Chauffage bois : un choix naturel

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Le bois est écologique, renouvelable et en plus il stocke le CO2. C’est l’énergie verte par excellence ! Associé à des matériels performants, il peut chauffer efficacement toute la maison. Autre atout essentiel, son kilowatt est le moins cher et son prix n’évolue presque pas.

Se chauffer au bois, une bonne idée ? C’est en tout cas ce qu’explique Axel Richard, chargé de mission bois domestique/énergies renouvelables et bâtiment au Syndicat des énergies renouvelables (Ser) : « le bois, c’est d’abord une énergie renouvelable qui répond aux exigences de la RT 2012 et de la future RE 2020, mais surtout entre le gaz et l’électricité, c’est le kilowatt le moins cher du marché. Autre atout : l’investissement initial est relativement faible pour un très bon niveau de confort ».

Aujourd’hui, dans des maisons très isolées, faiblement perméables à l’air, le chauffage au bois est parfaitement envisageable. En plus, il répond à l’exigence de la RT 2012 qui impose un minimum de production d’énergie primaire de 5 kWep/m2/an par des énergies renouvelables. Reste à respecter le cadre technique réglementaire. Preuve supplémentaire de ses qualités environnementales, sa prise en compte dans la future RE 2020 ne devrait a priori pas changer.

Cette villa de 210 m2 est chauffée par un poêle à bois gainable pour la diffusion de l'air chaud dans toutes les pièces. Le conduit inox joue un rôle essentiel dans le style de la maison. www.palazzetti.fr

Chaudière ou poêle ?

Il existe deux façons de se chauffer au bois : avec un poêle ou une chaudière. Le poêle à pellets est de loin le type de chauffage bois le plus répandu. Les poêles à bois les plus perfectionnés présentent une capacité de chauffe étonnamment élevée pour un encombrement aussi réduit. Pour une maison de 100 mètres carrés, c’est presque la solution idéale. Les modèles à régulation automatique possèdent un rendement compris entre 85 et 90 %. Avec la post combustion installée dans les appareils modernes qui rebrûle les fumées de combustion, les émissions de particules sont minimes. De nombreux modèles sont désormais connectés ; on allume le poêle ou on régule la température depuis son smartphone. Mais le plus gros atout des poêles à pellets reste leur prix. On peut chauffer toute sa maison à partir de 2 000 € !

Les chaudières sont conseillées pour des projets de maison de grande taille. Sur le même principe qu’un chauffage au gaz, la chaudière à bois va brûler son combustible pour chauffer l’eau du réseau de radiateurs ou du plancher chauffant et fournir l’eau chaude sanitaire. Seul bémol, elles représentent un investissement important, à partir de 12 000 €.

Ce poêle se pilote du bout des doigts. II est entièrement programmable. Il est également possible de réguler son allure ou la température ambiante. www.invicta.fr * Réglage de la puissance de fonctionnement : 5 puissances pré-programmées gérées de façon automatique. * Réglage de la température de consigne : vous choisissez la température ambiante souhaitée dans la pièce. Elle est mesurée par une sonde filaire. Le poêle à granulés régule sa puissance pour atteindre et maintenir la valeur demandée. Sortie d'air chaud par ventilateur Le ventilateur de distribution d’air chaud frontal est de type tangentiel. Il diffuse l’air chaud dans la pièce. Stand-by - veille Le stand-by est la fonction veille de l’appareil. L’appareil s’éteint si la température ambiante est s

Que ce soit pour les poêles ou les chaudières, la R&D menée depuis plusieurs années par les industriels du secteur a permis de mettre sur le marché des équipements performants, d’un point de vue énergétique et environnemental. Ils combinent des rendements élevés et surtout une combustion optimale qui permet de réduire les émissions de particules.

