Secrets de fabrication d'une maison à ossature bois

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La réalisation d’une maison à ossature bois reste un vrai jeu de construction. En dehors de la dalle de béton, tous les éléments sont préfabriqués en usine. Résultat, zéro déchet, précisions des assemblages, rapidité d’exécution et économies d’eau : les maisons à ossature sont dans l’air temps !

La maison à ossature bois, aussi appelée MOB par les spécialistes, apparaît aujourd’hui comme le mode constructif en bois le plus répandu en France. D’après les chiffres de l’Afcobois (Syndicat français de la construction bois), près de 83 % des maisons utilisent cette technique. La préfabrication, solution de loin la plus économique et la plus rapide, reste le secret de l‘ossature bois. Tous les éléments sont préfabriqués en usine. Une fois livrés sur le chantier, c’est un jeu de construction grandeur nature.

Quelles essences de bois pour la maison ?

Le choix du bois pour la structure de la maison (ossature, charpente et bardage) est essentiel. Les essences résineuses sont les plus employées, que ce soit pour les charpentes, les ossatures ou les revêtements de façade. Les constructeurs utilisent principalement quatre essences : l’épicéa, le sapin, le douglas et le mélèze. Séchés artificiellement, le taux d’humidité du bois doit être compris entre 8 et 18 %.

L’épicéa ou le sapin sont souvent choisis pour la structure de la maison. Économiques, légers et robustes à la fois, ces bois n’ont qu’un seul défaut : leur faible résistance à l’humidité et à la pluie. C‘est pour cela qu’on les utilise pour la structure.

Le pin douglas est lui apprécié pour l’ossature, mais également pour le bardage ou les lames de terrasses… Son coût est plus élevé, mais il est naturellement imputrescible et ne nécessite aucun entretien. Il conviendra pour les éléments extérieurs exposés aux intempéries. Sa couleur naturelle, qui tend vers le rouge, lui donne un aspect chaleureux lorsqu’il est employé en bardage.

Enfin, le mélèze est reconnu pour sa très grande résistance au froid. Esthétiquement, il se reconnaît à sa couleur brun clair. Bon à savoir, lorsqu’elle se patine, elle vire au gris.

La maison à ossature bois est dans l'air du temps ! C'est la construction bas carbone par excellence. www.maisons-artis.com © Thierry Genand/Artis

Bâtir autrement
On trouve aussi sur le marché des maisons bâties sur le système poteaux-poutres. Une fois l’architecture et les plans réalisés, le constructeur met en place une structure faite de bois de fortes sections (des poteaux et des poutres, d’où le nom de cette solution) qui définit la forme du bâtiment. Les vides, d’une largeur de 2,5 à 5 m, sont comblés par des panneaux associant matériaux de structure, isolants, etc. Une large place est faite aux baies vitrées. Le résultat mêle esthétique, performance, lumière et confort. Autre système : le Cross laminated timber ou CLT. Il s’agit de panneaux de bois contrecollés de 10 à 15 cm d’épaisseur selon l’usage (ils sont plus épais pour les planchers par exemple). C’est un process industrialisé : une fois
la maison créée via une maquette numérique, les plans d’exécution sont envoyés en usine pour fabriquer ces fameux panneaux qui sont ensuite assemblés sur le chantier. Le système est très performant, notamment en termes d’isolation, de qualité de l’air intérieur ou encore de rapidité de montage et de souplesse architecturale. De rares maisons sont réalisées en rondins empilés, une méthode employée par exemple
pour les isbas russes. Le principe technique : des rondins, mais aussi des madriers ou des fustes empilés horizontalement.

La fabrication en usine

Une fois les plans de la maison approuvés par l’acquéreur et le permis de construire délivré, le chantier peut débuter. Pendant la mise en fabrication de l’ossature, le constructeur en profite pour réaliser le terrassement, puis la dalle de béton ou les plots sur lesquels reposera la maison. Le projet étant entièrement chiffré et numérisé, tous les éléments nécessaires à la construction sont enregistrés avec leurs dimensions et numérotés. La phase de fabrication peut être lancée.

