Comment choisir des matériaux sains ?

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Comment construire une maison aussi neutre que possible sur la santé ? Tout simplement en choisissant soigneusement les matériaux mis en œuvre.

Manger et habiter sain sont désormais des évidences pour tout le monde. S'il est assez facile de modifier ses habitudes alimentaires pour des produits bio, de qualité et moins nocifs pour la santé, en revanche, ça se complique lorsqu'il s'agit du logement. Aujourd'hui la pollution de l’air intérieur est montrée du doigt. De nombreux composés clandestins inodores et invisibles sont émis par les matériaux de construction. Comment être sûr que le gros et le second œuvre de notre maison n'ont pas d'effets nocifs sur notre santé ? En choisissant dès la construction des matériaux aussi inoffensifs que possible. Nos conseils pour un habitat sain et responsable. 

Matériaux sains : attention aux faux amis !

Définition. Qu'est-ce qu'un matériau sain ? Suzanne Déoux, spécialiste reconnue du sujet, en donne une définition dans son livre éponyme. « Un matériau sain doit être au moins un matériau dont les risques pour la santé soient évalués scientifiquement, soient acceptables et contrôlables à court et long terme durant son cycle de vie, selon le mode d'utilisation et suivant l'évolution des connaissances scientifiques. »  

Matériaux et environnement. Pour Claire-Sophie Coeudevez, directrice du bureau d'études Medieco, spécialisé dans le conseil en ingénierie de santé dans le cadre bâti et urbain, « nous parlons plutôt de matériaux respectueux de la santé et de l'environnement. Pour évaluer la qualité sanitaire d'un matériau, on va regarder ce qu'il contient ou émet : émission de polluants chimiques, fibres et particules, résistance au développement fongique. ». 

Question de santé.  « Un matériau naturel n'est pas forcément un matériau sain ! », annonce Claire-Sophie Coeudevez. Le cas extrême est l'amiante. Ses fibres minérales 100 % naturelles vantées pendant des décennies pour leur résistance à la chaleur et au feu sont désormais bannies pour leurs risques cancérogènes. « Certaines peintures naturelles peuvent contenir de l'essence de térébenthine qui est nocive pour la santé », ajoute-t-elle. Les isolants biosourcés contiennent souvent des retardateurs de flammes, des liants, des insecticides ou des antimoisissures. Quant au bois, il subit des traitements antitermites et antifongiques…  

Ce sont les matériaux de second œuvre et de décoration qui émettent le plus de substances chimiques ou de fibres. www.isover.fr

Bien lire les étiquettes des matériaux

Qualités identifiées. « Il faut lire les étiquettes et les pictogrammes sur les produits ! », conseille Claire-Sophie Coeudevez. Tous les produits liquides, colles, peintures, vernis, mais aussi les isolants et revêtements de sol… ont l'obligation de faire figurer des informations sur leur emballage. L'étiquette permet aussi d'identifier la nature des dangers et les précautions à prendre lors de leur manipulation.  

Etiquette. Parallèlement, les produits de construction et de décoration sont munis d’une étiquette qui indique, de manière simple et lisible, leur niveau d’émission en polluants volatils. Cet étiquetage concerne les produits de construction ou de revêtements de parois ainsi que les produits utilisés pour leur incorporation ou leur application.  

Classement. Le niveau d’émission du produit est indiqué par une classe allant de A+ (très faibles émissions) à C (fortes émissions), selon le principe déjà utilisé pour l’électroménager. L’information apportée par l’étiquette est destinée à l’occupant de la pièce et non au poseur. Quelle que soit la classe affichée, une bonne ventilation mécanique mais aussi naturelle est la clef d'un habitat sain. Surtout dans les maisons neuves qui sont quasiment étanches !  

Les matériaux de construction et de décoration doivent afficher leurs performances en matière de santé environnementale. L'étiquette échelonnée de A+ à C indique le niveau d'émission de polluants volatils. www.developpement-durable.gouv.fr

Comment s'informer ? 

Conformité sanitaire. Les seuls matériaux de construction qui disposent d’une base sûre pour affirmer qu’ils ne nuisent pas à la santé sont ceux en contact avec l’eau potable comme les canalisations. L’Attestation de conformité sanitaire (ACS) est obligatoire. Elle est délivrée par les autorités sanitaires et fait l’objet d’une réglementation et de contrôles par des laboratoires agréés. Les autres produits ne disposent pas d’un tel référentiel : il n’existe donc pas pour le moment de base de données fiable pour affirmer que tel ou tel matériau est sain ou qu’il ne l’est pas. 

Matériaux fichés. Les Fiches de déclaration environnementale et sanitaire donnent des informations santé et confort d’usage sur cinq mille matériaux : contribution du produit à la qualité sanitaire des espaces intérieurs et de l’eau, contribution à la qualité de vie dans le bâtiment (confort hygrothermique, acoustique, visuel et olfactif). « Emicode est un bon label européen qui concerne uniquement les produits de pose des revêtements de sol (colles et mortiers) et qui garantit leur faible émission de COV. Le label Gut concerne les moquettes. Mais il n'y aura probablement pas d'harmonisation européenne », conclut Claire-Sophie Coeudevez.