Le poêle à bois relève de la garantie décennale
Selon un arrêt de la Cour de cassation (Cassation civile 3, 12.7.2018, H 17-19.371) qui fait jurisprudence, le poêle à bois peut être considéré comme un « ouvrage » et, à ce titre, bénéficier d’une garantie de dix ans. Avant ce jugement, il bénéficiait de la garantie biennale du constructeur et du fabricant. Si son installation, selon la cour de cassation, ne relève pas des travaux importants qui définissent habituellement un « ouvrage », son rôle indispensable peut lui conférer une importance capitale. Et s'il ne remplit pas son rôle de chauffage correctement, il peut rendre la maison inhabitable. La garantie décennale peut alors s’appliquer puisqu'elle devient « impropre à destination » selon le vocabulaire juridique.

La chaudière bois à condensation offre un niveau de performance équivalent à un modèle gaz. Grâce à sa trémie automatique, l'autonomie peut atteindre un an ! www.okofen.com

Le granulé, c’est quoi ?

Aujourd’hui, que ce soit pour les poêles ou les chaudières, le granulé a remplacé la bûche dans les maisons neuves. Autrement nommés pellets, ils sont fabriqués avec du bois non traité, majoritairement issu des résidus de sciage des scieries françaises, donc jamais loin des lieux de consommation. Moins de transport, c’est aussi moins de carbone !

Autre vertu verte : quand un arbre est utilisé pour faire des planches, seuls 60 % sont utilisés ; les quarante autres pour cent restant inutilisables pour l’industrie du bois deviennent un « déchet » valorisable en granulés. « Le bois énergie forme un cercle vertueux, puisque son utilisation dans la construction permet à la fois de stocker du CO2 dans le bâtiment, et de générer des coproduits qui sont utilisés pour fabriquer du granulé. En 2019, la France a produit 1,6 million de tonnes de granulés bois. Grâce à de nouveaux projets d'usines, la capacité devrait atteindre les 2 millions de tonnes d'ici deux à trois ans », rappelle l’Association nationale du chauffage au granulé de bois/pellet Propellets.

Le granulé est fabriqué avec de la sciure qui est séchée et compressée, sans liant chimique. Un peu d'amidon est parfois ajouté pour servir de liant. Le granulé de bois a un diamètre de 6 mm et une longueur de 10 à 25 mm. Le pouvoir calorifique des pellets est normalisé à 4,6 kWh/kg minimum. En comparaison, le pouvoir calorifique d'un litre de fioul domestique est de 10 kWh/l, le même que celui de 1 m3 de gaz naturel. 2 kg de granulés sont donc à peu près équivalents à 1 litre de fioul domestique ou 1 m3 de gaz naturel. Une palette de 66 sacs de 15 kg, soit presque 1 tonne, coûte ne moyenne 304 €, soit presque un an de consommation.

Ce poêle est connecté à un téléphone mobile ou à une tablette ! Grâce à des applications dédiées, il est possible d'optimiser en permanence la combustion. www.cheminees-seguin.com

Chauffage principal ou secondaire ? 

Si les chaudières à pellets sont prises en compte de manière classique dans la RT 2012, il n’en va pas de même pour les poêles à bois dans les maisons individuelles. « Dans le neuf, le poêle à régulation automatique s’impose. Dans le cadre de la RT 2012, il permet d’avoir un bonus de 30 % sur le Cepmax. On dépasse ainsi le seuil de 50 kw/m2/an. On peut se permettre alors d’être un peu moins exigeant sur l’isolation par exemple », précise Axel Richard. Reste à respecter un certain nombre d’obligations réglementaires et techniques :

  • pour être pris en compte dans l’étude thermique, le poêle à bois doit bénéficier d’un avis technique, d’un PV d’essai ou d’une certification ;
  • la surface à chauffer ne doit pas dépasser 100 m2, mais la maison peut être de plain-pied ou à étage ;
  • les arrivées d’air et les évacuations de fumées doivent être étanches. Le test d'étanchéité à l'air final sera réalisé après l'installation du poêle ;
  • le poêle devra être installé dans l'une des pièces dites de jour comme le salon, le séjour ou la cuisine. Aucune de ces pièces ne pourra être équipée d’autres émetteurs (radiateurs, etc.). Mais attention, seule l’étude thermique confirmera la faisabilité ;
  • dans les chambres, le chauffage devra être assuré en partie par le poêle. Il sera secondé par un autre système de chauffage installé ou avec des réservations permettant d’en installer un. 
Ce poêle en acier gainable est équipé d'un écran numérique et d'un ventilateur radial afin de canaliser l’air chaud dans d’autres pièces. www.palazzetti.fr

Il est tout à fait possible d’installer un poêle ne disposant pas d’une régulation automatique. Mais dans ce cas, il ne pourra pas être considéré comme le système de chauffage principal de la maison. Un autre système de chauffage devra être prévu dans l’ensemble des pièces de la maison.

