Les matériaux de construction écologiques

Vivre sous un toit plus sain, respectueux de l'environnement et économe en énergie. Voilà les réels enjeux des choix constructifs de nos maisons. La diversité des matériaux ne rend pourtant pas la sélection aisée. Bois, brique ou béton, on vous dit tout sur ces alliés de l'habitat durable et leurs vertus écologiques.

On savait les Français séduits par la maison individuelle, on les découvre également soucieux d’un habitat respectueux de l’environnement et de leur santé. « La durabilité est aujourd'hui au cœur des questions de construction », confirme l’un des responsables du site internet Les Matériaux Verts. « Depuis l’entrée en vigueur de la RT 2012 (la norme qui régit la construction de maisons NDLR), intérêt environnemental et opportunité économique se conjuguent désormais pour délivrer des logements économes, performants et sains. »

Les matériaux de construction. A ce titre le bâti est investi d’un rôle non négligeable. Si on lui demande de faire preuve d’une bonne inertie thermique et de favoriser l’économie d’énergie, on attend aussi qu’il veille au respect de notre santé comme à la préservation de l’environnement. Reste que la diversité des matériaux de construction ne rend pas le choix aisé, car en plus de présenter des performances équivalentes, ces produits peuvent se targuer de quelques indéniables vertus « écologiques ».

Compomur est un système constructif composite qui associe ossature bois et panneaux de béton cellulaire. De quoi apporter souplesse structurelle et inertie thermique, www.compromur.com

 Impact écologique des matériaux de construction. Pour le site les Matériaux Verts, « vivre dans une maison saine et durable suppose de choisir des matériaux qui n’altèrent évidemment pas la santé des habitants. Mais on peut aussi aller plus loin et s’interroger sur la consommation d’énergie nécessaire à la fabrication de ces matériaux, à leur transport et à la gestion de leurs déchets. Autrement dit tenir compte de leur profil environnemental ». Sachez néanmoins que chaque constructeur œuvre généralement avec un matériau de prédilection, par habitude locale ou simplement par savoir-faire. Dans un souci de clarté, nous avons établi la carte d'identité des différents matériaux, ceux couramment utilisés, aux performances éprouvées et les petits nouveaux, fruits de récentes innovations technologiques ou d'anciennes techniques réhabilitées.

Les mots des matériaux
Un matériau de construction sain est un matériau dont les risques pour la santé sont évalués scientifiquement, sont acceptables et contrôlables, suivant les étapes de son cycle de vie en suivant l’évolution des connaissances scientifiques.
Un matériau naturel n’est pas forcément un matériau sain. Il n’est naturel que par sa provenance et des ajouts servant à optimiser son utilisation peuvent en modifier considérablement ses qualités originelles.
L’énergie grise est l’énergie utilisée pour extraire les matières premières, fabriquer, transporter, distribuer, éliminer ou recycler le produit en fin de vie. L’objectif est bien entendu d’opter pour des produits de construction qui affichent une faible énergie grise.
Un matériau écologique est un matériau dont la production, la mise en œuvre, l’utilisation, le recyclage ne sont pas préjudiciables à l’environnement. C’est également un matériau économe en matière première et en énergie. Les produits de construction doivent par ailleurs être munis d’une étiquette qui indique, de manière simple et lisible, leur niveau d’émission en polluants volatils. Le niveau d’émission du produit est indiqué par une classe allant de A+ (très faibles émissions) à C (fortes émissions), selon le principe déjà utilisé pour l’électroménager ou les véhicules. Les consommateurs disposent ainsi d’une information transparente qui peut constituer un critère de sélection supplémentaire.

Système constructif innovant, le panneau composite ÖvoNatur est composé d'une multitude de couches de différents matériaux. www.weberhaus.com

Quid du bilan environnemental ?
Aucun matériau ne peut se prévaloir d'un bilan environnemental global meilleur par rapport aux autres. C’est là toute la difficulté. Vous pourrez avoir une estimation du profil environnemental de votre ouvrage en vous reportant aux diverses fiches de déclaration environnementales et sanitaires (FDES), établies par les industriels ou syndicats de professionnels. Ces documents détaillent les qualités environnementales du produit tout au long de sa durée de vie. Ils fournissent des données quantifiées sur les ressources naturelles consommées, sur les émissions dans l'environnement, sur la production des déchets, mais également sur les critères de santé et de confort hygrométrique et acoustique. Ces fiches sont consultables sur la base de données publiques www.inies.fr

Les matériaux de construction : la brique

Composée d'argile et de gypse, la brique est cuite à 900°. Une dépense énergétique que les industriels s'efforcent de limiter en faisant des efforts sur les process de cuisson. « Ils utilisent de plus en plus souvent de la biomasse ou du biogaz (méthanisation des ordures ménagères) comme combustible, pour ne pas puiser dans les énergies fossiles », souligne le délégué général du GIE Briques de France. Une fois cuite, la brique passe dans des séchoirs, qui fonctionnent grâce à l'énergie récupérée. 

