🌴 Vivre aux Antilles, à 7 000 km de la Métropole, cest profiter dun climat tropical toute lannée, dun soleil généreux rafraîchi par les alizés, dune végétation luxuriante, de plages de sable fin bordées de cocotiers. Où que lon décide de vivre, la mer nest jamais bien loin. Quoi de mieux pour bâtir sa maison ? Ce cadre idyllique ne doit toutefois pas faire oublier quun certain nombre de précautions doivent être prises, et ce, à toutes les étapes de la construction. Nos conseils.
Comment choisir son constructeur aux Antilles ?
Les entreprises du bâtiment, ce nest pas ce qui manque aux Antilles. Mais trouver le constructeur qui répondra à toutes vos attentes nest pas aussi aisé quil y paraît. Faites jouer la concurrence. Mais ne vous laissez pas tenter par le moins-disant. Ce sont souvent de faux constructeurs peu scrupuleux qui noffrent quasiment aucune garantie. Votre choix doit donc porter sur un constructeur qui travaille dans le respect des règles de la profession. Pour dénicher la perle rare, reportez-vous au site du Pôle Habitat de la FFB (www.polehabitat-ffb.com). Les adhérents de cette organisation travaillent dans les règles et notamment sous le régime très protecteur du Contrat de construction d'une maison individuelle (CCMI, voir plus loin).
👉 La Foire de Paris qui a lieu chaque année au printemps est également une piste à suivre. « On y rencontre une clientèle dinvestisseurs ou de futurs retraités », confie Prescilia Vautour de Maisons Beterbat, constructeur martiniquais qui possède notamment une agence en Métropole, à Créteil (94). Vous pouvez aussi faire votre propre recherche sur place ou via internet.
Rappelons quun vrai constructeur prend en charge lensemble de votre projet. De la conception de la maison à la remise des clés, cest votre unique interlocuteur. Il élabore les plans (ou vous les lui fournissez), soccupe du permis de construire, vous aide à trouver un financement, exécute au moins le gros uvre de la maison. Bref, il pilote lensemble du chantier et vous remet les clés une fois les travaux terminés.
Le contrat de construction dune maison individuelle
En Guadeloupe comme en Martinique, un vrai professionnel se reconnaît à son contrat de construction dune maison individuelle (CCMI). Instauré par la loi du 19 décembre 1990, il vous protège. « Avec ce contrat, le client est remboursé des sommes versées au départ si le chantier ne peut pas commencer en raison de la non-obtention du permis de construire, dun refus de prêt, si le client fait jouer son droit de rétractation ou si le chantier nest pas ouvert dans les délais initialement prévus », énumère Christophe Convers de Villarchipel (groupe Keops) qui uvre en Guadeloupe et en Guyane. Idem chez Maisons Satec/Alizea, groupe implanté en Martinique. « Nous remboursons lacompte versé de 5 % si les conditions suspensives du contrat (obtention des prêts, du permis de construire ) ne se réalisent pas, on est les seuls à proposer cette garantie en Martinique », indique Alain Koch, directeur de cette société.
Parmi les garanties du CCMI, le prix est global, forfaitaire et définitif. Ainsi, dans une période où les matériaux ne cessent daugmenter, il ne pourra pas modifier ce prix. Sauf, si le contrat dispose dune clause de révision. Mais, dans ce cas, celle-ci ne pourra sappliquer quen fonction de lindice BT 01 calculé par lInsee et non sur une base fantaisiste. Mais surtout, le CCMI garantit toujours la livraison de la maison au prix et dans les délais convenus lors de la signature. En cas de défaillance du constructeur, son garant se charge de trouver une autre entreprise pour terminer le chantier dans les temps et sans surcoût.
⚠️ Ne vous laissez pas abuser par une entreprise qui veut vous dissuader de souscrire lassurance dommages-ouvrage au prétexte que cette assurance fait double emploi avec lassurance décennale et quelle est coûteuse. Cette assurance que vous devez obligatoirement souscrire permet, en effet, de préfinancer les travaux de réparation sans subir de batailles dexperts et de procédure dindemnisation interminable. Sans cette assurance, en cas de pépin (malfaçons sur le gros uvre par exemple), combien dannées devrez-vous attendre pour obtenir réparation ?
