvons pas dessiner une maison sans connaître le terrain », prévient Matthieu de Bovillier des maisons Booa. Vous êtes prévenu.

Alors, à qui s’adresser ? Comment être sûr qu’il peut recevoir votre maison et qu’il la valorisera à terme ? Autant de questions que vous vous posez sans doute et c’est bien normal. Bien sûr, vous pouvez consulter les petites annonces des sites internet, des agences immobilières, des lotisseurs… Mais, un conseil : faites-vous plutôt aider du constructeur. Lui saura reconnaître les qualités d’un bon terrain et vous prodiguera de précieux conseils. Regardez aussi la formule terrain + construction souvent proposée. Cette solution a des avantages. Comment ça marche ? Le constructeur repère des terrains faciles à construire, s’occupe de toutes les vérifications nécessaires et imagine le modèle de maison qui s’adaptera le mieux à la configuration de la parcelle. Vous n’avez donc, en principe, aucune mauvaise surprise à attendre mais vous disposez sans doute d’un peu moins de latitude que si vous choisissiez le terrain vous-même.

Attention : un terrain en lotissement est souvent plus petit qu’un terrain en diffus, car plutôt situé en ville ou à proximité. Mais, il est forcément constructible. En revanche, une parcelle en diffus nécessite des précautions. Est-elle viabilisée par exemple ? À défaut, vous devrez chiffrer le coût des travaux nécessaires. En outre, ne négligez pas certains aspects en matière d’urbanisme et de réglementation (règles de construction, risques d’inondation, de glissement de terrain, etc.).

Renseignez-vous auprès de la mairie et épluchez le Plu (Plan local d’urbanisme) qui fourmille d’informations. Ne vous privez pas non plus de demander un certificat d’urbanisme simple ou opérationnel (seulement si vous avez déjà les plans). Il vous précisera si la maison prévue sur le terrain est faisable au regard des règles d’urbanisme.

Attention aussi aux zones argileuses ! « On rencontre surtout ce type de problème au nord de Strasbourg et dans le sud du Haut-Rhin, mais nous faisons systématiquement une étude de sol et construisons sur vide sanitaire, pas sur terre-plein », explique Thomas Missemer, vice-président du Pôle Habitat FFB de la région Alsace et président des Maisons Brand et Néo (groupe Hexaôm). Quoi qu’il en soit, une étude géotechnique doit être fournie par le vendeur qui cède un terrain dans une telle zone.

En lotissement, les terrains sont plus petits.

Chers terrains alsaciens

Si la qualité du terrain est primordiale, sa superficie et sa situation le sont tout autant. L’Alsace et la Lorraine ont beau être voisines, elles offrent des caractéristiques différentes, ce qui n’est pas sans conséquence sur le prix des terrains.

L’Alsace ne comporte que deux départements : le Bas-Rhin et le Haut-Rhin. Ceux-ci ont d’ailleurs fusionné au 1er janvier 2021 pour devenir la Collectivité européenne d’Alsace (CEA), nouvelle entité disposant pour l’instant des mêmes compétences qu’un département auxquelles s’ajoutent quelques prérogatives en matière de coopération transfrontalière, de gestion des routes, de tourisme…

Sur ce petit territoire de 1,9 million d’habitants, coincé entre plaine du Rhin, Vosges et, de surcroît, frontières allemandes et suisses, les terrains sont rares et chers. D’autant que le vignoble y occupe aussi une bonne place. En outre, « depuis la Convention citoyenne, il a été décidé de diviser par deux les terrains à construire de façon à limiter l’artificialisation des sols, ce qui va encore faire monter les tarifs. Pour l’instant, les propriétaires ont tendance à les vendre avant qu’ils deviennent inconstructibles », confie Thomas Missemer.

En première couronne de Strasbourg, « un are vaut 30.000 à 40.000 € », affirme Stéphane Aufsatz, des maisons Claude Rizzon. À Illkirch-Graffenstaden, une parcelle de 400 m2 peut se vendre plus de 210.000 €. À Eschnau, un terrain de 800 m2 s’affiche à 200.000 €. « Sur les emplacements les plus recherchés, l’are peut même grimper à 80.000 € », indique Thomas Missemer.

À Haguenau, au nord de Strasbourg, les terrains sont un peu plus grands. Comptez 170 000 € pour 700 m2. Colmar n’est pas non plus à la portée de toutes les bourses. Un terrain de 739 m2 y est proposé à 337.000 €. Un autre de 549 m2 à 164.000 €.

À Mulhouse, tablez sur 120.000 à 150.000 € pour une parcelle de 350 à 400 m2. « Non loin de la ville, les parcelles de 300 m2 valent 30.000 € l’are », reconnaît Christophe Casadeï, de Maisons Stéphane Berger. Si vous travaillez en Suisse, des villages frontaliers au sud du département, proches de Bâle, proposent des parcelles de 300/400 m2 entre 50.000 et 100.000 €.

En Lorraine, les terrains sont plus abordables qu'en Alsace.

Des lots plus abordables en Lorraine

Sur ses quatre départements (La Meurthe-et-Moselle, la Meuse, la Moselle et les Vosges), la Lorraine compte seulement 2,3 millions d’habitants. Entre plaines agricoles et montagnes, son cœur balance. C’est dans la Meuse et les Vosges que les prix sont les plus abordables. À Bar-le-Duc ou Verdun, les tarifs tournent autour de 35.000/45.000 €. Idem à épinal pour une parcelle de 400 m2.

En Meurthe-et-Moselle, un terrain de 700 m2 autour de Nancy se vend entre 50.000 et 100.000 € selon sa situation. En Moselle, l’axe Metz/Thionville devient inabordable. Beaucoup de Mosellans travaillant au Luxembourg, dotés d’un bon pouvoir d’achat, cherchent à faire construire dans les parages. « Autour de Metz, les parcelles de 500 m2 se négocient 100.000 à 180.000 € », confie Faruk Karaburc. À condition d’en trouver. Le long de l’A31, la pénurie guette. Résultat, les acquéreurs se déportent vers l’A30 (Hayange, Longwy...). À Forbach ou Longwy, compter 50.000 à 100.000 € et en zone rurale, 12.000/13.000 € l’are, voire moins.

Par Christine Lambert