Normandie : fertile en opportunités

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Des terrains aux services des constructeurs en passant par l’architecture, les plans, le confort et la performance, nous avons balisé pour vous le parcours de l’acquéreur normand. Mode d’emploi pour bâtir entre bocage et littoral.

De la Manche à la Seine-Maritime en passant par la Calvados, l’Orne ou l’Eure, la Normandie reste incontournable pour les jeunes qui viennent de se mettre en ménage comme pour les familles déjà installées dans la vie et les seniors. Elle joue aussi depuis quelques années le rôle de terre d’accueil pour des Parisiens en quête d’espace individuel entre mer, campagne et ville à des prix bien plus abordables qu’en Île-de-France.

La crise sanitaire a renforcé l’envie de s’échapper de la région parisienne comme l’explique Albin Charles, président de Maisons Tradibat : « la pandémie a accéléré la demande d’acquéreurs de maisons venant de la région parisienne à la recherche de surface pour exercer le télétravail quelques jours par semaine tout en étant proche de Paris afin de s’y rendre de temps à autre pour le travail ou les loisirs tout en ayant un petit bout de jardin pour s’aérer ».

Une villa aux couleurs contrastées et aux volumes déstructurés. www.francestyle.fr

Mais les Normands ne sont pas en reste. Ils n’hésitent pas non plus à quitter les centres- villes du Havre, de Rouen, de Cherbourg ou de Caen… pour bénéficier d’espace et de nature. « Les acheteurs locaux viennent également chercher une alternative à l’appartement. Le jardin, en lotissement ou en diffus, sert de sas de décompression », constate Arthur Cousin, gérant de Maisons Vivre Ici. Bref, la maison garde la cote. D’ailleurs, le marché normand a plutôt bien résisté à la pandémie et à la crise qui s’en est suivie. 

Architecture : orientations contemporaines

Les constructeurs normands réalisent des plans personnalisés pour leurs acheteurs. Ceux-ci dévoilent leurs besoins, leurs souhaits, échangent avec le professionnel. Mais avant le coup de crayon final et après des discussions constructives, les acquéreurs doivent souvent adapter leurs envies aux contraintes imposées par les communes dans leur plan local d’urbanisme (Plu) ou par les architectes des Bâtiments de France (ABF). « Dans un lotissement, la maison, pour raison de densification imposée par le Plu et compte tenu de la taille de la parcelle, compte un étage », note Arthur Cousin, gérant de Maisons Vivre Ici. Les ABF veillent au grain notamment sur le littoral et dans le pays d’Auge où de nombreux clochers, lavoirs ou manoirs sont classés, et où la maison de plain-pied peut être exigée.

Une fois les précautions réglementaires prises en compte se dessine l’écriture architecturale. « Aujourd’hui, les acquéreurs veulent un style moderne, simple et épuré avec un enduit clair, des menuiseries foncées, une toiture deux pans », reconnaît Eric Blandin, président du groupe Design Constructions, groupe récompensé par une médaille d’or aux Challenges Pôle Habitat FFB pour sa réalisation « La Voilerie » à Granville, dans la catégorie Réalisations Remarquables.

Contrastes de volumes, de matériaux et de couleurs pour cette villa design. www.designconstructions.com

À l’enduit gris clair ou foncé se mariant avec des menuiseries anthracite et à l’ardoise, se substitue parfois un enduit ton pierre, plus lumineux. La toiture terrasse ne rencontre pas un franc succès en Normandie, chère à réaliser pour avoir une très bonne étanchéité. Les colombages, qui renvoient aux longères anciennes, sont moins demandés. Toutefois, certaines réalisations comme celle d’Hexaôm à Auberville, près d’Houlgate, n’hésitent pas à allier le style contemporain et ses grandes ouvertures aux menuiseries grises au style traditionnel avec colombage gris et pierre en soubassement.

Espace, télétravail et cocooning

De plain-pied ou à étage, la maison rime avec espace et famille. « On optimise les plans, on réduit voire on enlève les entrées et on supprime certaines cloisons », admet Thierry Usaï, directeur commercial Hexaôm Basse Normandie. La superficie habitable tourne en moyenne autour de 110-120 m², ce qui correspond à trois ou quatre chambres dont une suite parentale à laquelle sont accolés une douche et un dressing. Bref, des aménagements classiques, qui misent sur la fluidité des circulations et l’agrément de vie.

Pour autant, certains éléments changent. « Dans la majorité des cas, pour une famille classique d’un couple et de deux enfants, il est prévu une pièce de 10 à 12 m² qui peut servir de chambre d’amis, de salle de jeux et aujourd’hui de pièce de télétravail », admet
Julie Daveau, responsable commerciale au sein de Maisons d’en France et de Logimanche. Parfois, l’espace télétravail empiète sur la pièce de vie. Il peut même, dans un séjour cathédrale, très haut de plafond, prendre l’espace de la mezzanine.

Une maison à l'architecture originale et unique grâce à de grands espaces vitrés, une façade déstructurée, un mariage de courbes et de lignes droites. www.maisons-mvb.com

La cuisine reste majoritairement un prolongement du living même si, comme partout en France, on en vient à une cuisine semi-ouverte, séparée par une verrière pour éviter les odeurs, même si les hottes sont de plus en plus aspirantes. Le télétravail implique une bonne connexion dans toutes les pièces. Avec la fibre optique, la 4 G et bientôt la 5 G, les ordinateurs moulinent à fond. La connectivité à l’intérieur de la maison reste plus mitigée. Les constructeurs proposent à tous les acheteurs de piloter la centralisation des volets et la gestion de l’eau chaude et du chauffage. À eux ensuite d’acheter des modules pour piloter l’ouverture des fenêtres à distance, l’alarme, la porte du garage, le sas d’entrée pour que le livreur puisse déposer les colis…

Côté chauffage, la pompe à chaleur sort grande gagnante dans la région. « Le plancher chauffant hydraulique en rez-de-chaussée coûte certes un peu plus cher, mais permet une diffusion de la chaleur plus homogène tout en gagnant de l’espace », confie
Arthur Cousin. Dans sa version air/air, la pompe à chaleur apporte également un confort d’été avec la réversibilité chaud et froid face à des températures estivales grimpant sérieusement depuis plusieurs années. Le poêle à granulés, peu coûteux, séduit aussi.
En revanche, le gaz présent dans certains lotissements va être le grand perdant, la future réglementation RE 2020, qui entrera en vigueur en juillet 2021, pénalisant son utilisation.