Quoi qu’il en soit, ce type de poêle, même non automatique, valide l’exigence de recours à une source d’énergie renouvelable. Une fois en marche, il pourra se substituer à la chaudière ou à la Pac (pompe à chaleur), ces dernières ne se déclenchant alors que pour assurer le complément de chaleur nécessaire pour atteindre la température de consigne. 

Les poêles se connectent aussi. www.poujoulat.fr

Un poêle plus tard, c’est possible ?
La RT 2012 s'applique au projet de la construction de la maison. Rien n’empêche d’installer un poêle ultérieurement et de procéder à des travaux après le contrôle de fin de chantier. Seule condition : choisir un modèle étanche avec des prises d’air extérieures pour ne pas perturber le système de ventilation.

N’oubliez pas le détecteur de fumées !
Même si la loi n°2010-238 en date du 9 mars 2010 prévoit que « l’occupant d’un logement, qu’il soit locataire ou propriétaire, installe dans celui-ci au moins un détecteur de fumée normalisé », force est de constater que cette obligation est loin d’être respectée. Alors au moment de la pose du poêle, pensez à équiper le séjour et les couloirs de dégagement d’un détecteur de fumée et d’un détecteur de monoxyde de carbone. Pour une dizaine d’euros, il veillera sur la maison et vous avertira en cas de danger.

Un emplacement à étudier avec soin

C’est le conduit de fumée qui dicte la place du poêle. C’est une question à étudier, car l’emplacement du poêle est essentiel pour bien chauffer la maison. Mal situé, la chaleur qu'il dégagera sera pas répartie de façon optimale ; il y aura des zones froides dans la maison. 

En position centrale ou sous un escalier, la diffusion sera meilleure que celle d'une implantation contre un mur à l’opposé de la cage d'escalier. Dans ce dernier cas, il sera plus difficile de chauffer l’étage.

Pour optimiser la circulation de la chaleur et bénéficier du meilleur confort, il est important de prendre en compte le sens de circulation de l’air de votre maison. C’est la VMC qui commande ce flux. Il se fait des pièces sèches vers les pièces dites humides, c’est-à-dire que l’air est acheminé des chambres et du salon vers la salle de bains et la cuisine où se trouve l’aspiration de la VMC. Par ailleurs, la grande majorité des poêles chauffent par le dessus, la façade et les côtés.

Avec son rendement de 85 %, ce poêle offre un haut niveau de confort tout en soignant son design. www.invicta.fr

Pour obtenir le meilleur rendement, il est recommandé autant que possible de placer l’appareil en position centrale, à proximité des pièces importantes ou près d’un escalier si vous souhaitez chauffer l’étage. L’air chaud montera naturellement à l’étage. Dans de bonnes conditions, les deux tiers de la maison peuvent profiter de la chaleur du poêle. En revanche, si le conduit de fumée est excentré, il sera très difficile de bien chauffer l’autre extrémité.

Un conduit de fumée essentiel

On y pense moins, mais le conduit de fumée est le complément indispensable du poêle. Il optimise la combustion et l’évacuation des fumées mais surtout garantit la sécurité de l’installation. Il devra être compatible avec la réglementation thermique et ne pas altérer l’étanchéité de la maison. Les modèle les plus évolués sont à triple paroi.

Les conduits assurent à la fois l’amenée d’air et l’évacuation des fumées du poêle dans un même tuyau. L ’installation de ce type de raccordement peut se faire à l’intérieur, ce qui permet d’installer le poêle librement dans la maison. Y compris en position centrale au milieu du séjour. Ils présentent aussi l’avantage d’éviter de percer un mur d’enveloppe pour l’arrivée d’air nécessaire à la combustion.

