Gros plan sur le toit

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Des règles d’architecture aux garanties en passant par les normes techniques, les matériaux de couverture et la performance énergétique, ce dossier vous livre tout ce que vous devez savoir sur la toiture de votre maison. Suivez le guide !

La toiture est primordiale dans la construction d’une maison. La bonne réalisation de cette « cinquième façade » est un enjeu décisif pour assurer le confort de ses habitants, notamment en matière d’isolation et d’étanchéité. Elle dessine aussi l’esthétique de la maison tout en répondant aux critères techniques obligatoires et de réglementation locale en matière d’urbanisme et d’architecture. Pour vous aider à mieux connaître cet élément incontournable de la maison et faire les bons choix, nous vous proposons ce dossier… constructif !

Quelle réglementation ?

Votre toiture doit répondre aux normes techniques de construction en vigueur (réglementation thermique 2012) en utilisant des matériaux et procédures de mise en œuvre régis par les normes des Documents techniques unifiés (DTU), véritables « bibles » de la pose des éléments du bâtiment.

Règles d’urbanisme. La toiture doit respecter la réglementation locale des Plu (Plans locaux d’urbanisme) que vous devez consulter en mairie. Attention : si votre projet est situé dans un secteur sauvegardé autour des monuments historiques ou dans un périmètre adjacent de 500 mètres, vous devez obtenir le feu vert de la part des architectes des Bâtiments de France (ABF) dont l’avis prévaudra sur celui de la commune.

Economique, la tuile béton s’adapte à tous les styles. www.monier.fr

Un devis pour votre toit. Si vous faites appel aux services de professionnels (charpentier, couvreur, etc.), demandez plusieurs devis détaillés pour comparer les solutions proposées et les tarifs. N’hésitez pas à réclamer des précisions sur les plans qui vous seront remis : perspective pour la vue d’ensemble, plans de coupe verticaux qui vous indiqueront les cotes et les dispositions extérieures (niveaux des corniches, frontons, lucarnes, pignons, faîtage, etc.) et intérieures de la charpente, du plafond des combles, de l’isolation thermique choisie et des hauteurs intérieures.

Côté constructeur. Si vous signez un Contrat de construction d’une maison individuelle-loi de 1990 avec un constructeur, notez que les différents éléments de la toiture (charpente, couverture, étanchéité, etc.) sont inclus dans le prix global, forfaitaire et définitif fixé par ce document. En d’autres termes, le tarif n’est pas détaillé. N’hésitez pas à demander au constructeur quels sont les produits et solutions techniques qu’il vous propose et quel est leur coût.

Question d’adresse

La France est divisée en trois zones climatiques qui vont définir des contraintes de construction de la toiture. La zone I comprend tout l'intérieur du pays avec une altitude inférieure à 200 mètres. La zone II concerne toute la façade atlantique de la Bretagne au Pays basque et sur une étendue de 20 km vers l'intérieur des terres, ainsi que les zones dont l'altitude est comprise entre 200 et 500 mètres. La zone III regroupe les côtes de la mer du Nord et de la Manche (20 km à l'intérieur des terres), une partie de la côte atlantique, la vallée du Rhône, la Provence, le Languedoc-Roussillon et la Corse, ainsi que les régions avec une altitude supérieure à 500 mètres.

Tenir compte du climat. Pour chacune de ces zones climatiques, la pente, la conception et les matériaux des toitures vont devoir obéir à des règles précises. De plus, au sein de chacune de ces zones, il faut tenir compte de la situation de la maison : en situation protégée du vent dans toutes les directions potentielles (au fond d'une cuvette cernée de collines) ou au moins du côté où les vents sont les plus violents, en situation normale en plaine ou sur des plateaux avec peu de dénivellations, en situation exposée, sur le littoral maritime sur une profondeur de 5 km, dans des vallées étroites avec beaucoup de vent ou en montagne.

En secteur protégé, le choix de la tuile est conditionné par les règles d’urbanisme. www.terreal.com

 Bien charpentée

La couverture de votre toiture repose sur une charpente qui va donc en supporter le poids ainsi que celui des installations éventuelles (cheminée par exemple), tout en tenant compte des intempéries (chute de neige, résistance au vent notamment). En d’autres termes, il s’agit de concevoir et de poser un ouvrage aussi solide que durable.

