Hauts- de-France : tendance maison

Si les prix des terrains peuvent beaucoup varier en fonction des villes de la région, les maisons affichent de nombreux points communs, à commencer par le confort et la performance. Découverte d’une région constructive.

Dans les Hauts-de-France, on aime la maison. Mais en matière de construction, force est de constater que la diversité est de mise, tant au niveau du prix des maisons que de celui des terrains. Une tendance observée sur les cinq départements qui composent les Hauts-de-France. « Plus on se rapproche de Paris, plus les parcelles à bâtir sont chères », indique Hervé Bettoli, responsable commercial de l’agence Nord de la Maison de Cèdre, spécialisée dans la maison à ossature bois.

Dans l’Oise, département le plus proche de la capitale, le coût des terrains s’élève en moyenne à 200 €/m2 ! Alors que dans la Somme, il descend de 120 à 150 €/m2. Et les prix culminent d’autant plus qu’on se rapproche des grandes agglomérations comme Amiens (80). « Ce marché est tendu. À 4 à 5 km du centre d’Amiens, il faut compter environ 90 000 € pour acquérir un terrain de 400 m² », illustre David Hecquet, responsable commercial des Maisons 3 Carrés.

Sobriété et rappel de la tradition pour cette demeure destinée aux primo-accédants. www.maisonsdenfrancenord.fr

Toujours dans l’Oise, à raison de 1.500 €/m² habitable, le coût moyen d’une maison de 100 m² avec son terrain revient à environ 240.000 €. « Ce montant correspond au budget de primo-accédants aisés », glisse David Hecquet. Le secteur le plus plébiscité : Amiens-Sud. Ici, les prix du foncier flambent en raison de la présence d’un des plus importants CHU de France (4 000 emplois) qui dope l’économie locale. Mais plus on s’éloigne de l’agglomération, plus les tarifs sont abordables. « À 20 km d’Amiens, on peut trouver des terrains de 700 m² à 50.000 € », note David Hecquet.

Dans le département du Nord, même problématique. À Lille, sa grande métropole, les prix sont prohibitifs en raison d’un foncier particulièrement rare. « Il est très difficile d’y trouver une parcelle de 600 m2. On y construit néanmoins quelques lotissements avec des terrain de 400 m² », expose Nicolas Berghe, directeur des Maisons d’en France Nord. Dans la première couronne, à 15 km autour de Lille, le prix des terrains varie de 350 à 500 €/m² et la deuxième couronne à 15 à 25 km de Lille, les parcelles se vendent entre 250 et 300 €/m2.

Une autre interprétation de la tradition du Nord, avec un large recours à la brique. www.maisons-france-confort.fr

Prix : des projets plus accessibles

Plus loin, c’est moins cher. « Dans la troisième couronne lilloise, vers Valenciennes, sur le bassin minier d’Arras ainsi que sur Béthune, Saint-Omer et Boulogne dans le Pas-de-Calais, les tarifs sont plus propices à l’installation de primo-accédants », explique Nicolas Berghe. Sur ces secteurs, une parcelle de 800 m² se vend 100.000 € et le budget global maison plus terrain est de l’ordre de 240.000 €, contre 400.000 € en deuxième couronne, sur des communautés de communes attractives comme celles du pays de Pévèle à l’ouest et sud-ouest de Lille pour des gens qui travaillent sur Lille même.

Et Jean-Louis Francisco, responsables des ventes des Constructions Piraino, de confirmer : « avec des terrains d’environ 600 m² à 70.000 à 75.000 €, on peut construire autour de Lens et Arras (62) et de Valenciennes (59), une maison de 100 à 120 m² pour un budget global d’environ 230.000 € ». L’entreprise propose notamment aux primo-accédants des maisons de quatre chambres de sa gamme myFirst à 160.000 € pour 118 m². « Notre gamme de maisons personnalisées Klea s’adresse à une clientèle légèrement plus aisée avec un budget de 170.000 € pour 120 m² », ajoute Jean-Louis Francisco.

De leur côté, les maisons Indigo proposent des petites demeures de plain-pied de 70 m² avec deux chambres à… 80.000 € ! « Cette offre se situe dans la troisième couronne lilloise vers Valenciennes, Douai, Arras et Lens où le foncier est accessible avec des tarifs qui oscillent entre 70.000 et 100.000 € pour 500 m2 de terrain. Ce qui porte le budget moyen global à 190 000 € », précise Victor Martins, directeur commercial des Maisons Indigo dans le Nord-Pas-de-Calais.