Equipé de deux ventilateurs, l'un pour chauffer la pièce dans laquelle il est installé, l'autre canalisable pour chauffer plusieurs autres pièces jusqu'à 8 m de distance. www.mcz.it/fr

Flamme verte : l'indispensable label
Pour être sûr d’acheter un poêle conforme et performant, choisissez un modèle possédant le label Flamme verte. Les matériels labellisés sont faciles à identifier grâce à leur étiquette. Plus la performance globale de l’appareil est importante, plus le nombre d’étoiles affiché sur l’étiquette est élevé, avec un maximum de sept étoiles. Seuls les appareils possédant sept étoiles peuvent se présenter sous le label Flamme verte. Le nombre d’étoiles est établi sur la base de trois critères : le rendement énergétique, le monoxyde de carbone (CO) émis dans l’atmosphère et, depuis le 1er janvier 2012, les émissions de particules fines pour les appareils sept étoiles. www.flammeverte.org

Pourquoi pas une chaudière bois ?

Aujourd’hui les chaudières bois affichent des performances équivalentes aux chaudières gaz. Certaines chaudières à pellets à condensation affichent même des rendements de 110 %. Ce très haut rendement assure une combustion parfaite des granulés qui produisent peu de cendres et émettent peu de polluants. Entièrement automatiques, elles offrent en outre une facilité d’utilisation similaire à celle des chaudières au fioul ou au gaz. C’est simple, on ne s’en occupe pas ! Ces appareils sont totalement autonomes à toutes les étapes (alimentation, combustion, décendrage, extraction des fumées, etc.). Tout est contrôlé et optimisé grâce à une régulation électronique.

Les granulés sont livrés par camion et entreposés dans une pièce attenante ou dans un silo. Ils sont ensuite acheminés dans le foyer par une vis sans fin. L’allumage se fait automatiquement et les résidus de combustion tombent dans un cendrier. Comme pour la chaudière classique à gaz ou au fioul, l’eau chaude circule en boucle fermée dans le réseau de chauffage (radiateurs ou plancher chauffant). Si la capacité de stockage est suffisante, vous êtes tranquille pour toute la durée de la saison de chauffe. 

Le bois compatible avec la future RE 2020 ?

Dans moins d’un an, les nouveaux permis de construire déposés marqueront un tournant dans l’histoire du chauffage. La future Réglementation environnementale 2020 (RE 2020) succédera à l’actuelle RT 2012 en janvier 2022. Dans ce nouveau texte, les énergies renouvelables seront largement mises en avant. Et les pouvoirs publics affichent la volonté de privilégier les poêles à bois et les chaudières à granulés.

Le bois est l’un des grands gagnants de ce nouveau texte, contrairement au gaz qui, lui, est voué à disparaître dans la maison neuve. « Pour les chaudières à granulés, il n’y a aucun problème, pour les poêles à pellets, il n’y a pas de problèmes non plus, bien que la marge de manœuvre soit plus faible. En revanche, pour les poêles à bûches, il faudra envisager une isolation complémentaire pour compenser la pénalisation de l’installation de radiateurs effets Joule dans les chambres », détaille Axel Richard. Et de préciser : « La RE 2020 ne va rien changer pour les modèles équipés d’une régulation automatique. En revanche pour les modèles sans régulation, la part du complément nécessaire va augmenter dans le moteur de calcul. Et du coup, on dépassera les nouveaux seuils réglementaires ». De fait, ces nouveaux seuils écartent les radiateurs effet Joule (électricité classique) en complément.

Ce poêle hydro de format étroit trouvera facilement sa place. Il est doté d’un ventilateur avant pour fournir le bon niveau de chaleur à la pièce où il est installé. www.mcz.it/fr

Combien ça coûte ?
Les prix des poêles peuvent varier du simple à plus du double : de 2 000 € à plus de 5 000 €. Comme pour tout appareil, les prix varient en fonction du niveau de gamme de la marque, de l’autonomie, du rendement, des options et programmes disponibles, des matériaux et du design. Le prix des chaudières à pellets reste nettement plus élevé. Comptez entre 6 000 et 12 000 €, un prix auquel il faut ajouter les accessoires et le silo.