Le poêle à granulés en dix questions

La cote du poêle à granulés de bois, appelé également poêle à pellets, ne faiblit pas. Pratique, efficace et esthétique, il séduit de plus en plus de particuliers. Réponses aux questions les plus fréquentes concernant ce mode de chauffage écologique.

Les poêles à granulés ou à pellets équipent de nombreuses maisons neuves. Si les habitations se chauffant exclusivement au bois sont relativement rares, elles sont en revanche nombreuses à opter pour un mix énergétique : pompe à chaleur ou chaudière gaz associé à un poêle à pellets.  
Dans cette configuration on joint l'utile à l'agréable. Le poêle rempli un rôle esthétique important dans le salon tout en apportant un bon niveau de confort. Mais attention la pose ne s'improvise pas. Elle doit respecter le cadre réglementaire de la Réglementation thermique 2012 qui fixe précisément les conditions d'installation et le type de matériel compatible avec une maison neuve.  

1 - Que dit la Réglementation thermique 2012 ? 

Les appareils de chauffage au bois peuvent être installés dans une construction neuve dans le cadre de la RT 2012. Le chauffage au bois répond à l'exigence d'énergie renouvelables de 5 kWh/m2/an. Réglementairement la RT 2012 n'autorise le chauffage unique au bois que dans les maisons n'excédant pas 100 mètres carrés. Pour les surfaces supérieures, un système de chauffage complémentaire s'avère nécessaire. Dans les faits, il est très souvent combiné avec une chaudière gaz, une pompe à chaleur ou des radiateurs électriques dans les chambres.  
L'article 24 de la RT 2012 stipule que l'appareil de chauffage au bois doit disposer d'un ou de plusieurs dispositifs d'arrêt manuel et d'un réglage automatique en fonction de la température intérieure. Si ce n'est pas le cas, il sera considéré comme chauffage secondaire et ne sera pas pris en compte dans le moteur de calcul de l'étude thermique de la maison. Cette disposition impose de facto les poêles à granulés qui sont équipés d'une régulation électronique. 

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2 - Le conduit de fumée est-il systématique ? 

Attention l'installation d'un conduit de fumée n'est plus systématique depuis l'arrêté du 28 mai 2019. En vigueur depuis 2006, l'obligation a été abrogée dans un souci de simplification de la réglementation. Il faut donc bien vérifier lors de l'élaboration du projet qu'il est prévu dans la notice descriptive si vous souhaitez installer un poêle.  
La loi impose désormais pour les maisons individuelles chauffées à l'énergie électrique (effet Joule mais aussi pompe à chaleur) « une réservation dans la toiture, et le cas échéant dans les planchers des niveaux intermédiaires réalisée en prévision du passage d'un conduit de fumée compatible avec le raccordement d'une installation de chauffage à combustible gazeux, liquide ou solide et d'un foyer fermé à bois ou à biomasse ». En cas d'absence de raccordement, la réservation dans la toiture devra être obturée de façon étanche.

Depuis mai 2019, le conduit de fumée n'est plus obligatoire dans les maisons utilisant une pompe à chaleur ou des radiateurs électriques. A vérifier lors de la conception de la maison. www.poujoulat.fr

3 - Comment fonctionne un poêle ? 

Les poêles à granulés sont conçus pour chauffer rapidement, efficacement avec une bonne autonomie. Les pellets, une fois chargés dans le réservoir de stockage, sont acheminés à vitesse maîtrisée vers la chambre de combustion grâce à une vis sans fin. En contrôlant la vitesse de rotation de la vis, on joue alors sur la quantité de granulés déversés et sur la puissance de chauffage désirée. Le feu est allumé à l'aide d'une résistance électrique et un ventilateur apporte la quantité d’oxygène nécessaire à la combustion. Pour être compatibles avec la RT 2012, les poêles sont équipés d'un thermostat et d'un programmateur électronique qui gèrent le fonctionnement de l'appareil. Il est alors possible de définir la vitesse d’acheminement des granulés vers la chambre de combustion et celle du système de ventilation qui active la combustion. 

Ce modèle Lorflam dispose du brûleur rotatif autonettoyant permettant de maintenir les performances de chauffe tout en espaçant les opérations de décendrage. Le wi-fi de série permet de profiter à plein du poêle, tout en pilotant idéalement la consommation. De 2.920 à 3.990€ HT selon les modèles. www.lorflam.fr

4 - Qu’est-ce qu’un poêle étanche ? 

