Ventilation : la VMC en dix questions

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Invisible, discrète mais essentielle ! La Ventilation mécanique contrôlée est la pièce maîtresse de votre confort intérieur et de la performance énergétique de votre maison. A ne surtout pas négliger !

Depuis les années 80, période durant laquelle une attention particulière a été portée à l'isolation, la Ventilation mécanique contrôlée (VMC) est devenue obligatoire dans les maisons neuves. Initialement conçue pour limiter les problèmes d’humidité et de moisissure liés à la condensation, au fil du temps, s’est ajoutée la préservation de la qualité de l’air intérieur. Un rôle essentiel puisque aujourd’hui on estime que l'air intérieur des logements est huit fois plus pollué que l'air extérieur ! « Les réglementations nous imposent de réaliser des maisons très bien isolées et plus encore étanches à l’air. Pour qu’elles soient vivables, pour que leur ambiance soit saine, la ventilation est primordiale », signale Jimmy Juliot, directeur général des Maisons Lelièvre. « Si ce n’est pas le cas, la qualité de l’air intérieur va se dégrader, ce qui, forcément, n’est pas bon pour la santé des habitants ». Pourtant, comme le constate Cécile Folachier, directrice Marketing chez Aldes, l’un des leaders français de la ventilation. « Clairement, la VMC n’est pas un sujet de préoccupations ou d’intérêt pour les particuliers. » Dommage, car c'est le poumon de la maison !

1 - Pourquoi une VMC ?

Dans les maisons anciennes, celles qu’on appelle souvent passoires thermiques, le renouvellement d'air se fait par une ventilation naturelle volontaire ou subie (ouverture des fenêtres et/ou infiltrations d’air liées aux défauts d’étanchéité). Si c'est indéniablement efficace, à l’heure des économies d’énergie et du réchauffement climatique, c’est une hérésie ! « Initialement, la VMC a été conçue pour préserver le bâti en abaissant les taux d’humidité, notamment dans les salles de bains pour prévenir l’apparition de moisissure. Aujourd’hui, elle vise surtout à garantir une bonne qualité d’air intérieur dans les maisons très isolées », précise Cécile Folachier. La VMC évacue donc vers l’extérieur l'air vicié chargé de polluants nocifs pour la santé comme les Composés organiques volatiles (COV), le gaz carbonique (CO) et dioxyde de carbone (CO2), acariens, microbes, allergènes, odeurs, fumées, moisissures, humidité, poussières…

 2 - Comment ça marche ?

Une VMC ne s'arrête jamais ! Elle fonctionne 365 jours par an. « Sa consommation étant prise en compte dans le moteur de calcul de l'étude thermique du projet de la maison, mieux vaut donc choisir un modèle sobre en énergie », mentionne Cécile Folachier. Dans sa version autoréglable, les débits d’air sont maintenus constants au niveau des entrées et des bouches d’extraction, quelles que soient les conditions intérieures (humidité, nombre d’occupants). Le renouvellement d’air est toujours adapté aux besoins des occupants et régulé selon le taux d’humidité. Les déperditions de chaleur liées à l’arrivée d’air frais sont réduites, tout comme les besoins de chauffage. Les ventilateurs ne fonctionnant pas à pleine puissance en permanence, leur consommation électrique est également plus faible. Dans la version hygro A, seules les bouches d’extraction sont à débit d’air variable.

L'air vicié est évacué vers l'extérieur par un réseau de gaines relié à l'extracteur. www.aldes.fr© Aldes

3 - Quels sont les différents éléments d'une VMC ?

