Comment faire des économies d'énergie avec une piscine ?

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Les piscines sont moins gourmandes en eau et consomment peu d’énergie. L’association d’une filtration de l’eau à une pompe à chaleur performante réduit leur empreinte carbone.

Plus de trois millions de piscines en France ! Les bassins ont la cote auprès des Français. Si le confinement a dopé la vente de ces équipements de loisirs, la tendance du marché était déjà orientée à la hausse depuis de nombreuses années, bien avant la crise sanitaire qui a frappé l'Hexagone. Très appréciée des familles, la piscine est néanmoins pointée du doigt pour sa consommation d’eau jugée excessive en temps de sécheresse. Mais elle se révèle pourtant bon élève en matière d’environnement. Tant en consommation d’eau qu’en énergie !

Cet abri télescopique vous permet de prolonger la période d'utilisation de votre piscine.© abrisud

Piscines et économies

Consommation d'eau en baisse. La Fédération des professionnels de la piscine et du SPA avance en effet une réduction de 45 % de l’eau utilisée en vingt-cinq ans. Le secret de cette baisse ? Des techniques de filtration plus performantes associées à la réduction de la taille des bassins. Les filtres à cartouche utilisés pour nettoyer l’eau de la piscine de ses impuretés sont moins gourmands en eau. Ce système fonctionnant en circuit fermé, il n’est pas nécessaire d’ajouter de l’eau. Et contrairement au filtre à sable, seuls quelques litres d’eau sont nécessaires au nettoyage du filtre à cartouche. Les piscines actuelles sont aussi plus fluettes, soit 7 m sur 3 avec une profondeur de 1,50 m alors que dans les années 80, les dimensions de ces équipements atteignaient plutôt 10 m sur 5 avec une profondeur de 2 m.

Les piscines aux dimensions plus petites consomment moins d'eau.© Magiline

Des piscines sobres en énergie. Les bassins sont aussi moins gourmands en énergie. Le fonctionnement d’une piscine est pourtant très consommateur en électricité que ce soit la filtration, le chauffage ou encore les éclairages. Les systèmes de chauffage ont vu leur consommation divisée par 9,5 en quarante ans, selon la Fédération des professionnels de la piscine et du SPA. Comment ? En utilisant des pompes à chaleur plus performantes, ces appareils récupèrent les calories de l’air ambiant pour chauffer l’eau. Il leur suffit d’un kilowatt d’électricité pour restituer une puissance de chauffage comprise entre 4 et 7 kW. « Auparavant, les pompes à chaleur étaient plutôt surdimensionnées. Désormais, elles sont mieux adaptées aux besoins de la piscine », observe Joëlle Pullinx-Challet, déléguée générale à la Fédération des professionnels de la piscine et du SPA. « Moins puissantes, elles sont plus économes en énergie. » 

La consommation électrique des piscines a beaucoup baissé grâce notamment à des pompes à chaleur devenues plus performantes.© Heiwa

Des solutions innovantes

Une couverture pour avoir chaud. Mais la diminution des consommations dédiées au chauffage passe aussi par d’autres solutions comme la couverture Solae Waterair ®, conçue par Waterair. Cette dernière, composée de panneaux transparents, chauffe la lame d’air, faisant gagner de précieux degrés à l’eau du bassin. « Soit un gain de 9 °C par rapport à une piscine non couverte », précise Vianney Tuffal, directeur général des piscines Waterair. « Cette couverture solaire permet aux clients de se passer d’une pompe à chaleur et d’augmenter la plage d’utilisation de leur piscine de mai à septembre. Il faut juste du soleil ! »

Avec cette couverture Solae Waterair®, l'eau se réchauffe grâce aux apports solaires, soit un gain de 9 °C par rapport à un bassin non couvert. Une solution permettant de se passer d'une pompe à chaleur.© Waterair

La chaleur de l’ardoise. Des industriels proposent aussi d’autres solutions comme Cupa Pizarras, ce fabricant d’ardoises espagnol. Le procédé ? Des capteurs solaires thermiques sont placés sous un panneau composé de douze ardoises qui constituent la terrasse entourant la piscine. La chaleur du soleil chauffe le fluide caloporteur qui, via un échangeur implanté dans un ballon, chauffe l’eau qui alimentera la piscine. Ce ballon est par ailleurs relié à une pompe à chaleur, les capteurs solaires thermiques étant cependant utilisés prioritairement pour chauffer l’eau de la piscine.