La Réglementation thermique 2012 impose des appareils étanches. Il s’agit de poêles qui puisent l’air nécessaire à la combustion (le comburant) à l’extérieur de la maison et non directement dans la pièce. Cette étanchéité du poêle a plusieurs avantages : elle participe à l'étanchéité globale de la maison qui est mesurée et évite tout risque d’émission de polluants à l'intérieur. Cette technique améliore aussi le rendement du poêle, en limitant la déperdition de chaleur. 

Classé A++, ce poêle possède un rendement supérieur à 94 % et une autonomie pouvant atteindre une quarantaine d'heures. A partir de 3.990 €. www.cheminees-philippe.com

5 - Quels sont les différents modes de diffusion de la chaleur ? 

Les poêles à pellets à rayonnement sont les plus simples et les moins chers. Ils conviennent pour implantation centrale dans une maison de plain-pied. La diffusion de la chaleur se fait naturellement, ce qui nécessite de laisser les portes ouvertes des pièces à chauffer. 
Les poêles à granulés à air pulsé forcent la diffusion de l'air chaud dans la maison grâce à un ou plusieurs ventilateurs. La montée en température est rapide. Certains modèles sont conçus pour accueillir des gaines et chauffer ainsi plusieurs pièces. L'air chaud peut être diffusé dans la maison par un circuit de gaines pouvant atteindre 10 mètres. 
Les poêles à granulés à diffusion passive sont généralement habillés de pierre réfractaire qui accumule la chaleur et la restitue lentement et silencieusement pendant de nombreuses heures. La montée en température est plus lente et ces poêles ne sont pas gainables. 

Cet appareil peut chauffer jusqu'à 185 m3 et possède une trémis pouvant accueillir 20 kg de pellets pour une autonomie pouvant atteindre 66 heures ! A partir de 2.259 €. www.qlima.fr

6 - Quelle puissance pour le poêle à bois ? 

C’est un critère de choix primordial. Beaucoup d'acquéreurs sont tentés d'investir dans des modèles plus puissants que nécessaire. Ils fondent souvent leur choix sur « qui peut le plus, peut le moins ». Grave erreur ! Dans une maison neuve, le poêle ne fonctionnera jamais à plein régime. Or un appareil qui marche exclusivement au ralenti s’encrasse rapidement car la flamme est moins vive et laisse plus d’imbrûlés. Il consomme plus et demande plus d’entretien. Pour une maison RT 2012, on considère qu'il faut soit 0.6 kW/m2 soit 6 kW pour 100 m2. 

La grande surface vitrée qui pivote à 90° de ce modèle proposé par Stüv met en valeur le foyer. Le rendement supérieur à 90 % assure un haut niveau de confort et plus de 30 heures d'autonomie. A partir de 4.500 €. www.stuv.com

7 - Quelle capacité pour le réservoir ? 

L'intérêt du poêle à pellets c'est son autonomie. Elle dépend directement de la capacité de son réservoir qui est comprise entre 15 et 40 kg. Plus la capacité sera importante plus longue sera l'autonomie et moins il y aura de manipulation. Mieux vaut privilégier les grandes capacités. La trémie du poêle à granulés de bois permet pour les meilleurs poêles de stocker jusqu'à 30 ou 40 kg de granulés. Ce stockage offre, selon la puissance et les conditions météorologiques une autonomie variant de 1 à 5 jours environ.  

Designé par Michael Gelmacher, ce poêle à pellets canalisable embarque la wi-fi pour le contrôler depuis son smartphone. A partir de 3.750 €. ww.mcz.it/fr

8 - Qu'est-ce que le label Flamme Verte ? 

Le label Flamme Verte a été lancé par les fabricants de poêles et d'insert (appareils domestiques) avec le concours de l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) pour promouvoir des appareils performants et respectueux de l'environnement. Le label Flamme verte garantit les performances de l’appareil, le rendement énergétique, le niveau d'émissions de monoxyde de carbone (CO), de particules fines, les émissions de composés organiques volatils et les émissions d’oxyde d’azote. Plus le nombre d’étoiles est important, plus l’appareil est efficace. À noter que ce label évolue au fil des ans. Aujourd'hui seuls les appareils de classe 6 et 7 étoiles sont considérés comme étant les plus performants. 