  • Un extracteur. C'est le cœur de l'installation. Il s’agit d’un caisson équipé d’un gros ventilateur qui assure la circulation de l’air et l’extraction de l’air vicié. Généralement, le caisson de VMC est placé dans les combles. Il doit être accessible pour faciliter son entretien.
  • Des bouches d’entrée d’air et d’extraction. Elles assurent la circulation de l’air. Les entrées d’air sont placées dans les encadrements de fenêtres. Elles permettent le renouvellement de l’air. Dans le cas d’une VMC double flux, ces entrées d’air sont remplacées par des bouches d’insufflation. Les bouches d’extraction, de leur côté, sont placées dans les pièces humides (cuisine, salle de bains, et wc). C'est par elles que l'air vicié est aspiré.
  • Des gaines de circulation d'air. L’extraction de l’air se fait par un système de gaines depuis les bouches d’extraction jusqu'au caisson. L'air est ensuite évacué le plus souvent par la toiture. Dans le cas d'une double flux, le réseau est doublé. La sortie de l'air se fait sur la toiture grâce à un chapeau adapté.

4 - VMC simple flux, qu'est-ce que c'est ?

« La VMC simple flux hygroréglable équipe plus de 95 % des maisons neuves », note Cécile Folachier. Et d’expliquer ce succès : « Avec un prix fourni posé qui ne dépasse pas 700 € le rapport qualité/prix/efficacité de la VMC simple flux est imbattable. En plus, elle coûte très peu de points de Cep (NDLR correspond à la consommation totale d’énergie primaire de la maison sur une année) dans le moteur de calcul de la Réglementation environnementale ».
Simple et efficace, le système repose sur des entrées d’air hygroréglables placées sur les fenêtres qui se déclenchent en fonction de l’humidité ambiante. Le flux d’air se fait sous l’action d’un moteur placé dans un caisson relié aux extracteurs placés dans les pièces humides (salle de bains, cuisine, toilettes, buanderie). L’air vicié et humide est alors évacué vers l’extérieur.

La VMC simple flux équipe près 95 % des maisons neuves. Ce succès s'explique par son prix qui ne dépasse pas les 600 €. www.aldes.fr© Aldes

5 - Et la VMC double flux ?

La VMC double flux filtre l’air extérieur. Du coup, la qualité de l’air intérieur est nettement meilleure. En outre, il est possible de personnaliser les filtres en fonction des pathologies (pollens…). L’air injecté est en plus tempéré, ce qui améliore considérablement le bilan thermique de la maison. Pour y parvenir, le moteur est équipé d’un échangeur thermique avec deux systèmes de gaines, l’un pour l’air entrant, l’autre pour l’air sortant. Ainsi, le double flux permet à la fois d’aspirer l’air vicié de l’intérieur, mais aussi de récupérer et de filtrer l’air frais extérieur au moyen d’une autre gaine. Malgré ses qualités, la VMC double flux peine à séduire les acquéreurs. Notamment les primo-accédants. Son prix (à partir de 3.000 €) étant un frein pour les budgets un peu justes.

 6 - Qu'est-ce qu'une ventilation double flux thermodynamique ?

Ce type de VMC fonctionne sur le même principe que la double flux, mais elle est associée à une pompe à chaleur (Pac) qui se charge alors de capter les calories contenues dans l'air vicié. L'air neuf est amené dans la maison, filtré directement au niveau du ventilateur et débarrassé de ses impuretés. Il est ensuite insufflé via un échangeur thermodynamique dans les pièces à vivre par des diffuseurs. Autre avantage du système, la VMC thermodynamique peut rafraîchir l'été. Les calories contenues dans l’air extrait servent aussi à produire l'eau chaude sanitaire. L’air vicié rafraîchi est ensuite rejeté à l’extérieur. L'extraction s'effectue dans les pièces humides (cuisine, salle de bains, wc) via une bouche d'extraction. Le prix ? Entre 7 000 et 15 000 €, Pac comprise.

Cette ventilation récupère 97 % de la chaleur de l'air vicié ! Résultat, elle réduit le besoin en chauffage de 38 % par rapport aux solutions classiques du marché. www.zehnder.fr© Zehnder

7 - Ventilation mécanique par insufflation, qu'est-ce que c'est ?

