Maison : le retour du chauffage électrique

Pénalisé par la réglementation, le chauffage électrique traditionnel revient pourtant dans les maisons neuves. Logique : il associe confort, investissement raisonnable et économies d’énergie. Pleins feux sur une solution rayonnante.

Vanté, promu par les pouvoirs publics dans les années 90, aidé financièrement avec les anciennes primes Vivrélec distribuées par EDF, le chauffage électrique était la star des énergies il y a à peine une vingtaine d'années. Malgré d'indéniables qualités (le matériel a considérablement évolué), l'enfant chéri des pouvoirs publics des années 90 a été peu à peu délaissé au profit du gaz, du bois et autres pompes à chaleur. Le coup de grâce ayant été donné par la Réglementation thermique 2012 qui le pénalise. Mais le chauffage électrique direct à effet Joule n'a pas dit son dernier mot et pourrait bien revenir sur le devant de la scène dans les prochaines années.

Qu'est-ce que l'effet Joule ?
L’effet Joule est un phénomène physique de transformation de l’électricité en chaleur dans un conducteur. Lorsque l’on fait passer du courant dans un câble conducteur, les électrons heurtent les atomes des matériaux qui composent les fils. Ces atomes se mettent à vibrer. Sous l’effet des chocs, une partie de l’énergie électrique se transforme en chaleur.

Cette maison de 124 m2 est équipée d'un plancher chauffant électrique pour la partie cuisine et séjour, de radiateurs à fluide caloporteur pour les chambres et d'un chauffe-eau thermodynamique technologie CO2 pour la production d’eau chaude. www.demeures-caladoises-design.com

Un contexte technique favorable pour le chauffage électrique

Les maisons conformes à la Réglementation thermique 2012 et a fortiori les futures maisons RE 2020 (Réglementation environnementale 2020, la norme qui va succéder à la RT 2012) sont très sobres en énergie grâce à une isolation thermique ultraperformante. Mieux encore : la prochaine génération de maisons produira plus d'électricité qu'elle n'en consommera !

Aujourd'hui le chauffage n'est plus le principal poste de consommation énergétique. Il a été remplacé par la production d'eau chaude sanitaire et les usages courants de la maison comme la cuisine, Internet, les télévisions, les téléphones… Ce dernier poste représentant d'ailleurs une part croissante des consommations électriques. Alors malgré une mauvaise réputation encore tenace et à condition de construire des maisons très bien isolées et bénéficiant d’une conception bioclimatique qui permet de profiter du rayonnement solaire l'hiver, l'installation d'un chauffage électrique n'est pas aussi aberrante qu'il y paraît. Si dans une maison peu ou mal isolée, le chauffage électrique n'est pas conseillé, dans une maison neuve, cette solution devient pertinente. Avec la Réglementation thermique 2012, et la RE 2020, le tout électrique pourrait être une solution sérieusement envisagée.

Le plancher rayonnant électrique procure une ambiance douce et homogène en émettant une chaleur rayonnante sur toute la surface des pièces. www.finimetal.fr

Pourquoi pas un chauffage électrique ?

Cette question n'est plus aussi saugrenue qu'il y a quelques années et prend tout son sens dans le cadre d'une maison neuve. Il n'y a pas si longtemps, à l'exception du pourtour méditerranéen (zone H3 dans le référentiel de la Réglementation thermique 2012), l'installation d'un chauffage électrique était peu proposée.

Mais les temps changent car le contexte technique évolue rapidement. Isolants et matériels de chauffage sont de plus en plus performants. Le chauffage dit à effet Joule d'aujourd'hui n'a absolument plus rien à voir avec celui des années 80 ou 90. Les convecteurs, appelés aussi « grille-pains » n'existent plus. Ils ont été remplacés par des radiateurs de type chaleur douce, intelligents, qui procurent un confort équivalent à celui d'une boucle d'eau chaude. Les thermostats règlent la température au dixième de degré près et la domotique permet de contrôler son chauffage de n'importe où.

En alliant un bâti très performant à des équipements qui n’ont besoin d’aucun entretien, à des radiateurs à chaleur douce et à des panneaux rayonnants à pilotage intelligent, une maison à effet Joule permet d’économiser environ 45% d’électricité par rapport à une configuration traditionnelle.