Labellisé Flamme verte 7 étoiles, ce poêle signé Invicta peut chauffer de 35 à 110 m2. A partir 3.389 €. www.invicta.fr

9 - Comment s’entretient un poêle ? 

Comme tous les appareils de chauffage, un entretien régulier est nécessaire pour des raisons de sécurité. C'est aussi un gage de longévité pour le poêle. L’opération la plus fréquente consiste à aspirer les cendres qui s’accumulent dans le creuset. Le nettoyage de la vitre et de la chambre de combustion est aussi à effectuer régulièrement : nettoyage complet de l’appareil, vérification de la grille, de l’extracteur de fumées, du ventilateur et de l'état des joints. La combustion des pellets produisant peu de cendres, un entretien tous les deux ans peut suffire. 
En revanche deux ramonages par an sont obligatoires. Un certificat de ramonage doit être remis par l'entreprise qui a effectué les travaux. Il sera demandé par la compagnie d'assurance en cas de sinistre lié au poêle. Le prix de cette révision biennale avec un ramonage est généralement facturée entre 150 et 200 €. 

10 - Combien coûte un poêle à pellets ? 

Les prix des poêles à convection, les modèles les plus simples, sont compris entre 3 000 et 6 000 €. Ces variations s'expliquent par les matériaux mis en œuvre, le niveau de technologie embarquée et bien entendu la marque. Le poêle à granulés à soufflerie est compris entre 4 000 et 7 000 € mais il faut compter un surcoût pour l'installation des gaines.

Parole de constructeur

Le poêle à bois s’est imposé naturellement à La maison de Cèdre qui livre des constructions en bois. Stéphane Moreau, son responsable régional Ouest, nous détaille les conditions requises pour l’installation de ce chauffage.

Construire sa maison : Le poêle à granulés équipe souvent vos maisons. Pourquoi ?
Stéphane Moreau : Cet appareil est en effet installé dans les trois quarts de nos maisons car il est suffisant pour chauffer. Logique : notre bâti est performant grâce à l’isolation. L’épaisseur des isolants de nos murs atteint entre 220 et 320 mm alors qu’elle est plutôt de 120 mm dans les constructions traditionnelles. Nous travaillons également la conception bioclimatique de nos réalisations en maximisant les baies vitrées au sud pour profiter des apports solaires diminuant ainsi les besoins de chauffage. L’architecture compacte réduit par ailleurs les déperditions de chaleur. Dernier point : nos constructions en bois bénéficient d’une très bonne étanchéité à l’air comprise entre 0,20 et 0,30 m3/(h.m²) alors que la valeur maximale fixée par la réglementation thermique, la RT 2012, est de 0,6 m3/(h.m²).

Quelles sont les réactions de vos clients quand vous leur proposez ce type de chauffage ?
Les acquéreurs d’une maison bois nous demandent quel type de chauffage fonctionne le mieux. Nous leur expliquons que notre bâti étant proche du niveau passif (NDLR : la maison pouvant se passer de chauffage), un poêle à granulés suffit. Mais les personnes âgées entre 65 et 70 ans refusent car elles ne veulent pas recharger le poêle en manipulant des sacs de granulés de 15 kg. D’autres optent pour le poêle mixte qui utilise aussi bien des bûches que des granulés comme combustible. Ce produit est un bon compromis car il offre le plaisir de la flamme générée par les bûches et le confort d’utilisation procuré par le poêle à granulés qui peut être programmé. L’acquéreur peut ainsi profiter d’une maison à bonne température quand il revient à son domicile. Seul bémol : son prix : 7 000 à 8 000 €. Mais les tarifs diminuent.

Comment choisissez-vous l’implantation du poêle ?
Nos maisons comptant une mezzanine, nous installons le poêle sous le plafond à proximité de cette dernière de sorte que la chaleur se répartisse de façon homogène au rez-de-chaussée avant de remonter naturellement à l’étage chauffer les autres pièces. Il y a ainsi peu de différence de température entre les deux niveaux de la maison.