Volumes décalés, toitures travaillées pour cette maison à l’architecture contemporaine. www.selune-construction.fr

Des constructeurs à l’écoute
La plupart des constructeurs normands agissent dans le cadre du contrat de construction de maisons individuelles (CCMI) datant de la loi de 1990. Ce contrat est primordial pour l’acquéreur puisqu’il est assorti de nombreuses protections : prix global forfaitaire et définitif, notice descriptive précise, paiements échelonnés et surtout garantie de livraison à prix et délais convenus. Cette loi est un filet de sécurité indispensable face à certains professionnels qui sévissent encore dans la région, qui cassent les prix et qui bâtissent sans garantie. Dans un autre registre, de nombreux constructeurs mettent l’accent sur la relation professionnel/client. « L’application client via le smartphone avec le conducteur de travaux pendant le chantier avec photos sur l’avancement des travaux mais aussi lors du service après-vente avec un artisan si une fuite se produit rassure l’acquéreur », reconnaît Albin Charles chez Maisons Tradibat. Ce que confirme Thierry Ursaï, chez Maisons France Confort : « l’espace client par vidéo ne remplace par le rendez-vous physique avec le conducteur de travaux mais ce lien est devenu un vrai plus pour nos clients qui l’utilisent fréquemment ».

Une construction de plus en plus responsable

Les différentes réglementations thermiques ont permis d’obtenir des économies d’énergie conséquentes pour les acheteurs. Et certains constructeurs sont même allés au-delà des performances demandées. C’est le cas notamment de Maisons d’en France comme le souligne Julie Daveau : « nous avons le label NF HQE qui permet un gain d’énergie de plus de 10 % et parfois jusqu’à 25 % par rapport à la RT 2012 ».

Aujourd’hui, les phares sont orientés vers la préservation de l’environnement avec la RE 2020. « Cette réglementation vise trois objectifs : renforcer la qualité du bâti, tendre vers la neutralité carbone, assurer un confort d’été », résume Etienne Requin. Des principes que son groupe met en partition sur trois maisons au Val-de-Reuil pour tester, grandeur nature, ce que pourrait être la RE 2020.

Une descente de toit spectaculaire pour cette maison rythmée par ses décrochés de façades. www.maisons-delacour.com

Une réglementation qui aura un surcoût significatif situé actuellement entre 10 et 15 % « tant que matériaux et matériels ne sont pas produits à grande échelle », selon Albin Charles. La construction bois, en revanche, tire bien son épingle du jeu : « nos maisons à ossature bois présentent le gros avantage d’une faible empreinte carbone », rappelle Christelle Fraboulet, chargée d’affaires de la société Habitat Poulingue qui construit dans le Calvados, l’Eure et la Seine-Maritime.

Une maison, à quel prix ?

Le prix d’une maison englobe diverses composantes et la Normandie n’échappe pas à cette constante. La surface habitable de la maison varie entre 110 et 130 m² pour les modèles les plus courants mais cela peut démarrer à 80 et 90 m² pour un jeune couple et aller au-delà de 250 m² pour un second achat dans le cadre d’une bi-résidence (on travaille à Paris et l’on vit en Normandie). Les constructeurs proposent aussi des maisons de plus petite surface (à partir de 60 m²), avec des combles qui seront aménagés plus tard, pour accueillir les chambres d’enfants, par exemple.

L’architecture constitue aussi un poste important. Plus il y a de décrochés, de lucarnes ou de toitures terrasses, plus la facture gonfle. La performance énergétique si elle est renforcée par rapport à la RT 2012 a aussi un coût même si celui-ci sera lissé par une consommation faible et un retour sur investissement. S’y ajoutent des prestations hors contrat au niveau des matériaux, des sanitaires… qui peuvent aussi renchérir la facture initiale.

La maison bois a toute sa place en Normandie. construction-amb.com

Actuellement, en Normandie, il faut compter, hors terrain, un prix moyen de 150 000 à 200 000 €. Une enveloppe moyenne qui se situe davantage autour de 250 000 € pour une maison à ossature bois, avec en contrepartie une bonne performance bas carbone sans oublier la rapidité de la construction. Selon les statistiques du ministère de l’écologie, la maison moyenne hors terrain, en Normandie, coûte 161 200 € pour 119 m². Le terrain moyen, selon la même source, s’affiche à 60 500 €, soit une enveloppe globale de 221 700 €.

L’achat peut être financé par un prêt à taux zéro (PTZ), une aide de l’état qui prend la forme d’un crédit gratuit. Il est distribué par la plupart des banques. Ce PTZ se complète par un prêt classique avec des taux très attractifs. Sur vingt ans, la moyenne s’établit aux alentours de 1,20 % hors assurance. Autre bonne nouvelle : les conditions de financement ont été assouplies fin 2020 avec notamment une meilleure adaptation des durées de prêts à la construction de maisons et la possibilité de consacrer un peu plus du tiers des revenus à la mensualité (taux d’effort à 35 % maximum contre 33 % auparavant.

Elisabeth Lelogeais

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