Maison : comment réduire sa consommation d’eau ?

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Avec le réchauffement climatique, la préservation de la ressource en eau est devenue un sujet de préoccupation majeur. Par de petits gestes simples et la pose d’accessoires souvent bon marché, mais très efficaces, il est possible de réduire considérablement ses consommations.

La transition écologique concerne également la gestion de l’eau dans la maison ! Qu’elle soit potable ou de pluie, elle a trop longtemps été considérée comme inépuisable et finalement gaspillée inutilement. Aujourd’hui, avec le réchauffement climatique, les sécheresses répétées et les restrictions régulières de consommation, elle est devenue une ressource naturelle à préserver. Pour faire un geste pour la planète, éviter le gaspillage et alléger vos factures, il suffit d’adopter les bons gestes et équiper à moindre frais les différents points d'eau d’accessoires. Alors si l'eau se mettait aussi au vert dans la maison ?

Des consommations d’eau insoupçonnées

Personne ne sait évaluer sa consommation d’eau quotidienne. Et pourtant elle très importante. En additionnant tous les postes, elle peut atteindre des sommets. Des chiffres qui peuvent donner le tournis.

  • Les repas : pour une personne, la quantité d'eau destinée à l'alimentation est évaluée à 9 litres par jour.
  • Les boissons (eau du robinet) : ne personne boit environ 1,5 litres par jour.
  • La vaisselle : un lave-vaisselle récent consomme 20 litres d'eau (deux fois moins d'eau qu'un modèle ancien). Une vaisselle à la main consomme12 litres d'eau par personne soit presque 50 litres pour un foyer de quatre personnes.
  • La lessive : un lave-linge économique consomme 60 litres d'eau, soit deux fois moins qu'un lave-linge peu économe d’entrée de gamme.
  • Les toilettes : une chasse d’eau à double commande utilise de 3 à 6 litres d’eau.
  • L’hygiène : Un bain consomme 150 litres d’eau, une douche de 4 minutes utilise 60 à 80 litres d’eau.
  • Le jardin : l'arrosage du jardin consomme environ 15 litres/m2.
  • La voiture : laver sa voiture au jet consomme 200 litres d'eau.

Une maison plus sobre

En adoptant les bons gestes et en équipant sa robinetterie à peu de frais d’accessoires adaptés, il est possible de faire baisser sa consommation d’eau de façon importante.

  • Des douches moins gourmandes en eau. En équipant sa douche d’un réducteur de débit, le confort reste le même mais la consommation d’eau est divisée par deux ! Fixé à l’embout de la douche ou au robinet de la baignoire, un système de joint et d’air régule le volume d’eau tout en conservant sa pression.
  • Poser de mousseurs. Le débit d’un robinet est d’environ 12 litres par minute et de 16 litres par minute pour une douchette. C’est trop. Première chose à faire, installer un aérateur sur chaque robinet. Placé à l’orifice de sortie des robinets, il injecte de minuscules bulles d’air dans l’eau de sortie et réduit du même coup le débit de 30 à 70 % sans perte de confort. Le prix ? A partir de 5 €.
  • Pas de consommations inutiles. Le stop douche se place entre le tuyau et le pommeau de la douche. Quand vous fermez le robinet pour vous savonner, la sortie d’eau est bloquée. Lorsque vous rouvrez le robinet, l’eau coule de nouveau à la température et à la pression de votre choix. Fini les pertes d’eau pour retrouver la bonne température ! Entre 4 et 20 €.
  • Des toilettes plus sobres en eau. Une chasse d’eau classique consomme environ 12 litres d’eau tandis qu’une chasse d’eau à double commande utilise entre 3 et 6 litres d’eau. Le dispositif écoplaquettes peut abaisser encore un plus cette consommation. Placées au fond du réservoir, elles permettent de retenir l'eau la moins efficace tout en conservant la colonne d'eau indispensable à l'évacuation. La force d'évacuation reste inchangée : c'est la hauteur de l'eau qui détermine la pression et non la quantité. Résultat : 30 % d’eau en moins. Le prix ? A partir de 17 €.

Bien décrypter les étiquettes
Tous les matériels électroménagers ne se valent pas. Leurs consommations d’eau peuvent varier presque du simple au double. Alors pour être sûr d’acheter un lave-linge ou un lave-vaisselle économe en eau, il faut lire l’étiquette qui l’accompagne.  Elle renseigne aussi (pour les lave-linge et lave-vaisselle) sur les consommations d’eau. Pour plus de lisibilité les anciennes classes A+, A++ disparaissent au profit de 7 classes de A à G.. Autre nouveauté pour le lave-linge et les lave-vaisselle, la consommation d’eau pour un cycle « Eco 40°‑60° » est indiquée. A lire !

