Maison en bois : le charme au naturel

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Rapides à construire, très performantes, les maisons à ossature bois jouent aussi le confort et l’écologie. A des prix de plus en plus accessibles. Gros plan sur un habitat promis à un bel avenir.

Ecologique par essence, la maison à ossature bois a plus d’un atout dans son jeu. L’un de ses grands avantages est la précision de sa conception en raison de la préfabrication de ses éléments de structure en atelier ou en usine. Ses panneaux de murs à ossature bois fabriqués en général par des machines à commandes numériques sont assemblés avec une grande précision. « La maison à ossature bois conçue sur mesure nécessite une préfabrication précise, vérifiée et contrôlée, garante d’une grande qualité de construction », indique Pierre Courivaud, architecte chez ArteCk, qui réalise une dizaine de maisons de ce type par an, en Ile-de-France et en Champagne-Ardenne, à partir de la production d’éléments de structure de son atelier en Haute-Marne.

Certains professionnels vont jusqu’à employer les technologies numériques en pointe de conception de maisons comme le Building Information Modelling (BIM) utilisé dans le secteur du bâtiment. C’est le cas d’ArteCk et de Trecobat. « Le BIM est une méthode d’aide à la conception de la maison sur la base d’une maquette numérique de modélisation 3D qui réunit toutes les informations nécessaires à sa construction. Architectes et bureaux d’études peuvent ainsi travailler sur la même maquette, ce qui limite les risques d’erreurs dans la précision des plans », explique Pierre Courivaud. « La maquette numérique nous permet de pré-étudier tous les éléments de la maison de façon à en optimiser le coût et l’ordonnancement de sa construction et d’offrir à nos clients davantage de services comme la possibilité d’une visite virtuelle de l’intérieur de la maison », ajoute Michel Roué, chargé d’études chez Trecobat.

Les maisons bois s’intègrent facilement dans leur environnement. www.delrieu-construction.com

Une construction rapide

L’autre grand atout de la maison à ossature bois est sa rapidité de construction. Elle est permise par l’industrialisation de l’essentiel de sa structure (murs à ossature bois, charpente, plancher intermédiaire…) et sa préfabrication en un temps record en atelier, avant son montage sur chantier. Selon le degré de préfabrication, les panneaux de murs peuvent même être livrés entièrement équipés (fenêtres, isolants et parements compris).

Les éléments de structure sont acheminés par camion sur le chantier et assemblés sur place. Une fois la dalle de fondation coulée et sèche, une semaine peut suffire pour construire l’ossature de la maison. « Les murs peuvent être livrés sur le chantier en quelques jours et le montage des murs et de la charpente sur place ne prend guère plus qu’un jour ou deux. Au bout du compte, la maison à ossature bois prête à aménager est réalisée en quatre à huit mois selon sa taille, contre dix à douze mois pour une maison maçonnée », illustre Olivier Prost, directeur commercial de Maison Eco Nature qui construit ce type de maisons sur le quart sud-est de l’Hexagone à partir de la préfabrication d’éléments de structure de son atelier de Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône).

Autre particularité de la maison à ossature bois : sa construction est très peu consommatrice d’eau contrairement au béton. Et le plancher intermédiaire en bois ne nécessite pas de temps de séchage comme un plancher en béton. « On travaille en filière sèche », résume-t-on chez IGC Construction qui réalise des maisons à ossature bois par an sur le grand sud-ouest. Autre avantage de cette façon de faire : un chantier propre, avec très peu de déchets et un impact minimal sur le voisinage. Par ailleurs, il faut vérifier si le terrain est bien accessible aux camion qui transportent les éléments de structure.

Des fondations moins importantes

Avant de construire ce type de demeure, il faut l’adapter aux caractéristiques du terrain et travailler son implantation. Comme toutes les autres villas neuves, la maison à ossature bois nécessite des études préalables sur la nature et la déclivité du terrain et sur les contraintes environnementales locales. Sur ce point aussi, ce type de maison présente un avantage indéniable. « Deux à trois fois moins lourde que la maison maçonnée, elle limite l’importance des fondations et s’adapte davantage à des terrains meubles, argileux, sablonneux… en raison d’une portance plus faible qu’une maison en béton », assure Pierre Courivaud.

La maison à ossature bois demande néanmoins de créer un vide sanitaire de soubassement de façon à désolidariser le bois du sol. Avantage : une meilleure adaptation au terrain, une isolation plus efficace, pas de remontée d’humidité à l’intérieur. Et puis, la maison à ossature bois bénéficie d’un autre atout. « Plus souple qu’une construction en dur, elle résiste d’autant mieux aux effets sismiques qu’une maison classique qui peut se fissurer », remarque Olivier Prost.

