Maison : les risques de l’autoconstruction

Construire soi-même sa maison, c’est possible. Mais ce vaste chantier, très compliqué, ne doit surtout pas s’improviser. Sous peine de subir de graves déconvenues. Nos conseils.

Chaque année, quelques centaines de familles décident de construire elles-mêmes leur maison dans son intégralité. Leur objectif : faire des économies en supprimant la majorité des intermédiaires. Selon une enquête du Commissariat général au développement durable, le prix moyen au mètre carré revient à 1.251 € si le particulier réalise lui-même sa maison. Le tarif moyen atteint 1.361 € chez les constructeurs en Contrat de construction-loi de 1990 et grimpe à 1.622 € chez les architectes.

Précautions et anticipation. Au-delà des questions de prix, ce chantier est a priori réalisable. A condition de bien se préparer, de s’informer sur toutes les étapes du projet et de réfléchir aux conséquences d’un tel acte (notamment aux répercussions sur la vie de famille). Il faut par exemple tenir compte des contraintes liées au déménagement : que faire si l’on a donné congé à son propriétaire et que la maison n’est pas terminée ?

Course d’obstacles. Créer une architecture et des plans, c’est une affaire de professionnel. Il faut aussi respecter les règles d’urbanisme pour obtenir le permis de construire. L’autoconstructeur doit prendre en charge de très nombreuses démarches, du permis de construire aux attestations concernant la réglementation thermique (RT 2012) en passant par les études de sol. Bref, la rigueur est de mise.

Trouver du crédit. Ces projets sont difficiles à financer puisque la banque, qui garantit le prêt sur le bien, n’a aucune certitude sur la bonne fin des travaux. Ce qui n’est pas le cas avec le Contrat de construction-loi de 1990, qui comporte obligatoirement une garantie de livraison à prix et délais convenus.

Travaux dirigés. L’acquéreur qui construit lui-même sa maison doit être capable de mener le chantier à bien. Il doit notamment s’organiser avec les entreprises auxquelles il fait appel pour assurer le bon ordre et la continuité des opérations. La prise en charge de certains ouvrages par un particulier ne s’improvise pas. Le gros œuvre et l’isolation, ou encore la pose de l’installation électrique, doivent être réalisés dans les règles de l’art.

Autoconstruction ou prêt à finir ?
En autoconstruction, le particulier réalise lui-même sa maison. S’il opte pour le prêt à finir, le constructeur se charge du gros œuvre et de l’isolation. Le particulier pose les cloisons, les sanitaires, l’électricité et réalise les finitions. Les professionnels du prêt à finir proposent des kits de finition spécialement adaptés et assurent une assistance pour que la maison soit réalisée dans des délais raisonnables et dans le respect des règles de l’art (conformité à la RT 2012 notamment). Pour en savoir plus, voir notre dossier sur les maisons prêtes à finir.

Respecter les normes. A la fin du chantier, la conformité de la maison à la RT 2012 est vérifiée par un test d’étanchéité. Si le débit de fuites d’air dépasse 0,6 m3 par mètre carré de paroi et par heure, la maison n’est pas conforme et des travaux rectificatifs doivent être engagés. Et il faudra procéder à de nouveaux tests une fois la remise à niveau effectuée.

Bien assuré. L’autoconstructeur doit souscrire une assurance dommages-ouvrage. Cette dernière, obligatoire quel que soit le cadre juridique du projet (article L242-1 du Code des assurances) permet de mettre en jeu la garantie décennale en dehors de toute recherche de responsabilité. En autoconstruction, son coût représente 7 à 8% du prix de la maison contre 2 à 3% avec un Contrat de construction-loi de 1990.

Conseil : en tout état de cause, nous ne pouvons que recommander aux autoconstructeurs motivés et conscients des enjeux de leur projet de se rapprocher des mouvements coopératifs (castors) pour se lancer en connaissance de cause. 

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