Exemple de charpente en bois massif. www.maison-de-cedre.fr

Du bois sous le toit. Souvent réalisée en bois (massif ou lamellé-collé) traité pour améliorer ses performances et résister aux nuisances type champignons ou termites, la charpente revêt différentes formes, notamment si vous décidez d’opter pour des combles aménageables ou non, ce que ne permet pas la traditionnelle charpente à fermes (structure porteuse) et fermettes. La pente de la charpente doit avoir une hauteur minimale de 1,80 mètre dans les combles pour qu’ils soient aménageables et confortables.

Fermettes industrielles. Il s’agit de chevrons de faibles sections le plus souvent en bois, assemblés en atelier à l'aide de connecteurs métalliques. Les fermettes sont alignées proches les unes des autres pour supporter le poids de la toiture et renforcées perpendiculairement par des pannes (barres transversales) dont celle coiffant la structure, la panne faîtière. Des voliges et des liteaux vont compléter la structure pour supporter la couverture. La forme de la charpente peut comporter des croupes, des pans en biais qui, du côté du pignon, sont triangulaires en un ou deux pans inclinés dont l'un est un triangle et l'autre un trapèze.

 Isolation et étanchéité

Une bonne isolation de la toiture permet d’obtenir un gain thermique allant jusqu’à 5° selon les matériaux choisis, et donc plusieurs centaines d’euros d’économies sur vos factures d’énergie. Toujours selon les matériaux les modes d’isolation et d’étanchéité retenus, cela permet d’améliorer le confort acoustique de la maison et de lutter contre l'humidité, pour éviter les apparitions de moisissures. Les férus de technique noteront que pour être conforme à la RT 2012, la toiture doit afficher un coefficient de résistance thermique R égal ou supérieur à 8 m².K/W (plus le R est élevé, plus l’ouvrage est performant).   

La mise en œuvre. Elle sera différente selon que vous avez réalisé une toiture à combles perdus ou aménageables. L’isolation (laine de verre ou de roche, mousse ou ouate de cellulose projetées, etc.) sera installée sur les plafonds dans le cas des combles perdus ou sous la toiture en sous-face de rampants dans le cas de combles aménageables. Les toitures des maisons neuves sont très rarement isolées par l’extérieur. Très efficace, cette solution nécessite une grande rigueur dans la pose et elle reste bien plus chère que l’isolation par l’intérieur.

L’écran de sous-toiture doit laisser la maison respirer en étant perméable à la vapeur d’eau. www.siplast.fr

Et les toits plats ?

De plus en plus de maisons neuves adoptent un toit plat ou toit-terrasse. Une tendance qui s’explique par la cote croissante des architectures contemporaines, des volumétries dérivées du cube. Mais aussi par l’adaptation à la RT 2012. Les toits plats cadrent bien avec la conception bioclimatique, qui permet d’optimiser les apports naturels pour économiser l’énergie et favoriser le confort. Le plus souvent, c’est ce type de toiture qui est végétalisé. Attention : certaines communes interdisent les toits-terrasses. Avant de lancer votre projet, rendez-vous en mairie pour vérifier si le Plan local d’urbanisme le permet.

Cote en hausse. Sur le plan technique, les toits plats ne posent guère de problème. La conception est simple et il n’y a pas besoin de créer des raccords de toiture. La création de décrochés de façade est ainsi bien plus simple. L’étanchéité est assurée par des membranes fixées sur l’isolant, une solution plus solide et plus durable que les revêtements bitumineux employés autrefois. Les toits-terrasses nécessitent davantage d’isolant par rapport à une toiture en pente et il faudra ajouter à la maison quelques rangs de parpaings ou de briques. Son coût est donc un peu plus élevé que celui des toits en pente.

La végétalisation des toits-terrasses renforce l’isolation et offre un meilleur confort d’été. www.soprema.fr

 Couverture et accessoires

Vous ne pourrez pas choisir n’importe quel type de matériau (tuiles, ardoises, bacs acier, etc.) ou d’accessoires (fenêtres de toit, gouttières) pour réaliser votre couverture. Vous devez tenir compte de la forme de la charpente (plate, à pans, etc.), de l’inclinaison de la pente du toit ou bien encore des contraintes techniques et réglementaires en vigueur.

