Quand la présidentielle oublie la maison…

Pierre Chevillard
Mis à jour par
le 18 mars 2022
chez PAP.fr

Si le logement trouve un peu de place dans les programmes des candidats à la présidentielle, la maison individuelle neuve n’est pratiquement jamais évoquée. Alors qu’elle a bien des atouts à faire valoir !

© Prill iStock/ Getty Images

La liste officielle des candidats à l’élection présidentielle a été bouclée le 7 mars 2022. Ils sont douze à se présenter au premier tour de ce scrutin, qui aura lieu le 10 avril prochain. Et tous font assaut de propositions. Economie, lutte contre le changement climatique, questions sociales, jeunesse, éducation, rien n’est laissé au hasard. Sauf pour le logement. Pour l’essentiel, la priorité est donnée au secteur locatif social, à la rénovation, à la densification urbaine, à une très floue relance de la construction… Plus hardis, certains candidats comptent soutenir l’accession à la propriété. Les uns misent sur la séparation du prix terrain de celui de la construction pour alléger les coûts. D’autres envisagent une baisse des frais de notaire où l’extension du PTZ à toute la France avec le même montant accordé (aujourd’hui, cette aide à l’accession compte pour 40 % du prix du projet dans les grandes agglomérations et pour 20 % ailleurs).

Enjeux. « Le logement en général et plus encore le neuf et la construction de maisons sont très peu évoqués par les candidats » pointe Grégory Monod, le président du Pôle Habitat de la Fédération française du bâtiment. « C’est regrettable car le sujet, crucial, mérite un meilleur traitement. Il faut construire : les besoins sont très forts, la maison neuve permet de développer les territoires et son exceptionnel rapport qualité/prix préserve les finances des ménages. » Pour Damien Hereng, président de la Fédération des constructeurs (FFC), « Les discours, les propositions ne sont pas à la hauteur des enjeux. Le logement est au cœur de nombreuses problématiques comme le pouvoir d’achat, les retraites, la transition écologique, l’urbanisme… Une politique du logement dynamique apporterait des réponses durables à toutes ces questions et éviterait bien des problèmes économiques et sociaux. » 

Réponses. Constructifs, les professionnels font assaut de propositions. Le Pôle Habitat de la FFB milite notamment pour l’instauration d’aides financières. Outre le rétablissement d’un PTZ à 40 % du projet dans toute la France, cette organisation demande l’instauration d’un crédit d’impôt de 15%, un bonus qui profiterait aux acquéreurs sur leurs cinq premières années d’emprunt. Le Pôle Habitat FFB s’inquiète aussi des mesures prises contre l’artificialisation des sols, qui vont raréfier l’offre de terrains. Cette organisation avance vingt-cinq propositions pour « concilier sobriété foncière et attrait des candidats pour l’habitat individuel. » De son côté, la FFC estime qu’il « faut laisser aux Français la liberté de choisir l’habitat qui leur convient, la Maison Individuelle pouvant conjuguer largement accession à la propriété pour tous, qualité de vie et vitalité des territoires. »

Perspectives. Reste à savoir si les organismes de constructeurs seront entendus en ces temps perturbés. La guerre en Ukraine et ses conséquences risquent fort de reléguer le logement comme bien d’autres domaines au second voire au troisième rang des programmes des candidats à la présidentielle. Il faudra sans doute attendre les législatives de juin prochain pour savoir à quelle sauce le logement sera accommodé. En attendant, les Français qui souhaitent faire construire ont sans doute intérêt à ne pas tarder à poser leur première pierre. D’autant que la conjoncture se montre encore favorable. Les taux immobiliers restent bas malgré leur récente remontée, les banques ont besoin de clients et veulent prêter, il reste des terrains à bâtir, les constructeurs proposent une offre variée et ils ont mis en œuvre de nombreux services pour faciliter les projets de leurs clients.


La rédaction vous conseille