Constituées en partie de bois naturel, les maisons à ossature bois sont écologiques par nature. Elles suivent ainsi une logique bas carbone. « Leur construction dégage de faibles émissions de carbone puisqu’on travaille en grande partie le bois qui a la particularité de stocker le CO2 »,
explique Frédéric Carteret, président d’Ami Bois qui réalise 200 à 250 maisons de ce type par an dans le sud-ouest.

Dans ce cadre, les maisons à ossature bois sont plutôt bien placées pour respecter la future Réglementation environnementale 2020 qui prend en compte les émissions de carbone. « Que ce soit sur l’isolation ou l’étanchéité, sur la consommation d’énergie ou encore et surtout sur l’empreinte carbone liée à leur fabrication, nos maisons à ossature bois sont déjà dans les critères de la réglementation environnementale 2020 », estime un constructeur spécialisé du  Grand Est de l’Hexagone. « Nous sommes déjà prêts pour la RT 2020 alors qu'elle entrera en vigueur en janvier 2022 », confirme Frédéric Carteret.

Ces maisons très naturelles peuvent tout à fait trouver leur place en ville.

Etanches et bioclimatiques

Avec des murs de bâti renforcés par une ou plusieurs couches d’isolants naturels (laine minérale, fibres de bois…) insérées entre les montants verticaux en bois à l’intérieur des murs, les maisons à ossature bois sont étanches à l’air. Elles collent même en général aux trois principes de la maison bioclimatique : une orientation optimale, une surface vitrée importante et pour terminer une isolation de qualité.

L’exposition des pièces de vie est ainsi souvent étudiée par les professionnels pour que celles-ci soient orientées au sud, de façon à faire rentrer au maximum les rayons du soleil. « L’avantage de ces maisons est de pouvoir y faire de plus grandes ouvertures que dans les maisons classiques. Les baies vitrées qui peuvent atteindre 4 à 6 mètres de longueur contre 2,60 à 3 mètres pour une maison maçonnée favorisent l’apport de lumière et de chaleur extérieures », expose Olivier Prost.

Très bien isolées, les maisons à ossature bois sont souvent très économes en énergie. Elles sont même plus efficaces que ne l’exige la réglementation thermique actuelle, la RT 2012. « Avec des murs à ossature bois renforcés d’isolants, dont l’épaisseur est de 200 mm contre 145 mm en moyenne, nos maisons conduisent à une économie énergétique de 10 à 20 % en dessous des critères de la RT 2012 », ne manque pas de souligner Michel Roué. Idem chez Maison Eco Nature : « nos villas affichent des niveaux de consommation inférieurs de 15 à 20 % aux plafonds de la RT 2012 », ajoute Olivier Prost.

Contemporaine, cette maison bois est passive : elle peut assurer le confort de ses habitants sans chauffage ! www.innovhabitat.fr

Certains constructeurs réalisent des maisons dont les performances énergétiques tendent vers le concept de la maison passive qui peut se dispenser de chauffage grâce à une isolation optimale et à l’utilisation de la chaleur naturelle intérieure et extérieure. « Nous concevons des maisons à l’isolation renforcée des murs et aux fenêtres à triple vitrage pour minimiser la consommation d’énergie et accroître le confort de vie », indique un professionnel de la maison passive en bois.

Ces maisons à très forte isolation et donc très étanches nécessitent néanmoins un système de ventilation double flux qui évacue l’air vicié de l’intérieur et récupère l’air extérieur chauffé par les calories restantes de l’air sortant. « Attention ! La surisolation de la maison pour minimiser la consommation de chauffage l’hiver peut amener à dégrader le confort de vie l’été et conduire à s’équiper d’un système de climatisation. On conseille de ne pas dépasser 10 % de surisolation par rapport aux critères de la RT 2012 », prévient-t-on chez IGC.

Les maisons à ossature bois plus classiques ne demandent, elles, qu’un système de ventilation mécanique contrôlé (VMC) simple flux qui permet d’assainir l’air intérieur en filtrant l’air entrant. Mais quel que soit son degré d’isolation et d’étanchéité, ce type de maison nécessite toutefois un chauffage d’appoint. Le système gainable de pompe à chaleur air-air, le plancher chauffant ou le poêle à granulés sont les trois principales solutions préconisées et adoptées.