Un grand classique de la Picardie, qui s’intégrera facilement dans son environnement. www.groupe-bdl.com

Architecture : l’ère du contemporain

En matière architecturale, la demande est forte sur des styles plutôt modernes, contemporains, avec de grandes ouvertures de châssis, surtout pour des maisons R+1 avec un véritable étage qui n’est pas mansardé. Le toit plat progresse. « Il représente 15 % de nos réalisations », souligne Victor Martins. Pour les acquéreurs, le style contemporain symbolise le confort moderne et une technologie dernier cri, forcément valorisante pour son propriétaire.

Quand il ne couvre pas toute la maison, le toit est souvent partiel sur des extensions constituées par le garage par exemple ou la suite parentale au rez-de-chaussée. « On a une importante demande de toits-terrasses partiels sur des extensions de chambre, de séjour ou de garage, avec le reste de la toiture en tuiles de terre cuite à deux ou quatre pans d’une inclinaison de 35 à 45° », résume Jean-Louis Francisco.

Terre d’élection de la brique, le Nord-Pas-de-Calais laisse aussi la place à d’autres matériaux, à d’autres aspects extérieurs. « Alors qu’à Lille et Valenciennes, la brique prédomine, on trouve aussi beaucoup d’enduits de ton pierre, blanc ou gris, sur le bassin minier d’Arras et sur le littoral de la côte d’Opale », remarque Nicolas Berghe. Les jeux de couleurs restent dans le gris-clair, blanc et anthracite. Les menuiseries sont principalement en aluminium bicolore ou foncé.

Cette maison qui vient de voir le jour a su s’adapter à un terrain compliqué. www.pavillons-idf.fr

L'architecture traditionnelle toujours vivante

Les projets doivent respecter l’architecture traditionnelle, notamment dans les Flandres françaises (partie septentrionale du département du Nord) ou sur certaines communes qui ont un monument historique comme le secteur de Pévèle, selon les exigences des architectes des Bâtiments de France (ABF) et des Plu des communes. Sur ces secteurs, on retrouve les grands classiques régionaux. « Le style traditionnel, c’est un bâti en brique rouge ou jaune, deux versants de toiture en tuiles rouges et des lucarnes en toiture », expose Jean-Louis Francisco.

Les professionnels doivent aussi tenir compte de la morphologie et de la géologie du terrain. « Sur certaines zones, on est obligé de descendre les fondations plus profondément dans le sol en raison de sols argileux, ce qui occasionne un surcoût de 6.000 à 7.000 €. De même, dans la zone sismique aux alentours de Valenciennes, le surcoût des fondations et du renforcement du bâti est similaire », note Nicolas Berghe. Ces questions doivent être abordées le plus en amont possible pour prendre les bonnes décisions techniques sans déstabiliser le budget des acquéreurs.

Dans la Somme, l’architecture est diverse, de très contemporaine à traditionnelle. Comme dans le Nord-Pas-de-Calais, la demande de maison à étage R+1, non mansardée est prédominante. Le bâti est en brique avec des enduits grattés blanc-cassé et gris. Les toits plats peuvent être partiels sur des avancées comme le garage mais ils sont en général à quatre pans et en ardoise. « L’architecture traditionnelle à respecter dans certaines zones est faite de beaucoup de briques en sous bassement, d’enduits ton pierre et des fenêtres plus hautes que larges », explique David Hecquet. À noter que dans l’Oise, il y a beaucoup de secteurs qui relèvent de l’autorité des ABF.

