Faire construire une maison dans les Hauts-de-France

Pierre Chevillard
Mis à jour par
le 28 avril 2022
chez PAP.fr

Si les prix des terrains peuvent beaucoup varier en fonction des villes de la région, les maisons affichent de nombreux points communs, à commencer par le confort et la performance. Découverte d’une région constructive.

Une architecture sophistiquée pour cette belle familiale sur mesure. © SheilaSay/Shutterstock

Dans les Hauts-de-France, la maison, c'est la forme d'habitat préférée des familles. Une cote d'amour qui profite à la construction. « Dans cette région qui compte plus de six millions d’habitants, dans les grandes métropoles comme Lille, Amiens, Dunkerque ou Boulogne, mais aussi dans de nombreuses communes rurales et dans la longue frange littorale qu’est la côte d’Opale, la maison neuve résiste dans un contexte de hausse du prix des terrains, du coût des matériaux et des taux immobiliers », souligne Antoine Vandromme, directeur régional Hauts-de-France et directeur général adjoint du groupe Hexaôm. Pour satisfaire tous les budgets, les constructeurs proposent un choix plutôt étoffé. Chacun d'entre eux se positionne sur des créneaux précis, des groupes comme Hexaôm, BDL ou encore Tisserin déclinant plusieurs marques correspondant à différentes catégories d'acquéreurs.

Architecture : une affaire de style

La maison, les familles l’imaginent avant même de prendre rendez-vous chez un constructeur. Les unes la voient très contemporaine aux allures de maison d’architecte, les autres la désirant classique ou traditionnelle avec des matériaux rappelant l’identité régionale. Du rêve à la réalité, il faut s’accorder avec le Plan local d’urbanisme (Plu), avec les injonctions des architectes des Bâtiments de France (ABF) si le projet est en secteur protégé, avec le cahier des charges du lotissement et avec la configuration du terrain. Des points à toujours creuser avec le constructeur pour prendre les bonnes décisions.

La maison en brique est la référence des Hauts-de-France. Mais, souligne Pascal Allavoine, directeur de Tisserin Maisons Individuelles, « compte tenu de la hausse du coût de l’énergie, la brique est moins utilisée au niveau de la construction. Elle fait un clin d’œil à la tradition locale lorsqu’elle s’emploie en parement ». Et rappelle Antoine Vandromme, « la brique peut être imposée par les communes, mais c’est un vrai luxe ». Sur une maison de 150 000 € par exemple, le budget brique s’élève à 25 000 €. Dès lors, comme le note Hervé Degaille « on peut marier divers matériaux comme la brique, l’enduit et le bardage bois, à condition de respecter une certaine cohérence architecturale ».

Côté toiture, « dans la Somme ou le Pas-de-Calais, la pente est à 45 % avec deux pans si la maison compte un étage et quatre pans pour une maison de plain-pied avec, selon les secteurs, la tuile en terre cuite ou l’ardoise », note Béatrice Wynands, présidente des Maisons Les Naturelles (Groupe Hexaôm). Dans l’Oise, au nord de Beauvais, la maison s’enjolive souvent de lucarnes et de modénatures de façades. De quoi souligner les formes traditionnelles en leur donnant un vrai caractère.

Le contemporain peut trouver sa place. « La toiture est plate, parfois végétalisée à la demande des architectes des Bâtiments de France. Mais cela revêt un coût pour parfaire l’étanchéité », reconnaît Thomas Boudjema, directeur commercial chez ABJ Constructions. « La toiture-terrasse, parfois végétalisée, représente un micromarché. Certains propriétaires la rendent parfois accessible et privative au-dessus d’une chambre », observe Béatrice Wynands. Le garage reste accolé à la maison pour éviter des décrochés et une rupture de ponts thermiques.

Chauffage : la pompe à chaleur plébiscitée

Comme souvent, la maison intègre une grande pièce à vivre qui constitue son espace principal. Elle comprend un coin salon quelquefois partagé ou distinct d’un coin home- cinema ou télétravail et de la cuisine attenante parfois séparée par une verrière type
industriel. « La suite parentale reste une pièce privilégiée regroupant chambre, salle d’eau et dressing pour garder un peu d’intimité, mais aussi pouvant servir à accueillir lorsque les enfants sont partis, un parent souffrant de mobilité réduite », observe Thomas Boudjema. « On voit poindre une suite adolescente avec salle d’eau particulière », remarque Béatrice Wynands.

