Construire dans les Antilles françaises

-

Vous rêvez de faire construire votre maison individuelle dans les Drom-Com ? Terrains, constructeurs, modèles variés de villas sont disponibles. Vous ne rencontrerez aucun problème pour réaliser votre projet.

Une chose est sûre : les Antilles ont tout d’un petit paradis. Et pour y vivre bien, quoi de mieux qu’une maison ? Ici, d’ailleurs, nombreux sont ceux qui cherchent à faire construire, qu’ils vivent là depuis toujours ou qu’ils y viennent (ou reviennent) pour profiter d’une retraite bien méritée. Comme en métropole, la crise sanitaire a rendu la maison plus indispensable que jamais, même lorsque l’avenir apparaît incertain. C’est dire combien elle reste le lieu de vie idéal pour une majorité de Guadeloupéens et de Martiniquais.

Avant de vous lancer, commencez par faire le tour des constructeurs et de l’offre dont ils disposent. Optez pour celui qui répond le mieux à vos attentes, en termes d’architecture, de matériaux, de prestations, mais aussi et surtout de garanties. La meilleure façon de vous en assurer est de vérifier qu’il travaille bien avec le contrat de construction d’une maison individuelle (CCMI). Dans ce cas, vous êtes en présence d’un constructeur « CMiste » qui officie dans les règles de la loi de 1990.

Protecteur, ce contrat vous garantit une maison réalisée au prix et délais convenus. Avec le CCMI, le prix est ferme et définitif et vous ne risquez pas d’augmentations intempestives sous prétexte de flambée des matériaux. Dans le pire des cas, son éventuelle révision s’appuiera sur l’indice BT01. Par ailleurs, en matière de chantier, il existe une clause vous permettant de réclamer des pénalités en cas de retard de livraison de la maison. D’autres garanties sont attachées au CCMI : garantie d’achèvement, de bon fonctionnement, décennale.

Le charme créole... A noter : l'adaptation réussie à un petit terrain. www.beterbat.com© Maisons Beterbat

Des garanties que ne fournissent pas les maîtres d’œuvre. Dans la mesure où il n’a pas les mêmes obligations que le constructeur, il peut afficher des prix moins élevés. Mais attention, en cas de pépin (malfaçons, faillite), vous risquez d’attendre longtemps l’achèvement de votre maison ou les réparations nécessaires. Et dans de nombreux cas, elle ne sera pas terminée, contraignant l’acquéreur à trouver une autre entreprise pour boucler les travaux, ce qui n’a rien d’évident.

Ce sera encore plus difficile si le maître d’œuvre vous a, en plus, dissuadé, de souscrire l’assurance dommages-ouvrage (obligatoire) sous prétexte qu’elle ne sert à rien. Elle vous permet pourtant, en cas de problème relevant de la garantie décennale, d’être pris en charge immédiatement sans attendre la désignation du responsable des malfaçons. « En Martinique, nous ne sommes malheureusement que trois marques à œuvrer sous le CCMI, ce qui représente 150 maisons sur un total de 400 réalisées par an sur l’île », estime Alain Koch, directeur de Maisons Satec. Bref, ne vous privez pas d’un vrai constructeur pour un projet qui reste sans doute le plus important de votre vie.

L'art et a manière de soigner les détails... ET le confort ! maisons-satec.com© Maisons Satec/Maisons Alizéa

Architecture : entre modernisme et tradition créole

Au plan architectural, le constructeur peut vous proposer un modèle largement personnalisable qui répondra en tous points à vos besoins, vos désirs et votre budget. Mais, il peut aussi partir d’une feuille blanche et dessiner la maison telle que vous la rêvez. Le projet sera alors réalisé entièrement sur mesure.

Dans l’ensemble, en Guadeloupe comme en Martinique, « les acquéreurs affectionnent les lignes modernes, mais préfèrent les toits à faible pente avec large débord pour faire de l’ombre et rafraîchir la maison », indique Jean Longiéras, de Guadeloupe Construction. Il faut dire qu’en raison des risques sismiques et cycloniques, les toits plats ne sont pas conseillés. Malgré une certaine modernité, l’esprit créole reste ancré, car les maisons demeurent très colorées. Néanmoins, réchauffement climatique oblige, les teintes se font plus claires de façon à éviter l’absorption de la chaleur. Au choix, vous pouvez opter pour une maison maçonnée, en parpaing, en brique ou une maison en bois. À vous de choisir la solution qui vous convient en fonction de votre budget.

