Comment isoler votre maison

Nouvelles exigences, nouvelles techniques. La réglementation thermique évolue, l'isolation aussi ! Grâce à elle, les maisons sont nettement plus performantes thermiquement et beaucoup plus économes en énergie.

Invisible, discrète et incontournable, l'isolation est la pièce maîtresse de la Réglementation thermique 2012 (RT 2012, la norme qui régit les constructions neuves). Elle assure un haut niveau de confort thermique en toute saison. Et surtout elle garantit des consommations d'énergie (chauffage notamment) réduites au strict minimum.

Exigences réglementaires. Aucune technologie ne s’impose pour atteindre le niveau demandé par la RT 2012. Chaque technique a ses points forts et ses points faibles mais pour que votre maison soit conforme à la réglementation thermique actuelle elle doit respecter trois exigences essentielles : l’efficacité énergétique, une consommation conventionnelle maximale d’énergie primaire de 50 kWh/m2/an (une moyenne qui varie selon les régions et l'altitude) ainsi qu'un bon confort d’été avec notamment une température intérieure à ne pas dépasser. Sans ces exigences, il est impossible d'atteindre les niveaux de performances thermiques requis par le législateur.

Comment choisir son matériau d'isolation
Que ce soit de la laine de verre, de roche, du PSE ou tout autre matériau, il doit être choisi selon trois critères essentiels :
- son coefficient de conductivité thermique (ou lambda λ) : il exprime la quantité de chaleur traversant 1 m2 de matériau pour une épaisseur de 1 cm pour un écart de température de 1°C entre ses deux faces. Plus le λ est petit, plus le matériau est isolant
- sa résistance thermique (R) : elle permet de rendre compte de la performance thermique d’un matériau, indiquant sa résistance aux flux de chaleur (exprimée en m2.K/W). Elle dépend de l’épaisseur, exprimée en mètre, et de la conductivité thermique (λ) du matériau. Plus R est grand, plus le matériau est isolant
- sa certification : la certification ACERMI complète le marquage CE des produits, obligatoire depuis mars 2003.

Isolation du sol

Entre 7 et 10 % de la chaleur peut potentiellement s'échapper d'un plancher mal ou non isolé. En outre, avec le développement des planchers chauffants basse température, l'isolation du sol est un enjeu important. Dans une maison neuve, l’isolant peut être disposé sous le plancher bas et intégré à celui-ci, notamment avec des hourdis isolants, ou encore disposé au-dessus.

La technique de pose dite en rapporté sous dalle est la plus courante. Elle est réalisée après le coulage de la dalle. Elle consiste à déposer l’isolant sur le support (plancher, dalle…), puis à couler dessus une chape destinée à recevoir le revêtement de sol final. Elle est parfaite pour le stockage thermique, notamment en combinaison avec un chauffage par le sol.

Pose de rupteurs de ponts thermiques sur plancher bas en maison individuelle.

Si votre plancher est accessible par le dessous, c'est notamment le cas avec un sous-sol ou une cave, son isolation en sous face est la solution la plus simple, la moins onéreuse et la plus facile à mettre en œuvre. L’isolant thermique est alors fixé sur la face inférieure de votre plancher par fixation mécanique, par collage ou les deux.

Dans le cas d'une chape flottante isolée, des panneaux isolants peu compressibles et peu sensibles à l'humidité sont simplement posés à bords jointifs sur le sol ou sur la dalle de béton existante. Une chape est ensuite coulée par-dessus. Un film en polyéthylène est parfois mis en place sur les panneaux, avant de couler la chape. Sur le périmètre de la pièce, une bande de désolidarisation isolante de 5 à 15 mm d'épaisseur est insérée entre la chape et le bas des murs.

Isolation : l'étanchéité à l'air

Avant de poser le doublage intérieur, le constructeur va d'abord renforcer l'étanchéité à l'air. Elle est indispensable pour atteindre les exigences de basse consommation d’énergie du bâti. La meilleure isolation ne peut rien à elle seule pour garantir une performance thermique efficace si la maison est une passoire. L’objectif est d'affaiblir le taux de perméabilité des parois en supprimant au maximum les fuites d’air qui peuvent traverser les murs d'enveloppe.

Normes à respecter. Le niveau requis aujourd'hui par la RT 2012 est de 0,6 m3/m2/h. Pour rappel, la RT 2005 (la précédente réglementation thermique) fixait ce seuil à 0,8 m3/h/m2 et la RT 2000 à 1,2 m3/h/m2 ! Ce chiffre passera à 0,4 m3/h/m2 sur la prochaine génération de maison (Réglementation bâtiments responsables 2020). Autrement dit, les maisons sont aujourd'hui deux fois plus étanches qu'il y a quinze ans et le seront prochainement trois fois plus !

Une fois la maison hors d'eau/hors d'air, un revêtement technique est projeté sur les murs périphériques. Il est destiné à supprimer les fuites d'air, plus particulièrement au niveau des jonctions mur/fenêtre et mur/plancher.

