Construire dans les Antilles françaises

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Vous rêvez de faire construire votre maison individuelle dans les Drom-Com ? Terrains, constructeurs, modèles variés de villas sont disponibles. Vous ne rencontrerez aucun problème pour réaliser votre projet.

À plus de 7 000 km de la métropole, La Martinique et la Guadeloupe ont de quoi séduire les amateurs de maison. Et ils ne se privent pas de faire construire. Car, comme en métropole, le marché de la maison individuelle tire bien son épingle du jeu dans les Antilles françaises. « En Guadeloupe, nous avons une bonne demande, car en période de Covid-19, il est toujours plus agréable de vivre dans une maison avec jardin », confirme Harry Oguenin, gérant des Maisons Caribois. Même écho chez Maisons Keops. Pour François Fanelli, le directeur, « l’envie d’espace qu’ont déclenché les confinements booste la demande ».

En Martinique, le discours est le même. « On a senti les effets du Covid-19 avec un nouvel élan de la clientèle qui veut faire construire sa maison », remarque Prescillia Vautour, responsable d’agence chez Maisons Beterbat. « Notre clientèle est souvent composée d’acquéreurs qui rentrent au pays et qui préparent leur retraite, ou qui veulent un pied à terre pour les vacances, avec l’idée de venir s’y retirer plus tard. » Les constructeurs présents sur ces îles ne manquent d’ailleurs pas d’imagination pour proposer une gamme variée de modèles aux inspirations créoles qui vous feront, à coup sûr, « craquer ».

La terrasse est l’une des pièces maîtresses de la maison antillaise. maisonskeops.com

Le bon contrat pour construire
Privilégiez un professionnel qui proposent le contrat de construction d’une maison individuelle (CCMI) qui offre de nombreuses garanties, notamment en matière de prix et de délai de construction, mais aussi en matière de malfaçons (garantie d’achèvement, biennale et décennale). N’en faites pas l’économie. Pas plus que de l’assurance dommages-ouvrage que vous devez, vous, souscrire en cas de construction d’une maison. Attention aux pseudos maîtres d’œuvre qui construisent sans garanties des maisons qui peuvent ne pas être conformes. Ils pratiquent des prix anormalement bas et dissuadent leurs clients de souscrire l’assurance dommages-ouvrage alors qu’elle est obligatoire (article L 242-1 du Code des assurances).

Maisons ouvertes et colorées

Côté architecture, les constructeurs se sont adaptés aux évolutions de la demande. « Nous disposons d’un catalogue de modèles adaptables aux désirs de nos clients. Parfois, nos clients arrivent avec leurs propres plans que nous modifions le cas échéant pour le rendre conforme à la réglementation. Nous pouvons aussi créer un modèle sur mesure », explique Harry Hoguenin.

Dans les Antilles, les maisons sont en parpaings, en briques (fabriquées sur place) ou en bois. « La maison en bois attire uniquement les acquéreurs aisés car elle est plus chère que la maison maçonnée », indique Fred Mobetie, de BHB Constructions, « cette dernière est souvent privilégiée par méconnaissance des qualités de l’ossature bois. Les gens pensent que la maison maçonnée est plus solide. Pour les convaincre et les rassurer, je fais visiter les maisons que j’ai réalisées. »

Le charme de la tradition antillaise. Le toit en tôle, résistant aux vents violents, est typique de la région. www.beterbat.com

Dans l’ensemble, les maisons antillaises sont très colorées. « Nous y mettons rarement plus de deux couleurs désormais », note François Fanelli. Elles sont généralement de plain-pied. Avec des terrains plus petits, il est parfois nécessaire de prévoir un étage. Côté architecture, même si elles affichent des lignes plus contemporaines, les maisons des Antilles n’ont pas perdu leur esprit créole. « Depuis trois ou quatre ans, on voit apparaître des éléments plus contemporains mais c’est plutôt un mixage du traditionnel et du contemporain », remarque Alain Koch.

Difficile en revanche de s’offrir un toit plat. « Les normes sismiques le rendent difficile à envisager, d’autant que les clients sont davantage rassurés par une charpente traditionnelle », explique François Fanelli. De toute façon, les toits plats n’ont pas cours aux Antilles. La pente doit, en effet, être d’au moins 15 % et dans certains cas de 20 %.

Aux Antilles, les maisons répondent à des normes spécifiques en termes de confort d’été, mais aussi de résistance aux cyclones et aux séismes. maisonskeops.com

Autre particularité, les immenses baies vitrées sont proscrites. À la place, de nombreuses fenêtres permettent de ventiler la maison. « Sous nos latitudes, nous nous protégeons du soleil ! », lance François Fanelli. La maison n’en demeure pas moins très ouverte sur
l’extérieur permettant ainsi de profiter pleinement du jardin et de sa végétation luxuriante. La terrasse est le point d’orgue de la maison. « Il s’agit quasiment de la pièce principale de l’habitation, elle en fait parfois le tour, formant une sorte de galerie », note Prescilia Vautour. Mais, son coût n’est pas neutre. « La terrasse est conçue comme une pièce classique et reçoit un vrai toit avec un débord important pour faire de l’ombre, ce qui la rend coûteuse », précise Fred Mobetie. Souvent, elle est petite au départ et
« nous faisons en sorte que les clients puissent l’agrandir plus tard », note Alain Koch.