L’installation d’un poêle à granulés influe-t-elle sur l’agencement intérieur ?
Tout à fait. Le salon, le séjour et la cuisine ne doivent former qu’une seule pièce dépourvue de toute cloison pour faciliter la circulation de la chaleur.

Dans vos maisons, vous installez souvent des VMC double flux qui récupère la chaleur de l’air extrait pour réchauffer l’air neuf qui sera insufflé dans les pièces. Pourquoi ?
Avec cet équipement, la température de l’air intérieur atteint 19°. Les besoins de chauffage sont ainsi diminués. La VMC double flux régule également l’hygrométrie de l’air en maintenant un taux d’humidité à 40 %. Ce qui évite d’augmenter le chauffage car les acquéreurs n’ont pas de sensation d’humidité.

Comment se positionnera, selon vous, le poêle à granulés lors de l’application à l’été 2021 de la réglementation environnementale, la RE 2020, qui a pour objectif la diminution des émissions carbone de la maison ?
Il devrait occuper une bonne place car la RE 2020 mettra à l’honneur les bâtis de qualité. Un système d’appoint comme le poêle à granulés suffira. Mais c’est le confort d’été qui devra être traité dans les futures maisons. Si les habitations bénéficient d’un bon déphasage*, il n’y aura pas de surchauffe à l’intérieur du bâtiment.

L’image du poêle a-t-elle changé auprès des particuliers ?
Oui. Certains de nos clients veulent une cuisinière à bois ultramoderne pour équiper leur maison. C’est une tendance qui émerge. Un industriel propose d’ailleurs ce produit très design qui permet de cuisiner tout en assurant le chauffage central et la production de l’eau chaude sanitaire. Nous nous renseignerons pour voir comment cet équipement pourrait être éventuellement intégré dans nos maisons.

* Le déphasage d’un isolant détermine sa capacité à stocker la chaleur et la restituer progressivement évitant ainsi un phénomène de surchauffe dans l’habitat.

Parole d’industriel

Quels sont les atouts des poêles à granulés ? Comment acheter son appareil de chauffage ? Réponses avec Yann Denance, directeur général de Inovalp, qui fabrique les poêles de la marque Hoben.

Construire sa maison : Quels sont les atouts du poêle à granulés ?
Yann Denance : c’est tout d’abord le plaisir du feu et l’agrément de la chaleur. Sans oublier l’aspect économique bien entendu. 30 à 40 sacs de granulés suffisent pour chauffer une maison neuve, soit un budget oscillant entre 120 et 200 € selon le prix des granulés, ce dernier variant entre 4 et 5 € le sac de 15 kg.

Quelles ont été les principales évolutions de ce type de chauffage depuis 10 ans ?
C’est l’arrivée de poêles étanches sur le marché. L’air nécessaire à la combustion doit être en effet prélevé à l’extérieur de la maison pour ne pas dégrader l’étanchéité du bâtiment qui fait l’objet d’un test dans le cadre de la réglementation thermique, la RT 2012. Il y a 10 ans, très peu de poêles étaient étanches. Mais l’arrivée de la RT 2012 a dopé le marché. La majorité des appareils sont désormais étanches à l’air. Dédiés à la maison neuve, ces produits sont même installés en rénovation. Les poêles à granulés sont aussi plus design. Avant, ils étaient considérés comme des produits de chauffage et non comme des objets de décoration. Mais la donne a changé avec la création de formats ronds ou plats.

Qu’est-ce qui contribue à la performance d’un poêle ?
C’est la précision de la régulation qui fait du poêle à granulés un appareil de chauffage principal et d’appoint. Grâce à l’architecture de programmation que nous avons développée, nos produits permettent par exemple de simplement renseigner des températures de consigne aux différents moments de la journée plutôt que des plages horaires de fonctionnement. Ensuite le poêle ajuste automatiquement sa puissance sur des variations de 0,1° de température ambiante. Cette dernière résulte d’apports du soleil ou de la présence de nombreuses personnes dans la pièce. Et en cas de dépassement de 0,5° par rapport à la température de consigne, le poêle s’arrêtera. Cette adaptation permanente réduit la consommation de granulés et la facture d’électricité.

