Maison : installer une toiture végétalisée

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Une meilleure isolation, davantage de confort pour une maison très écologique : les toitures végétalisées ne manquent pas d’atouts. Reste à savoir comment les poser, quelles règles respecter et combien ça coûte.

Ces dernières années, les jardins ont conquis un nouveau territoire : les toitures de nos maisons ! Pourtant le principe d’une couverture de végétation pour se protéger n’est pas nouveau, puisqu’il remonte à plusieurs siècles. Aujourd’hui, les toitures végétalisées sont revenues sur le devant de la scène avec l’essor des préoccupations écologiques et de sauvegarde de la planète.

Température régulée. Ces toitures vertes affichent de nombreux avantages : elles permettent de mieux isoler les logements ou les bâtiments, ce qui offre un meilleur confort aux occupants, de réduire les effets de chaleur dans les îlots urbains, de contribuer à l’écoulement progressif des eaux de pluie (un toit végétal peut absorber jusqu'à 50% de la quantité d'eau pluviale tombant sur les toits), d’améliorer la qualité de l’air et de participer au retour de la nature en ville.  

Les professionnels de la toiture végétalisée ont mis au point des procédés de pose très rapides.

Toit isolé. Une toiture végétalisée est aussi un bon isolant acoustique : les ondes sonores sont absorbées et les bruits de l’environnement urbain diminués. Avec des coûts d’entretien et des surcoûts de construction faibles, cette technique éprouvée est relativement facile à mettre en place et se révèle plus stable et plus étanche que des systèmes plus classiques de toitures plates.

Composition. Comme un millefeuille, une toiture végétalisée est constituée de plusieurs couches : le support porteur, l'isolant, le pare-vapeur, le complexe d'étanchéité, et le complexe de végétalisation, composé des matériaux de drainage, du substrat de culture et de végétaux. Les plantations peuvent être extensives, semi-intensives ou intensives.

Le support d’une toiture végétalisée

Qu’elle soit en béton, en acier ou en bois, l’installation d’une toiture végétalisée est possible à partir du moment où la structure porteuse peut résister au poids de l’installation prévue. Il faudra donc s’assurer que la charpente est capable de supporter une charge comprise entre 80 à 600 kg/m², qui correspond à la masse du dispositif de végétalisation, de l’eau de pluie retenue et du poids de la végétation.

Les toitures à faible pente peuvent elles aussi être végétalisées.

Question de pente. La toiture peut être plate ou inclinée, avec une pente allant jusqu’à 20%. Au-delà, des études sont nécessaires. Une pente minimale de 1 à 2% est recommandée pour réduire l’épaisseur de la couche drainante et donc le poids général de la structure, et pour éviter les stagnations d’eau préjudiciables à la végétation.

L’isolation d’une toiture végétalisée

La toiture végétalisée peut être installée sur tout type d’isolant admis sous étanchéité (laine de verre ou de roche, polystyrène extrudé, etc.) dont la résistance à la compression est compatible avec les surcharges prévues. L’isolant peut être soit placé de manière traditionnelle, en-dessous d’une couche étanche de bitume ou de plastique, soit inversé et placé au-dessus de la couche étanche, mais cette technique est peu employée. Dans ce cas, l’isolant doit être étanche.

Robustes, les plantes des toitures végétalisées nécessitent peu de soins.

Evacuer l’humidité. L’isolation d’une toiture végétalisée peut être complétée par l’installation d’un pare-vapeur : placé à l’intérieur, contre l’isolant, ce film va empêcher la vapeur d'eau présente dans la maison de stagner à travers les différentes parois et couches d'isolants de la toiture. Notez que tout ces points réclament un vrai savoir-faire et que ces toitures, comme tous le gros œuvre de la maison, doivent être réalisées par des professionnels expérimentés.

L’étanchéité d’une toiture végétalisée

L’étanchéité d’une toiture végétalisée est constituée d’un support d’étanchéité, qui va être posé sur le support porteur, d’un revêtement d’étanchéité qui va être généralement placé sur l’isolant auquel s’ajoutent les relevés d’étanchéité qui vont remonter sur une quinzaine de centimètres sur les murs et les ouvertures type sorties de toit, et d’une protection contre les intempéries. Les revêtements les plus utilisés sont le bitume et l’asphalte, mais il existe aussi des revêtements d’étanchéité à base de matières synthétiques. L’étanchéité doit aussi résister à la pénétration des racines des végétaux : une couche anti-percement peut être ajoutée.

Avec une toiture végétalisée, l'étanchéité est capitale.

