Crédit : question d'assurance

S’il est impossible d’emprunter sans assurance décès-invalidité, vous n’êtes pas obligé de choisir le contrat proposé par la banque prêteuse. Avec cette délégation d’assurance, vous faites des économies, mais les établissements financiers voient cette pratique d’un mauvais œil. Les précisions et les conseils d’Astrid Cousin, porte-parole du comparateur d’assurances Magnolia.fr.

L’assurance de prêt ? Vous n’y échapperez pas. Les banques vous l’imposent systématiquement et sans elle, vous ne pourrez pas emprunter. Ce qu’il faut voir comme une vraie protection, une vraie sécurité. Logique : cette assurance décès-invalidité prend en charge les remboursements du crédit si vous ne pouvez plus travailler ou si, par malheur, vous veniez à décéder. En d’autres termes, en cas d’aléa grave de la vie, vous et/ou votre famille conservez la maison. Reste que cette assurance soulève de nombreuses questions. D’abord parce qu’elle a un coût. Mais aussi parce que vous n’êtes pas obligé de prendre le contrat proposé par la banque prêteuse. Le point sur la question avec Astrid Cousin, porte-parole du comparateur d’assurances Magnolia.fr.

Construiresamaison.com : faut-il forcément souscrire l’assurance crédit proposée par la banque qui accorde le prêt ?
Astrid Cousin : s’il est impossible d’emprunter sans assurance, la banque n’a pas le droit d’imposer la sienne, autrement dit son contrat groupe. L’emprunteur peut en effet se tourner vers un prestataire extérieur. Cette pratique dite de la délégation d’assurance est permise par la loi Lagarde de 2010. Ses avantages : des garanties individualisées pour répondre à des besoins précis en fonction de l’âge, de l’état de santé ou encore de la profession, mais aussi des économies. Pour un emprunteur non-fumeur de 35 ans, le contrat groupe tourne autour de 0,30 % du capital emprunté, un coût que la délégation peut diviser par deux, voire par trois.

Comment souscrire une délégation d’assurance ?
L’emprunteur doit la demander dès le premier contact avec la banque. Celle-ci va lui remettre une fiche d’information standardisée qui compte 18 critères et elle va en sélectionner 11. L’emprunteur devra alors trouver, par l’intermédiaire d’un assureur spécialisé ou d’un comparateur, une délégation d’assurance qui reprendra ces 11 critères. Une fois l’accord de la banque obtenu, l’offre de prêt est éditée et il n’y a plus qu’à la signer.

Les banques acceptent-elles facilement la délégation d’assurance ?
Elles sont de plus en plus nombreuses à traîner les pieds. Certaines font pression pour que l’assureur prennent le contrat groupe de la banque, d’autres menacent de revoir les conditions du prêt en cas de délégation, d’autres encore demandent des pièces supplémentaires imaginaires… Avec la chute des taux d’intérêt, les banques gagnent de moins en moins d’argent sur les prêts immobiliers. Elles cherchent à imposer leur contrat groupe, ce dernier leur permettant de préserver leurs marges.

Un dernier conseil pour les emprunteurs ?
Si la banque se montre réticente à la délégation, mieux vaut accepter sa proposition pour ne pas faire traîner le dossier. Dès le mois suivant, l’emprunteur aura un an pour trouver une délégation, comme la loi Hamon de 2014 le lui permet. Autre conseil : attention à certains crédits qui imbriquent trop étroitement l’assurance et le crédit. Ces formules sont plus chères, plus opaques, ce qui complique la délégation et le capital est amorti moins rapidement. Mieux vaut demander conseil à un courtier, un intermédiaire qui saura renseigner l’emprunteur sur les différentes caractéristiques de son financement.

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