Sécurité : protégez votre maison

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Alarmes, vidéosurveillance, caméras, serrures, détecteurs de présence, fumigènes, télésurveillance les solutions techniques ne manquent pas pour sécuriser votre maison. La construction est le moment idéal pour concevoir une installation efficace et discrète.

En 2021, selon le ministère de l’Intérieur, 612 000 ménages ont été victimes d’un cambriolage ou d’une tentative d’effraction dans leur résidence principale. Une fatalité ? Non, à condition de prendre les devants. « Malheureusement, nous constatons régulièrement que les particuliers ne s’équipent qu’après avoir été cambriolés », constate Guillaume Etorre, directeur général de Delta Dore, une société technologique et industrielle française, pionnière du logement connecté. Et de préciser : « les ouvertures sont le point faible des maisons, mais aussi les systèmes qui s’appuient exclusivement sur une alimentation secteur ou une connexion Internet ».

N’attendez pas d’avoir été « visité » pour vous protéger. Prenez les devants et pensez-y dès la conception de la maison ! Vous pourrez choisir les équipements en amont et les placer discrètement aux endroits stratégiques. Anticiper, c’est l’un des secrets d’une sécurité optimale !

 Les cambriolages en quelques chiffres  

  • + 44 % en dix ans
  • 29 % des cambriolages ont lieu pendant les vacances
  • 12 % au mois de décembre   
  • les bijoux sont les objets les plus volés (45 %), suivis par l’argent liquide, les chéquiers, les cartes de crédit (24 %) puis les équipements informatiques, consoles de jeux, appareils électroniques, photo ou vidéo (20 %). 35 % des victimes ont déclaré des pertes inférieures à 1 000 €, 30 % une valeur estimée entre 1 000 et 5 000 €, 34 % entre 5 000 et 10 000 €.
    Source ministère de l’Intérieur, Insee, Rapport d’enquête « cadre de vie et sécurité »

Ça commence par le jardin

Près de 38 % des vols ont lieu dans le jardin et 25 % dans une dépendance (garage, cabanon…). Cela concerne des outils de jardin, des tondeuses à gazon, des vélos… Tout commence par les abords. Les clôtures extérieures forment la première ligne de défense. Avant de faire votre choix, renseignez-vous auprès du service d’urbanisme de votre commune pour prendre connaissance des contraintes architecturales qui peuvent vous être imposées. Consultez d’abord le Plan local d’urbanisme (Plu). Il peut limiter la hauteur des clôtures et des portails. Sachez qu’en l’absence de prescriptions particulières, ils ne devront pas dépasser les 2,60 m de haut dans les villes de moins de 50 000 habitants et 3,20 m dans les villes de plus de 50 000 habitants… Une hauteur qui peut ralentir ou décourager d’éventuels cambrioleurs.
Les haies défenses demeurent la deuxième ligne de protection. Constituées d'arbustes à épines comme le pyracantha, le berbéris, le cognassier du Japon… elles seront un rempart naturel dissuasif. Naturellement, dans bien des cas, cela ne suffit pas et ne remplace pas la surveillance électronique. Des détecteurs de présence ou des caméras complèteront la protection extérieure. Elles pourront déclencher l’éclairage ou l’alarme en cas d’intrusion. Optez pour des détecteurs qui font la différence entre un animal et une personne ! « Quand on fait construire, il est judicieux de prévoir des passages de câble dans le jardin », conseille Guillaume Ettorre.

Le jardin ne doit pas être négligé ! C'est un passage obligé avant de pénétrer dans la maison.

Ils passent par la porte !

Une fois dans le jardin, les intrus vont tenter de pénétrer dans la maison. Selon le dernier rapport d’enquête « Cadre de vie et sécurité », dans 64 % des cas, les cambrioleurs passent par la porte d’entrée. Les fenêtres sont l’autre accès (22 %). Mais le rapport souligne aussi que 86 % des tentatives de cambriolage échouent au stade de l’effraction. Les cambrioleurs étant pressés par le temps, l’objectif est donc de les retarder au maximum. D’où l’intérêt de porter une attention particulière aux ouvrants.

