Se chauffer au gaz

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Lorsqu’un terrain est desservi par le réseau de gaz naturel, la plupart des maisons sont raccordées. Ce n’est pas un hasard ! Confort, souplesse d’usage, prix du kilowatt et coût de l’investissement expliquent ce succès. Mais attention ce ne sera plus possible à partir du second semestre 2021 !

Si votre terrain bénéficie d’un raccordement au gaz naturel, branchez-vous ! Vous profiterez d’une énergie encore bon marché et d’une grande souplesse d’utilisation au quotidien. Et il ne vous en coûtera que 450 € pour le raccordement sur la voie publique. Côté confort, il n’y a rien à dire. Il figure parmi les meilleurs. Et, cerise sur le gâteau, l’eau chaude sanitaire est à volonté ! Mais attention, la chaudière devra être systématiquement combinée avec un autre matériel ayant recourt à une énergie renouvelable pour répondre aux exigences de la Réglementation thermique 2012. Une dépense supplémentaire à prévoir.

Le gaz sera interdit courant 2021
La future Réglementation environnementale 2020 (Re2020) qui va succéder dans le courant de l'été 2021 à l'actuelle Rt 2012 a signé la fin des énergies fossiles dans les maisons neuves. Le gaz naturel sera donc proscrit pour se chauffer. Le texte concernera les maisons dont les permis de construire seront déposés postérieurement à cette date. Pour les permis déposés avant, durant le premier semestre 2021, se chauffer au gaz naturel reste une option tout à fait  envisageable. Naturellement la chaudière continuera d'être entretenue pendant toute sa durée de vie. Depuis 2015, la loi oblige les constructeurs à communiquer la durée de disponibilité des pièces détachées.

La condensation s’impose

Seules les chaudières à condensation (de 3 000 à 7 000 €) sont actuellement capables de répondre aux exigences de la RT 2012. Notamment aux seuils de consommation fixés par le législateur. Alors qu’avec une chaudière classique une part non négligeable de chaleur dite latente est évacuée par les fumées de combustion, un modèle à condensation les récupère. Plus précisément la vapeur d'eau contenue dans les fumées de combustion se condense sur un échangeur qui se charge de récupérer leur chaleur dite latente. Les calories réchauffent alors l'eau du circuit de chauffage et s'ajoutent à la chaleur de la combustion. Résultat 30 % d’économies, un rendement pouvant atteindre 108 % et surtout une baisse des émissions de polluants (CO2 et Nox).

Jamais seule…

Depuis la réglementation thermique 2012, les maisons doivent obligatoirement faire appel à une source d’énergie renouvelable. Le gaz étant une énergie fossile, un complément sera obligatoire. Cette contribution doit être au minimum 5 kWhEP/m2.an pour un plafond de consommation de 50 kWhEP/m2.an. Soit 10 %.

…toujours accompagnée !

Pour répondre à cette exigence environnementale, tout est envisageable. Le législateur ne privilégie aucune solution. Il est possible de combiner la chaudière avec un ballon thermodynamique pour la production d’eau chaude sanitaire (3 000 €), une pompe à chaleur air/eau (7 000 €), un chauffe-eau solaire (7 000 €) ou des panneaux photovoltaïques (1 000 €/m2). Le choix final sera le plus souvent dicté par votre budget.

Les chaudières se connectent aussi

Les chaudières ont droit, elles aussi, à leur connectivité. Tous les constructeurs développent des modèles connectés. Télédiagnostics et maintenance prédictive sont au programme. Encore peu développés, ces services seront embarqués dans les futures générations de chaudières. Tout le monde y gagne, le particulier et l’entreprise de maintenance.