Matériau sain, la brique est imputrescible, ne dégage pas de Cov. Grâce à son inertie, elle améliore le confort de la maison. Réalisation Terreal, www.terreal.com

Entièrement naturelle. Ce matériau sain constitue une véritable barrière hygrométrique, insensible à l'humidité. Les problèmes de moisissures sont éradiqués comme les dégagements de composés organiques semi-volatils. Une brique classique fait généralement 20 cm d'épaisseur. La seule différence notoire entre les produits porte sur leur résistance thermique. Plus cette dernière est élevée, plus le matériau participe aux performances globales du bâti, en ce sens qu’il apporte une meilleure isolation. Autre atout, l’assemblage des blocs se fait selon la technique dite de la pose « à joints minces » grâce à un mortier colle prêt à l’emploi. Avec à la clé rapidité de mise en œuvre et économie d'eau (90 % environ par rapport à un mortier traditionnel).

La brique Monomur®. Elle offre des qualités accrues. « Ce produit est l'aboutissement des qualités de la brique traditionnelle », indique le GIE Briques de France. « Un travail sur les argiles et une multiplication des alvéoles, qui emprisonnent l'air, ont permis d'accroître les performances thermiques du produit. D'où l'obtention d'un système constructif complet, le matériau lui-même étant isolant. » Grâce à son inertie importante, elle joue un rôle de régulateur thermique et offre une bonne étanchéité à l’air parasite. Il existe deux types de briques Monomur® sur le marché : les unes de 30 cm d'épaisseur, les autres de 37,5 cm.

La brique enrichie. Certains constructeurs semblent se tourner aujourd’hui vers un bloc Monomur® à isolation intégrée. Celui mis au point par le fabricant Bellenberg ou Winerberger avec Porotherm allie les qualités intrinsèques de la terre cuite aux propriétés de la laine de roche. Le principe ? : des coussins de laine de roche haute densité, réputée pour son excellente perméabilité et sa très grande inertie, sont intégrés dans de larges alvéoles. Ce nouveau produit est apte à répondre à des exigences écologiques de très haut niveau et à des besoins d'isolation poussée pour atteindre notamment les exigences des maisons passives (consommation d'énergie primaire inférieure à 15 kWhep/m2.an). Trois niveaux de résistance thermique sont possibles et dépendent directement de l'épaisseur choisie (de 30 à 42,5 cm).

Combiner les qualités de la terre cuite avec celles d'un isolant performant, c'est le secret du nouveau système constructif Mur'max®. www.bouyer-leroux.com

Les bons matériaux et les autres
Dans le cadre d’un projet de construction, mieux vaut mettre en œuvre des produits disposant d’un avis technique du CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment). Pourquoi ? Parce que l’Avis technique est l’appréciation impartiale de l’aptitude d’un produit à l’emploi prévu et qu’il fait foi d’une indéniable qualité finale de votre habitat. « L’évaluation technique constitue la colonne vertébrale de l’appréciation de l’aptitude à l’emploi des procédés, matériaux, éléments ou équipements d’un ouvrage. Elle guide les prescripteurs dans leurs choix de produits et les éclaire dans l’exercice de leurs responsabilités », aime à rappeler le CSTB. Celui-ci contribue ainsi à l’amélioration de la qualité des constructions, à la sécurité et au respect des enjeux environnementaux. Sachez également que les contrats d'assurance garantissant la responsabilité décennale des entrepreneurs du bâtiment comportent systématiquement une mention précisant que les garanties du contrat ne sont acquises que pour des travaux de technique courante, conformes au DTU (Documents techniques unifiés), règles professionnelles et textes législatifs en vigueur (lois, décrets, arrêtés), et que les produits mis en œuvre doivent être certifiés ou bénéficier d’un avis technique.

Les matériaux de construction : le bloc béton

Avec plus de quinze millions de tonnes vendues chaque année, il est le produit de construction de murs le plus utilisé en France. De l'eau, des graviers, du sable et un peu de ciment, voilà les composants du bloc béton. Ce mélange est ensuite moulé pour obtenir la géométrie souhaitée. Il présente un bilan écologique globalement satisfaisant : peu d’énergie utilisée pour sa fabrication et aucune pour le séchage puisqu’il n’a pas besoin d’être cuit. Par ailleurs, il bénéficie d’un maillage dense de ses sites de production en France, ce qui limite l’émission de dioxyde de carbone normalement générée par les transports. Il offre également de bonnes performances en termes de confort thermique et acoustique et garantit une inertie importante, qui assure notamment un meilleur confort l’été. Les industriels ont mis au point des blocs dits rectifiés sur les deux faces dont la pose s’effectue à joints minces avec un mortier-colle de quelques millimètres d’épaisseur seulement.

