Air intérieur : objectif qualité

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Souvent négligée, la qualité de l’air intérieur reste essentielle au confort ! Des produits de construction à la ventilation, les leviers demeurent nombreux pour l’améliorer.

« La qualité de l’air intérieur n’est pas encore une préoccupation. Les demandes de nos acquéreurs concernent avant tout l’architecture, l’agencement intérieur de leur maison et la performance énergétique. » C’est le constat sans appel dressé par Régis Croguennoc, directeur technique du constructeur Trecobat. La qualité de l’air intérieur devrait pourtant s’imposer comme un critère de confort à l'instar du chauffage puisque l’air ambiant est, selon les experts, huit fois plus pollué que celui de l’extérieur. 

Environnement au crible. L’amélioration de la qualité de l’air reste avant tout une démarche globale. Elle concerne aussi bien la localisation de la maison sur le terrain, la distribution intérieure que le positionnement des fenêtres. L’environnement de la future construction doit être tout d’abord passé au peigne fin pour choisir la meilleure implantation possible. Si un bâtiment d’élevage est situé à proximité de la maison, il faut éviter que les baies vitrées soient exposées aux vents dominants pour éviter les odeurs. Le sous-sol devra être lui aussi examiné. Dans certaines régions comme en Bretagne, les sols granitiques renferment du radon. La solution ? Une ventilation naturelle dans le vide sanitaire ou le sous-sol de la maison pour évacuer ce gaz radioactif.

L'utilisateur peut programmer des scenari d'ouverture de ses fenêtres pour renouveler l'air de sa maison régulièrement.© Falco

Ventilation naturelle optimisée

Pour bénéficier d’un confort idéal, une bonne circulation de l’air intérieur demeure une condition essentielle. C’est notamment le crédo des Maisons Stéphane Berger, certifié NF HQE, un constructeur engagé dans l’amélioration de la qualité de l’air. Que la réalisation soit dotée d’un garage attenant ou intégré, une aération naturelle est créée systématiquement avec une entrée d’air basse et une extraction, située en hauteur. Les fenêtres jouent aussi un rôle considérable. « Nous choisissons des baies de grandes dimensions pour optimiser la ventilation naturelle par simple ouverture des menuiseries », précise Jérôme Iltis, directeur général délégué des Maisons Stéphane Berger. Ces surfaces vitrées importantes représentant entre 20 et 25 % de la superficie totale contre 16 % comme l’exige la RE 2020*, apportent également de la lumière. Un bon moyen pour réduire l’éclairage artificiel. Les salles de bains ne sont pas oubliées puisqu’elles sont, elles aussi, dotées d’une fenêtre pour favoriser la circulation de l’air !

Séjour traversant. L’agencement intérieur contribue également à une ventilation de qualité des maisons. Si les règles d’urbanisme l’autorisent, les constructeurs privilégient un séjour, salon traversant, agrémenté de baies aux dimensions généreuses. Les ouvrir la nuit suffit à générer un courant d’air pour rafraîchir les pièces. Une fenêtre de toit peut être aussi implantée en haut de la cage d’escalier créant ainsi un effet « cheminée » avec l’ouverture concomitante d’une baie située au rez-de-chaussée. Pour optimiser ce dispositif, associer des capteurs aux ouvertures reste possible. Dès que ces derniers détectent un air pollué, la fenêtre s’ouvre automatiquement de quelques centimètres pour former un courant d’air. L’utilisateur peut encore définir des scénarii d’ouverture selon la plage horaire et les jours souhaités pour obtenir un renouvellement régulier.

En ouvrant simultanément une fenêtre située à l'étage et une autre au rez-de-chaussée, il est possible de créer un effet de cheminée qui renouvellera rapidement l'air.© IGC

VMC essentielle

Autre levier : la ventilation mécanique contrôlée simple-flux. La VMC hygro B renouvèle l’air ambiant en prélevant l’air vicié grâce aux bouches situées dans les pièces humides. Cet air pollué est évacué par la toiture avec un moteur implanté dans les combles. Le débit d’air extrait et le débit d’air neuf entrant par les fenêtres sont modulés selon la teneur en humidité de la pièce, synonyme d’une présence.

Progrès attendus. Implanté depuis de nombreuses années, cet équipement demeurait peu efficace en raison d’une pose parfois défectueuse. Les conduits qui acheminent l’air étaient endommagés, le débit des bouches d’extraction insuffisant. Mais c’est un temps révolu ! Car la RE 2020 exige notamment un contrôle de la pression sur l’ensemble des bouches d’extraction lors de la livraison de la maison. Et si l’installation n’est pas conforme, le sous-traitant du constructeur doit réparer. Un autre audit sera effectué. Et dans le cas où aucune intervention n’a été faite sur la VMC, l’attestation de conformité avec la RE 2020 ne pourra pas être établie.