Les cambrioleurs passant le plus souvent par la porte d'entrée, c'est elle qu'il faut protéger. Le bloc-porte acier de sécurité, labellisé résistance à l’effraction, est la meilleure réponse passive. www.lapeyre.fr

D’emblée, les maisons de constructeurs disposent de portes d’entrée pourvues d’une serrure trois points certifiée A2P* ou ** (voir encadré). Mais pour plus de sécurité, il est conseillé d’investir dans un bloc-porte. C'est ce qui se fait de mieux. C'est un ensemble complet et homogène intégré au vantail avec un solide blindage et doté d'une serrure haut de gamme. Les faces extérieures et le bâti sont en acier pour résister aux agressions les plus violentes, l’ensemble étant directement scellé dans le mur. Le système de pivotement réglable est aussi renforcé et protégé par des pannetons antidégondages. Pour aller plus loin, il est possible d’équiper la porte d’un détecteur de vibrations. En cas de tentatives d’intrusion ou des vibrations suspectes, vous serez immédiatement alerté par une notification sur votre smartphone.

Certification obligatoire
Le bloc-porte doit être certifié A2P BP 1, 2 ou 3. C’est un gage de résistance. Comme toutes les certifications liées à la sécurité, cette certification, délivrée par le Centre national de prévention et de protection (CNPP), un organisme indépendant reconnu par les compagnies d’assurances, garantit la résistance à l’effraction.

  • Porte blindée BP1, équipée d’une serrure certifiée A2P* (résistance de base) - Menace de type « opportuniste »
  • Porte blindée BP2, équipée d’une serrure certifiée A2P** (résistance moyenne) - Menace de type « cambrioleur »
  • Porte blindée BP3, équipée d’une serrure certifiée A2P*** (résistance optimale) - Menace de type « professionnel »

Les fenêtres, l’autre maillon faible

Si la porte résiste, les cambrioleurs se rabattent sur les fenêtres. Étant des individus pressés et discrets, ils ne s’acharneront pas si elles résistent trop longtemps, car forcer un châssis ou casser une vitre fait du bruit ! Première mesure : équiper les volets roulants de protection certifiés A2P R. Leurs lames sont en aluminium et ils résistent à un soulèvement par un pied de biche. « Nous avons développé des détecteurs directement intégrés aux volets qui déclenchent l’alarme en cas de vibrations anormales, inversent le fonctionnement du moteur et mettent le volet en pression », précise Guillaume Ettore.

Cette fenêtre intègre des capteurs de mouvements dans son dormant. Invisibles, ils protègent ainsi la maison des intrusions. www.rehau.com/fr-fr

La sécurité sera ensuite renforcée par des détecteurs d’ouverture et de franchissement. « En collaboration avec un grand fabricant de menuiseries, nous avons conçu des fenêtres intégrant les détecteurs directement dans les châssis. Ils sont totalement invisibles. Mais ce choix doit se faire dès la conception de la maison », détaille Guillaume Ettore. Il est bien sûr possible d’en placer ultérieurement, mais ils seront visibles. Apparent ou intégré, le détecteur déclenchera alors instantanément l’alarme qui enverra un message d’alerte si la fenêtre est forcée.

Dans certaines configurations, la présence d’un détecteur rideau préviendra toutes tentatives d’intrusion si la fenêtre est ouverte. Associé à une alarme, il déclenchera la sirène lorsqu'une personne passe à travers le rideau infrarouge. Une solution intéressante l’été quand les fenêtres du rez-de-chaussée sont grandes ouvertes la nuit. Là encore, tout est connecté, un détecteur relié à l’alarme informe des dangers en temps réel sur smartphone.

