Comment choisir son chauffage ?

Aujourd'hui choisir son chauffage peut ressembler à un vrai casse-tête. Entre les pompes à chaleur, les chaudières gaz ou les poêles à bois, pour de nombreux acquéreurs, il est souvent difficile d'y voir clair. On vous aide à vous y retrouver.

Depuis la Réglementation thermique 2012 qui a considérablement renforcé l'isolation du bâti, la consommation énergétique des maisons a été presque divisée par trois ! En 2005, la réglementation fixait le plafond de consommation énergétique des maisons neuves à 150 kW/m2/an. Aujourd'hui, elles ne doivent pas consommer plus de 50 kW/m2/an avec une modulation en fonction des régions (40 kWh sur l'arc méditerrannéen, 65 kWh en Lorraine par exemple). Performances et sobriété sont au rendez-vous, aidées par une isolation ultra-efficace. Parallèlement, les solutions de chauffage proposées par les industriels et les constructeurs n'ont jamais été aussi nombreuses. Du coup, les néophytes ont souvent du mal à peser le pour et le contre entre les chaudières à condensation, les poêles à bois, le chauffage électrique ou les pompes à chaleur.

 

1 - La commune est-elle desservie par le réseau de gaz naturel ? 

Premier réflexe, repérez les énergies disponibles à proximité immédiate de votre terrain. Si un réseau de gaz naturel dessert votre commune, le choix sera simple : vous opterez pour une chaudière à condensation. Comme le confirme Sophie G, qui vient de faire construire « nous n'avons pas vraiment réfléchi au type de chauffage puisque notre rue était desservie par le gaz naturel.  Nous avons opté pour une chaudière à condensation et des  radiateurs muraux ».

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Le chauffage au gaz présente de nombreux avantages : il n'y a pas de stockage, l'eau chaude sanitaire est illimitée et le niveau de confort est élevé. Et Sophie G. de confirmer :« pour nous, le point fort c'est l'eau chaude à volonté ! Un point essentiel lorsqu'on a comme nous trois enfants ! ». Grâce aux nouvelles chaudières gaz à condensation, le rendement peut atteindre les 110 % (rapport énergie consommée/énergie produite). Cela signifie que la chaudière est capable de fournir plus de chaleur par rapport au gaz utilisé pour la produire. 

2 - Quelle alternative au gaz ? 

Si le gaz ne passe pas dans votre commune, il reste le bois, l'électricité et le gaz propane. Le poêle à bois sera considéré comme chauffage principal si la maison n'excède pas 100 m2. Le chauffage électrique est envisageable mais sous conditions. Dans les régions froides, et a fortiori en altitude, le renforcement de l'isolation entraîne des plus-values qui renchérissent le coût final de la maison.  
Depuis la RT 2012, le propane est une alternative de plus en plus crédible au gaz naturel grâce à ses faibles consommations.

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Les pompes à chaleur (PAC) équipent aujourd'hui plus d'une maison neuve sur deux selon une enquête EDF. Les avantages de cette solution dite thermodynamique : elle récupère les calories de l'air (aérothermie) ou du sol (géothermie) pour les réinjecter dans la maison via une boucle d'eau chaude (chauffage central) ou le soufflage d'air chaud via des bouches spécifiques. Pour un kWh d'énergie dépensés, la PAC en génére trois ou quatre ce qui réduit considérablement la facture d'énergie. Dite double service, la pompe à chaleur peut aussi produire de l'eau chaude.

3 - Où est située la maison ? 

La situation géographique de la maison est essentielle pour choisir son chauffage. La France est divisée en trois zones climatiques (H1, H2, H3). Ces spécificités climatiques territoriales sont prises en compte dans le moteur de calcul de la RT 2012 puisque les besoins énergétiques diffèrent d’une zone à une autre. Ainsi : plus une zone climatique est froide (zone H1 par exemple), plus le besoin en énergie est élevé.

La zone H1 est celle où les hivers sont les plus rigoureux. Elle correspond aux départements de l’est et du nord de la France ainsi qu’aux régions de montagne (Alpes, Jura, Vosges, Massif central). Ici le chauffage électrique dit à effet Joule est difficilement envisageable en raison des surcoûts réglementaires induits sur le bâti. Dans certains secteurs réputés très froids, le rendement d'une pompe à chaleur peut aussi baisser. Seule une analyse fine du bureau d'études thermiques permettra de définir la solution la plus adaptée au contexte local. 

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Dans la zone H2, les hivers sont plus tempérés. Cette zone comprend les départements de l’ouest de la France sous l’influence d’un climat océanique. Le choix du chauffage est moins contraint.  Enfin la zone H3 correspond aux territoires du pourtour méditerranéen. Ici, le confort d'été est une problématique aussi importante que le confort d'hiver. Le chauffage électrique nécessite moins d'adaptation du bâti. Pour autant, dans ces secteurs, c'est l'étude thermique qui définira la meilleure solution en fonction du prix et de l'efficacité énergétique.

Maison : la question du chauffage électrique
La RT 2012 pénalise le chauffage électrique traditionnel (dit à effet joule) dans les maisons neuves. Elle considère que le rendement pour produire cette énergie est très faible. Du coup, le bâti d’une maison neuve utilisant l’effet joule doit être deux fois et demi plus efficace que celui d’une villa employant une pompe à chaleur ou une chaudière gaz. Ce qui plombe els coûts de construction. Seule exception : les zones climatiques les plus chaudes, où le besoin d’isolation est moins élevé. Sur l’arc méditerranée (zone H3 de la RT 2012), les maisons neuves à effet joule tiennent environ 9% de parts de marché, alors qu’elles sont pratiquement inexistantes sur le Grand Est (zone H1a).