Le Planibloc® est un bloc béton nouvelle génération notamment en terme de mise en oeuvre. Sa pose à joints minces à l'aide d'un mortier colle prêt à l'emploi simplifie le chantier et favorise les économies

La pierre ponce. Le monobloc de pierre ponce est poreux à 85 %, ce qui le rend naturellement isolant sur le plan thermique et phonique. Sa fabrication ne requiert aucune cuisson et il n’y a aucun ajout de matières polluantes, il est donc 100 % recyclable et préserve la qualité de l’air. Sa structure alvéolaire permet d'y inclure un isolant, qui renforce considérablement ses performances thermiques. Le groupe Alkern en propose différentes versions. L'une avec de la laine de roche insérée dans les cavités, l'autre contenant du PSE. Rapides à mettre en œuvre, grâce au joint mince, les blocs de pierre ponce se distinguent également par leur extrême légèreté. Ils sont donc simples à mettre en œuvre et à poser. Enfin, sur un chantier, la quantité d'eau utilisée sera moins importante que les produits béton traditionnels.

le bloc de pierre ponce allie performances thermiques et respect de l'environnement, lafarge

Le polystyrène expansé Isolasup Evolution de Chausson Matériaux est un système de bloc coffrant isolant qui permet de construire une maison de manière simple et efficace. Gros œuvre et isolant à la fois, il facilite le travail des ouvriers sur un chantier. Mieux, grâce à ses emboîtements spécifiques, le montage sera rapide. Réalisé en polystyrène expansé (PSR) Néopor®, Isolasup Evolution est composé à 97 % d'air, ce qui en fait un matériau assez léger. Il contient du graphite. Une matière qui améliore considérablement ses performances isolantes. Il est aussi respectueux de l'environnement. Ne dégageant pas de COV (Composés organiques volatils), sa mise en œuvre ne dégage pas de poussière, engendre peu de déchets et aucune nuisance sonore. Il est aussi 100 % recyclable.

Mis en oeuvre par un nombre croissant de constructeurs, le polystyrène expansé est plébiscité pour ses vertus écologiques. ISOLASUP Evolution.

Thermoform®, dans une autre version, réunit le meilleur du polystyrène expansé et du béton. Soit le pouvoir isolant du premier et l'inertie et la solidité du second. Il se compose d'un bloc de coffrage en polystyrène à l'intérieur duquel on a coulé du béton. Thermoform® se distingue notamment par son excellente résistance thermique. Il permet de supprimer le phénomène de ponts thermiques, sources d'inconfort et de déperdition de chaleur dans une maison. Il se distingue également des autres matériaux par sa légèreté. Un bloc représente l'équivalent de huit parpaings mais pèse moins de six kilos ! Autre point fort de ce matériau : sa durabilité accrue. Grâce à son voile de béton armé, il résiste aux intempéries et présente une bonne tenue face au feu. Enfin, grâce à sa flexibilité, il s'adapte à toutes les formes de construction ou de finition.

Le béton cellulaire. Fabriqué à partir de matières premières naturelles, il résulte d’un mélange de sable siliceux broyé fin, de ciment, de chaux de haute qualité et de poudre d’aluminium. C’est l’introduction de cette poudre d’aluminium qui permet d’obtenir par réaction chimique la formation de milliards de petites bulles d’hydrogène piégées dans la masse. Il est à 80 % rempli de bulles d’air. Cet air y est donc inerte et confère au matériau toutes ses qualités thermiques. Remarquable isolant, le béton cellulaire est également doté d'une bonne inertie, appréciable notamment aux intersaisons. En effet, les murs mettent entre douze et treize heures à transmettre la chaleur emmagasinée dans la journée. Autres avantages du béton cellulaire, c'est un matériau incombustible (classé MO), il n'émet aucun composé organique volatil. Il se pose à joint mince à l'aide d'un mortier colle spécifique. Les blocs de béton cellulaire Ytong de Xella présente différentes épaisseurs de 25 à 50 cm.

Le béton cellulaire se monte selon le système du joint mince : il est assemblé par un mortier-colle, ce qui permet d'assurer la solidité de l'ouvrage tout en réduisant la consommation d'eau sur le chantier, Xella Ytong.