Les alarmes aussi sont certifiées !
Une alarme doit répondre à certaines normes de sécurité. La certification NF A2P garantit un haut niveau d’efficacité et de résistance. Elle concerne les détecteurs d'intrusion, les sirènes d’alarme ou encore les centrales d’alarme.

  • A2P 1, bouclier correspondant au degré de sécurité le plus faible. Ce niveau convient parfaitement aux particuliers qui souhaitent dissuader des cambrioleurs amateurs.
  • A2P 2, bouclier répondant aux besoins des particuliers résidant dans une zone à fort taux de cambriolage.
  • A2P 3, bouclier proposant le niveau de sécurité le plus élevé. Ce niveau est conseillé aux particuliers possédant des objets de grande valeur.

N’oubliez pas la porte de garage !

La porte de garage est trop souvent oubliée par les particuliers. Pourtant, si la porte d’entrée résiste trop longtemps, les voleurs se rabattent en général sur celle du garage. D’autant plus que dans la plupart des cas, ce dernier donne accès directement à la maison. Pour garantir un bon niveau de protection, optez pour une porte de garage équipée d’origine d’un verrouillage automatique dans le rail d’entraînement. La porte est alors condamnée mécaniquement. Et bien sûr, il existe des solutions connectées conçues spécifiquement pour les garages. Un détecteur d’ouverture permettra non seulement de rester informé de l’état de sa porte de garage, mais il pourra déclencher une alarme et avertir en cas de nécessité. Autre précaution : pour limiter la communication, les pièces de vie et le garage, pensez à installer une porte de service en acier équipée d’une serrure.

Les offres des constructeurs
En partenariat avec des spécialistes de la sécurité, de plus en plus de constructeurs proposent des packs sécurité en option. Des solutions qui comprennent le plus souvent une alarme, des détecteurs de présence et de fumée, des caméras et les services d'une société de télésurveillance (sur abonnement). Les tarifs de ces packs varient selon les constructeurs et sont souvent compétitifs.

Alerter et faire fuir

Si le cambrioleur a réussi à pénétrer dans la maison, il est trop tard, le loup est dans la bergerie. Il ne va rester que quelques minutes pour « rafler » tout ce qui peut rentrer dans un sac de sport et se revendre : tablettes, ordinateurs portables, téléphones, bijoux… L’objectif est d’écourter le plus possible ces quelques minutes. Une sirène assourdissante (108 dB) peut rendre son bref séjour insupportable. Autre solution efficace, un fumigène (inoffensif pour la santé) pourra noyer la pièce dans un épais brouillard. Assourdi et désorienté le cambrioleur n’aura d’autre choix que de quitter précipitamment la maison. D’ailleurs, d’après les statistiques des assureurs, 95 % des cambrioleurs prennent la fuite après le déclenchement d’une alarme.

Le brouillard anticambriolage s’appuie sur une technologie pyrotechnique qui noiera la pièce dans une épaisse fumée inoffensive. Le cambrioleur perdra alors tous ses repères et n'aura d'autre choix que de fuir. www.verisure.fr

Petits trucs simples et efficaces
Si votre budget est limité, il est toujours possible de sécuriser la maison. Commencez par installer des éclairages extérieurs à détecteur de présence dans le jardin. Pour seulement quelques dizaines d’euros, ils éclaireront tous les abords lorsqu’ils détecteront un mouvement inhabituel. Certains modèles savent en plus faire la différence entre un animal et une présence humaine. A l’intérieur, placez des programmateurs (à partir de 15 €) branchés sur une ou plusieurs prises et branchez-y une lampe ou une radio qui simuleront une présence en fonction de leur programmation.
Malin : coller un simple autocollant ou un écriteau de façon visible signalant une télésurveillance ou une alarme réelle ou fictive a aussi un effet dissuasif efficace. Dans le doute, certains cambrioleurs, notamment occasionnels, préféreront passer leur chemin. Ce n'est d’ailleurs pas un hasard si les sociétés de télésurveillance collent systématiquement un sticker signalant que la maison est placée sous leur surveillance.

