Faire construire en Rhône-Alpes

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Plaine ou montagne, périphérie des villes ou secteurs ruraux, partout en Rhône-Alpes l’envie de construire se fait très forte. Mais pour mener à bien votre projet, encore faut-il suivre le bon parcours. Et justement : nous l’avons balisé pour vous. Suivez le guide !

Savoyards d’origine et très « écolo », Valérie et Franck sont ravis. Ils viennent de réceptionner les clés de la maison en bois qu’ils ont fait édifier par le constructeur Artis à Hermillon, tout près de Saint-Jean-de-Maurienne (73). Sur un terrain de 700 m2, ils ont choisi un modèle baptisé Hermance, édifié sur deux niveaux et comptant 115 m2. La maison se compose d’une cuisine ouverte, d’un grand séjour, de trois chambres et d’un bureau. « Au plan architectural, avec son toit pentu, son bardage bois et son crépis, la maison a des allures de chalet, c’est ce qui nous a plu dès le départ, en outre, à l’intérieur tout a été conçu de façon très fonctionnelle et en tenant compte de nos goûts », se réjouit Anne.

Si ce constructeur dispose, en effet, d’un catalogue de modèles, ceux-ci servent surtout d’inspiration et sont largement personnalisables, d’autant qu’ils doivent s’adapter au terrain. « Dans tout projet, la première étape consiste à analyser les caractéristiques de la parcelle, sa topographie, son orientation, son ensoleillement et les vues qu’elle procure », explique Nicolas Bonnet, directeur général d’Artis. « Ensuite, nous travaillons beaucoup avec le client qui peut avoir des demandes spécifiques. »

Les constructeurs ont à peu près tous la même approche. « Même si nous avons des modèles en catalogue, nous repartons de zéro, nous redessinons la maison en fonction du terrain », note Jérôme Sanchez, de Maisons France Confort (groupe Hexaôm). Chez Maisons Valentine, « nous dessinons la maison, la chiffrons et essayons d’être au plus près de la demande du client », détaille Jérémy Mazille, son directeur. « Nous proposons la visite en 3D pour que le client se projette mieux dans sa future maison », ajoute Céline Gadroit, chargée de communication chez Maisons et Chalets des Alpes. Une chose est sûre : pour Anne et François, le projet a pris forme sans stress et ils ont désormais
hâte d’emménager.

Adaptée à un petit terrain, cette maison tourne ses baies vers le soleil. www.maisons-vivreplus.fr © Caroline Capelle Tourn/ Maisons Vivre +

Les qualités du constructeur au crible

Si ce couple est ravi, c’est aussi parce qu’il s’est fait épauler par un constructeur sérieux, offrant des prestations et des services de qualité. Des éléments qu’il faut vérifier avant de signer. « Nous accompagnons nos clients à toutes les étapes de la construction, du dépôt du permis de construire aux travaux de finition, en passant par les plans et le gros œuvre, explique Nicolas Bonnet, nous avons des chargés de projets, un bureau d’études et un service travaux aux côtés de nos clients du début à la fin du chantier. »

Idem chez d’autres professionnels. « Nous disposons, en interne d’une équipe technique expérimentée et solide, d’un bureau d’étude et de conducteurs de travaux, explique Mickaël Bouillin, directeur de Maisons d’en France Rhône-Alpes, nos commerciaux
s’intéressent également de près aux techniques du bâtiment et aux innovations ou encore aux règles d’urbanisme et à l’architecture. C’est notre vision du métier, elle assure à nos clients un suivi complet et efficace de leur dossier et nous sommes fiers de la notoriété que ce choix nous procure. »

Il faut aussi vérifier que l’entreprise ne travaille pas avec un contrat de maîtrise d’œuvre ou d’entreprise, peu réglementé, mais avec le contrat de construction d’une maison individuelle (CCMI), seul document qui procurera de solides protections, comme le prix global, forfaitaire et définitif, le droit de rétractation, la notice descriptive et surtout la garantie de livraison à prix et délais convenus. « Les faux professionnels n’incluent pas les garanties que nous fournissons dans le cadre du CCMI, ce qui est dangereux pour les particuliers qui font bâtir », s’insurge Jérémy Mazille, directeur général de Maisons Valentine.

Un avis que partage Olivier Roobrouck, vice-président du pôle Habitat FFB Auvergne Rhône-Alpes. « Dans une période aussi complexe que celle que nous vivons, la hausse du prix des matériaux et des énergies se répercute sur les coûts de construction et mieux vaut travailler avec un CCMI qui fixe des règles précises qu’avec d’autres contrats revus à la hausse à tout instant. » D’ailleurs, les banques réclament désormais le CCMI pour s’assurer de la viabilité du projet et de la sécurisation des acquéreurs et refusent de financer les autres cadres juridiques.  

