Construire dans les Antilles françaises

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Vous rêvez de faire construire votre maison individuelle dans les Drom-Com ? Terrains, constructeurs, modèles variés de villas sont disponibles. Vous ne rencontrerez aucun problème pour réaliser votre projet.

Bien que de petite dimension et géographiquement éloignées de la métropole, les Antilles françaises n’en affichent pas moins un marché dynamique de la construction de maisons individuelles. « En Guadeloupe, on a les plus fortes demandes dans trois principales parties de l’île. En Grande-Terre, sur l’ensemble des communes du Gosier, de Saint-François et de Saint-Anne d’une part et d’autre part sur la Zac de Jarry à Baie-Mahault, à cheval entre Grande-Terre et Basse-Terre. La demande est également importante en Basse-Terre, à Bouillante, Pointe-Noire et Deshaies, des villes situées sur la Côte sous le Vent », détaille-t-on chez Caribois.

Une maison, à quel prix ?

En attendant, les budgets des projets de construction en Martinique sont similaires à ceux de la Guadeloupe. Le coût total moyen d’une maison de 100 m2, terrasse comprise, sur un terrain de 500 m2, démarre à 250.000 €. Un montant accessible aux primo-accédants notamment pour une maison de lotissement. Il peut grimper jusqu’à 290.000/300.000 € si la maison est réalisée sur mesure. Les trois principaux bassins de construction se situent à Fort-de-France, au Lamentin et à Ducos.

La tendance architecturale en Martinique est un savant mélange de style contemporain et traditionnel créole. Ce sont en général des maisons de plain-pied, de forme rectangulaire avec de grands volumes intérieurs et un bâti en briques d’épaisseur de 20 cm. A cela s’ajoute la veine créole constituée d’une véranda ou terrasse couverte (le principal lieu de vie sous le climat tropical des Antilles) sur laquelle s’ouvre le séjour, de brisures de pentes de toiture, de volets en bois et de fenêtres traditionnelles.

Quant aux coloris choisis, ils sont variés. Les peintures extérieures peuvent être de couleurs vives ou pastels, bleu, jaune, bleu pâle ou vert et les toitures sont le plus souvent en rouge bordeaux ou en bleu. « L’habillage est créole sur un style plutôt contemporain », résume-t-on chez Maisons Satec et Alizéa.

De même, l’architecture en Guadeloupe suit la tendance d’un mix moderne et traditionnel. Ce sont aussi des maisons souvent de plain-pied, largement ouvertes sur une grande terrasse couverte, avec un bâti cette fois en parpaing en béton, avec un jeu de couleurs variées, des toitures en tôle ondulée foncées contrastant avec des murs clairs. « La charpente traditionnelle en bois soutient le toit qui a l’obligation d’avoir 20° d’inclinaison », décrit-t-on chez Guadeloupe Construction.

Pour les acquéreurs les plus aisés, Villarchipel réalise des maisons au style purement contemporain avec des menuiseries aluminium anthracite, un bâti en béton et de hauts volumes intérieurs. Mais pour cela, il faut avoir un budget total de 350.000 €. Villarchipel est la filiale locale moyen/haut de gamme du groupe Keops qui est, lui, positionné sur la maison créole en bois moins chère.

Comme en Martinique, l’intérieur des maisons est constitué d’un grand séjour/salon avec cuisine ouverte et de trois chambres autour, dont la suite parentale avec salle de bains dédiée et deux chambres d’enfant avec salle de bains commune. Comme souvent, l’idée reste de séparer les espaces jour des espaces nuit, de favoriser la vie de famille tout en offrant de l’intimité aux parents comme aux enfants.

Une construction très encadrée

En Martinique ou en Guadeloupe, l’architecture et la structure des maisons neuves sont gouvernées par le climat tropical et la géologie volcanique des îles Caraïbes. Celles-ci sont en effet nées de volcans positionnés sur une faille. Les secousses sismiques y sont régulières. Elles sont aussi exposées de façon plus ou moins régulière aux cyclones tropicaux.

Du coup, les maisons doivent respecter des normes parasismiques et anticycloniques obligatoires. La maçonnerie est chaînée en béton armé pour respecter le règlement antisismique. Ainsi, les briques ou les parpaings en béton six alvéoles des murs du bâti ont une épaisseur de 20 cm pour ne pas se fissurer en cas de séisme. Les fondations sont aussi adaptées aux secousses. « Elles sont assouplies par des vérins pour absorber les vibrations », glisse-t-on chez Maison Beterbat.