Une maison bois compacte, qui trouve sa place sur de petites parcelles et qui sait se protéger du soleil. www.bhb97.fr

À l’intérieur, les plans sont assez classiques. « On épure le plus possible pour donner le maximum de volume à la maison car plus on cloisonne et plus les espaces paraissent petits », lance Jean Longieras, le gérant de Guadeloupe Construction. La cuisine est ouverte sur le séjour. Les modèles classiques possèdent deux ou trois chambres bien séparées de l’espace de vie dont une suite parentale avec sa salle d’eau et son dressing. Côté décoration, du carrelage grand format, des lames de faux parquet, très tendance ici aussi, habillent les sols. Les pièces d’eau (salle d’eau, salle de bains) sont très soignées, recevant douche à l’italienne, belles vasques, éclairages design…

Des constructions renforcées

Aux Antilles, le risque cyclonique et sismique est très important. La Guadeloupe et la Martinique sont, en effet, classées en zone 5. D’ailleurs, l’état et les collectivités locales prennent ce risque très au sérieux puisque le Plan séisme Antilles (PSA3), lancé en 2007, vient d’être renforcé pour améliorer la sécurité et la protection des populations des zones à risque.

Ce n’est donc pas un hasard si les normes parasismiques sont draconiennes. Les fondations comme les murs et le toit doivent être capables d’absorber les secousses d’un tremblement de terre. Qu’elles soient réalisées en parpaing, en brique (fabriquée aux Antilles), depuis le 1er mai 2014 (article 4 du décret n° 2010-1254 du 22 octobre 2010), c’est l’Eurocode 8 (norme NF EN 1998-1) qui s’impose aux constructions.

Un projet sobre et élégant, qui reprend les grandes lignes de la tradition antillaise. www.beterbat.com

Pour une maison individuelle située en zone de séismicité 5, de forme simple et de moins de 200 m², le constructeur peut utiliser le Guide de construction parasismique des maisons individuelles (CPMI-EC8 Z5). Le but est évidemment d’empêcher l’effondrement du bâti sur les occupants. « On renforce le ferraillage des fondations et des murs. La toiture est soudée dans le béton et se coiffe de panneaux de tôle ondulée, plus résistants et sécurisants que les tuiles. Car, outre, les séismes, la Guadeloupe et la Martinique sont aussi soumises à des épisodes cycloniques violents », confie Jean Longieras.

Réglementation thermique spécifique

Autre spécificité des Antilles, leur réglementation thermique, très différente de celle qui s’applique en métropole. Cette réglementation prend en compte les spécificités climatiques de chaque île. Raison pour laquelle, il existe une réglementation thermique acoustique et aération DOM (RTAA Dom 2016). Toutefois, en Guadeloupe comme en Martinique, ne sont pris en compte que les aspects acoustiques et aération de la RTAA 2016. Pour le volet thermique et énergétique, les deux îles disposent de leur propre réglementation, respectivement nommée RTG (pour la Guadeloupe) et RTM (pour la Martinique).

Une grande demeure bien installée à flanc de colline. L’adaptation au terrain fait l’objet d’un soin particulier. www.caribois.com

Ces deux réglementations exigent par exemple d’avoir recours à l’énergie solaire pour la production d’eau chaude, celle-ci couvrant au moins 50 % des besoins de la maison. La ventilation naturelle est encouragée pour limiter le recours à la climatisation, tout en garantissant la qualité de l’air intérieur. Pour cela, la maison doit avoir des ouvertures spécifiques sur au moins deux façades d’orientation différentes et dans chaque pièce principale. Chaque maison doit être balayée par un flux d’air extérieur continu suffisant afin d’assurer une bonne ventilation naturelle et ainsi favoriser le confort thermique.

L’adaptation au terrain doit être très travaillée. Mieux vaut réaliser une étude de sol pour bâtir sur de bonnes bases. maisons-satec.com

Le constructeur doit aussi respecter un taux d’ouverture minimale des façades des pièces principales de la maison ainsi qu’une distance entre chaque fenêtre. En revanche, les fenêtres de toit sont interdites. « En Guadeloupe, nous avons beaucoup d’obligations, tant au plan de l’isolation des murs que du procédé de rafraîchissement », explique Harry Hoguenin, « notre priorité est de ventiler au maximum car rien qu’en ventilant avec beaucoup de fenêtres, on parvient à faire descendre la température de quelques degrés. » Un avis que partage François Fanelli : « On a la chance d’avoir les alizés, ce qui procure une ventilation naturelle traversante ».

À quels prix ?

Dans l’ensemble, en Guadeloupe comme en Martinique, les maisons sont livrées prêtes à vivre. « Tout est vraiment fini, les peintures sont faites, les carrelages et les sanitaires posés », note Harry Oguenin. Chez Caribois, une petite maison de 90 m2 sur catalogue vaut 113.000 €. Prix auquel il faut ajouter le terrassement et la fosse septique. Attention en effet à l’assainissement. Il faut savoir que beaucoup de communes n’ont pas de tout à l’égout ou en ont un trop obsolète, ce qui oblige les constructeurs à réaliser une fosse septique qui, évidemment, augmente le coût de la construction.

De la brique, du bois... Cette maison fait montre d’un joli sens du détail. www.bhb97.fr

Chez Maisons Satec et Alizea, le ticket d’entrée s’établit à 145.000 € pour une superficie de 86 m2, ce prix étant hors terrain, terrassement et assainissement. « Notre cœur du marché se situe plutôt à 175.000 € », précise Alain Koch.  Chez Maisons Kéops, une maison de quatre pièces avec trois chambres, prête à meubler s’affiche entre 170.000 et 190.000 €. Chez Maisons Beterbat, « un modèle d’une centaine de mètres carrés en parpaing ou en brique coûte autour de 180.000 € sans le terrassement », explique
Prescilia Vautour, en bois, il faut compter 20 % de plus. Chez BHB Construction, les maisons à ossature bois tournent autour de 230. 000/240.000 €.

Des lignes modernes pour cette maison qui assure avec talent la transition dedans/dehors. www.guadeloupe-construction.com

Christine Lambert

 

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