Le bruit fait partie des critiques récurrentes adressées aux poêles. Comment résoudre ce problème ?
Depuis cinq ans, certains industriels enlèvent les ventilateurs qui généraient des nuisances sonores. Certes, il n’y a plus de bruit mais la chaleur n’est plus répartie dans la maison comme auparavant. On chauffe moins bien les pièces et on consomme davantage de granulés pour obtenir la même température.

Quels sont vos choix techniques pour diminuer le bruit ?
Nous avons travaillé l’aéraulique de nos appareils et notamment la vitesse de l’air que nous avons modélisée. Nous avons également demandé au fabricant du moteur de modifier des pièces afin de supprimer les bruits magnétiques.

Quel est le nombre de décibels émis par vos appareils ?
Je ne peux pas vous le dire car il n’existe pas de référentiel concernant le bruit émis par les poêles à granulés. Il serait d’ailleurs intéressant d’en créer un pour inciter les fabricants à améliorer leurs produits.

Certains acquéreurs ne veulent pas d’un poêle à granulés car ce dernier s’arrêtera en cas de panne de courant contrairement à un poêle à bûches qui fonctionne sans électricité.
Tout à fait. Nous avons doté nos poêles à granulés d’une fonction onduleur leur permettant d’être alimentés soit par un groupe électrogène, soit par des capteurs photovoltaïques ou une batterie. Nos appareils sont également capables de s’adapter à des tensions de courant qui peuvent devenir plus faibles l’hiver évitant ainsi la mise en sécurité des poêles qui provoque leur arrêt.

Quels conseils donneriez-vous à un acquéreur souhaitant se chauffer avec un poêle à granulés ?
Les constructeurs imposent un poêle à granulés à leurs acquéreurs alors qu’ils devraient pouvoir leur proposer plusieurs références comme ils le font avec le carrelage. Je conseille donc aux acquéreurs de maisons d’aller dans un magasin et de sélectionner deux ou trois poêles à granulés en fonctionnement. Ils en choisiront un et demanderont à leur constructeur de l’installer.

Comment entretenir son poêle ?
L’utilisateur doit nettoyer le creuset dans lequel brûlent les pellets tous les deux ou trois3 jours. Le cendrier doit être vidé à une fréquence comprise entre une et deux semaines. Un entretien doit être aussi assuré par un professionnel selon les préconisations du fabricant, soit une fois par an, soit selon une consommation de granulés définie. Il vérifiera le moteur, nettoiera le parcours des fumées comme l’échangeur, les ailettes du ventilateur. Il devra aussi ramoner le conduit de fumée. 

Deux à quatre jours d’autonomie
15 à 40 kg. C’est la capacité moyenne du réservoir des poêles à granulés qui sont commercialisés par les industriels, soit une autonomie de deux à quatre jours selon l’utilisation que vous ferez de l’appareil. Vous pourrez recharger votre poêle avec des sacs de 15 kg. La quantité de granulés appelés aussi pellets sera amenée par une vis sans fin dans le creuset en fonction de la température de chauffage définie et la puissance du ventilateur.

Parole d’expert 

Alors que la consommation de granulés ne cesse d’augmenter depuis dix ans, Eric Vial,un délégué général de Propellet, l’association regroupant les professionnels du chauffage aux granulés bois, nous explique comment les producteurs font face.

Construire sa maison : Entre février 2010 et juin 2020, le prix du granulé a augmenté en moyenne de 1,3 % par an, atteignant 6,20 centimes d’euros par kWh en juin 2020. Comment expliquer cette stabilité, cette hausse étant inférieure à l’inflation constatée sur cette période ?
Eric Vial : Le prix du granulé est stable car il dépend de celui du bois, un produit local, qui fluctue peu contrairement au pétrole, au gaz dont les cours peuvent varier fortement pour des raisons géopolitiques notamment. En revanche, le prix du granulé peut monter l’hiver lorsque la demande est la plus forte mais surtout baisser l’été. L’utilisateur d’un poêle ou d’une chaudière à granulés a d’ailleurs tout intérêt à acheter ses granulés en présaison en mai ou en juin pour bénéficier des opérations commerciales proposées par les distributeurs. 

Pourquoi conseillez-vous d’acheter si tôt son combustible ?
Ces opérations commerciales ont pour objectif d’évacuer les stocks de granulés entreposés dans les usines et d’éviter ainsi les pics de demande l’hiver qui peuvent entraîner la saturation des moyens de livraison et donc des délais plus longs. 