Comment choisir son terrain aux Antilles ?
Terrain en lotissement
Au stade du choix du terrain, méfiez-vous des coups de cur. Une belle parcelle à la végétation luxuriante ou avec vue imprenable sur la mer des Caraïbes ou lAtlantique, nest pas un gage de qualité. Un terrain en lotissement savère plus sécurisant quun terrain isolé. Il est forcément constructible et viabilisé. « Nous avons créé une structure foncière qui nous permet de développer du foncier de qualité », explique Alain Koch. Le groupe vient dailleurs de lancer la commercialisation dun lotissement à Schoelcher, secteur très recherché à proximité de Fort-de-France.
En optant pour ce type de terrain, vous naurez donc, en principe, aucune mauvaise surprise. Néanmoins, lisez bien le règlement du lotissement et ce quil impose en termes de construction, de clôture, etc. Il peut être plus restrictif que le Plan local durbanisme de la commune (Plu) sil en existe un (ce qui nest pas toujours le cas aux Antilles). À défaut, cest le Pos (Plan doccupation des sols) ou le règlement national durbanisme (RNU) qui sapplique. En Martinique, cest par exemple le cas à Ducos, Rivière Pilote, Diamant, Sainte-Anne, Fonds-Saint-Denis ou encore Macouba.
Faire construire votre maison
Terrain isolé
Les terrains isolés détenus par des particuliers exigent plus dattention. « Si cest nous qui les conseillons, cest quils sont de qualité », précise Prescilia Vautour. Mais si vous prospectez vous-même, prudence. Première vérification : assurez-vous que la personne qui vous vend le lot est bien propriétaire. « Aux Antilles et notamment en Martinique, 40 % du foncier sinscrit en indivision, les successions nétant pas faites, ce qui rend les ventes complexes, poursuit Prescilia Vautour, les jeunes sont davantage sensibilisés à ces questions et la loi votée pour faciliter les sorties dindivision participe à la résorption progressive de ces situations. »
Évaluez les qualités du terrain
« Les parcelles en diffus, non préparées et non viabilisées, peuvent engendrer des coûts supplémentaires », prévient Christophe Convers. Attention donc aux aménagements à prévoir. « Sur un terrain pentu, un sous-sol ou demi-sous-sol sera nécessaire, ce qui renchérira les coûts de construction », confie encore Prescilia Vautour. Penchez-vous, aussi, sur le raccordement aux réseaux et notamment sur lassainissement. Le terrain peut être raccordé à un réseau collectif communal (tout-à-légout). Mais si ce nest pas le cas, il faudra installer une fosse septique ou une microstation dépuration. Et le surcoût risque dêtre salé. « Pour notre part, nous ne laissons rien au hasard : coût des travaux sur le domaine public si le terrain nest pas viabilisé, coûts des raccordements ou encore du chemin daccès, nos clients nont aucune mauvaise surprise », affirme Christophe Convers.
Une étude de sol indispensable en zone argileuse
En lotissement ou en diffus, le sous-sol doit être analysé. « En Guadeloupe, ne faites pas léconomie dune étude de sol, car les terrains argileux impropres à la construction en létat sont fréquents. Notre ancienneté nous permet de connaître ces zones à risques, nous demandons alors une étude de sol de type G2 AVP (avant-projet), explique Christophe Convers, le Nord de Grande Terre et les plaines alluvionnaires sont souvent impactées, un terrain en contrebas sera plus à risque quune parcelle de sommet de Morne. »
👉 La Martinique néchappe pas à cet aléa. « Nous avons beaucoup de sols limoneux argileux, explique Alain Koch, en présence dargile gonflante, on effectue létude G2 AVP et on prévoit généralement un vide sanitaire. Mais, si le sol est limoneux, instable, un radier autoporté plus coûteux sera nécessaire. Cela peut par exemple être le cas dans des secteurs comme Case Pilote au nord de lîle ou Sainte-Anne, au Sud ». Conseil : à la signature de la promesse de vente du terrain, prévoyez une clause suspensive vous permettant de renoncer à lachat si létude géotechnique révèle des travaux dadaptation de la maison trop coûteux.
