Chauffage : chaudière gaz ou Pac ?

Publié par -

Pour se chauffer, il est encore possible de choisir entre une chaudière gaz et une pompe à chaleur, deux solutions très performantes. Mais la première fait appel à une énergie fossile tandis que la seconde utilise une énergie renouvelable. Un choix qui ne sera plus possible en 2022.

Avant que la future Réglementation environnementale 2020 (RE 2020) ne remplace l'actuelle RT 2012, les chaudières gaz et les pompes à chaleur équipent encore plus de 90 % des maisons neuves. Selon les résultats 2020 de l'enquête Domexpo réalisée en partenariat avec Caron Marketing, la pompe à chaleur (Pac) chauffe près des deux tiers des maisons neuves sur l'ensemble de la France. Soit une progression de 9 points en un an ! « Installée dans presque deux maisons neuves sur trois, la pompe à chaleur est prépondérante sur le marché de la maison neuve, le gaz, quant à lui, arrive en seconde position des énergies de chauffage les plus utilisées », confirme Daniel Lair-Lachapelle, président de Domexpo.

D’ici le 1er janvier 2022, il est encore possible de choisir entre l’une et l’autre de ces deux solutions. Après, il sera trop tard. Le gaz sera proscrit. Mais comme le précise le ministère de la Transition écologique, « pour certains projets en cours, une exception sera ménagée pour les permis de construire déposés avant le 31 décembre 2023 lorsqu’un permis d’aménager prévoyant une desserte en gaz a été délivrée ».

Le gaz reste d’actualité !

En 2020 le chauffage au gaz équipait une maison neuve sur cinq (19 %). Dans quelques mois, avec la RE 2020, cette part de marché aura disparu ! Pourquoi ? Tout simplement parce que la solution gaz en tant qu’énergie fossile non renouvelable ne sera plus en odeur de sainteté à partir du 1er janvier 2022. « Proposer un seuil carbone en exploitation à 4 kg/CO2/an.m² en maison individuelle revient à exclure rapidement les chaudières au gaz THPE », constate amèrement Bernard Aulagne, président de Coénovune, une association qui réunit les acteurs importants de la filière gaz en France.

Classé A+, ce modèle Altéas One Net à condensation sort des sentiers battus avec sa couleur noire. Naturellement, elle ne fait pas l'impasse sur la connectivité. www.ariston.com

En attendant la date fatidique du 1er janvier 2022, le gaz naturel reste d’actualité pour se chauffer et cuisiner ! Et si c’est techniquement possible, c’est plutôt une bonne idée. Ce n’est d'ailleurs pas un hasard si une grande majorité d’acquéreurs optent pour cette énergie, lorsque le terrain est raccordable au réseau. Les arguments ne manquent pas pour justifier ce choix : c’est une énergie plutôt bon marché, souple d’utilisation et à rendement constant, quelle que soit la température extérieure. Mais surtout, une chaudière performante (à partir de 3 000 €) coûte deux à trois fois moins cher qu’une Pac. Une solution particulièrement adaptée aux primo-accédants.

Avec des rendements supérieurs à 105 % (108 % maximum), seules les chaudières à condensation ont le droit d’être installées. Elles sont 30 % plus économes qu’un modèle haute température classique et surtout elles émettent beaucoup moins de polluants (CO2 et Nox). Autre atout, l’eau chaude sanitaire est à volonté. Il n’y a pas de stockage. C’est un gain de place, mais surtout on n’est jamais en panne d’eau chaude !

Attention, l’actuelle RT 2012 impose en complément de la chaudière le recours à une énergie renouvelable à hauteur de 5 kWhep/m2.an. Il faut donc associer un matériel répondant à cette exigence : un ballon thermodynamique pour la production d’eau chaude sanitaire (environ 3 000 €), une pompe à chaleur air/eau (7 000 €) ou des panneaux photovoltaïques (1 000 €/m2).

La Pac hybride, qui combine chaudière et pompe à chaleur, est peu installée en raison de son prix (10 000 €). Quant à la production d’électricité par des panneaux photovoltaïques, elle est d’un apport symbolique si l’objectif est de seulement répondre à l’obligation de production de 5 kWhep/m2.an.

Finalement, la solution du poêle à bois est plus pertinente et elle répond à l’exigence de la RT 2012. Le poêle se charge alors de l’appoint de chaleur pour atteindre la température de consigne. Mais il est aussi envisageable de se chauffer presque exclusivement avec lui, la chaudière ne produisant alors que l’eau chaude sanitaire. Pour un budget de 2 000 €, on joint alors l’utile à l’agréable.

