Maison : à chaque région sa toiture

Pour choisir la toiture de votre maison, vous pouvez vous inspirer des traditions de votre région. Mais vous n’oublierez jamais de respecter les points techniques et les règles d’urbanisme pour réussir l'architecture de votre toit.

Les toitures font partie du patrimoine architectural français. Leurs styles varient selon les régions, tant en matière de formes que de matériaux. Lors de la construction de la toiture de votre maison, plusieurs critères, dont la localisation géographique et la situation climatique associée, vont être déterminants dans le choix de la pente de la toiture et de la couverture. Mais tuiles, ardoises, chaume, lauze ou zinc, entre autres, ne peuvent être posés qu’en accord avec la réglementation locale, qui va prendre en compte des caractéristiques architecturales et techniques, pour assurer sa durabilité. L’ensemble composé de la toiture et de ses accessoires correspond aussi à un choix esthétique particulier, notamment en termes de couleurs, dont les nuances varient selon les régions.

Dans les Hauts-de-France, place aux tuiles rouges et aux fortes pentes de toiture.

Technique : les règles à suivre. En France, la construction ou la rénovation d’une toiture est soumise aux normes des Documents Techniques Unifiés (D.T.U.) qui définissent les règles de fabrication et de mise en œuvre des matériaux de couverture. Leur respect est essentiel pour l’efficacité et la durabilité de votre toiture (protection, isolation et étanchéité). Trois types de toiture coexistent selon les régions : le modèle le plus répandu est le toit en pente, souvent à deux pans. Mais vous pouvez aussi opter pour les toitures-terrasses (toit plat) ou les toitures arrondies.

La toiture, une question de tradition

La diversité des matériaux de toiture reflète l’évolution architecturale des régions. Bon nombre de matériaux traditionnels (chaume ou bois) ont été au fil du temps remplacés par des matériaux fabriqués industriellement, comme les tuiles, les ardoises ou encore le zinc ou le bac acier plus récemment. A l’instar des toits de Paris immédiatement reconnaissables à leur silhouette gris bleuté, certaines régions sont très marquées par un matériau de couverture. Par exemple les pannes flamandes ou picardes dans le Nord et la Picardie, les tuiles vernissées de Bourgogne ou la tuile beaugeoise près d’Angers.

Une toiture traditionnelle de la Haute-Savoie.

Tuile ou ardoise ? Les régions ouest de la France, dont la Bretagne et la Normandie, une partie du centre et les Ardennes et la Corrèze, utilisent plutôt de l’ardoise, tandis que la tuile s’est fortement répandue dans le reste du pays. Les formes aussi sont typiques. L’Alsace se distingue par des tuiles écailles, la tuile canal a conquis toute la façade atlantique de la Vendée au Pays basque, la Lorraine, le sillon rhodanien et la façade méditerranéenne, alors que la tuile plate est notamment employée dans la moitié nord de la France, dont le bassin parisien.

Dans les Landes, les toits se distinguent par leur faible pente.

Toit : sur la bonne pente

La pente du toit va influencer le type de matériau choisi. Globalement, les toitures sont plutôt à forte pente dans les régions du nord de la France et à faible pente dans le sud du pays. L’inclinaison des pentes de toit est réglementée selon les zones géographiques. Il y en a trois : la première est l’arrière-pays, à plus de 40 km de la côte et moins de 200 m au-dessus du niveau de la mer ; la seconde est située entre 20 et 40 km de la côte et/ou située à un niveau de 200 à 500 m au-dessus du niveau de la mer ; la troisième est à moins de 20 km de la côte et située à une hauteur supérieure à 500 m au-dessus du niveau de la mer.

Une maison briarde, reconnaissable à sa toiture à deux pentes et à ses tuiles rouges.

Attention à l'orientation. La pente du toit doit aussi tenir compte de la situation de la maison, c’est-à-dire de son exposition selon l’environnement alentour, exposée ou non aux vents dominants, ou en montagne par exemple à la neige et aux intempéries. Enfin, la pente du toit varie selon les matériaux de toiture utilisés. Ces normes s’appliquent à des longueurs de toiture n’excédant pas 12 mètres, en projection horizontale. Au-delà, les professionnels et artisans couvreurs en charge des travaux de toiture doivent réaliser une étude au cas par cas.

Bâtie en Bretagne, cette maison bois est couverte d'un toit d'ardoise.

Toit : aménagements et accessoires

Avant de construire votre toiture, vous devez anticiper sur l’usage que vous lui réservez ! Vous pouvez ainsi envisager d’aménager les combles ultérieurement, ce qui aura une influence sur la forme de la charpente, l’isolation, l’étanchéité et la couverture, puisqu’il faudra notamment installer des fenêtres de toit. De même, selon la configuration de votre maison, vous pouvez prévoir d’installer une toiture végétalisée, ou des panneaux solaires thermiques et/ou photovoltaïques sur le toit.

Tuiles grises et fenêtres de toit pour cette demeure bâtie dans le Centre.

Lucarnes et gouttières. Formes des fenêtres, lucarnes, chéneaux, cheminées, gouttières et autres faîtages sont autant de signes distinctifs d’une toiture régionale. Vous devez respecter les différentes contraintes pour chaque élément : par exemple les distances minimales de vue, les jonctions d’isolation ou encore les apports lumineux recommandés pour les fenêtres de toit. Les sorties de cheminée et de conduits de ventilation devront veiller à respecter l’étanchéité de la couverture. Gouttières, chéneaux et descentes devront être adaptés aux conditions climatiques locales. Tous les accessoires de toiture devront bien sûr respecter la réglementation locale et s’intégrer dans l’esthétique globale de la toiture.

Des tuiles canal et une sortie de toiture traditionnelle pour cette maison corse.

Maison, toiture et réglementation

Dans de nombreuses villes, le choix du matériau de toiture est dicté par le Plan local d’urbanisme (PLU), qui doit obligatoirement être consulté en mairie avant de vous lancer dans votre projet de construction de maison. Le cas échéant, vous devez aussi tenir compte du règlement de votre lotissement. Le sens de faîtage, par exemple, peut vous être imposé. Vous pouvez obtenir gratuitement des conseils auprès des services de l’urbanisme de votre commune, ainsi que des architectes des Conseils d'architecture, d'urbanisme et de d'environnement (CAUE, liste sur www.fncaue.com).

Toiture à quatre pans et tuiles rouges pour cette maison construire près de Clermont-Ferrand.

Attention aux secteurs sauvegardés. Si votre projet est situé dans un secteur sauvegardé autour des monuments historiques ou dans un périmètre adjacent de 500 mètres (ex-Zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) remplacées par les Aires de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP), ou encore sur les sites patrimoniaux remarquables, depuis la loi relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine du 7 juillet 2016, vous devez obtenir le feu vert de la part des architectes des Bâtiments de France (ABF) dont l’avis prévaudra sur celui de la commune.

En Lorraine, les pentes de toitures sont très inclinées.