Le confort d’une maison s’exprime aussi par son mode de chauffage. Dans le Nord, malgré une tradition longtemps liée aux énergies fossiles, c’est aujourd’hui la pompe à chaleur (Pac) qui domine. Un appareil facile d’utilisation et d’entretien qui assure un confort très apprécié. « La Pac air-eau produit de l’eau chaude sanitaire et est connectée à un plancher hydraulique qui chauffe en hiver la pièce centrale. En cas de réversibilité, un plancher rafraîchissant fonctionne l’été. À l’étage, les radiateurs électriques, avec thermostat, sont de mise », note Hervé Degaille, commercial chez Constructions Piraino.

Dans l’optique d’un plafond chauffant avec l’option Pac air-eau, il faut savoir que cette solution s’avère plus onéreuse que celle d’un plancher chauffant, mais elle est plus efficace, aucun élément comme un meuble ou une lampe n’empêchant son action. Et dans tous les cas, la surface de baies vitrées exigée par la réglementation autorise moins de murs pleins et donc moins de radiateurs classiques en place, favorisant plafond ou plancher chauffant. Certains acquéreurs optent pour la pompe à chaleur air-air, réversible
avec confort d’été. Mais avec cette Pac air-air, un ballon thermodynamique doit assurer l’eau chaude sanitaire.

Energie : isolation et étanchéité renforcées

La réglementation environnementale RE 2020, qui régit la construction, pousse les maisons à réduire leurs consommations d’énergie et leur empreinte carbone tout en optimisant le confort d’été. Elle privilégie la conception bioclimatique, les baies vitrées orientées vers le soleil amenant de la lumière et permettant de récupérer les calories du soleil pour réduire les besoins en chauffage l’hiver. L’isolation comme l’étanchéité à l’air sont renforcées, offrant une ambiance de doux cocon aux habitants.  

Le confort d’été est devenu par la force des choses une priorité. Car les surchauffes, voire les canicules peuvent aussi survenir dans les Hauts-de-France. Pour garder de la fraîcheur, les constructeurs proposent de nombreuses solutions. Il est bien sûr possible d’installer des pompes à chaleur rafraîchissantes. Mais tout commence par ces installations de bon sens que sont les avancées de toiture et les brise-soleil. Et les systèmes automatiques qui baissent les volets dès que la température monte se généralisent.

Les constructeurs emploient de plus en plus de matériaux verts, qu’il s’agisse de béton bas carbone, de bois ou encore d’isolants en fibre naturelle ou de produits recyclables et recyclés. Ils privilégient les circuits courts, trient les déchets, économisent l’eau et se placent dans une logique de chantier propre. Une évolution qui a par exemple permis au groupe Tisserin d’obtenir la qualification d’entreprise à mission pour « bâtir une cité plus harmonieuse et durable ».

Combien coûte une maison dans les Hauts-de-France ?

Plusieurs paramètres sont à prendre en compte pour calculer le budget de la construction de la maison, hors terrain. Il faut regarder la surface de la maison, mais aussi ses finitions. Certaines sont standard et donc incluses dans le contrat de construction, d’autres sont en option comme le changement de dimensions du carrelage ou des lattes de parquet, la robinetterie…

Les prix ont augmenté sous l’effet de la flambée des coûts de l’énergie et des matériaux. Certains constructeurs chiffrent cette hausse à 15 % sur un an et 30 % sur deux ans. La moyenne : entre 1 700 et 2 200 €/m², sachant que dans la fourchette basse, la peinture des murs et fenêtres n’est pas comprise. Selon Béatrice Wynands, « souvent, les acquéreurs se réservent la peinture soit pour peindre eux-mêmes pour mettre la main à la pâte, soit pour réaliser quelques économies ». Le bon plan : les opérations terrain plus maison aux prix optimisés. Chez Habitat Concept (Groupe BDL), par exemple, ces opérations aux prix optimisés varient le plus souvent entre 190 000 et 320 000 € dans le Nord ou encore de 220 000 à 330 000 € dans l’Oise.  

Important : en matière de prix, il faut comparer ce qui est comparable en se basant sur le projet dans sa globalité : surface, architecture, matériaux, équipements, mais aussi services et garanties. Les professionnels qui travaillent sous le régime du Contrat de construction-loi de 1990 sont les seuls à garantir la livraison de la maison au prix et dans les délais convenus lors de la signature. Une protection sécurisante pour les particuliers, mais aussi pour les banques, qui financent en priorité ce type de projet.

par Elisabeth Lelogeais

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