Un autre exemple de maison des Antilles, tout en discrétion et en performance. maisons-satec.com© Maisons Satec/Maisons Alizéa

À l’intérieur, les plans doivent être pensés en fonction de l’orientation afin de construire bioclimatique. Sous les tropiques où l’humidité et les températures élevées (24/27°C en moyenne) sont constantes tout au long de l’année, il faut en effet ventiler et pour cela observer la course du soleil et des vents pour positionner la maison au mieux. « Nous avons la chance d’avoir les alizés qui viennent de l’Est et qui apportent de la fraîcheur », indique Alain Koch, directeur de Maisons Satec. Il faut donc ouvrir la façade est au maximum. « La côte Atlantique à l’est, est très ventilée alors que la côte Caraïbe ne l’est pas », précise Jean Longérias.
Il faut donc jouer de cet atout pour rafraîchir la maison. « On y positionne généralement les chambres qui sont ainsi bien aérées la nuit, on met les terrasses et les pièces de vie au nord-ouest ou au sud-est », conclut Alain Koch.

À l’intérieur, les maisons sont le plus souvent de plain-pied. Mais les terrains devenant plus petits, on voit de plus en plus de maisons à étage. Séjour, salon et cuisine ouverte forment une pièce de vie aux volumes confortables mais moins grands qu’en métropole. La terrasse constitue sans doute la pièce la plus importante. Car on y vit quasiment toute l’année : « elle fait office de pièce à vivre supplémentaire, car si elle n’est pas fermée, elle nécessite un vrai toit avec débord pour protéger du soleil ou des intempéries », commente Jean Longérias. Dans l’ensemble, les maisons de plain-pied reçoivent trois chambres et deux salles de bains. « Chez nous, la chambre parentale dispose de 13 m2 environ, auxquels s’ajoutent un dressing et une salle d’eau de 5 m2 », indique Alain Koch qui poursuit : « côté finitions, les évolutions se font sur le choix des carrelages, des faïences, des sanitaires et meubles vasques ».

Aux Antilles, les maisons s'adaptent à des terrains désormais plus petits, sans jamais sacrifier le confort. www.beterbat.com© Maisons Beterbat

Réduire les risques naturels
Entre séismes et cyclones, les Antilles sont soumises à des aléas très importants. Au plan sismique, elles sont classées en zone 5. Ici, on ne plaisante donc pas avec les normes parasismiques très contraignantes édictées (Eurocode 8, norme NF EN 1998-1 ou guide de construction parasismique des maisons individuelles, CPMI-EC8 Z5). La structure du bâtiment doit, en effet, être capable d’absorber les chocs, quels que soient les matériaux employés. Au risque sismique s’ajoute le risque cyclonique et, là encore, il faut que les fondations de la maison soient bien ancrées, que les murs soient ferraillés, que la toiture soit soudée aux murs. Autant de normes qui expliquent la cherté des maisons neuves aux Antilles.

Une réglementation spécifique

La Guadeloupe et la Martinique disposent de leur propre réglementation thermique. Sur les aspects acoustique et aération de la maison, les deux îles suivent les préconisations de la réglementation thermique acoustique et aération Dom (RTAA Dom 2016). Au plan thermique, chaque île dispose de sa propre réglementation : RTG pour la Guadeloupe et RTM pour la Martinique.

Pour faire simple, sachez que votre maison devra avoir recours à l’énergie solaire pour produire l’eau chaude (au moins 50 % des besoins). En matière de ventilation, la maison doit prévoir au moins des ouvertures sur deux façades d’orientations différentes et dans chaque pièce principale, le tout en respectant des distances entre chaque ouverture. Il s’agit en effet de ventiler naturellement et continuellement sans recourir à la climatisation. « Tout est calculé pour que la maison soit fraîche sans climatisation, confie Harry Oguenin, gérant des Maisons Caribois, mais on climatise quand même les chambres. »

Une grande demeure traditionnelle qui profite d'une vue panoramique et d'une grande qualité de construction.www.caribois.com© Caribois

Les prix ? Dans l’ensemble, les maisons réalisées par les constructeurs sont livrées prêtes à décorer. Chez Maisons Satec, elles oscillent dans une fourchette de 200 000 à 350 000 €, hors terrain. Certains travaux sont réservés comme l’accès au chantier, le nettoyage, l’étude de sol, les raccordements et l’assainissement individuel (90 % des cas). Chez Maisons Caribois, comptez 1 600 €/m2 en moyenne, sans le terrain et sans les fondations (ce coût dépend du terrain et de ses difficultés éventuelles). Quant à Guadeloupe Construction, il annonce ses tarifs à 2 000 €/m2, clés en main, sauf si vous préférez vous réserver quelques travaux pour faire baisser ce prix.

Modèles de maisons

 

par Christine Lambert 

Cliquez sur un département pour voir
des offres de maisons neuves avec terrain