1,67 millions de tonnes de granulés ont été produites en 2019 alors que la consommation s’est élevée à 1,8 millions de tonnes. Est-ce inquiétant ?
Non. La production suit la consommation. Nous importons d’ailleurs peu pour satisfaire la demande intérieure. L’import-export a toujours joué le rôle de variable d’ajustement dans les deux sens et continuera de le jouer.

La demande de granulés augmente fortement depuis plusieurs années. Existe-t-il un risque de pénurie à terme ?
Non. Nous constatons une augmentation régulière de la production car les usines disposent d’une capacité importante. En outre, de nouvelles usines arrivent régulièrement. Ainsi, quatre à cinq devraient démarrer dans les dix-huit mois, ce qui se traduira par 150 000 à 200 000 tonnes supplémentaires sur le marché. D’ici 2030, nous devrions doubler la production de granulés en France. 90 % de la matière première servant à fabriquer le pellet provient des sous-produits de l’industrie du bois comme la sciure et les copeaux. Il faut savoir que le sciage d’un tronc d’arbre génère 50 % de « pertes » que l’on appelle sous-produits dans notre filière. Nous nous servons aussi des coupes d’éclaircies réalisées dans les forêts pour produire des granulés. Et sachant que les forêts françaises croissent régulièrement et que l’homme n’utilise que 50 % de cette croissance, l’industrie du granulé et du bois en général ne met pas en péril la forêt française. Nous n’avons pas de problème de volume de ressources.

Depuis quelques années, le secteur de la distribution des granulés s’est structuré. Qu’est-ce que cela change pour l’utilisateur ?
Avec la forte demande de l’hiver 2013-2014 qui a duré jusqu’en mai, le secteur a en effet accéléré sa structuration via la rationalisation et la hiérarchisation. C’est aussi l’époque de l’arrivée de la grande distribution. Sans oublier Total qui lui aussi a développé la commercialisation de ce combustible. L’offre est devenue importante et variée. La structuration des circuits de distribution a permis une diffusion importante des granulés sur tout le territoire. Elle a aussi contribué à une plus grande homogénéité des prix. Le tout sous la pression des pratiques tarifaires de la grande distribution vendant souvent à prix coûtant. C’est en effet un produit d’appel pour ces enseignes notamment pour celles du bricolage.

Il est conseillé d’acheter des granulés certifiés pour avoir un combustible de qualité. Cela signifie-t-il que ceux qui ne sont pas certifiés ne doivent pas être utilisés ?
97 à 98 % des granulés produits en France sont certifiés. Les 2 % restants sont le fait de petits producteurs qui alimentent un marché très local. Mais cette production peut aussi être de qualité. Il vaut cependant mieux acheter des granulés certifiés sous peine de voir la garantie des constructeurs sur les poêles ou chaudières être remise en cause.

Quels autres conseils pourriez-vous donner aux utilisateurs ?
Si un granulé leur donne satisfaction, il ne faut pas en changer sous prétexte de gagner quelques euros par tonne. En effet, ce nouveau combustible peut occasionner un dysfonctionnement du poêle. Le granulé que vous envisagez d’acheter peut par exemple être légèrement plus dense que celui en cours d’utilisation (tout en étant dans les tolérances de la norme) et entraîner des différences de combustion qu’un poêle sensible traduira par des performances moindres. Situation qui, à la longue, nécessitera l’intervention de l’installateur qui sera plus onéreuse que l’économie réalisée sur les granulés. Il est aussi conseillé de souscrire un contrat d’entretien auprès d’un professionnel. En effet, comme pour tout appareil de chauffage, c’est la garantie d’une assistance de qualité et disponible rapidement.

Comment stocker ces granulés ?
Ils ne doivent pas être au contact d’un liquide sous peine de revenir à l’état de sciure. L’idéal est de les stocker au garage. Dans le cas contraire, mieux vaut s’approvisionner régulièrement et acheter dix ou douze sacs selon ses besoins. Cette solution est aussi choisie par les ménages qui veulent étaler dans le temps leur budget combustible ou ceux qui ne sont pas certains de consommer une palette complète d’ici la fin de la saison. La livraison par palette complète restant quand même la solution la plus confortable pour le client, de nombreux distributeurs offrent des solutions de financement.

 

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