Une maison très traditionnelle bâtie du côté de la Picardie. www.ldt.fr

Maison bois : ça pousse !
La maison à ossature bois progresse dans les Hauts-de-France. « Nous construisons 100 à 120 demeures de ce type par an dans les Hauts-de-France », indique Hervé Bettoli, responsable commercial de la Maison de Cèdre. Ce spécialiste de la maison à ossature bois s’est lancé dans ce concept de maison polygonale qui a l’avantage de s’affranchir de murs porteurs, remplacés par un poteau central, et de donner un effet de rondeur architectural en fonction du nombre de pans de sa toiture. « La toiture en diamant peut avoir entre douze et dix-huit pans », précise Hervé Bettoli. Du coup, la maison est très évolutive en fonction de l’étage. Elle peut être dotée de combles classiques, de combles rehaussés ou d’un étage complet pour une grande souplesse d’aménagement intérieur. Les surfaces de 120 à 200 m2 se vendent entre 1.500 et 2.500 €/m², selon que la construction est de plain-pied ou à étage. Certifiée Haute Qualité environnementale (HQE), la maison polygonale dépasse de 30 % les exigences de la RT 2012 en matière d’efficacité énergétique. « Son prix est toutefois de 10 à 15 % supérieur à celui d’une maison maçonnée », relève Hervé Bettoli. Préfabriquée dans l’usine de la Maison de Cèdre à Amiens, la maison à ossature bois séduit surtout les acheteurs dans l’Oise et la Somme, mais moins dans le Nord et le Pas-de-Calais.

Plans : des intérieurs très tendance

Côté aménagement intérieur, on retrouve les grandes lignes des maisons à étage d’aujourd’hui. Le rez-de-chaussée accueille la suite parentale (chambre, dressing et salle d’eau), un séjour-salon et une cuisine ouverte ou semi-ouverte qui fait souvent office de salle à manger. « La grosse tendance est une cuisine ouverte sur le séjour et prolongée par un îlot central qui sert à manger en famille ou à recevoir des amis », dévoile Nicolas Berghe. « On réduit de plus en plus les espaces avec la création d’une cuisine/salle à manger et par l’installation de verrières entre la cuisine et le séjour ou dans l’entrée », remarque Victor Martins.

À l’étage, là encore, on observe une configuration très classique, avec en général trois chambres qui se partagent une salle de bains. En fonction de la composition de la famille, l’une de ces chambres peut se transformer en bureau ou encore en salle de jeux. Côté pratique, les rangements ne sont jamais oubliés. Au résultat, cette configuration permet à chaque membre de la famille de trouver de l’intimité sans pour autant se couper des autres et du monde.

Autre tendance : le garage ne sert pas qu’à abriter la voiture. Il se transforme en espace de rangement, voire en lieu de bricolage. En fait, les habitants s’approprient les lieux pour les utiliser au gré de l’évolution de leurs besoins et de leurs envies. Une modularité que l’on rencontre souvent dans les maisons d’entrée de gamme. Elles sont souvent pourvues de combles aménageables. C’est moins cher à l’achat et ces espaces peuvent facilement s’aménager (à bon prix) pour se transformer en chambres lorsque la famille s’agrandit.

Cette villa marie volumes contemporains et rappel de la tradition avec l’emploi de la brique. www.maison-klea.fr

Energie : chaleur et confort au programme

En matière d’énergie, toutes les maisons respectent bien sûr la RT 2012. Les professionnels travaillent notamment sur l’exposition de la maison le plus au sud possible pour un apport maximal de lumière et de chaleur du soleil, sur la mise en place de systèmes de ventilation, le plus souvent à simple flux et sur l’isolation de la maison, avec souvent des isolants thermo-acoustiques. « On dépasse même le niveau de performance exigé par la RT 2012 pour tendre vers la RE 2020, par une isolation renforcée et le choix de matériaux plus performants », souligne Nicolas Berghe.

Le système de chauffage le plus demandé est la pompe à chaleur double fonction qui assure à la fois le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire. Mais cela, souvent en dehors des grandes agglomérations. « La chaudière à gaz associée à un ballon d’eau chaude thermodynamique est principalement installée dans la métropole lilloise », note Nicolas Berghe. Mais que ce soit la pompe à chaleur ou la chaudière à gaz, la facture énergétique est limitée. « Le budget de consommation annuel pour une maison de 100 m2 est de 500 à 600 € maximum », relève Victor Martins.

Les acheteurs adhèrent également de plus en plus à la maison connectée. Les professionnels proposent une offre de base de pilotage par application mobile sur smartphone des volets roulants et du chauffage, voire de l’éclairage et de l’alarme ou de la porte du garage. « Les acquéreurs se mettent à la domotique. Ce n’est plus une démarche gadget. Ils en perçoivent le véritable intérêt, même si cela entraîne un petit surcoût de 1.200 € en moyenne pour une offre de base », analyse Victor Martins. Avec ces solutions, en effet, le confort se gère au doigt et à l’œil tandis que les économies d’énergie sont plus importantes.

Bruno Mouly

 Modèles de maisons dans les Hauts-de-France

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