Le principe ? Lorsqu’un dysfonctionnement est détecté, la chaudière transmet une alerte à votre centre d’entretien. Un SMS vous est également envoyé vous informant qu’une panne s’est produite. Un technicien prend contact avec vous dans les plus brefs délais pour fixer un rendez-vous. Un gain de temps appréciable puisqu’il connaît le problème et la pièce à remplacer. Encore à ses débuts, la maintenance prédictive permettra d’anticiper les futures pannes comme par exemple l’usure d’un brûleur ou la défaillance d’une vanne.

Les thermostats, indissociables de la chaudière, sont eux aussi connectés. Leur but est de vous faire réaliser des économies de chauffage. Ils mesurent les consommations d’énergie en temps réel, ils savent s’adapter aux habitudes de la famille. Enfin ils sont capables de programmer des températures différentes selon chaque pièce de la maison. 

 Ventouse ou conduit ?

Pour l’évacuation des fumées, deux solutions techniques sont envisageables : le conduit de fumée ou le système à ventouse. Le conduit de fumée installé sur le toit sera dans l’alignement de la chaudière. Il sera gainé en inox pour résister aux condensats acides et devra être étanche. Il doit alimenter la chaudière en comburant sans nuire à l’étanchéité générale de la maison.

Autre solution moins chère : le conduit à ventouse à double voie. Un conduit de faible diamètre évacue les fumées grâce à une ventouse placée sur la façade de la maison. Ce système étanche prélève à l’extérieur l’air nécessaire à la combustion et évacue les produits de combustion à l’extérieur le plus souvent. Ce type de raccordement permet d’installer une chaudière dans un petit local non ventilé. Attention, à terme des risques de salissure sont possibles.

Plancher chauffant ou radiateurs ?

Le plancher chauffant est choisi par une très grande majorité d’acquéreurs. Tous les murs sont libres et la chaleur sera douce et homogène. La diffusion de la chaleur se fait par l’intermédiaire d’un réseau de tuyaux en PER (polypropylène) coulé dans la dalle et dans lequel circule l’eau chaude produite par la chaudière. L’eau chaude parcourt le sol entre 21 et 24°, donc aucun risque de jambes lourdes. Seul bémol, la montée en température de la pièce est longue. Comptez entre 70 à 100 €/m2.

La pose de radiateurs est une solution plus simple donc moins chère. Leur montée en température est plus rapide et surtout ils sont beaucoup moins chers. On trouve des modèles adaptés (surdimensionnés) à partir de 60 € l’unité. En revanche, ils immobilisent des pans de murs.

Un entretien une fois par an
Dès qu’il y a combustion, il y a encrassement. Entretenir la chaudière gaz est une obligation fixée par la loi. Selon le décret n° 2009-649 du 9 juin 2009, « toutes les chaudières (gaz naturel, fioul, bois, charbon…) d'une puissance de 4 à 400 kilowatts doivent faire l'objet d'un entretien annuel effectué par un professionnel ». Une chaudière régulièrement entretenue, c’est une durée de vie plus longue, un nombre de pannes limité et un niveau de performances garanti. Comptez environ 100 à 150 € par an.

Bien choisir son fournisseur de gaz naturel
Conformément aux dispositions de la loi Énergie et Climat, les tarifs réglementés de vente de gaz naturel doivent disparaître en 2023. Les fournisseurs d’énergie se livrent d’ores et déjà à une concurrence acharnée à coup d’offres plus alléchantes les unes que les autres. Et il est souvent bien difficile de s’y retrouver. Premier réflexe : comparez les offres gaz naturel qui vous sont proposées dans votre commune ! Pour vous y aider, le médiateur national de l'énergie a développé un comparateur en ligne. Simple, rapide et objectif, cet outil dresse le panorama des différentes propositions des fournisseurs de gaz naturel (montant annuel de votre facture, prix de l'abonnement et prix du kWh) en tenant compte de vos habitudes de consommation. www.energie-info.fr 
L’association de consommateurs Que choisir propose également un comparateur mais y ajoute une évaluation du niveau de risque sur les tarifs indexés des différents fournisseurs. www.quechoisir.fr