Maison : améliorez un peu plus le bilan énergétique

Publié par -

Les maisons neuves sont naturellement économes. Il est toutefois possible d’améliorer un peu plus leur bilan énergétique par des gestes souvent pleins de bon sens et en utilisant toutes les possibilités offertes par les nouvelles technologies.

Depuis 1974, et six réglementations thermiques successives, la France s’est engagée dans une démarche efficace d’économies d’énergies dans la maison individuelle. Et les résultats sont au rendez-vous ! D’une consommation moyenne de 300 kW/m2/an en 1974, nous sommes passés aujourd’hui à moins de 50 kW/m2/an depuis la Réglementation thermique 2012. D’ailleurs les maisons neuves sont classées A dans le diagnostic de performance énergétique (DPE) alors que les autres, plus anciennes, sont fréquemment classées D ou E.

Et ce n’est pas fini puisque la future Réglementation environnementale 2020 a vocation à systématiser le recours aux énergies renouvelables. En attendant, cette ultime réforme, il est possible d’améliorer encore un peu plus le bilan énergétique de maisons déjà très sobres par des gestes simples.

Quarante-cinq ans d’économies

La recherche d’économies d’énergie ne date pas d’hier. Depuis le premier choc pétrolier de 1974 ; les pouvoirs publics ont élaboré une succession de réglementations thermiques (RT) visant toutes à réduire les consommations énergétiques. À l’époque on ne parlait pas encore de réchauffement climatique et de gaz à effet de serre ! Et les résultats ont été au rendez-vous.

La première réglementation date de 1974, son objectif : réduire de 25 % la consommation énergétique moyenne des bâtiments. Alors que la consommation de chauffage est estimée à 300 kWh/m2.an, l’objectif est de la faire passer à 225 kWh/m2.an en imposant notamment l’isolation du bâti ! En 1979, nouveau choc pétrolier et nouvelle réglementation avec la RT 1982. Le nouveau texte vise une réduction de 20 % par rapport à la RT 1974. Soit 170 kW/m2.an. La RT 2000 qui lui succède impose une exigence de performance avec la Température intérieure conventionnelle et un objectif de - 20 %. La consommation des maisons passe alors à 130 kW/m2.an. Avec la RT 2005, la dépense énergétique descend à 110 kW/m2.an (- 15 %).

Mais le grand tournant, c’est la RT 2012 qui divise par deux tous les besoins en énergie primaire et fixe un plafond de consommation énergétique à 50 kWh/m2/an ! La prochaine Réglementation environnementale 2020 mise quant à elle sur un recours systématique aux énergies renouvelables (pompe à chaleur, chauffage au bois). La boucle est bouclée.

Profitez des apports naturels

Aujourd’hui faire construire sa maison, c’est d’abord profiter d’une nouvelle approche dans sa conception. Depuis la RT 2012, tout est mis en œuvre pour la rendre la plus sobre possible. La conception est désormais bioclimatique et ça commence par l’implantation. Derrière ce mot pompeux se cachent tout simplement des notions pleines de bon sens que l’on avait un peu oublié au fil du temps. L’objectif est de tirer le meilleur parti du terrain pour bénéficier d’un maximum d’apports calorifiques. Et ça marche !

Côté nord, on placera plutôt le garage, la cuisine et les chambres. Les fenêtres sont plus étroites pour limiter les déperditions de chaleur. www.maisonscreation.com

Tout commence par l’étude du terrain. Selon sa configuration, il faut tester les orientations optimales pour capter le maximum de lumière donc de rayonnement solaire. On privilégie les orientations ensoleillées dans les pièces de vie avec de grandes baies vitrées au sud ou à l’ouest pour capter les rayons du soleil et créer un effet de serre dès les premiers rayons de soleil. La chaleur emmagasinée dans les murs sera restituée le soir et la nuit. À l’opposé, les façades nord et est accueillent plutôt les chambres et les pièces de services comme la cuisine. Il faut minimiser les ouvertures sur ce côté en y implantant dans la mesure du possible les locaux techniques : cellier, garage… En appliquant ces mesures d’orientation préférentielle, les consommations de chauffage sont revues à la baisse. On estime qu'une maison bioclimatique consomme jusqu'à 30 % de chauffage en moins qu'une maison traditionnelle.