Un budget à prévoir

« Six panneaux ont été installés chez un client habitant à Rivedoux sur l’île de Ré (17) pour chauffer l’eau à une température de 24 ° C », détaille Erwan Galard, chef de produit Thermoslate Plat chez Cupa Pizarras. « Le rayonnement solaire permet au client de profiter de sa piscine de la mi-mars à la mi-octobre. » Original, ce procédé reste néanmoins coûteux ! Comptez 6 600 € pour l’achat de six panneaux hors pose, hors achat de l’échangeur thermique. « Ce n’est pas un choix économique, mais plutôt la volonté d’être indépendant d’un point de vue énergétique », prévient Erwan Galard. « L’esthétique des capteurs fait aussi partie des critères de choix puisque ces capteurs sont parfaitement intégrés. » Des capteurs qui peuvent également se poser à la verticale sur des murs pour donner un cachet supplémentaire à sa piscine et diminuer ainsi l’usage de la pompe à chaleur et donc sa puissance.

Cette couverture assure la sécurité du bassin, évitant ainsi la chute d'enfants. C'est également un bon moyen de conserver la température de l'eau en luttant contre l'évaporation naturelle.© Abrisud

Des filtrations performantes

Les filtrations ont aussi opté pour un mode de fonctionnement plus sobre. Ces équipements consomment 6,5 fois moins d’énergie qu’il y a quarante ans. Les piscines profitent d’une pompe à vitesse variable qui achemine l’eau de la piscine à la filtration. Le principe ? La pompe adapte le débit de l’eau à l’usage du moment. Elle tournera vite lorsque le bassin sera utilisé par les occupants de la maison nécessitant alors une filtration plus forte. Inversement, le débit sera plus faible lorsqu’il n’y aura personne. Le débit étant moins élevé, la consommation électrique baissera également d’où des économies d’énergie. Cerise sur la piscine, cette pompe qui ne tournera pas tout le temps à pleine puissance verra sa durée de vie prolongée.

Cette protection signée Poujoulat vous permet de protéger votre pompe à chaleur qui sera aussi plus discrète sur votre terrain.© Poujoulat

Les atouts du chlore naturel

L’empreinte écologique des piscines ne se réduit pas à la diminution de leur consommation énergétique. Le traitement de l’eau a aussi un impact. S’il est indispensable de traiter l’eau en la désinfectant, plusieurs produits peuvent être utilisés comme les galets de chlore. C’est le procédé le plus répandu, car le plus simple. Mais l’électrolyse au sel qui transforme le sel en chlore naturel gagne du terrain. Selon la Fédération des professionnels de la piscine et du SPA, ce procédé équipe 28 % du parc des piscines. Et près d’une piscine sur deux vendue est dotée de ce système.

L'entretien de votre piscine sera automatisé grâce à cet appareil qui régulera le PH et utilisera l'électrolyse.© Desjoyaux

Une baignade confortable. Avec cette solution, vous gagnerez en confort de baignade. Car il n’y aura aucune odeur et les yeux ne vous piqueront pas. Autre atout : ce produit, contrairement aux galets de chlore chimique, ne présente aucun risque lors de sa manipulation. Il est aussi moins coûteux que les galets que vous devrez acheter, excepté le coût d’investissement nécessaire pour l’acquisition de l’électrolyse au sel. Un procédé qui coûte entre 500 à 800 € pour les produits d’entrée en gamme. Mais les prix atteignent 2 000 € pour l’électrolyse haut de gamme. « Mais plus on utilise sa piscine, notamment dans le sud de la France, plus l’électrolyse au sel apportera de confort. À terme, les particuliers n’utiliseront plus de galets de chlore, car ils sont en recherche de simplicité », pronostique Vianney Tuffal. 

