Matériaux : comment sont construites nos maisons

Anabelle Martinat
Mis à jour par
le 19 janvier 2022
Journaliste chez PAP.fr

Comment sont bâties les maisons individuelles en France. En dehors du chauffage et de la production d’eau chaude, il n’y a pas de véritable révolution en vue. Le pôle Habitat de la FFB fait le point sur les dernières tendances.

© Jean-philippe WALLET/Getty Images

On ne construit pas de la même façon à Lille et à Marseille ! Si les régions peuvent se targuer de quelques singularités architecturales, elles se distinguent aussi par les solutions techniques mises en œuvre sur leur territoire. Et depuis la Réglementation thermique 2012, la France est découpée en huit zones climatiques distinctes qui influencent directement les modes constructifs (un partage inchangé dans le cadre de la Réglementation environnementale E 2020, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2022). À partir d’un échantillon de 168 000 maisons observées par cinq grands bureaux d'atudes, le pôle Habitat de la FFB fait le point sur les dernières tendances.

Le parpaing règne en maître. Un constat, on construit majoritairement en bloc béton. Quelle que soit la région, le matériau représente entre 45 et 70 % des maisons, voire 100 % dans la zone H1b dans le nord-est de la France. C’est actuellement le système le plus répandu sur le marché de la construction de maisons individuelles. Parfaitement maîtrisé, il permet de réaliser des maisons très efficaces énergétiquement. La brique arrive en seconde position avec des scores très honorables compris entre 14 et 46 %. A l’exception notable de la zone H2D (Drôme, Ardèche, Vaucluse) où 91 % des maisons font appel à la terre cuite. Enfin le bois, le béton cellulaire et le béton restent marginaux dans la construction. A noter qu’avec la RE 2020, et l’obligation faite de recourir aux matériaux biosourcés, le bois a toutes les chances de voir ses parts de marché augmenter.

La pompe à chaleur s’impose. Depuis la Réglementation thermique 2012, la pompe à chaleur s’est imposée dans la maison neuve. Au point d’équiper près de 80 % des nouvelles constructions. Si la pompe à chaleur air/eau domine largement le marché, la Pac air/air est majoritaire dans les régions réputées chaudes du sud de la France. Rien d’étonnant à cela, puisque les besoins en chauffage sont bien moins importants que dans le Nord. Surtout la pompe à chaleur air/air peut également être utilisée comme système de climatisation lors d’épisodes de fortes chaleurs.

L’eau chaude sanitaire. L’Eau chaude sanitaire (ECS) est aujourd’hui un poste de consommation majeur dans la maison neuve. Il peut représenter jusqu’à 50 % des besoins énergétiques. Les solutions thermodynamiques sont donc à l’ordre du jour. Que ce soient les pompes à chaleur double service (chauffage et eau chaude sanitaire) ou les ballons thermodynamiques, les particuliers s’équipent entre 78 et 90 % d’une solution aérothermique. Sauf lorsque le gaz passe dans leur rue. Une alternative qui disparaît néanmoins avec la RE 2020 puisqu’elle bannit les énergies fossiles.

La VMC reste simple flux. La ventilation mécanique contrôlée reste le parent pauvre de la maison. Pourtant elle est essentielle car elle assure le renouvellement et la qualité de l’air intérieur. Les particuliers optent à 99 % % pour la solution technique la plus simple : la VMC simple flux classique qui extrait l’air vicié des pièces humides. La double flux, pourtant plus efficace, puisqu’en plus d’extraire l’air vicié, elle réchauffe et filtre l’air entrant, ne séduit qu’une petite partie des  acquéreurs (1 %). Une faible part de marché qui s’explique par un coût très élevé. Une simple flux vaut dans les 500 à 700 € fournie posée, la double flux dépassant souvent les 3 000 €.  


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