Pour résister aux cyclones, les constructeurs font appel à un bureau d’études qui impose de chaîner la charpente au bâti et de la fortifier pour éviter d’être arrachée par des vents violents. Dans le même but, la toiture en tôle ondulée est également solidement fixée à la charpente et doit avoir une inclinaison minimale de 25 % pour évacuer les eaux de pluie. « Tous les éléments structuraux de la maison sont calculés en fonction des contraintes parasismiques et anticycloniques. Cela se traduit notamment par un ferraillage des murs du bâti et un dimensionnement des ancrages de la charpente pour que les constructions soient capables de résister à des vents violents de 250 à 280 km/h », explique-t-on chez Caribois.

Une réglementation thermique particulière

Le climat tropical conditionne également la réglementation thermique et énergétique des Antilles françaises. Depuis le 21 mai 2011 pour la Guadeloupe (RTG) et depuis le 1er septembre 2013 pour la Martinique (RTM), les Antilles françaises possèdent en effet une réglementation régionale spécifique et similaire. Cependant, ces réglementations régionales permettent de se référer seulement à l’arrêté thermique de la réglementation générale des départements et régions d’outre-mer, la RTAA Dom. Ce qui mérite excplications.

Cette réglementation spécifique impose notamment aux acquéreurs l’obligation d’avoir un chauffe-eau solaire pour produire l’eau chaude sanitaire. « La RTM demande aussi une ventilation naturelle de l’intérieur de la maison par les vents dominants, les alizés, et donc une exposition est-ouest en conséquence. La maison doit également se protéger de la chaleur du soleil par des débords de toiture de 50 cm sur tout le pourtour de la maison », précise-t-on chez Maisons Satec et Alizéa.

De même, en Guadeloupe, il s’agit de favoriser la ventilation naturelle des maisons par les alizés, via une exposition est-ouest pour avoir une bonne qualité d’air intérieur et maintenir les pièces à une certaine fraîcheur afin de limiter la climatisation. « Il faut placer un isolant sous la toiture pour limiter l’entrée de chaleur. Ce qui n’empêche pas les acquéreurs de climatiser légèrement les chambres la nuit pour réajuster la température ambiante de confort à 25° », indique-t-on chez Caribois. Enfin, le confort acoustique des logements doit être d’aussi bonne qualité que possible grâce à la mise en place de doubles-vitrages et d’une isolation phonique efficace.

Construire avec un contrat de construction

Mais ces règles thermiques et énergétiques spécifiques ne sont pas toujours respectées, car la réglementation contractuelle de la construction d’habitat est souvent bafouée. Pourtant, comme en Métropole, les constructions sont soumises à la loi de 1990 (contrat de construction de maison individuelle, CCMI) qui garantit la livraison de la maison. Or, une majorité d’entreprises ne la respecte pas. « Nous ne sommes que trois constructeurs en Martinique à travailler en CCMI », regrette-t-on chez Maisons Satec et Alizéa. « On fait partie des quatre constructeurs sérieux en Guadeloupe qui travaillent en CCMI avec assurance dommages-ouvrage. Les autres sont des entreprises de maçonnerie qui proposent de faux contrats et sans aucun suivi. Ils représentent 80 % du marché ! », se désole-t-on chez Guadeloupe Construction.

Pourtant, le marché tend à s’assainir grâce à la vigilance des banques qui exigent de plus en plus les CCMI et aux contrôles renforcés des agents de la Direction de l‘environnement, de l’aménagement et du logement (DEAL) sur les dossiers de construction. « Les banques font leur travail de vérification de pièces, de documents », expose-t-on chez Villarchipel. « La DEAL fait des contrôles sur les permis de construire, sur les structures parasismiques et sur la RT Guadeloupe », précise-ton chez Guadeloupe Construction. « Cette tendance contribue à sécuriser et à fiabiliser davantage les constructions. C’est un atout de taille pour les acquéreurs », se réjouit-on chez Caribois.

En attendant, les acheteurs peuvent compter sur les constructeurs sérieux pour les accompagner dans leur projet. En Martinique, les Maisons Satec et Alizéa recherchent le terrain, montent les dossiers de financement avec leurs partenaires bancaires et courtiers en prêts immobiliers et chiffrent le projet global. « Nous accompagnons même nos clients chez le notaire et nous nous occupons de la conformité du permis de construire. On assure aussi un SAV pendant dix ans », évoque-t-on chez Maisons Satec et Alizéa. De même, Guadeloupe Construction s’occupe des projets de ses clients de A à Z : « on dessine la maison, on chiffre son montant global, on dépose le permis de construire et on oriente les acheteurs vers des courtiers en prêts immobiliers et vers nos partenaires bancaires ». Bref, le sérieux des professionnels se mesure aussi aux services qu’ils proposent à leurs clients. 

Modèles de maisons

Bruno Mouly

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