Maison bois : habitat vert

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La préservation de la nature est dans l’ADN de la maison bois ! Car cet habitat consomme peu d’énergie grâce à son isolation renforcée. L’empreinte carbone de la construction est également réduite car le bois absorbe du CO2 pendant sa croissance.

Sobre en énergie, réservoir de carbone, écologique… La maison bois cumule les atouts pour s’imposer dans le paysage de la maison individuelle comme le logement vert par excellence. Si cet habitat ne représente que 10 % des ventes de maisons, il pourrait bien grignoter des parts de marché sur ses concurrents traditionnels optant pour la brique ou le parpaing.

Des maisons bien exposées

C’est sans aucun doute l’une des plus grandes forces de la maison bois : sa faible consommation d’énergie. Pourquoi ? Car les constructeurs attachent beaucoup d’importance à la conception bioclimatique de leurs habitations. Ces professionnels planchent en effet pour trouver la meilleure exposition afin de profiter des apports solaires. Pourquoi ? Tout simplement pour minimiser les besoins en chauffage. De grandes baies vitrées implantées au sud font ainsi entrer le soleil l’hiver. Dans les maisons bois, les surfaces vitrées représentent bien souvent plus de 20 % de la surface totale alors que la réglementation environnementale, la RE 2020, exige un minimum de 16 % !

Des maisons bien isolées

Bien exposées, ces maisons sont également très bien isolées. Une isolation facilitée par la conception même de ces constructions qui adoptent pour la très grande majorité d’entre elles l’ossature bois. Cette structure se compose de montants verticaux entre lesquels un isolant est glissé. L’isolation est également optimisée par un bardage en fibre de bois qui constitue l’enveloppe extérieure de la maison. À la clé, une isolation de qualité bien supérieure aux exigences réglementaires. Les pertes de chaleur sont encore réduites grâce à l’étanchéité à l’air des constructions. Ces habitations affichent en effet une étanchéité à l’air 80 % plus performante que celle exigée par la RE 2020, soit 0,60 m3(h.m²). Ce chiffre représente la surface d’un CD si toutes les fuites d’air de la maison étaient regroupées en un seul point. Or plus une construction est étanche à l’air, plus la chaleur reste dans la maison !

La conception bioclimatique d'une maison bois est très poussée. Une surface vitrée importante permet de maximiser les apports solaires gratuits pour diminuer les besoins de chauffage. © Technal-Photographe Vincent Lantignac-Agence d'architecture : Beltza Architecture

Le chauffage bois évidemment

Pour chauffer la maison, les constructeurs privilégient le poêle à granulés. Si cet équipement permet de respecter la RE 2020 qui exige l’utilisation d’une source d’énergie renouvelable, il contribue aussi à la faible consommation énergétique de la maison. Issus des déchets de sciure, ces granulés appelés aussi pellets, ont un pouvoir calorifique très important. Les poêles à granulés qui affichent un rendement élevé supérieur à 85 % sont parfaitement adaptés aux besoins des maisons neuves. « Un poêle d’une puissance de 6 à 8 kW chauffe une maison de 160 m² », rappelle Stéphane Moreau, responsable régional grand ouest de la maison de cèdre.

Des maisons à l'empreinte carbone réduite

La réduction des émissions carbone de la maison est la grande nouveauté de la RE 2020. Les matériaux de construction comme les équipements servant au chauffage et à la fourniture de l’eau chaude doivent baisser leurs émissions de carbone par palier jusqu’en 2031. Contrairement à la brique, le bois qui sert notamment à fabriquer l’ossature a une longueur d’avance. Ce matériau est en effet un véritable puits de carbone, car il stocke du CO2 durant sa croissance. Outre l’utilisation du bois, l’empreinte carbone des maisons est aussi réduite grâce à l’utilisation fréquente d’isolants biosourcés. Composés de matière végétale, ces produits stockent eux aussi le carbone. C’est le cas de la ouate de cellulose qui est soufflée entre les montants verticaux de l’ossature bois pour isoler les parois. Des panneaux fabriqués en lin, chanvre et coton sont quant à eux employés pour l’isolation des combles aménagés et celle des plafonds.

Les maisons bois utilisent souvent des isolants biosourcés, comme cette laine de coton. www.isover.fr © Isover

Une maison écologique par nature

Certains constructeurs optent pour des labels comme FSC ou PEFC qui assurent que les forêts dont sont issues les essences utilisées sont gérées de manière durable. Une garantie pour préserver les ressources forestières. Si le bois est protégé comme une ressource importante, l’eau l’est également. La construction d’une maison bois se fait essentiellement en filière sèche. Contrairement à une habitation réalisée en parpaings qui nécessite la fabrication de béton et une consommation d’eau importante, la maison bois n’en a pas besoin ! En effet, les parois de la maison sont fabriquées en atelier avant d’être assemblées et fixées sur le chantier. Les outils utilisés n’ont pas besoin d’être nettoyés. Et les déchets de chantier sont par ailleurs inexistants ! Le chantier est par conséquent très propre.

La construction d'une maison bois ne consomme pas d'eau, car les panneaux sont fabriqués en atelier avant d'être assemblés sur le chantier. www.ami-bois.fr © Ami Bois

Un air intérieur de qualité

Dans une maison bois, les habitants perçoivent la qualité de l’air intérieur. Pourquoi ? Tout simplement, car le bois régule en permanence le taux d’hygrométrie ambiant. Il absorbe l’humidité et en relâche quand l’air est trop sec. « C’est la grande différence entre une maison bois et une construction en béton », note Christophe Moreau. « Le taux d’hygrométrie s’élève en effet en moyenne à 35 % quand celui d’une maison en parpaings atteint plutôt 45 à 60 %. La sensation de chaleur est meilleure dans une maison bois. » Outre l’humidité, la qualité de l’air ambiant est également améliorée avec l’utilisation d’une VMC double-flux souvent installée dans les maisons bois performantes. Cette ventilation filtre effectivement l’air entrant avant de le réchauffer en récupérant les calories de l’air intérieur vicié qui sera évacué.

Dans les constructions bois, la VMC double-flux est souvent installée. Un équipement qui assure la diffusion d'un air de qualité, car ce dernier est filtré avant de pénétrer dans la maison. www.zehnder.fr © Zehnder

Les atouts des maisons passives
La performance est une marque de fabrique des maisons bois. Certaines sont tellement performantes tant en isolation qu’en étanchéité à l’air qu’elles se passent de chauffage ! Elles sont alors considérées  tels des bâtiments passifs. Dans ce type de construction, 70 % des apports gratuits, comme les rayons du soleil, la chaleur dégagée par les ordinateurs ou le four, doivent couvrir les besoins de chaleur. Performantes l’hiver, elles le sont également l’été  en maintenant une température agréable quand le thermomètre
dépasse les 30 °C à l’extérieur.