Un autre exemple des talents des constructeurs régionaux, avec cette agréable maison bien adaptée à un petit terrain. www.demeures-caladoises.com © Demeures Caladoises

Architecture : la tradition demeure

Dans une région où se succèdent montagnes, vallées encaissées, forêts, plaines…, pas étonnant que l’architecture soit si variée. En plaine, l’habitat ancien se bornait à des formes simples où le pisé, construction en terre crue, était très présent. En montagne, les maisons ressemblaient à de gros rectangles ou carrés coiffés de longs toits pentus. Il en reste de beaux témoignages. « En Savoie, c’est la pierre qui prédomine alors que la maison en bois posée sur un soubassement maçonné, souvent chaulé, se retrouve plus fréquemment en Haute-Savoie », indique le CAUE de Haute-Savoie qui, bonne nouvelle, précise qu’aujourd’hui « on assiste à un retour à des formes simples, avec des réalisations contemporaines qui puisent dans le savoir-faire ancestral ».

Les constructeurs d’aujourd’hui ont bien compris l’intérêt de prendre modèle sur ces savoir-faire. Au plan architectural, les lignes sont contemporaines mais conservent des touches traditionnelles. « Le toit à deux pans reprend du galon par rapport au toit à quatre pans ou au toit-terrasse qui, lui, se rencontre surtout sur les bâtiments annexes comme le garage », explique Nicolas Bonnet.

Petits terrains et performances énergétiques obligent, les maisons sont aussi plus compactes. « La première démarche consiste à trouver la meilleure orientation », indique Olivier Roobrouck. Autrement dit, capter au maximum les rayons du soleil pour économiser l’énergie en hiver, mais aussi faire en sorte que la maison soit facile à rafraîchir l’été. « Les acquéreurs se veillent avant tout à la performance énergétique, au confort en toutes saisons, aux belles surfaces bien conçues, la recherche d’une esthétique architecturale arrivant en second plan même si elle n’est pas incompatible avec la recherche de l’efficacité énergétique », précise Mickaël Bouillin. Tiffany, Shiva, Nacre, Agathe, Rubis ou encore Opale, tous les modèles de ce constructeur prennent en compte cette nouvelle donne. Les autres constructeurs ont aussi adapté leurs gammes. Chez Maisons et Chalets des Alpes, par exemple, outre une large gamme, deux nouveaux modèles ont été conçus pour répondre aux nouvelles préoccupations et notamment aux petits terrains : Gentiane, une familiale compacte avec toit à quatre pans ou toit plat, bâtie sur deux niveaux et dotée de quatre chambres, mais aussi Hévéa, spécialement dessinée pour les terrains étroits. Autre nouvelle maison, Rochebrune, qui se veut plus traditionnelle avec son bardage bois. « Elle répond à la demande de certaines mairies de Savoie et Haute-
Savoie », conclut Céline Gadroit.

Chez Les Maisoniales (groupe CIFV) qui construit dans la Loire et la Haute-Loire, maisons de plain-pied, à étage ou sur sous-sol ou demi-sous-sol sont au menu. Y compris pour les primo-accédants. Exemple, Primiale qui peut démarrer à partir de 75 m2. « Sur des secteurs comme Brioude, Le Puy ou Roanne, les primo-accédants sont encore présents et achètent de petits volumes », confie André Parat, responsable commercial des Maisonniales, marque de la compagnie CIFV détenant également Maisons Axial, Maisons Foyer Roannais ou encore Maisons JBM. Même constat pour Fabrice Corbioli, président de Maisons et Résidences Corbioli (Groupe Hexôm). « La priorité des jeunes ménages reste de devenir propriétaire d’une maison avec un petit jardin, ils n’ont pas besoin de grandes surfaces, ils veulent se sentir bien dehors comme dedans. »

Entre maison à étage et de plain-pied, il existe aussi, dans la région, la maison à demi-niveaux comme celle d’Artis, choisie par Marion et Alexandre à Albens en Savoie (commune d’Entrelacs), une maison de 110 m2 bâtie sur le modèle Cosy qui, à partir d’un hall d’entrée, dessert une pièce de vie de 42 m2 dont une cuisine ouverte sur la salle à manger donnant sur le massif des Bauges. Au niveau supérieur s’installent trois chambres, dont une suite parentale de 15 m2 et une grande salle de bains.

Un autre exemple du savoir-faire des constructeurs locaux pour adapter la maison à la parcelle sans sacrifier le confort. www.maisons-axial.com © Maisons Axial

Secrets de fabrication

La Réglementation environnementale 2020, qui régit la construction depuis le début de 2022, favorise les volumétries compactes pour accentuer la performance (plus la surface de murs est réduite, plus le bâti est efficace). Résultat : l’espace, la superficie tendent à se réduire. En revanche, le confort ne cesse de s’améliorer. La grande pièce regroupant salon, salle à manger et cuisine est toujours aussi tendance. « Nos clients souhaitent un bel espace à vivre de 50 m2 minimum avec cuisine ouverte », précise Emmanuelle Bermant chez demeures et Résidences. La chambre parentale est également un vœu fréquent. De même que le bureau. « Avec le télétravail qui se démocratise, il doit s’agir d’une vraie pièce ! », s’exclame Céline Gadroit. La terrasse devient aussi un élément de qualité de vie. « C’est ce qui manque à l’appartement », estime Nicolas Bonnet. D’où l’attrait pour la maison.