Avis d'expert
Pour Alexandre Sion, responsable Marketing & Communication chez Maisons Pierre, « l’isolation mise en œuvre sur nos maisons effet Joule est la norme de toute notre production quelle que soit l’énergie utilisée ».

Faire Construire sa Maison : Quelles mesures techniques avez-vous prises pour compenser la pénalisation d’un chauffage à effet Joule ?
Alexandre Sion : Aucune ! Nous avons des maisons conçues avec l’un des bâtis les plus performants du marché. Du coup, nos maisons ne sont pas réellement pénalisées dans la mesure où le point négatif du chauffage est compensé par une isolation optimale. A cela s’ajoutent des équipements très performants comme des radiateurs intelligents qui s’adaptent au mode de vie des occupants. Les maisons sont également équipées de panneaux photovoltaïques et d’un ballon d’eau chaude à énergie CO2.

Selon leur chauffage vos maisons disposent-elles d’une isolation spécifique ?
Non. Toutes nos maisons sont isolées de la même façon. Nous sommes partis du système constructif de la maison effet Joule et avons appliqué le process d’isolation à tous les autres types de maisons. Les murs périphériques disposent d’un complexe isolant de 155 mm composé de 97 mm de mousse de polyuréthane et de 45 mm de laine minérale plus des plaques de plâtre. Les combles sont également isolés avec un complexe laine minérale et mousse polyuréthane de 400 mm.

Quel est le coût de fonctionnement d’une maison à effet Joule ?
Pour une maison de 90 m2, nous arrivons à une consommation énergétique de 45 € par mois, soit environ 500 € par an à laquelle il faut ajouter les abonnements. L’avantage avec l’électricité c’est qu’il n’y a pas d’entretien ! Une PAC ou chaudière à condensation nécessitent un contrat pouvant coûter de 300 à 500 € par an. Ce qui peut effacer le gain obtenu par ces équipements.

Chauffage électrique : une pénalisation injustifiée

Si le chauffage électrique direct dit à effet Joule n'est certes pas interdit par la RT 2012 ni par la RBR, il ne coule pas de source pour autant. Le législateur a considéré qu'il fallait consommer 2,58 kWh d'énergie primaire (pertes à la production et lors du transport) pour 1 kWh d'électricité consommé. Pour compenser ce calcul un peu théorique, il a estimé que pour qu'une maison dispose d'un chauffage électrique, son bâti devait être deux fois et demie plus performant que celui d'une villa chauffée au gaz ou avec une pompe à chaleur. Ce qui engendre un coût de construction plus élevé.

Mais comme le précise Julien Tchernia, président et cofondateur d’ekWateur, premier fournisseur collaboratif d'énergie verte, « ce cœfficient n'a pas beaucoup de sens en France avec notre important parc nucléaire et a fortiori avec une électricité verte ». Si en Allemagne ou en Europe du Nord, la production d'électricité provient encore de centrales thermiques à charbon au gaz ou pire à la lignite, ce n'est pas le cas en France.

Un KWh d'électricité produit en France émet 6 fois moins de CO2 qu'un kWh de gaz et 8 fois moins qu'un kWh de fioul domestique (avec un mix reposant à 75 % sur le nucléaire et à 15 % sur les énergies renouvelables) .

Nouvelle réglementation thermique
La loi sur la Transition énergétique souhaite aller plus loin que la RT 2012 et prévoit, dès 2021, l’ajout d’exigences portant sur le calcul des émissions de gaz à effet de serre, le calcul des consommations d’énergie et de ressources sur l’ensemble du cycle de vie, une incitation à recourir aux énergies renouvelables pour couvrir et compenser les besoins des bâtiments. Pour ce qui concerne la réduction des gaz à effet de serre (objectif du protocole de Kyoto), l’électricité française est bien placée. Nonobstant la problématique des déchets d’origine nucléaire.

Les atouts du chauffage électrique à effet Joule

Le chauffage électrique direct à effet Joule possède des qualités techniques et financières qui méritent d'être rappelées. Les budgets un peu serrés pourront obtenir une qualité de confort irréprochable pour un investissement modique. Le prix des panneaux rayonnants de dernière génération, connectés et esthétiques, démarre aux alentours de 100 € l'unité.