Choisir vos matériaux de couverture. Commencez par vérifier le Plan local d’urbanisme, en mairie, ou le cas échéant le règlement de lotissement pour connaître les matériaux de couverture autorisés. Vous trouverez sur le marché toute une série de tuiles en terre cuite adaptées à chaque style régional. Moins cher, la tuile béton donne le même rendu esthétique. Autre option : l’ardoise. Naturelle, elle offre un vrai cachet à la maison mais reste chère. L’ardoise synthétique est plus abordable, mais sa durée de vie est plus limitée.

Un projet bien préparé. L’ensemble des éléments nécessaires à la construction ou à la rénovation de la couverture doit être anticipé pour pouvoir réaliser une pose complète et sans défauts. L’objectif : limiter les risques de ponts thermiques, mais aussi prendre en compte les calculs de charges par exemple, pour une fiabilité et une durabilité maximales.

Cette tuile blanche est adaptée aux maisons contemporaines du sud de la France. www.terreal.com

Entretien au sommet
La toiture n’a besoin d’être nettoyée qu’une à deux fois par an. La première fois au printemps, pour s’assurer que les agressions subies pendant l’hiver (gel, grêle, etc.) n’ont pas causé des petits dommages au revêtement. La seconde fois à l’automne, lorsqu’il faut débarrasser le toit des débris : feuilles mortes, petites branches, moisissures, mousses, lichens, champignons, etc. Attention : si vous vous chargez vous-même de l’entretien, n’oubliez pas la sécurité et attachez-vous !

Un toit sous garantie

En maison neuve, la pose de la toiture est une affaire de professionnel. Elle fait en effet partie du gros œuvre et nécessite une vraie expertise technique. Il s’agit de bâtir un ouvrage solide et durable dans le respect des règles de l’art, qui sont spécifiées dans les Documents techniques unifiés, véritables manuels officiels de mise en œuvre.

Garantie décennale. Votre toiture fait partie du gros œuvre de votre maison. A ce titre, elle est protégée par la garantie décennale dont vous bénéficiez obligatoirement lorsque vous faites construire. Cette garantie couvre les désordres ou défauts qui affectent la solidité de l’ouvrage et/ou qui rendent la maison impropre à l’habitation. Vérifiez que le professionnel est bien assuré en responsabilité décennale.

Bien assuré. Pour faire jouer plus la garantie décennale, vous devez souscrire une assurance dommages-ouvrage. Elle est obligatoire quel que soit le cadre juridique du projet, comme le précise l’article L 242-1 du Code des assurances. En cas de problème de nature décennale sur votre toiture, vous contactez votre assureur en dommages-ouvrage. Il réalise une expertise et vous indemnise pour que vous puissiez financer les réparations. Puis il se retourne contre les entreprises responsables. Sans dommages-ouvrage, c’est à vous de prouver la faute des entrepreneurs, ce qui est plus long et plus difficile. Attention : la dommages-ouvrage ne prend pas en compte les dégâts provoqués par la météo (tempête par exemple). Ici, c’est votre multirisque habitation qui entre en jeu.

Toiture et contrat. Si vous signez un Contrat de construction (CCMI-loi de 1990,) le paiement de la maison est échelonné au fur et à mesure de l’avancement du chantier. Vous devez avoir payé 60 % du prix au moment de la pose de la toiture (mise hors d’air). Avant de procéder à cet appel de fonds, vous visitez toujours le chantier pour vous assurer que les travaux ont été réalisés dans les règles de l’art. Avec les autres types de contrat (maîtrise d’œuvre, marchés de travaux), les modalités de paiement sont négociées entre les parties, tout comme le droit de visite. 

Le métal (ici du zinc revêtu de titane) peut aussi être employé pour la toiture. www.rheinzink.fr

Et les gouttières ?
Gouttières, chéneaux, descentes et autres accessoires de toiture sont indispensables pour faciliter l’écoulement des eaux de pluie. Ces équipements sont disponibles en différents matériaux (zinc, cuivre, PVC, etc.), et dimensions, à adapter à la superficie de votre toiture et la pluviométrie locale. Vous pouvez aussi installer en complément un dispositif de récupération des eaux de pluie pour arroser votre jardin. Attention : le lavage de la voiture, avec de l’eau de pluie comme avec celle du réseau, est interdite pour éviter le rejet de produits polluants dans l’environnement.

 Sophie Fichepain