💰Des terrains à quels prix ?
Aux Antilles, le marché des terrains se concentre essentiellement sur les grands pôles économiques. En Martinique, cest la Cacem (Communauté dagglomération du centre de la Martinique) qui regroupe Fort de France, Schoelcher, Saint-Joseph et Le Lamentin qui remporte la plupart des suffrages.
- Au Lamentin, un terrain de 730 m2 saffiche à 150 € le mètre carré. Le sud de lîle est encore plus cher.
- À Rivière- Salée, les lots peuvent grimper à 180/200 €/m2.
- Aux Trois-Îlets, un terrain de 550 m2 est parti à 270 €/m2. Le nord de la Martinique est plus abordable.
- À Le Robert, compter 130 €/m2 pour 1 000 m2.
- Plus au nord, à Morne-Rouge ou à Basse-Pointe, comptez entre 80 et 100 €/ m2. Mais il faut intégrer un coût du terrassement souvent renchéri, les terrains étant plus pentus quau sud.
Même situation en Guadeloupe. Au centre (à la jonction de Grande-Terre et Basse-Terre), le poumon économique de larchipel reste soumis à une forte pression foncière. Premier bassin de population du département, Cap Excellence, qui regroupe les Abymes, Baie-Mahault et Pointe-à-Pitre, compte plus de cent mille habitants et près de la moitié des emplois de lîle.
- Sur une ville comme Baie-Mahault, il faut tabler sur 200 €/m2. Idem au Gosier.
- Au Lamentin, le tarif baisse dun petit cran (180 €/m2)
- à Goyave (150 €/m2),
- à Saint-François, les prix montent à 250 €/m2, à certains endroits, le foncier peut même atteindre 300 €/m2.
Quelle architecture pour votre maison aux Antilles ?
Certains constructeurs proposent uniquement des maisons sur mesure. « Nous prenons le temps de bien connaître nos clients pour leur proposer des maisons entièrement personnalisées, confirme Christophe Convers, 50 % de la demande concerne les maisons sur mesure. » Elles nécessitent toutefois une enveloppe conséquente. Cest pourquoi la plupart des professionnels proposent également des modèles préconçus, personnalisables et à prix optimisés.
L'architecture traditionnelle résiste
Au plan architectural, les maisons sont souvent de plain-pied, mais, avec la diminution des superficies de terrain, les versions à étage sont plus fréquentes quautrefois. Bien que le contemporain ait le vent en poupe, la tradition créole reste bien ancrée. Et pour cause. « Nous sommes limités, en termes de créativité par les contraintes liées au climat tropical : vent, pluie, salinité de lair », signale Christophe Convers.
Les villas daujourdhui conservent donc de longs toits pentus débordant sur la terrasse, pièce maîtresse de la maison dans le prolongement du salon et de la cuisine. « Aux Antilles, le climat nous autorise à vivre dehors toute lannée et nous ne nous en privons pas », lance Prescilia Vautour. Mais le coût de la terrasse nest pas neutre puisquelle possède une vraie toiture (souvent dissociée du toit principal), ce qui, avec le récent renchérissement des coûts de construction, conduit certains acquéreurs à la réduire, voire à la supprimer. « Certaines maisons sont même désormais proposées sans terrasse », observe Alain Koch.
Parmi les touches de modernité observées, citons les teintes de toitures et de façades, à lorigine très franches et criardes (rouge, jaune, vert, bleu ), qui se font plus neutres (blanc, gris, taupe ). Ici, compte tenu des règles parasismiques, la pente de toit doit au minimum être de 15 %, voire de 20 % dans certains cas, ce qui exclut les toits plats. Autre nouveauté, « nos maisons séquipent de très grands volets roulants de 3,50 m pour vivre ouvertes », note Christophe Convers. Ce qui ne les empêche pas dêtre dotées de multiples fenêtres afin doffrir une bonne ventilation naturelle.