Question de garanties. Tous les éléments qui relèvent du gros œuvre sont couverts par la garantie décennale de votre maison. Il en va notamment des structures porteuses et de l’étanchéité pour ce qui concerne les toitures végétalisées. En revanche, les plantes proprement dites n’entrent pas dans le cadre des garanties dites légales comme la garantie de parfait achèvement, la garantie biennale de bon fonctionnement et la décennale.

Le complexe de végétalisation

Le complexe de végétalisation est composé du dispositif de drainage, qui régule l’écoulement des eaux de pluie, du substrat de culture et des végétaux. Vous aurez le choix entre une plantation de type extensive, semi-intensive ou intensive.

Les matériaux de drainage. Une couche drainante doit être mise en œuvre pour diriger l'eau de pluie vers les systèmes d’évacuation des eaux de pluie et les gouttières extérieures. Le choix du type de couche drainante est conditionné par la pente de la toiture, la résistance de la structure porteuse et l'épaisseur et la nature du substrat. Il peut s’agir de granulats minéraux meubles, de plaques de polystyrène alvéolé ou de matériaux géotextiles qui seront installés directement sur l’étanchéité. Pour éviter le colmatage de la couche drainante par des particules du substrat de culture, il sera dans certains cas nécessaire d’ajouter un filtre géotextile pour retenir les particules du sol, laisser s’écouler l'eau et offrir un support d’accrochage pour les racines des plantes.

Les végétaux sont cultivés dans un lieu adapté avant d'être apportés sur le chantier.

Le substrat de culture. Des substrats de culture spécifiques ont été créés pour être légers, perméables et résistants. Ils sont souvent constitués d’un mélange de roches volcaniques ou d’agrégats de pierres légères et absorbantes ayant un diamètre de 0 à 12 mm, associés à des composants organiques tels que de la tourbe ou du compost d’écorce. L'épaisseur totale du substrat peut être réduite à 2 cm d'épaisseur pour les rouleaux prévégétalisés, 12 à 15 cm permettant de bénéficier d'une plus grande variété de plantes.

Quelles plantes pour un toit végétalisé ?

Les végétaux plantés devront être choisis en fonction de plusieurs critères : le climat de la région, la pente du toit, l’épaisseur du substrat, l’arrosage nécessaire et l’ensoleillement. Le plus souvent, la végétation sera composée de mousses, de plantes couvre-sols et parfois d’herbacées. Des plantes vivaces résistantes aux variations de températures et qui réduiront le dessèchement des sols par le soleil et le vent pourront orner la toiture végétalisée. Il existe trois types de végétalisation, chacune offrant ses propres caractéristiques.

Végétalisation extensive. Il s’agit de mettre en place un tapis végétal souvent composé de sedums, des plantes vivaces succulentes qui ne demandent quasiment aucun entretien et qui s’adaptent facilement au climat. La charge est limitée, ce qui permet une utilisation même sur un support léger. Les végétalisations extensives de toitures sont encadrées par les « Règles professionnelles pour les toitures et terrasses végétalisées », éditées par la Chambre syndicale française de l'étanchéité. Elles peuvent être réalisées sur support béton, acier et bois sur des pentes allant jusqu’à 20%. Côté prix, comptez dans les 60 € du mètre carré tout compris (étanchéité incluse).

Un exemple de végétalisation partielle d'une maison bioclimatique.

Végétalisation semi-intensive. Il s’agit d’une optimisation de la terrasse-jardin avec des matériaux de culture spécifiques qui se substituent à la terre végétale, la couche de drainage participant aussi à la rétention d’eau. Le choix des végétaux (plantes couvre-sols par exemple) et la conception d’ensemble sont adaptés pour limiter l’entretien nécessaire et être réalisés sur des supports légers, après une étude précise des charges. Dans ce cas, le tarif grimpe aux alentours de 120 € du mètre carré.

Une toiture végétalisée participe au maintien de la biodiversité.

Végétalisation intensive. Il s’agit là d’un jardin véritable, avec de la terre végétale en couche épaisse et des végétaux pouvant aller du gazon aux arbres. Ce type de toiture végétalisée est plus complexe : il faut par exemple que le revêtement d’étanchéité soit résistant à la pénétration racinaire, installer une couche de drainage et une couche filtrante, et étudier précisément en amont du projet les charges permanentes très élevées dues à la terre et leur répartition sur le support. En conséquence, les conditions d’entretien sont lourdes puisque équivalentes à celles d’un jardin classique. Les toitures végétalisées intensives sont encadrées par la norme NF P 84-204-(réf DTU 43.1) et ne peuvent être réalisées que sur support béton en pente inférieure à 5%. Ces toitures sont plus chères, avec un prix au mètre carré de l’ordre de 180 € tout compris.
Sophie Fichepain