Acheter un terrain en Martinique et en Guadeloupe

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Sur les deux îles, l'engouement pour la maison individuelle reste fort mais les terrains sont parfois difficiles à trouver.

En Martinique, les abords de Fort de France et de Schoelcher sont prisés, de même que Le Lamentin, véritable poumon économique de l’île. Là, les parcelles de 1.000 à 1.500 m2 se négocient entre 100.000 et 150.000 €. « Dans le secteur de Fort de France et du Lamentin, les prix très élevés font diminuer la superficie des parcelles. Il n’est pas rare d’y trouver des terrains de 450/500 m2 », indique Alain Koch, directeur de Maisons Satec et Maisons Alizéa. Des secteurs comme Ducos, Saint-Joseph, Le François sont également recherchés. À Ducos, par exemple, vous pouvez dénicher des parcelles de 600 à 700 m2 à 90 000/100 000 €. Au François, pour 800/900 m2, compter entre 90.000 et 150.000 €.

Vous cherchez plus grand ? Des terrains d’environ 2.000 m2 avec vue mer s’y négocient autour de 250.000/300.000 €. Au nord de l’île, du côté de Saint-Pierre, vous payerez 88.000 € pour 550 m2. Là encore, la vue mer fait bondir les prix. Exemple, pour 1.200 m2, tablez sur 190.000 €. Au Sud de la Martinique, très touristique, aux Trois-Îlets, au Diamant, Sainte-Luce ou Sainte-Anne, les tarifs s’envolent. Un terrain de 1.500 m2 s’y vend autour de 180.000/200.000 €.

En Guadeloupe, Pointe à Pitre grâce à son port autonome et sa zone économique du Jarry implanté à Baie-Mahault créent beaucoup d’activités. Du coup, Baie-Mahault mais aussi Le Gosier, en profitent. À Baie-Mahault, on peut dénicher des parcelles à 140/150 €/m2. Mais, un très beau terrain de 1.500 m2 s’affiche à 330.000 €, soit 220 €/m2. Au Gosier, comptez 130.000 € pour 1.000 m2 (130 €/m2). Mais le tarif peut grimper à 180 €/m2 avec vue mer.

Sainte-Anne et Saint-François sont prisées mais nécessitent un bon budget. Comptez de 130 à 200 €/m2. Mais, une parcelle de 700 m2 dans un lotissement sécurisé s’affiche à 220.000 €. Sur Basse Terre, Sainte-Rose, assez proche de Baie Mahaut propose des terrains de 1.000 m2 pour 130.000/140.000 €. Si vous voulez éviter les soucis, demander conseil à votre constructeur. « Nous pouvons faire la recherche foncière pour le client », précise Alain Koch.

En Martinique et en Guadeloupe, la pression foncière est forte.

Attention à la qualité du sol !

Outre-mer les terrains peuvent recéler des défauts qui risquent de faire monter la note. Témoin la Martinique : « notre géographie est très diversifiée, le sous-sol aussi. On peut trouver de la roche dans le centre Caraïbe, comme des sols sablonneux ou argileux aux abords du rivage », explique Alain Koch qui déplore que la nouvelle réglementation sur la vente des terrains en zone argileuse (fourniture d’une étude de sol par le vendeur) ne soit applicable ni en Martinique, ni en Guadeloupe.

Malgré tout, « nous faisons systématiquement une étude de sol (G2) d’avant-projet qui permet ensuite de prévoir des fondations adaptées grâce aux préconisations de l’ingénieur béton », poursuit ce professionnel. Consultez aussi les documents d’urbanisme et susceptibles de vous apporter des informations sur les risques encourus dans la commune. Notamment le Plu (plan local d’urbanisme) et le Plan de prévention des risques naturels (PPRN).

D’ailleurs, « dans le PPRN, une étude géotechnique peut être rendue obligatoire dans certains secteurs mais même si ce n’est pas le cas, nous la demandons », prévient Harry Oguenin, la difficulté aux Antilles, c’est qu’il existe encore beaucoup de communes qui ne sont pas dotées d’un Plu et qu’elles sont régies au niveau de la Préfecture de région, par la DEAL (Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement) ».

Ce qui représente une difficulté, par exemple lorsque le terrain se situe dans un secteur protégé. « Il y a beaucoup de bâtiments classés en Guadeloupe et on ne le sait bien souvent que lorsqu’on a, entre les mains, le certificat d’urbanisme, ce qui retarde la délivrance du permis de construire, le dossier devant alors passer par l’architecte des bâtiments de France », poursuit Harry Oguenin.

Une autorisation de défrichement peut être demandée dans de nombreux secteurs. Autre élément à connaître, aux Antilles, les terrains ne sont pas tous plats. Dans les mornes par exemple, certains offrent de charmants dénivelés. « Mais un terrain en pente suppose la construction d’un sous-sol », indique Prescilia Vautour. Or, un sous-sol augmente le prix de la maison. « Entre le terrassement, la dalle béton, etc., il faut s’attendre à 40.000/50.000 € de surcoût », calcule Alain Koch.

Christine Lambert