Entretien obligatoire
L’entretien de la chaudière doit être fait au moins une fois par an par un professionnel. C’est une obligation légale. Cette visite consiste à nettoyer le foyer ainsi que les brûleurs, à vérifier l’état des échangeurs, à contrôler les organes de sécurité, à surveiller et régler la combustion de la chaudière. Comptez environ 100 € par an.

Avantages et inconvénients d’une chaudière gaz
Les +

  • Haut niveau de confort et haut rendement
  • Eau chaude sanitaire à volonté
  • Investissement initial parmi les plus faibles
  • Peu encombrante
  • Prix du kilowatt

Les -

  • Fluctuation du prix du kilowatt
  • Energie fossile en attendant le biométhane
  • Emission de CO2 (gaz carbonique) et de nox (oxyde d’azote)
  • Ramonage obligatoire

Du biométhane dans les tuyaux

Si les chaudières à condensation sont parfaites pour chauffer une maison, elles font appel à une énergie fossile. Mais la transition écologique passe aussi par le verdissement du gaz : le biométhane. 100 % renouvelable, il est produit à partir de résidus agricoles ou d’espaces verts, d’effluents d’élevages… Et peu à peu, viendront s’ajouter des déchets issus des cantines et des poubelles des particuliers. En 2023, les collectivités auront en effet l’obligation de valoriser ces biodéchets et donc de les collecter et de les traiter. La loi de transition énergétique pour la croissance verte fixe un objectif de 10 % de gaz renouvelable dans les réseaux à l’horizon 2030 et 100 % en 2050. Une étude coréalisée par l’Ademe et GRDF montre que le contenu carbone du biométhane produit en France et injecté dans les réseaux gaziers est en moyenne de 23,4 g CO2eqp/kWh, soit dix fois inférieur à celui du gaz naturel.

Si pour le moment votre chaudière est alimentée presque exclusivement par du gaz naturel d’origine fossile, dans les années à venir de plus en plus de biométhane sera injecté dans le réseau sans que vous vous en rendiez compte. La chaudière n’y verra que du feu et continuera de fonctionner comme avant.

La Pac domine le marché

La pompe à chaleur, appelée le plus souvent Pac, équipe six maisons neuves sur dix. Elle est prescrite presque systématiquement par les bureaux d’étude lorsque le réseau de gaz ne dessert pas le terrain. « La conception ultraperformante des bâtis et les hautes performances énergétiques expliquent en grande partie le succès des Pac dans les maisons neuves », précise Julien Montmeas, directeur marketing chez Toshiba. Et dans quelques mois, sa part de marché sera écrasante. Il faut dire qu’elle coche toutes les cases vertes de la transition écologique : elle utilise une énergie naturelle 100 % renouvelable, possède un haut rendement et n'émet pas de gaz à effet de serre. Presque un sans faute !

Toutes les grandes marques travaillent sur le niveau sonore de leurs matériels. Aujourd'hui, même sur de petits terrains, les Pac savent se faire discrètes. www.vaillant.fr

Comment ça marche ? Son principe est de délivrer en moyenne quatre à cinq fois plus de kilowatts qu’elle n’en consomme. Pour y arriver, la Pac capte les calories contenues dans l’air (pour l’aérothermie) ou le sol (pour la géothermie) et les transfère à un niveau de température plus élevé au réseau de chauffage ainsi qu’au ballon d'eau chaude sanitaire. En passant d'un état liquide à un état gazeux, le fluide frigorigène contenu dans la machine transmet les calories de l'air au système de chauffage. Et inutile de surdimensionner la puissance, « une Pac de 4 ou 6 kW suffit largement à chauffer une maison de 120 m2. Ces petites puissances ont un impact sur le prix des machines, ce qui limite leur coût de l’installation », précise Julien Montmeas. Enfin, une Pac peut fonctionner à de très basses températures. Même avec des températures inférieures à 0°, il y a toujours des calories à capter. Certains modèles, les plus performants, garantissent d'ailleurs leur rendement jusqu’à - 25 °C. Des températures de moins en moins courantes sous nos latitudes.

Cop ou Scop ?
Le Cop, pour coefficient de performance, est un indicateur qui permet d'analyser le rendement et la performance d'une Pac fonctionnant en mode chauffage. Il permet d’établir des comparaisons entre les différents types de matériels. Ce coefficient représente le rapport, en kilowatt-heure (kWh), entre la quantité d’énergie produite et la quantité d’énergie utilisée. Plus le Cop est élevé et meilleur est le rendement de la machine. Seul problème, le calcul du Cop se fait en laboratoire dans des conditions optimales sans tenir compte des variations météorologiques. Il n’est donc pas représentatif. « Les performances des Pac ont considérablement progressé. Nous disposons de modèles qui atteignent des Cop de 5,2. Un niveau impensable il y a seulement quelques années », détaille Gaetan Maudet, chef de produits chez Toshiba.
Pour être plus proche de la réalité, mieux vaut se référer au Cop saisonnier (Scop). Plus réaliste, les chiffres sont moins élevés que ceux du Cop (ce qui ne change rien). Le Scop est calculé sur une saison de chauffe. Cet indicateur est plus représentatif des conditions de fonctionnement du système sur une saison de chauffe que le Cop.