La Ventilation mécanique à insufflation (VMI®) est une solution alternative intéressante. Alors que la VMC aspire l'air vicié dans les pièces humides, la VMI® insuffle un air neuf dans les pièces. « Pour nos maisons, nous avons opté pour une VMI® », explique-t-on chez le constructeur Trecobat. « A la différence de la VMC classique, elle insuffle un air traité par filtre, débarrassé de ses impuretés extérieures comme les allergènes et les particules fines puis brasse l’air de façon homogène en évacuant les polluants intérieurs (odeurs, acariens, Cov, CO2, humidité) par une légère surpression de la maison. »

Au lieu de mettre le logement en dépression, la VMI le met en surpression pour faciliter l'évacuation et donc le renouvellement de l'air. Il s’agit en quelque sorte d’une VMC inversée. Elle est équipée d'un filtre haute performance capable d’arrêter les particules fines les plus dangereuses. La régulation du débit d’insufflation en fonction de l’humidité intérieure et du poids d’eau extérieur est particulièrement efficace pour gérer les problèmes liés à l’humidité et à la condensation. A partir de 3 000 €.

Alors que la VMC aspire l'air vicié dans les pièces humides, la VMI® insuffle un air neuf dans les pièces de la maison. www.vmi-technologies.com.© VMI

8 - Une VMC, ça s’entretient ?

Pour bien fonctionner, la VMC doit être entretenue régulièrement. L'air vicié est toujours humide et souvent gras. Un réseau encrassé peut entraîner une surconsommation d’énergie et surtout un défaut de renouvellement d’air. Avec à la clef des risques pathogènes. Excepté les entrées d’air qui se nettoient une fois par an avec de l'eau savonneuse. Les VMC simple flux ne nécessitent pas d’entretien particulier puisqu’elles ne filtrent pas l’air. En revanche, la VMC double flux, filtre l’air. Elle nécessite donc un entretien périodique. Ses filtres doivent être nettoyés ou changés régulièrement.

Il faut le débarrasser des saletés présentes autour du ventilateur. Cette opération d'entretien est à réaliser tous les ans. Le réseau de gaine devra être nettoyé tous les cinq à sept ans. Ces opérations seront réalisées par un technicien moyennant un contrat d'entretien (de 130 à 300 €).

9 - Que change la RE 2020 ?

Selon plusieurs études menées par le CEREMA (Centre d’études et d’expertises sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) les taux de non-conformité en matière de renouvellement de l’air seraient de l’ordre de 66 % en maisons individuelles ! Concrètement, les flux sont insuffisants. Avec un recul de plus de dix ans, il s’avère que la qualité de l'air intérieur des maisons bâties dans le cadre de la RT 2012 n’est pas au rendez-vous. Ce n’était d’ailleurs pas un sujet de préoccupation à l’époque.

La nouvelle RE 2020 s'empare enfin du sujet. Il y avait urgence à corriger cette anomalie... « La pose des installations de ventilation exige une grande rigueur », relève Jimmy Juliot. « Si les gaines sont compressées ou coudées, la circulation de l’air est plus difficile et il y a un risque de condensation, ce qui peut entraîner des pathologies. Dans ce sens, la vérification des VMC imposée par la Réglementation environnementale 2020, est très positive. » Depuis le 1er janvier, à l'image du contrôle d’étanchéité à l'air imposé par l'ancienne Réglementation thermique 2012, la nouvelle Réglementation environnementale 2020 rend enfin obligatoire un contrôle d'efficacité de la VMC. Cette vérification étant réalisée bien entendu avant la livraison de la maison. Ce que l'ancienne RT 2012 n'imposait pas !

10 - Que se passera-t-il en cas de non-conformité ?

Le contrôle consistera d'abord en une inspection visuelle de l'installation. Elle est naturellement complétée par des mesures de débit et de pression aux bouches.

Un contrôle d'étanchéité générale du système est également fait. Tous ces contrôles sont réalisés par des personnes compétentes et reconnues. Mais, comme ne manque pas de préciser Cécile Folachier, « si une des grosses avancées de la RE 2020 est l’obligation de réception de la VMC, en revanche, en l’état actuel, une éventuelle non-conformité ne bloquera pas la réception de la maison ». Alors de conseiller aux acquéreurs : « au moment de la remise des clefs, il faut bien lire les documents et en cas de non-conformité, il ne faut pas hésiter à le signaler sur le procès-verbal ».