Régler la température et la mesurer

Si la RT 2012 s’est penchée de très près sur l’isolation et l’étanchéité pour faire baisser les consommations, elle impose aussi la mise en place d’appareils de mesures pour inciter les occupants à maîtriser leurs consommations d’énergie et à se préoccuper de l'ensemble des économies possibles. L’article 23 de la RT 2012 fait obligation d’installer un dispositif afin de contrôler les consommations d’eau et de chauffage (sauf pour les chauffages individuels au bois). L’indicateur de consommation a pour objectif d’alerter sur certaines habitudes de vie qui font gonfler la facture d’électricité.

Le meilleur kilowatt est celui qu'on ne consomme pas ! Un thermostat équipé d'une régulation fine et connecté permet de diminuer ses consommations. www.hellio.com

Un système électronique mesure ou estime la consommation. L’indicateur de consommation basique vous affiche la consommation des cinq postes obligatoires (chauffage, refroidissement, eau chaude sanitaire, réseau prises électriques, autres) une fois par mois et c’est tout ! D’autres compteurs d’énergie peuvent dresser un historique des consommations sur une journée, une semaine, un mois et une année… Certains indicateurs de consommation permettent en plus du comptage des dépenses énergétiques de gérer le chauffage, les volets roulants. On entre alors dans la domotique. Il est naturellement possible de connecter ces appareils sur un ordinateur ou smartphone… On estime qu’il est possible de faire baisser sa consommation de 10 % en ayant un œil attentif sur ses consommations.

Les thermostats intelligents

Investir dans un thermostat connecté permet de réaliser des économies d’énergie en optimisant la gestion du chauffage les modèles les plus évolués font partie de la famille de plus en plus nombreuse des objets connectés. Ce qui les distingue des systèmes de régulation traditionnels ? Leur capacité à récolter, traiter et communiquer des informations via Internet. La base, c’est la commande à distance grâce à une application. On peut augmenter ou diminuer le chauffage depuis son smartphone. On peut aussi suivre en temps réel la consommation et l’analyser sur le long terme grâce à un historique des données. Les plus évolués sont auto-apprenants. Concrètement ils analysent les comportements et les habitudes des occupants et adaptent la programmation en conséquence. Ils disposent aussi de fonctionnalités automatiques intéressantes.

Grâce à la géolocalisation des smartphones des occupants de la maison, ils coupent le chauffage lorsqu’il n’y a plus personne dans l’habitation et le réactive lorsqu’un occupant s’en approche. Il interagit avec d’autres objets connectés (éclairage connecté, station météo…). Il offre aussi la possibilité de régler le chauffage par espace ou par zone. Le prix de ces thermostats connectés varie entre 100 et 400 € en fonction de la marque, du modèle et des fonctionnalités. Bien utilisés, ces thermostats peuvent faire baisser les consommations de 10 %.

Économiser avec les nouveaux compteurs

Le nouveau compteur électrique Linky qui est systématiquement installé fait aussi partie des équipements de contrôle des consommations dans les maisons neuves. Il permet, s’il est bien utilisé, de réaliser quelques économies. Tout d’abord sa précision permet de facturer à la seconde et selon la consommation réelle en fonction du type d'abonnement. Tous les distributeurs d’électricité possèdent leur propre application compatible avec le compteur. Connecté aux smartphones Linky envoie les informations en temps réel. Un clic suffit pour identifier les principaux postes de dépenses et agir pour les faire baisser : lave-linge, réfrigérateur, télévision, ordinateur, éclairage…

Et si le compteur décèle un écart de consommation important et inhabituel, il envoie un message d’alerte. Autre possibilité offerte, lorsque l’écart de consommation est détecté, il est non seulement possible de rééquilibrer la consommation mais aussi adapter les mensualités,

Le nouveau compteur à gaz connecté offre les mêmes avantages. Il permet de mieux comprendre et contrôler ses consommations.

La domotique, un allié efficace

L'éclairage représente 18 % de la consommation électrique d'un foyer et les veilles nombreuses sont responsables de 11 % de la consommation électrique d'un foyer (hors chauffage). Autant de consommations qu’il est facile de contrôler avec la domotique. Et plus globalement, pour faire des économies d’énergie, on ne fait pas mieux ! L’installation d’un système domotique permet non seulement d’améliorer le confort, de faciliter les gestes du quotidien mais c’est aussi un outil très efficace pour réaliser es économies.