Les grandes baies vitrées de 3,5 à 4 m de large en alu anthracite, les touches « déco » comme un bel escalier travaillé, une verrière séparant cuisine et salon, les carrelages grand format d’au moins 60 x 60 restent très en vogue. De même que les volets roulants qui équipent la plupart des modèles. Sauf en montagne ! « Certaines communes dont celles de la vallée de l’Arve ou de la Maurienne, imposent dans leur PLU des volets battants, des toits à deux ou quatre pans », précise Céline Gadroit. Les constructeurs proposent quantité de solutions d’aménagements et de prestations pour satisfaire tous les goûts et tous les budgets. Les salles de bains, très personnalisées, deviennent de vrais salons de beauté !

Côté gros œuvre, « nous avons fait le choix de recourir à la brique en raison des avantages qu’elle procure : haute performance thermique, optimisation économique, source de confort dans l’habitat et bilan carbone faible », explique Michaël Bouillin. Chez Demeures et Résidences, c’est le bloc béton qui a été choisi. Artis travaille également avec le béton, mais signe également des maisons bois. S’agissant d’isolation, Maisons d’en France Rhonalp’Ain propose une large palette de solutions : polystyrène, laine de verre, fibre de bois que le client peut choisir en fonction de son budget, mais aussi du niveau de performance attendue et de son attachement à la mise en œuvre de matériaux biosourcés. Artis a retravaillé l’épaisseur de ses isolants et, bas carbone oblige, est très sourcilleuse sur la provenance de ses matériaux. « Nous nous fournissons au plus près de notre territoire », confie Nicolas Bonnet.

© Maisons Corbioli

Des choix énergiques

La pompe à chaleur air/air ou air/eau sort grande gagnante depuis l’application de la RE 2020. Les constructeurs proposent l’une ou l’autre solution. « Nous avons fait le choix de la pompe à chaleur air/eau, lance André Parat, elle chauffe l’eau, alimente des gaines installées dans le plancher, dans le plafond, un choix plus qualitatif et confortable que les radiateurs. » Attention néanmoins à l’inertie du chauffage par le sol ou le plafond. Un radiateur chauffe beaucoup plus vite. Chez ce constructeur, le confort d’été est assuré par un système de rafraîchissement qui réduit de 2 à 3 °C la température de la maison. D’autres constructeurs se tournent davantage vers la pompe à chaleur air/air avec climatisation réversible (elle rafraîchit la maison en été).

Guerre en Ukraine et inflation galopante aidant, « les panneaux photovoltaïques commencent à intéresser les acquéreurs qui se posent beaucoup de questions sur le coût des énergies, mais pas seulement. L’eau devient aussi un enjeu majeur, nous allons devoir envisager des cuves de récupération d’eau, trouver de nouvelles solutions pour l’alimentation en eau des w.c. qui consomment 3 à 6 l d’eau potable à chaque utilisation. Autre élément à l’ordre du jour, l’amélioration de la ventilation avec des maisons devenues de véritables cocottes thermiques avec la RE 2020. Les professionnels mettent en œuvre des solutions très efficaces qui assurent une bonne qualité de l’air intérieur », explique Fabrique Corbioli. À noter encore que l’habitat est de plus en plus connecté. « Nous livrons nos maisons avec une box qui permet de créer le pilotage automatique de la maison et notamment des volets roulants, de la lumière, du garage, de la sécurité… », conclut Gérôme Sanchez. Les automatismes sur les ouvrants améliorent le confort d’été en fermant les volets dès que la température monte. Lors des nuits d’été, les fenêtres s’entrouvrent pour chasser l’air intérieur trop chaud et le remplacer par un air venu de l’extérieur plus frais et plus propres. À ce propos, de plus en plus de professionnels proposent des cloisons et des plafonds dépolluants, qui débarrassent les maisons de substances nocives comme les composés organovolatils (Cov).

Et les prix ? Entre la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine et la RE 2020 qui renforce la performance des maisons, une chose est sûre : les coûts de construction ont augmenté. « En l’espace de dix-huit mois, ces coûts se sont envolés de 20 % », lance Olivier Roobrouck. Chez Maisons et Chalets des Alpes, une maison de 110 m2 en moyenne qui se vendait 190 000 € l’an dernier, s’affiche aujourd’hui à 210 000 €. Chez Les Maisoniales, compter 130 000 € pour 100 m2 sans garage et 150 000 € avec garage de 20 m2 mais sur terrain plat. Sur terrain en pente, c’est plus cher. Chez Demeures et Résidences, l’offre démarre à 160 000 € pour des prestations de base. Chez Artis, une maison de
125 m2, prête à décorer coûte environ 250 000 €. La même en bois vaut 300 000 €. Chez Maisons et Résidences Corbioli, compter 150 000 à 200 000 € pour 100 m2. « Sur la région Rhône Alpes, à moins de 300 000/350 000 €, il est difficile de s’offrir une maison avec son terrain », observe Jérôme Sanchez. C’est le prix d’un appartement de trois pièces chez un promoteur, une demeure ancienne remise au goût du jour valant plus cher qu'une opération de construction.

par Christine Lambert

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