Des plans intérieurs ouverts
À lintérieur, les cloisonnements se réduisent au strict minimum, justement pour laisser circuler lair, mais aussi pour offrir de beaux volumes aux pièces de vie. La maison comporte le plus souvent quatre pièces dont un séjour avec cuisine ouverte, trois chambres bien séparées des pièces de vie, dont une suite parentale avec douche et dressing. Comme en Métropole, carrelages grands formats ou façon lames de parquet ont la cote. Les pièces deau sont particulièrement soignées (douche à litalienne, équipements et robinetterie design ).
Des constructions très encadrées
Les Antilles sont régulièrement balayées par des cyclones. Raison pour laquelle il faut éviter de construire dans les zones à risque de glissement de terrain ou de submersion (bord de mer). Vérifiez aussi que le constructeur respecte les règles paracycloniques imposées aux Antilles, qui permettent aux maisons de résister aux vents violents (jusquà 250 km/heure). Ces règles prennent en compte la prise au vent (nécessité de limiter les débords de toitures pour éviter leur soulèvement), le contreventement (la construction doit résister à la poussée du vent sur la toiture) et lancrage au sol nécessitant des fondations suffisamment profondes.
Outre le risque cyclonique, il existe aussi un fort risque sismique. Dautant que les Antilles sont classées en risque de sismicité maximale (5). Doù des normes parasismiques très strictes, visant à ce que la structure de la maison (fondations, murs, toits) absorbe les secousses. Une norme NF EN 1998-1, dite Eurocode 8, a été élaborée pour toute construction de plus de 200 m2 de plancher. En maison individuelle, le constructeur peut toutefois suivre des règles simplifiées (Guide de construction parasismique DHUP CPMI-EC8 Z5). Concrètement, une construction en maçonnerie traditionnelle doit être ceinturée au niveau des fondations, de tous les angles de murs, des planchers et des bords supérieurs des murs. Tous les éléments de charpente sont également solidarisés via un chaînage.
Ici, le climat étant tropical, cest la réglementation thermique, acoustique et aération Dom (RTAA Dom 2016) de même que les réglementations thermiques spécifiques à chaque île (RTG pour la Guadeloupe et RTM pour la Martinique) qui sappliquent. Grosso modo, cette réglementation se décline en quatre volets : améliorer le confort acoustique en maîtrisant les coûts ; favoriser la ventilation naturelle et limiter le recours à la climatisation tout en garantissant la qualité de lair intérieur ; limiter la consommation énergétique de la maison et améliorer le confort hygrothermique (température et taux dhumidité) et enfin avoir recours à lénergie solaire pour au moins 50 % des besoins en eau chaude de la maison. En dautres termes, « nous nisolons pas les murs ni ne prévoyons de double vitrage, car le climat tropical nous permet de vivre ouverts sur lextérieur, explique Christophe Convers, en revanche, nous prévoyons lisolation de la toiture conformément à la RTG ou RTAA Dom, nous sommes très sensibles à la conception bioclimatique de nos villas. »
💰 Combien coûte une maison aux Antilles ?
Ici, la plupart des maisons de constructeur sont bâties en parpaings ou en briques (fabriquées sur place). Les maisons à ossature bois restent plus rares, car plus chères. Les toitures sont souvent en tôle ondulée colorée et les menuiseries (importées) en alu ou en PVC.
🗣️ « La plupart de nos acquéreurs optent pour des modèles entre 100 et 120 m2, explique Prescilia Vautour, chez Beterbat, il faut compter 1 600 à 1 700 €/m2 pour une maison en maçonnerie et 20 % de plus pour une maison en structure bois ». Chez Villarchipel, qui propose différents modèles, celui baptisé Puerto Rico, dune superficie de 106 m2 Shob, démarre à 165 000 € (hors branchement, terrassement, fosse septique).
👉 Chez Maisons Satec/Alizéa, le panier moyen se situe autour de 250 000 € (100 à 115 m2). Ces prix nincluent évidemment pas le terrain.
Par Christine Lambert
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