En construction traditionnelle (parpaings, briques, etc.), on constate très souvent des défauts d’étanchéité à l’air aux jonctions murs/planchers, murs/plafonds et murs/menuiseries. Il faut donc les supprimer ou au moins les atténuer. Si les fuites sont trop importantes les déperditions thermiques le seront également et le test final de perméabilité sera impitoyable. Le risque étant de se faire recaler et de ne pas obtenir le certificat de conformité obligatoire ! Pour obtenir un résultat optimal, le maître d'œuvre peut poser une membrane d'étanchéité sur tout le périmètre des murs d'enveloppe côté intérieur ou pulvériser un enduit qui colmatera les éventuelles fuites du mur. Ce travail réalisé, l'isolation des murs peut vraiment commencer.

L'isolant posé, il ne reste plus qu'à réaliser le test de perméabilité. Le taux requis ne doit pas excéder 0,6m3/m2/h.

Isolation des murs

Avec 20 à 25 % des pertes de chaleur dans un logement non isolé, les murs sont le deuxième poste de déperditions thermiques. En France on isole principalement par l'intérieur. Cette technique présente l'avantage d'offrir un niveau élevé de performance pour un coût relativement modéré. Deux techniques coexistent. L'une sur ossature et l'autre par collage.

La pose humide sur plots de colle concerne surtout les doublages rigides comme le Polystyrène expansé (PSE).

L'isolation des murs sous ossature métallique est efficace. La pose continue de l'isolant (laine de verre ou de roche) et jointive sur tout le périmètre de la paroi permet de bien maîtriser les ponts thermiques. En outre le passage des gaines électriques entre l’isolant et le parement ne traverse pas l’isolant. Une fois ce dernier placé, il est ensuite recouvert par une plaque de plâtre.

Le doublage des murs d'enveloppe sur ossature métallique est une technique efficace. L’isolant est en effet déroulé en continu sur les murs extérieurs.

Le principe des systèmes dits " humides " consiste à coller sur le mur un complexe préfabriqué, associant plaque de plâtre et isolant.

Isolation des combles

Avec 25 à 30 % des déperditions thermiques, la toiture est LE point faible des maisons. L’air chaud, donc plus léger, monte et s’échappe tout naturellement par le toit. L’isolation de la toiture et des combles est donc une priorité. En outre la toiture est soumise à de fortes variations de température toute l'année. L'objectif, au-delà des performances thermiques de la maison, est donc aussi de garantir un bon niveau de confort quelle que soit la saison. Surtout si les combles sont destinés à être aménagés. 

Dans des combles perdus la projection d’isolant en vrac est une solution efficace. Les flocons (laine de verre, roche, ouate...) sont projetés même dans les endroits les plus inaccessibles.

Si vos combles sont perdus, l'isolation sera simple et rapide. On distingue les combles perdus impraticables et les combles perdus praticables. Ces derniers, bien qu’inhabitables, sont accessibles par une trappe et permettent notamment d'installer le bloc VMC. Les isolants en panneaux rigides et semi-rigides peuvent être placés en une ou plusieurs couches successives pour augmenter les performances de l’isolation. Les couches d’isolant sont alors placées perpendiculairement les unes aux autres pour garantir la continuité de l’isolation. Si vous optez pour de l'isolant en vrac, il sera réparti manuellement ou projeté mécaniquement directement sur le sol des combles.

La toiture sera doublée par l'intérieur. L’isolant sera fixé sur le chevron puis recouvert d’une plaque de plâtre sur l'ossature métallique.

Dans le cas de combles aménagés, l'isolation se fait sous les rampants. Cette technique, la plus utilisée, consiste à fixer une ou plusieurs couches d’isolant rigide ou semi-rigide au niveau de la charpente. La finition est réalisée en général à l'aide de plaques de plâtre.

Avis d'expert
Pour Claire Mellinand, directrice marketing chez Actis, « l'isolation d'une maison ne coûte pas plus cher aujourd’hui qu'auparavant car on ne met pas plus d'isolant. Le prix des matériaux ne pèse pas beaucoup, c'est le temps de travail qui influe le plus sur les coûts de construction ».

Faire construire sa maison : Que change la RT 2012 au niveau de l'isolation ?
Claire Mellinand : La RT 2012 fixe un objectif de consommation d'énergie qui est intimement lié à la notion d'étanchéité. Or l'isolation sans étanchéité ne sert pas à grand-chose. Dès que de l'air s'infiltre des phénomènes de pression et dépression s'exercent sur les murs et la toiture et accentuent les déperditions. Et même avec une isolation épaisse l'air passe dans les deux sens. Le grand changement de la RT 2012 c'est vraiment l'étanchéité du bâti.

L’étanchéité de la maison a-t-elle modifié le travail d'isolation ?
Aujourd'hui il faut faire attention à plein de petits points singuliers. L’étanchéité nécessite un soin particulier à tous les niveaux. Ça commence par exemple par bien jointer les briques ou les parpaings ! Les jonctions des ouvrants (fenêtres et portes), les percements, le passage de gaines de chauffage ou électriques, la pose des interrupteurs nécessitent un soin qui n'existait pas auparavant... Concrètement il faut que le corps de métier qui intervient ne pollue pas le travail d'isolation.

Quelles sont les parties de la maison les plus difficiles à isoler ?
Physiquement la toiture est plus compliquée à isoler pour l'ouvrier qui réalise le travail. Mais elle ne présente pas trop de points singuliers à traiter à la différence des murs. Ces derniers nécessitent beaucoup plus de travail notamment au niveau des jonctions des ouvertures ou des planchers.

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