4 - Quel type de maison ? 

C’est logique, plus une maison est grande, plus il faut d’énergie pour la chauffer. Mais ce n'est pas tout ! Son orientation, ses apports solaires, l’organisation des pièces, la ventilation, l'espace de stockage sont autant d’éléments déterminants dans votre décision finale. Le choix des matériaux a incidence sur le comportement thermique de la maison. Plus l'inertie thermique des murs de la maison sera élevée, plus les murs restitueront la chaleur ou la fraîcheur stockée. Une maison en brique et une maison bois ne réagissent pas de la même façon face aux températures. Plus l'inertie thermique de la maison sera forte, plus elle se réchauffera et se refroidira lentement.

L'architecture, de plain-pied ou à étage, influence également le choix du chauffage. Une maison à étage est moins adaptée au poêle à bois qu'un plain-pied par exemple. Une constante :  une maison compacte sera toujours plus facile à chauffer qu'une réalisation à l'architecture plus complexe. En d'autres termes, moins il y a de surface de murs, moins la maison consomme d'énergie.

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5 - Quel est votre budget ? 

L'argent est le nerf de la guerre. Le choix final d’un système de chauffage est d'abord dicté par le coût de l’installation, avant le confort et le coût d’utilisation. Il faut d'abord comparer les prix et le retour sur investissement des différents systèmes de chauffage. Certaines énergies augmentent aussi plus vite que d'autres. Le bois est stable, en revanche le gaz et l'électricité subissent des haussent régulières.  

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Combien ça coûte ? Le prix d’un poêle à granulés varie entre 3 000 et 6 000 €. Il faut compter entre 150 € et 1 200 € pour un radiateur électrique à inertie et de 60 à 1 000 € pour un panneau rayonnant. Une chaudière à condensation coûte entre 3 000 et 6 000 € auxquels il faut ajouter le prix des émetteurs de chaleur (radiateurs et/ou plancher chauffant). Le coût moyen pour une pompe à chaleur air-eau varie entre 8 000 et 15 000 €, une somme à laquelle vous ajoutez, là encore, le prix des émetteurs de chaleur (plancher ou plafond chauffant, radiateurs...).

6 - Le coût d'usage 

Même si le prix du kilowatt n'est plus aujourd'hui un critère aussi déterminant qu'avant, il n'en reste pas moins que tous les chauffages n'affichent pas les mêmes consommations. Autre paramètre : les coûts de maintenance. Hormis le chauffage électrique, toutes les installations nécessitent un entretien annuel.

Le bois reste aujourd'hui l'énergie la moins chère (6,26 cts/kW). « Ma maison était d'abord chauffée à l'électricité ; je n'utilise plus les radiateurs électriques depuis l'installation de mon poêle à pellets. Aujourd'hui mon chauffage (hors eau chaude) ne me coûte que 300 € par an »,confirme Jérôme A, qui vit dans les Yvelines. Et d'ajouter : « j'apprécie particulièrement la montée rapide en température et la programmation du poêle qui se déclenche vers 17 h chaque jour ».

La pompe à chaleur affiche les meilleurs rendements. Bien qu’elle nécessite un investissement de départ important, la PAC permet des économies énergétiques importantes. Caroline A., une mère de famille propriétaire d'une maison neuve, est une convaincue : « notre maison de 120 m2 est équipée d'une Pac air/air. Notre facture de chauffage se monte en moyenne à 50 € par mois pour une température intérieure de 22° car nous sommes frileux ! ». Pour 1 kW d'électricité consommé, elle peut restituer 4, voire 5 kW de chaleur. Plus le Coefficient de performance sera élevé, meilleures seront les performances de la Pac. 

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Les chaudières à condensation affichent également de beaux rendements pour un coût d'usage raisonnable (8,20 cts/kW). Les plus performantes affichent des valeurs de 109 % (le maximum théorique est de 111 %). Le propane permet de disposer du confort d'usage du gaz naturel sans être relié au réseau de gaz naturel. Si le prix du kilowatt est plus élevé (14,72 cts/kW), il est pondéré par la faiblesse des consommations.  

L'électricité est en queue de classement avec un kilowatt élevé (15,82 cts/kW). C'est aussi une énergie qui risque de subir des hausses régulières dans les prochaines années. Pour autant, les panneaux rayonnants d'aujourd'hui sont bien moins énergivores. Ils se pilotent grâce à des installations domotique. Ainsi régulée, leur consommation n'a plus rien à voir avec les convecteurs d'antan, ces "grille-pain" synonymes de piètres performances.

7 - Quelle combinaison avec une énergie renouvelable ? 

La RT 2012 impose obligatoirement le recours à une énergie renouvelable (Enr) dans toutes les maisons neuves. Dans le cas d'une Pac, ce n'est pas nécessaire puisqu'elle puise directement les calories dans l'air, le sol ou l'eau. Le poêle à bois répond à l'exigence d'énergie renouvelable de 5 kWh/m²/an.

Pour les chaudières gaz ou le chauffage électrique direct (effet Joule), la loi impose une autre source d'énergie. Pour la chaudière gaz, qui produit aussi l'eau chaude sanitaire, les professionnels conseillent le plus souvent de placer des panneaux photovoltaïques sur la toiture. L'électricité ainsi produite est autoconsommée. Un à trois panneaux (soit 2 à 6 m2) permettent de répondre à l'exigence d'Enr. Pour l'électricité, la réponse passera plutôt par l'installation d'un ballon thermodynamique alimenté par une petite pompe à chaleur qui produira l'eau chaude sanitaire. Autant d'éléments à intégrer dans son budget prévisionnel.

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