Cette Pac de seulement 4,5 kW assure le chauffage et la production d'eau chaude sanitaire de cette grande maison. www.toshibaclim.com

Les Pac s’entretiennent aussi
L'entretien des pompes à chaleur est obligatoire tous les deux ans. Cette obligation concerne les appareils d’une puissance comprise entre 4 et 70 kW. Cet entretien porte sur la vérification de l’étanchéité ainsi qu'un nettoyage des filtres et du système thermodynamique. A partir de 150 €.

Avantages et inconvénients de la Pac
Les +

  • Haut niveau de confort et haut rendement
  • Possibilité de rafraîchissement
  • Faible consommation d’énergie
  • Energie renouvelable
  • Aucune émission de gaz à effet de serre

Les -

  • Prix plus élevé
  • Rendement qui peut varier à la baisse avec des températures très basses
  • Stockage de l’eau chaude sanitaire
  • Attention au niveau sonore

N’oubliez pas le thermostat !

Pas de chauffage sans thermostat ! Il est presque aussi important que le matériel, car sans lui rien n’est possible. C’est le cerveau qui commande l’installation de chauffage. Les basiques (de 50 à 100 €) permettent une programmation simple de la température minimale et maximale sur des plages horaires définies.

Le plus de cette chaudière à condensation ? Son ballon de 3,2 l maintenu en température intégré à la chaudière. Résultat, de l’eau chaude à température immédiatement. www.saunierduval.fr

Mais pourquoi ne pas passer directement aux thermostats intelligents ? Ils optimisent encore plus la chaudière ou la Pac grâce à des possibilités innovantes. Pour moins de 200 €, un petit boîtier communiquant bourré d’électronique permet de gérer les températures et de contrôler ses factures depuis son smartphone. Les plus perfectionnés disposent de fonctions innovantes. La géolocalisation permet par exemple de baisser le chauffage lorsque plus personne n'est à la maison, l'adaptation aux conditions météorologiques et la détection des fenêtres ouvertes.

Comment diffuser la chaleur ?

Le mode de chauffage choisi, reste à déterminer le type d’émetteurs de chaleur. Quel ce soit pour une Pac ou une chaudière, la chaleur sera diffusée par des radiateurs muraux ou par un plancher chauffant dans lesquels circule de l’eau chaude en boucle. Le plancher chauffant étant aujourd'hui le mode de diffusion le plus installé. Invisible, il libère les murs de radiateurs. « Les Pac sont dans leur très grande majorité reliées à un plancher chauffant », explique Gaëtan Maudet, chef de produits chez Toshiba. Association identique pour les chaudières gaz ; c’est la combinaison idéale pour ces deux systèmes de chauffage.

Chaudière et Pac sont connectées le plus souvent à un plancher chauffant. Avec une Pac réversible, il peut se transformer en plancher rafraîchissant l'été. www.teccontrol.fr

Dans les étages, les chambres sont le plus souvent équipées de radiateurs muraux ou de ventilo-convecteurs. Le plancher à eau basse température est un émetteur de chauffage. Il se compose d’un réseau de tubes de polyéthylène noyés dans une dalle dans lesquels circule l’eau du circuit de chauffage à une température avoisinant 35 à 40 °C avec un maximum à 45 °C. Sa surface diffuse par rayonnement une chaleur douce et régulière, limitée à 28 °C. Reste le prix, il faut compter entre 70 à 100 €/m2.

Le plus souvent, le plancher est recouvert d’un carrelage ou d’un parquet. Leur faible épaisseur et leur bonne conductivité facilitent la transmission de la chaleur donc une montée en température plus rapide. Et si le plancher est relié à une pompe à chaleur réversible, il se transformera l’été en plancher rafraîchissant en diminuant la température intérieure de 4 à 5°. « Le plancher rafraîchissant est aujourd’hui un critère de choix déterminant chez les acquéreurs. Il est de plus en plus demandé. Des clients renoncent au gaz uniquement pour profiter du rafraîchissement », souligne Bruno Lesterlin, constructeur et président du groupe éponyme. Avec des étés de plus en plus chauds, le rafraîchissement est un vrai plus et un atout en cas de revente.