En matière d’architecture, les maisons à ossature bois tendent plutôt vers le style contemporain, avec de grands volumes favorisés par de belles portées de plancher entre deux murs. « C’est le véritable atout du bois qui permet de plus grandes ouvertures que les maisons maçonnées », souligne Pierre Courivaud. Le toit terrasse prédomine en général sur le toit en pente, mais l’architecture traditionnelle (toit en tuiles) résiste dans certaines régions pour respecter les règles d’urbanisme. La grandeur de l’espace de vie, autrement dit le salon/séjour et la cuisine ouverte, est privilégiée par les acquéreurs au détriment des chambres dont la dimension peut être réduite. Les maisons à ossature bois peuvent être pourvues d’un étage dédié aux chambres ou être de plain-pied dans certaines régions notamment en Aquitaine. Le bardage des façades peut être de tous types de revêtements, enduit, crépis, fibrociment ou en bois et en général dans des coloris de blanc et de gris.

Un autre exemple d’adaptation réussie au terrain et à l’environnement. www.guillaumie.com

Spécial petit budget

Jusqu’à présent réservée aux budgets de secondo-accédants et aux familles aisées, la maison à ossature bois se démocratise. Certes, celles qui sont construites sur mesure peuvent coûter entre 250.000 et 400.000 € selon leur superficie, à raison d’un prix moyen de 1.700 à 1.800 €/m2 TTC.

Mais aujourd’hui les professionnels offrent de plus en plus des maisons préfabriquées standardisées à moindre coût (de l’ordre de 1 500 €/m2), qui séduisent les primo-accédants. « Nous proposons depuis un an et demi notre marque Maison Home, une maison à ossature bois de base qui recueille une forte demande de maisons standardisées en Paca pour concurrencer leurs homologues en béton », révèle Olivier Prost.

De même, Ami Bois propose désormais en région toulousaine une quinzaine de modèles de maison préétablis de 90 m2 pour un prix de 115.000 € ! « L’avantage de la maison à ossature bois préétablie est qu’elle est conçue de façon économique en jouant sur la réduction de la dimension de ses éléments de structure », glisse Frédéric Carteret. Le constructeur compte ainsi se développer en ouvrant cette année trois nouvelles agences à Tours, Montauban et Coignières.

Autre acteur récemment arrivé sur ce marché, M Design, une marque d'AST Groupe. Comment ça marche ? L'acquéreur choisit architecture, plans, équipement, prestations (salle de bains, cuisine et même décoration. « Nous proposons une formule prête à vivre : l'acquéreur n'a plus qu'à instaler ses meubles et n'a aucun travaux de finitions à réaliser » explique Damien Teyssier, directeur de l'innovation chez AST Groupe.« La maison est montée en une semaine et il se passe trois mois entre la signature du Contrat de construction et l'entrée dans les lieux.  Nous sommes déjà prêts pour la RE 2020 et nos prix varient de 1.300 à 1.500 €/m² TTC »

Comme Ami Bois, Trecobat « croit beaucoup à l’avenir de ce type de maison individuelle », selon Michel Roué. Le constructeur a ainsi récemment créé Trecobois sa nouvelle marque dédiée au développement de la maison à ossature bois, pour remplacer son ancienne offre Maisons Nature et Bois. Mieux, Trecobat muscle sa production de murs à ossature bois en ayant investi 800.000 € dans de nouvelles machines de fabrication au sein de son atelier de Lannilis (Finistère).

Les maisons à ossature bois s’adaptent aux nouvelles formes urbaines. www.trecobois.fr

Le constructeur a ouvert à côté de Rennes un atelier de production de murs à ossature bois à enduit qui sont dotés d’une couche de fibre de bois à l’extérieur facilitant l’industrialisation de la pose d’enduit. « On anticipe la croissance de ce marché en créant la demande », souligne Michel Roué. Trecobat développe désormais des maisons à ossature bois pour les primo-accédants dont les premiers modèles de plain-pied avec deux chambres démarrent à 100.000 € ! « On propose des modèles de base de maison jusqu’à 100 m2 pour 150.000 € », précise Michel Roué.

Si la maison à ossature bois ne représente aujourd’hui 10% environs du marché de la construction individuelle, elle est amenée à se développer sur un marché très porteur. Pour cela, un plus grand nombre de professionnels devra s’y consacrer en apportant des réponses complètes (industrialisation des éléments de structure, recherche foncière, optimisation des coûts, innovation…) aux attentes des acquéreurs. De même, l’avènement de la Réglementation environnementale 2020, qui insistera sur la réduction de l’empreinte carbone, devrait favoriser ce matériau. On vous le dit : la maison à ossature bois à de l’avenir ! Bruno Mouly

Quelques modèles de maisons bois