Un logiciel spécifique modélise l’ossature. Les pièces de bois sont ensuite usinées sur des machines à commande numérique, au millimètre près. En quelques jours seulement, tous les éléments de la structure (traverses, contreventements…) sont prédécoupés, prêts à être assemblés. Les montants verticaux ont une section comprise entre 12 et 15 cm et une longueur équivalente à la hauteur de l’étage. Ils seront fixés aux lisses qui correspondent aux montants horizontaux. La structure inclut également le contreventement. Les chevêtres de fenêtres et des portes sont préparés en vue d’une intégration dans les panneaux. Un pare-pluie protège les panneaux en particules de bois ou en OSB rivés sur la face extérieure. Les murs sont assemblés par clouage et agrafage sur des chaînes de fabrication. Ils sont alors prêts à recevoir les pare-vapeur et les isolants. Une fois la dalle de béton bien sèche (comptez environ un mois), il ne reste plus qu’à assembler tous les éléments entre eux.

La préfabrication en usine garantit une haute précision d’assemblage, au millimètre près ! Ce qui assure une faible perméabilité à l'air. trecobat-groupe.fr © Groupe Trecobat

L’assemblage in situ

Tous les éléments de la maison fabriqués, ils peuvent être chargés sur des camions et livrés. Direction le terrain sur lequel sera bâtie la maison. Attention, le convoi étant impressionnant, il est important de bien s’assurer de l’accessibilité de la parcelle.

Attention aux accès pour la livraison ! C'est un convoi exceptionnel qui transportera tous les éléments du bâti. trecobat-groupe.fr © Groupe Trecobat

Si le squelette de l’ossature reste assemblé manuellement, les panneaux périphériques sont levés et placés à l’aide d’une grue. Le montage se fait au millimètre près ! En deux jours, l’ossature est montée et les châssis de fenêtres peuvent être intégrés. Le toit, qu’il soit incliné ou plat, sera posé dans la foulée. Une fois la phase hors d’eau/hors d’air achevée, le second œuvre est lancé avec la pose des gaines électriques, du réseau d’eau, du chauffage, des sanitaires et de la ventilation.

Les panneaux extérieurs ainsi que la charpente nécessitent l'utilisation d’une grue. orlhac.com, www.uicb.pro © ORLHAC/UICB

Quelle finition extérieure ?

Dernière étape du chantier : la finition extérieure. C’est elle qui procure à la construction son aspect définitif. Le choix est plutôt large, car la maison à ossature bois est un véritable caméléon. Tous types de revêtements de façade peuvent être mis en œuvre (enduits minéraux, matériaux composites, bardages bois ou zinc...). Pour un rendu esthétique, les enduits d’origine minérale restent plébiscités. Le crépi donnera un aspect
moderne, tandis qu’un enduit à la chaux sera recommandé pour faire respirer la maison. Elle régulera l’humidité entre le support et l’extérieur et améliorera le confort hygrométrique. On peut même opter pour du torchis ou de la brique !

Autre possibilité, les matériaux composites. Ils peuvent imiter à la perfection le bois et ils se déclinent dans de nombreux coloris. Ils sont faciles à entretenir et vieillissent mieux que les matériaux naturels. Ils ont aussi l’avantage d’être peu chers.

Enfin, les classiques bardages en bois naturel donneront du caractère à la façade et participeront à l’isolation. Ils peuvent être peints, lasurés ou rester à l’état naturel et se patiner lentement. En à peine quatre mois, la maison est prête à être livrée ! 

Les murs d’enveloppe sont déjà isolés lors de leur pose. www.booa.fr © Franck Paubel pour booa

Petit lexique de la maison à ossature bois
> Bardage : revêtement de la façade extérieure qui peut être en bois,
en panneaux composites.
> Contreventement : pièces de bois ou panneaux servant à assurer
la stabilité et la rigidité de la maison.
> Lisse : pièce de bois continue placée en partie basse ou haute d’un mur sur lequel seront fixés les montants verticaux.
> Maison à ossature bois également appelée MOB : maison dont la structure est en bois. Les montants verticaux disposés tous les 40 à 60 cm et repose sur une lisse basse. Entre ces montants une isolation
est mise en place.
> Pare-pluie : matériau souple placé côté extérieur derrière le bardage et destiné à protéger le mur des éventuelles pénétrations d’eau.
> Pare-vapeur : membrane souple et indépendante, placée du côté chauffé des murs périphériques. Il limite la pénétration de la vapeur d’eau dans les parois et prévient la formation de condensation.