Moins d’eau pour le jardin

Qui dit maison, dit jardin. Là encore, il est très facile de limiter les consommations. Règle d’or, pour éviter une évaporation trop rapide, arrosez le soir en été, le matin au printemps et à l’automne.

  • Récupérer l’eau de pluie. En installant une cuve de récupération d’eau de pluie, on peut réaliser de belles économies. Il suffit de raccorder une cuve aux descentes de gouttières et d’y immerger une pompe à eau pour arroser. En théorie une toiture de 100 m2 en région parisienne peut recueillir près de 80 m3/an. Et environ 55 m3 en région méditerranéenne. Côté capacité, le choix est large : 200 litres, 500 litres, ou plusieurs mètres cubes. Attention, la pose de réservoirs de grande capacité devra être étudiée lors de l’élaboration des plans de la maison.
  • Programmateur d’arrosage automatique. Branché directement sur le robinet extérieur, seule la quantité d’eau nécessaire sera utilisée à une heure prédéterminée. Et couplé à un pluviomètre électronique, l’arrosage ne se déclenchera qu’en cas de besoin. Très utile pendant les vacances. A partir de 20 €.
  • Pailler le sol. Sur un sol nu, l’eau s’évapore très vite. Pour limiter un assèchement trop rapide, garnissez de paille le pied de vos massifs. L’eau sera mieux absorbée et vous pourrez ainsi espacer vos arrosages.
  • Juste quelques gouttes. Simple à installer, programmable, l'arrosage goutte à goutte apporte la juste quantité d'eau nécessaire aux plantes. Ce système d’irrigation progressif délivre aux plantes ce qu’elles peuvent absorber. Chaque variété ne reçoit que la quantité d’eau nécessaire à ses besoins, quel que soit son emplacement : jardin, terrasse ou serre. A partir de 25 €.

Creuser un puits une bonne idée ?

Autrefois toutes les maisons possédaient un puits. Si c’est une bonne idée, c’est une affaire de spécialiste. Tout commence par une étude hydrogéologique pour déterminer la faisabilité du projet. Si une nappe phréatique est identifiée le projet est envisageable. Reste à obtenir les autorisations administratives. Tous les ouvrages de prélèvement d'eau souterraine à usage domestique doivent d’abord être obligatoirement déclarés en mairie et auprès des exploitants de réseaux souterrains au moins un mois avant le début des travaux. Pour un puits de plus de 10 mètres de profondeur, une déclaration préalable doit être déposée auprès de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal), au moins un mois avant le début des travaux.

Une fois le puits creusé, si l'eau est destinée à la consommation, un laboratoire agréé doit l’analyser. Au plus tard un mois après la fin des travaux, il faudra les déclarer en joignant le résultat des analyses de l'eau. Cette déclaration est à envoyer par lettre recommandée avec accusé de réception à la mairie. En cas de risque de contamination de l'eau du réseau public de distribution, des mesures de protection nécessaires pourront être demandées. Si elles ne sont pas mises en œuvre, le service des eaux peut procéder à la fermeture du branchement d'eau. Comptez au minimum environ 2 000 €.

La récupération d'eaux de pluie bientôt obligatoire

Le changement climatique concerne aussi la gestion de la ressource en eau. Depuis l’arrêté du 21 août 2008 relatif à la récupération des eaux de pluie et à leur usage à l'intérieur et à l'extérieur des bâtiments, « toute personne qui le souhaite peut installer un système de réutilisation des eaux de pluie dès lors que les prescriptions permettant de protéger la santé des utilisateurs sont bien respectées ». Et comme le précise Emmanuelle Wargon en réponse à une question posée par un sénateur, les collectivités peuvent aussi « promouvoir la récupération d'eau de pluie pour les bâtiments et les habitations neuves en prévoyant des dispositions rendant obligatoire la gestion à la parcelle des eaux de pluie dans leur zonage pluvial (article L. 2224-10 du Code général des collectivités territoriales) annexé au plan local d'urbanisme ou au plan local d'urbanisme intercommunal ».

Dernière évolution notable, la loi Economie circulaire du 10 février 2020 a inscrit plusieurs dispositions pour encourager la réutilisation des eaux dites non conventionnelles. Ainsi l’article 70 prévoit pour les constructions nouvelles « qu'un décret détermine à partir de 2023 les exigences de limitation de consommation d'eau potable dans le respect des contraintes sanitaires afférentes à chaque catégorie de bâtiments, notamment s'agissant des dispositifs de récupération des eaux de pluie ». Autrement dit récupérer les eaux de pluie sera obligatoire dans le neuf à partir de 2023.