  • Une grande efficacité. Rendement d'un radiateur est d'environ 100 %. Concrètement, toute l’électricité consommée est transformée en chaleur, c'est l’effet Joule.
  • Un matériel fiable. Contrairement à une chaudière ou à une pompe à chaleur, un chauffage électrique ne tombe pratiquement jamais en panne. Il n'y a pas d'usure de pièces.
  • Un faible investissement. Radiateurs ou planchers rayonnants coûtent beaucoup moins chers qu'une pompe à chaleur ou qu'une boucle d'eau chaude basse température. On trouve des radiateurs à inertie à partir de 100 € l'unité.
  • Pas de contrat d'entretien. Pompes à chaleur et chaudières nécessitent un contrat d'entretien annuel qui, dans certains cas, dépassent le coût annuel de la consommation énergétique. En revanche, un chauffage électrique n'en a pas besoin puisqu'il n'y a pratiquement pas de maintenance à prévoir (pas de ramonage, ni de contrat d'entretien, ni de filtres à changer...).
  • Un bon niveau de confort. L'agrément de vie procuré est aujourd'hui équivalent à celui des systèmes utilisant une boucle d'eau chaude, avec en prime une montée en température plus rapide. La régulation se fait également très précisément, au degré près. Enfin le coût du kilowatt augmente moins vite que celui du gaz.

Chauffage électrique : des maisons très bien isolées

Une isolation performante est une condition sine qua non afin d’opter pour le chauffage électrique. Ce qui est forcément le cas avec une maison neuve. Elle sera encore plus performante avec un chauffage électrique puisque la RT 2012 impose des mesures compensatoires. Soit l'isolation des murs d'enveloppe et de la toiture est renforcée par des épaisseurs d'isolant plus importantes, soit le constructeur intègre un mix de solutions innovantes comme de la laine de verre et du polyuréthane. Conséquence logique, l'étanchéité à l'air est aussi d'un très haut niveau. La limite maximale classiquement fixée à 0,6 m3/m2/h est abaissée à 0,4 m3/m2/h avec un chauffage électrique. Soit 30% de moins que le plafond exigé par la RT 2012. Des constructeurs, comme les Maisons Serge Olivier, sont même arrivés à 0,11 m3/m2/h.

L'Isovip d'Isover est le premier isolant sous-vide certifié Acermi et sous Avis Technique en France. Il se positionne comme le plus performant de tous les isolants certifiés du marché à ce jour. www.isover.fr

Pour l'eau chaude sanitaire : un ballon thermodynamique

Si l'eau chaude sanitaire est le plus gros poste de dépense énergétique, le ballon thermodynamique s'impose dans les maisons neuves. Utilisant le principe de la pompe à chaleur, le chauffe-eau thermodynamique est aujourd'hui la solution optimale pour chauffer l’eau sanitaire. Son principe est de récupérer les calories présentes naturellement dans l’air pour transmettre la chaleur à l’eau du ballon. L’air utilisé par le chauffe-eau thermodynamique peut être l’air ambiant non chauffé, l’air extérieur ou l’air extrait d’une VMC. La pompe à chaleur (PAC) transforme l’énergie présente dans l’air pour la transmettre à l’eau stockée dans le ballon. Un appoint électrique prend le relais automatiquement en cas de températures extérieures extrêmes ou en cas de puisage exceptionnel. Ce type de ballon permet d'obtenir des économies d’énergie allant jusqu’à 70% !

Sous surveillance. Les appareils électroménagers sont responsables d’une grosse partie des dépenses énergétiques. La construction d’une maison neuve économe peut être l’occasion de renouveler tout son matériel et d’en acheter de plus économes. Environ 80% de la consommation électrique sert à chauffer l’eau. Choisissez un modèle de classe A, A+, A++, voire A+++. La facture électrique s’en trouvera allégée. Part des appareils dans la consommation annuelle d’électricité d’un foyer (hors chauffage) : réfrigérateur et congélateur 32 %, sèche-linge : 14 %, lave-vaisselle 14 %, lave-linge : 7 %.

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