Produire l’électricité de sa maison neuve avec le soleil

Publié par -

Votre maison neuve peut produire de l’électricité grâce aux panneaux solaires placés sur votre toit, une installation devenue moins chère.

Une installation photovoltaïque est beaucoup moins chère qu’il y a quelques années. La baisse du prix des panneaux a en effet divisé par deux l’investissement nécessaire comme le rappelle Serge Nauges, P-DG des Maisons Serge Olivier, qui construit notamment dans l’Hérault et le Gard : « en 2009, les premières installations photovoltaïques que nous réalisions pour nos clients coûtaient 28.000 €. Maintenant, le budget nécessaire s’élève à 13.000 € pour produire et revendre le courant ». Et moins de 4.000 € suffisent pour les familles souhaitant consommer le courant produit grâce aux capteurs implantés sur le toit.

Les réglementations thermiques favorables au photovoltaïque dans les maisons neuves 

Outre le prix des capteurs qui devrait continuer à baisser dans les années à venir, ce sont avant tout les réglementations thermiques qui devraient stimuler l’équipement des maisons. L’actuelle réglementation thermique, la RT 2012, qui impose l’utilisation d’une source d’énergie renouvelable comme un chauffe-eau solaire accepte aussi la production d’électricité d’origine photovoltaïque. Et le développement des capteurs devrait s’accélérer avec la prochaine réglementation thermique, la RT 2020 qui verra l’arrivée des bâtiments à énergie positive (Bépos). Les maisons qui sortiront de terre devront alors produire plus d’énergie qu’elles n’en consomment. « Le photovoltaïque sera une solution incontournable pour les bâtiments à énergie positive », analyse Benjamin Declas, directeur général d’EDF ENR Solaire qui rappelle qu’à l’horizon 2017-2020 les prix des kilowatts produits et vendus se rapprocheront.

L’orientation des maisons neuves favorise l’emploi des panneaux solaires

Contrairement à l’habitat existant qui n’offre pas toujours la meilleure exposition (sud-est, sud-ouest) pour l’ensoleillement des capteurs, les maisons neuves sont épargnées par ces problèmes. L’actuelle réglementation thermique conseille en effet au constructeur de privilégier la meilleure orientation possible des baies vitrées pour maximiser les apports solaires afin de diminuer les besoins en chauffage et en éclairage artificiel. Les habitations bénéficient donc la plupart du temps d’un pan de toiture bien exposé pour l’implantation des cellules photovoltaïques. Une orientation du toit comprise entre 30 et 35° est idéale. Des modules d’une superficie de 3 à 10 m² sont préconisés selon la zone climatique de la construction pour consommer sa production. Une puissance installée de 3 kW crête nécessitera la pose de 20 à 25 m² de capteurs, pour une production annuelle de 2.500 à 4.500 kWh, suivant la zone climatique de la construction. Voir le site : http://www.photovoltaique.info/Estimer-la-production.html

Une production d’électricité en décalage avec la consommation d’une maison neuve

Il y a souvent un décalage entre le moment où l’électricité est produite par les cellules photovoltaïques et celui où elle est consommée dans la maison. Ce qui nécessite l’emploi de batteries pour le stockage. Pour optimiser la consommation, des solutions de pilotage se développent depuis peu. « Si la production est supérieure à la consommation, le dispositif peut déclencher le fonctionnement de la résistance électrique du ballon d’eau chaude ou du lave-linge pour utiliser le courant », explique Benjamin Declas qui propose cette offre depuis l’an dernier. « Ces solutions de pilotage permettent d’utiliser entre 75 et 80 % de l’électricité produite contre 40 à 50 % pour une installation qui n’en serait pas dotée. Ce qui évite le recours aux batteries. Ces nouvelles solutions contribueront à une meilleure maîtrise des performances énergétiques des bâtiments. Mais nous n’en sommes qu’aux prémices. »

 

Avis d'expert

" Les particuliers veulent devenir leurs propres producteurs"

André Joffre est président de Qualit’EnR, un organisme spécialisé dans la qualification des entreprises travaillant dans les énergies renouvelables. La qualification QualiPV est attribuée aux professionnels installant des capteurs photovoltaïques.

Comment voyez-vous évoluer la production de l’électricité photovoltaïque ?
Elle continuera d’augmenter les prochaines années. Dans notre quatrième édition de notre baromètre IFOP/Qualit’EnR, 88 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles préféreraient consommer l’énergie qu’elles produiraient si le prix d’achat était égal aux prix de revente.

Comment l’expliquer ?
Il y a de multiples facteurs. Les particuliers souhaitent être moins dépendants des sources d’énergies externes. Ils veulent devenir aussi leurs propres producteurs. C’est aussi le succès du faire soi-même. La baisse du tarif d’achat de l’électricité et la hausse du prix de l’électricité annoncée par EDF pour les prochaines années contribuent également au développement de ce phénomène. 

Quels sont les besoins couverts par la production électrique ?
Cette production couvre environ 20 % des besoins : le multimédia, la télévision…

Les capteurs photovoltaïques ont-ils connu des progrès ?
Oui. Ils sont plus performants. Un module délivre actuellement une puissance de 250 W contre 230 W il y a deux ans. Ce qui nous permet de poser moins de capteurs sur le toit. L’installation est donc moins coûteuse pour le client.

Comment évoluera le prix des capteurs photovoltaïques selon vous ?
Le prix devrait se stabiliser pendant quelques années avant de baisser car le marché du photovoltaïque se développera. Les maisons neuves devront en effet produire plus d’énergie qu’elles n’en consomment pour se conformer à la prochaine réglementation thermique, la RT 2020.