Ventilations plus performantes. Les professionnels n’ont cependant pas attendu cette nouvelle réglementation pour améliorer la VMC. Certains testaient déjà cette installation avant de livrer la maison à leurs clients. D’autres ont opté pour des produits plus performants comme Trecobat. Ce dernier a choisi la Health Box 3.0 de Renson qui équipe en base toutes les demeures. Cette ventilation adapte instantanément le débit d’air extrait selon la teneur en CO2 et en COV détectée dans les pièces. « Avec ce produit connecté, le client est également informé immédiatement de la qualité de l’air de sa maison. Et il peut déclencher le programme de surventilation en cas de canicule par exemple », détaille Régis Croguennoc. Le constructeur propose aussi à ses clients la VMI, ventilation mécanique par insufflation. Le principe ? L’air neuf qui pénètre dans la maison par un seul point est filtré avant d’être acheminé via des gaines dans les pièces. Ce balayage crée une surpression qui évacue les polluants et l’humidité grâce à des grilles d’extraction. La VMI peut être encore utilisée en surventilation nocturne. La ventilation mécanique double-flux constitue également une alternative intéressante. Ce produit assure en effet un air de qualité tout en contribuant au confort des habitants. Cet équipement récupère la chaleur de l’air ambiant pour réchauffer l’air entrant qui est par ailleurs filtré. À la clé, un air de qualité insufflé à 18 ° C dans la maison. Performante, la VMC double-flux est en revanche peu installée dans l’habitat individuel neuf, car elle reste cinq fois plus chère qu’une VMC simple-flux hygro-B.

Avec la ventilation mécanique par insuflation, l'air neuf est filtré avant d'être diffusé dans les pièces de l'habitation. Ce balayage évacue les polluants et l'humidité via des grilles d'extraction.© VMI®

Produits plus sains

Autre axe d’amélioration de la qualité de l’air : l’utilisation de produits vertueux. Certains constructeurs comme Ariane Constructions systématisent l’emploi de plaques de plâtre dépolluantes pour le plafond. Un composant intégré au revêtement absorbe le formaldéhyde contenu dans l’air ambiant et le neutralise. De même, cet acteur aquitain privilégie l’isolant Hybris pour les murs et la toiture. Fabriqué par Actis, cet isolant alvéolaire réflecteur, composé d’une structure en nid d’abeille, ne comporte aucun formaldéhyde et n’est pas irritant. Il est d’ailleurs classé A + pour la qualité de l’air intérieur, le meilleur classement possible. Depuis 2013, tous les produits de construction doivent posséder en effet une étiquette évaluant leur émission en polluants. Ces derniers sont évalués par une lettre déclinée de A+ (très faibles émissions) à C (fortes émissions).

Une stratégie affirmée. L’emploi croissant de produits respectueux de la qualité de l’air intérieur apparaît d’ailleurs comme l’un des axes de développement des Maisons Stéphane Berger. « Nous souhaitons proposer davantage de produits A+, que ce soit pour le carrelage, les peintures, les colles, les enduits et les joints. Il y a actuellement peu de références dans ces produits contrairement à ceux classés A », envisage Jérôme Iltis qui n’entend pas en rester là. Le constructeur alsacien projette également d’augmenter la hauteur sous plafond des pièces situées au rez-de-chaussée et à l’étage. Objectif : améliorer la circulation de l’air et donc sa qualité.

Ce revêtement de sol est pourvu d'une technologie qui transforme les composés organiques volatils (Cov) en eau.© Välinge Flooring

Certification engageante

Ces pistes devraient permettre au constructeur d’aller plus loin dans la démarche de certification dans laquelle il s’est engagé. Son nouvel horizon ? La certification NF HQE « bien vivre », lancée récemment par Cerqual. Cette dernière passe au crible de nombreux critères allant de la qualité de l’eau à l’acoustique en passant par la qualité de l’air intérieur. Un minimum de trente points doit être atteint pour bénéficier de cette certification. « Nous avons peu de chemin à parcourir pour atteindre ces trente points, car nous avons pris de l’avance en nous préparant pour la RE 2020 », analyse Jérôme Iltis, qui se fixe pour objectif de pouvoir proposer en base une maison certifiée NF HQE « bien vivre » à ses clients.

*La réglementation environnementale RE 2020, applicable aux permis de construire déposés depuis le 1er janvier 2020, exige que la surface vitrée des maisons représente au moins 1/6 de la superficie totale afin de maximiser les apports solaires. L’objectif reste de diminuer les besoins en chauffage et en éclairage.

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