Gestion automatisée de l'eau. Mais l’utilisation de ces traitements de l’eau peut être aussi optimisée grâce aux systèmes d’automatisation. Ces derniers analysent en permanence la qualité de l’eau mesurant le PH et le taux de chlore. En cas de baisse, l’utilisateur est alors informé immédiatement via son smartphone. L’application lui indique la quantité de galets de chlore qu’il devra utiliser pour améliorer l’eau de sa piscine. Ce qui permet de doser au plus juste la quantité de produits tout en profitant d’une eau de qualité. Complètement automatisée, la gestion peut aussi solliciter davantage l’électrolyse en cas de besoin sans que l’utilisateur soit mobilisé. Bref, la piscine s’occupe de tout !

Cette application de Bayrol donne des conseils pour optimiser le dosage des produits assurant le traitement de l'eau.© Bayrol

Les bons gestes pour une piscine économe

Si la technologie contribue à la préservation des ressources, les bonnes pratiques doivent être, elles aussi, encouragées. Pour renouveler l’eau une fois par an, il n’est pas nécessaire de vider intégralement sa piscine. Un tiers suffit pour repartir sur de bonnes bases. De même, lors du premier remplissage de votre piscine avec l’eau du réseau ou celle d’un puits, faites analyser cette dernière. Il faut en effet un bon équilibre entre les minéraux. « S’il y a un déséquilibre, le chlore ne fonctionnera pas et des algues peuvent se développer dans le bassin, prévient Joëlle Pullinx-Challet. L’eau de puisage risque d’endommager le liner, le revêtement assurant l’étanchéité de la piscine. »

Avis d’expert
Piscines Waterair a créé la piscine zéro impact. Vianney Tuffal, son directeur général, nous explique ce concept et détaille les attentes des particuliers.


Construire sa maison : En quoi consiste votre concept piscine zéro impact ?
Vianney Tuffal : Il s’agit d’une piscine enterrée sur mesure dotée d’une filtration consommant jusqu’à cinq fois moins d’électricité qu’une filtration traditionnelle, tout en garantissant la qualité de l’eau. Une couverture solaire chauffe aussi l’eau, soit un gain de 9° C par rapport à une piscine non couverte, ce qui évite au client d’installer une pompe à chaleur pour chauffer l’eau de sa piscine. Enfin, on peut ajouter deux capteurs photovoltaïques qui produiront l’électricité suffisante pour couvrir la consommation de la filtration.


A combien peut-on évaluer l’économie réalisée par l’utilisateur ?
On peut estimer un gain de 500 € par an sur sa facture d’électricité.  


Vos clients sont-ils sensibles aux questions environnementales ?
Les préoccupations de nos clients sont perceptibles, mais elles ne se traduisent pas par une volonté de diminuer leurs émissions en carbone. Ils sont plutôt sensibles à l’efficacité de nos produits ainsi qu’à la durabilité de l’équipement que nous leur vendons. Notre objectif : réduire le coût d’utilisation de la piscine par l’absence d’un mode de chauffage. Mais nous réduisons notre empreinte environnementale en utilisant de l’acier recyclé à 80 %. Nous utilisons aussi moins de ciment que nos confrères proposant des piscines enterrées. Nous avons seulement besoin pour réaliser une chape de 5 à 7 cm qui accueillera la piscine et les plots en béton sur lesquels reposeront les jambes de force. Nos camions transportent par ailleurs de sept à onze piscines pour optimiser le chargement, évitant les rotations inutiles.

Ce système de traitement de l'eau associe les UV et l'électrolyse au sel.© Renai'Sens-partenaire BIO UV

Comment choisir une piscine performante ?
En 2023, les consommateurs choisiront plus facilement les piscines les plus respectueuses de l’environnement. La Fédération des professionnels de la piscine et du SPA a créé une norme environnementale européenne qui classifiera les performances des différents équipements des piscines tels que la filtration de l’eau, le chauffage, le réseau hydraulique… Ce référentiel se matérialisera par des pictogrammes, déclinés de A pour un impact environnemental limité à F pour le moins bon.