Pensez aussi aux accidents domestiques !

Les détecteurs de fumée sont aussi bien utiles ! N'oubliez pas non plus de poser des détecteurs avertisseurs autonomes de fumée (Daaf). Discrets et simples à installer, ils détecteront les fumées ou un taux élevé de CO2 dans la maison et émettront un signal sonore suffisamment fort pour réveiller toute la famille en cas de danger.

L’électricité et l’eau ne font pas bon ménage. En cas de fuite, un détecteur de fuite d’eau, associé à un récepteur sur le tableau électrique, coupera l’alimentation de certaines prises électriques et vous avertira.

Service clef en main

Et pourquoi ne pas faire appel à une société de télésurveillance ? C’est une offre complète qui délègue la surveillance de la maison à une société spécialisée. « En passant par une société de télésurveillance, c’est l’assurance d’avoir une installation de qualité posée par des professionnels aux bons endroits », précise Jérôme Gorges de la direction marketing & stratégie France de Verisure. Et d’ajouter : « nous assurons une veille technologique permanente pour proposer les dernières innovations comme les sonnettes connectées ».

Moyennant un abonnement mensuel de quelques dizaines d’euros, tout est compris. « A partir de 39 € par mois, nous proposons une sécurisation complète de la maison avec maintenance et remplacement des matériels en cas de besoin », mentionne Jérôme Gorge. Les sociétés de télésurveillance proposent une installation clef en main conçue et installée par leurs soins avec une surveillance à distance. C’est la chaîne de sécurité la plus complète contre les effractions, les intrusions et les cambriolages, ainsi que contre les incendies et autres accidents domestiques.

En cas de détection, la centrale d’alarme du système relaye l’alerte auprès du centre de télésurveillance de la société. Si la levée de doute est avérée, en fonction de l’offre choisie, le centre de surveillance prévient les forces de l’ordre immédiatement et dépêche un agent de sécurité sur place. Si la levée de doute n’est pas avérée à distance, le centre de télésurveillance déclenchera alors les procédures de contrôle. Vous serez directement informé de l’événement et du déroulement des opérations si vous êtes absent. « Après visionnage des images ou des enregistrements audios, nous effectuons immédiatement ce que nous appelons la levée de doutes. Nos agents peuvent même interpeller vocalement les intrus. Une fois les indices vérifiés, nous appelons la police sur une ligne dédiée. C’est beaucoup plus rapide qu’avec une ligne classique », précise Jérôme Gorges. Et de détailler : « En 2021, nous avons traité un signal d’alarme toutes les 3 secondes, 17 000 appels passés aux services de police, de pompiers ou aux urgences (dont appels de vérification après incident), 7 368 incidents traités (effraction, incendie, agression, etc.) et 9 447 229 signaux d’alarmes ont été traités par nos 197 agents de télésurveillance ». 

Sécurité exigée par les assurances !

Pour assurer la maison, les assureurs se réfèrent souvent à la notion de zones à risque. Pour élaborer le contrat de l’assurance multirisque habitation, l’assureur va évaluer la valeur de la maison, les valeurs déclarées, la sécurité et la zone d’habitation. En fonction de tous ces paramètres, elle adaptera ses tarifs au risque. Pour établir le risque cambriolage, elles s’appuient sur les statistiques police et gendarmerie ainsi que sur leur propre base sinistres. Elles établissent alors des critères de dangerosité concernant la ville ou le quartier. C’est ainsi que certaines communes ou secteurs peuvent coûter plus cher compte tenu d’un risque statistique de cambriolage plus élevé. La plupart des compagnies d’assurances incitent les propriétaires à sécuriser leur maison en baissant leur cotisation de 10 à 15 %, voire en supprimant la franchise habitation en cas de cambriolage. Elles proposent toutes des packs télésurveillance à tarifs négociés.