Désormais les maisons sont connectées. Rien de plus facile ensuite d'avoir un tableau de bord complet de ses consommations, poste par poste. www.comwatt.com

Pour optimiser l’installation, l’idéal de penser à précâbler la maison lors de sa conception. Les scénarios domotiques prévoient en effet d’employer l’énergie au bon moment et d’arrêter le fonctionnement des appareils lorsqu’ils ne sont pas utiles. Les scénarios sont illimités. En s’adaptant aux habitudes de chacun. Les différents éléments pourront être coordonnés pour mieux gérer la sécurité, l’éclairage ou le chauffage. Exemple : le chauffage s’arrête dans une pièce lorsqu’un capteur détecte une fenêtre ouverte, la température s’abaisse automatiquement la nuit diminue et augmente le matin, ferme les volets roulants à la nuit tombée ou lorsque les températures d’été sont trop élevées pour maintenir une bonne température de confort. Bien conçue et bien utilisée la domotique permet de réduire les factures jusqu’à 10 %.

La bonne étiquette

Les ménages dépensent en moyenne près de 10% de leur budget pour payer leurs factures d’électricité. Les appareils électroménagers constituant l’un des postes de consommation électrique les plus importants. Emménager dans une maison neuve, c’est souvent l’occasion de tout changer. Il est donc impératif de connaître les consommations des différents appareils pour d’investir dans un matériel sobre en énergie. Pour faire le bon choix, il faut se repérer avec les étiquettes énergie.

Mais attention elles ont changé depuis le 1er mars 2021. Force est de constater qu’au fil du temps, il était de plus en plus difficile de s’y retrouver entre les matériels A+, A++, A. À titre d’indication, un réfrigérateur classé A+++ sur l'ancienne étiquette énergie consomme environ 70 % d’électricité de moins qu’un appareil classé A+. De même, un sèche-linge classé A++ consomme 50 % d’électricité de moins qu’un appareil classé A+. Dans sa version 2021 l'étiquette énergie est plus lisible, plus de confusion possible. Finis les A+, ++, +++, etc. La nouvelle mouture simplifie l’affichage avec sept classes énergétiques de A à G.

Mais attention elle risque d’apporter son lot de surprises ! Un appareil actuellement classé en A+++ est désormais classé C, un appareil A++ est rétrogradé en E, un appareil A+ en G. Les nouvelles classes A et B, très exigeantes, ne correspondent pour le moment à aucun produit existant. Un QR Code permet en outre d’obtenir sur son smartphone les informations figurant sur l’étiquette énergie et celles indiquées dans la fiche d’information produit. Cinq groupes d’appareils sont concernés : lave-linge, lave-vaisselle, réfrigérateurs, ampoules et les écrans. La Commission européenne estime que ce nouveau classement, en orientant les achats vers des matériels performants, peut générer jusqu’à 150 €/an d’économies en moyenne par foyer.

 Ce que vous coûte votre électroménager

  Réfrigérateur combi (250 L) A+ 281 kWh   41 €/an
 Réfrigérateur combi (250 L) A+++ 132 kWh  19 €/an
 Congélateur armoire (250 L) A+++ 201 kWh   29 €/an
  Four électrique classique 1750 kWh   258 €/an
 Lave-vaisselle classe A+ 336 kWh   49 €/an
 Lave-vaisselle classe A+++ 216 kWh  32 €/an
  Four à micro-ondes 81 kWh   12€/an

Et si son se passait de chauffage ?

Dans une maison labellisée Passiv Haus® on peut tout simplement se passer de chauffage ! Du coup faire des économies de chauffage n’a plus vraiment de sens. Tout est pensé pour limiter les consommations : fenêtres basse émissivité, ventilation sophistiquée, isolation et étanchéité ultraperformante.

Cette maison de 151 m2 est à énergie positive. Équipée de trente-six panneaux photovoltaïques, elle produit plus d'électricité qu'elle n'en consomme. www.natilia.fr/maison-positive

Non seulement ces maisons consomment vraiment très, très peu d'énergie, mais en plus elles recyclent les calories qu’elles produisent. Mais attention pour être déclarée passive, la maison doit satisfaire les critères élaborés par le Passivhaus Institut. Et la barre est très haute :

  • Besoin en chauffage < 15 kWh/m2/an
  • Étanchéité à l’air (test Q4 utilisé pour la Réglementation thermique  2012) < 0,16m3/h/m2 (Rt 2012 : 0,6 m3/h/m2)
  • Fréquence de surchauffe intérieure (> à 25°C) inférieure à 10 % des heures de l’année
  • Production ENR ≥ 120 kWh/m2/an

Mais attention, ce niveau de performance à un coût. Il faut compter a minima entre 2 200 et 2 500 € le mètre carré. La maison passive doit évidemment utiliser des énergies renouvelables : panneaux photovoltaïques, pompe à chaleur, ballon thermodynamique… Il faut également investir dans de l’électro-ménager à faible consommation pour aller jusqu’au bout de la démarche.