Les matériaux de construction : le bois

L’ossature bois industrialisée, système constructif le plus répandu, consiste à ériger une trame régulière et faiblement espacée de pièces verticales (les montants) et de pièces horizontales (les traverses). Sur cette ossature sont ensuite fixés des panneaux bois entre lesquels schématiquement on place un isolant. Les panneaux sont préfabriqués en usine. Ils sont ensuite acheminés sur le chantier pour être assemblés. Un système qui offre de nombreux atouts : rapidité de montage, adaptation plus facile aux terrains délicats (le bois est plus léger) et forte capacité d'isolation. Côté bilan écologique, rappelons que le bois nécessite peu d'énergie pour sa transformation et génère donc peu de matières polluantes dans l’environnement, mais il est souvent produit loin de son lieu d'utilisation, son transport impliquant des émissions de carbone. Par ailleurs, si vous êtes soucieux de l'environnement, veillez à ce que les bois choisis pour votre maison proviennent de cultures raisonnées, pratiquées sous nos latitudes (label FSC ou PEFC). Préférez aussi les bois dont le traitement n'est pas agressif pour l'environnement. Question innovation, les industriels de la filière bois n'ont rien à envier aux acteurs de la brique ou du béton. La preuve avec ÖvoNatur®. Ce système constructif se caractérise par sa superposition de couches de différents matériaux permettant de réaliser des murs extérieurs d'excellente qualité. On y trouve notamment des panneaux en fibre de bois écologique qui est l'élément central du système d'isolation. Le bois utilisé provient des forêts locales. ÖvoNatur® contient également de la laine minérale naturelle composée de verre recyclé mélangé à du sable de Quartz et à des liants. Elle bénéficie du label écologique allemand l'Ange Bleu. Sa composition prévoit aussi un panneau composite en bois de 16 mm d'épaisseur fabriqué à base d'épicéa non traité et de colle sans formaldéhyde. Enfin, un rembourrage pare-vapeur freine la diffusion de la vapeur d'eau. Pour une atmosphère intérieure plus saine. 

Fleuron de l'habitat durable, le bois s' insère harmonieusement dans tous les environnements. www.cndb.org

La structure à ossature métallique. Certains constructeurs ont également recours à l'ossature métallique. La carcasse de la maison est faite de poutres d'acier inoxydable sur lesquelles on place des panneaux de béton associés à un isolant. Chez d'autres professionnels, c'est une cage de métal qui renferme l'isolant. Dans les deux cas, la performance énergétique, l'inertie, la solidité ou encore les vertus parasismiques sont au rendez-vous. Ce type de construction offre également une grande liberté de création associant qualité architecturale et confort de vie. Autre avantage, elle est pérenne et entièrement recyclable. 

La construction à ossature bois offre de nombreux atouts : rapidité de montage, adaptation plus facile aux terrains délicats (le bois est plus léger) et forte capacité d'isolation. Ici démonstration est faite en plus de ses nombreuses possibilités architecturales. Réalisation Tristant Brisard, lauréat du Prix national de la construction bois 2015. ""POIGNÉE DE CHÂTAIGNE"", www.cndb.org 1er prix.

Les matériaux de construction vraiment écolos
Utilisés de façon plus confidentielle dans le cadre de la construction, les « écomatériaux » dits également biosourcés ont de réels atouts à faire valoir. Il s’agit avant tout des produits ou sous-produits agricoles issus d’une production locale. Au-delà de leurs intérêts thermique, sanitaire et environnemental, les écomatériaux offrent aussi une réelle cohérence économique et sociale pour un territoire. Attention toutefois, la plupart d’entre eux ne disposent pas encore d’un avis technique du CSTB. Des démarches d’évaluation technique ou des demandes de Pass’ Innovation sont cependant en cours.
Le chanvre.
Plante écologique par excellence, le chanvre pousse facilement, demande peu d’engrais, peu d’eau et pas de pesticides. Mélangées à de la chaux, ses fibres constituent un béton que l’on dépose entre des planches de coffrage, les banches. La brique de chanvre est le matériau parfait pour le remplissage des ossatures bois. Sa résistance thermique reste excellente. La pose s'effectue quant à elle au moyen d'un joint mince de mortier de chaux. Les panneaux de façade Néochanvre sont quant à eux préfabriqués ce qui diminue les plannings d'exécution et assure une qualité constante des produits.
Le lin.
Développé par l'ESITIC de Caen* le Btonlin est comme son nom l'indique un béton à base de fibres végétales de lin. Les caractéristiques naturelles du lin en font un matériau moins impactant pour l'environnement, résistant et particulièrement isolant. Il est même conforme aux futures réglementations (Réflexion bâtiment responsable 2020) ou encore au label Bâtiment biosourcé.
La paille.
Ressource abondante et disponible, la paille est déjà largement utilisée dans la construction et séduit les candidats en quête d'un habitat sain, écologique et recyclable. Les systèmes constructifs employés concernent principalement le remplissage d'ossatures. Le principe : on édifie une ossature de bois que l’on remplit ensuite de bottes de paille avant de les enduire de chaux. L’épaisseur du matériau lui confère en outre d’excellentes propriétés isolantes.

 

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