Quels matériaux pour l'isolation de votre maison ?

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Les isolants font leur révolution. Leurs performances s'améliorent alors que leur épaisseur diminue. Découverte de quelques matériaux vraiment innovants qui augmentent le confort et les économies d’énergie dans les maisons neuves.

L’isolation des maisons neuves occupe une place essentielle dans leur conception. Sans elle, aucune construction ne pourrait répondre aux exigences de la Réglementation thermique 2012 et de la future Réglementation environnementale RE 2020, des normes techniques qui insistent notamment sur les économies d’énergie.

Pour atteindre des niveaux de performances inimaginables il y a quelques années, les industriels rivalisent d’ingéniosité. Ils proposent des matériaux toujours plus performants, innovants et écologiques. Si les laines minérales traditionnelles (laine de verre et de roche) ainsi que les polystyrènes expansés (PSE) sont encore majoritairement utilisés, de nouveaux matériaux plus fins et beaucoup plus isolants font leur apparition. Encore marginaux, ils seront certainement la norme dans quelques années.

Quarante ans de réglementation en matière d’isolation

L’isolation des maisons est une préoccupation relativement récente qui ne date que du début des années soixante-dix. Il faut attendre en effet 1974 et le premier choc pétrolier pour qu’une première réglementation concernant l’isolation thermique voie le jour. Et à cette époque l’isolation était presque symbolique.

Les années 80 voient arriver les premiers labels. Le label Haute Isolation devient obligatoire pour tous les logements en 1982, ainsi que le label Haute Performance énergétique l’année suivante. En 1994, la Nouvelle Réglementation acoustique impose des exigences plus strictes, notamment en définissant une isolation minimale de 30 dB contre les nuisances sonores ainsi qu’une réduction des bruits. Des règles sont également établies à propos du bruit produit par les équipements à l’intérieur du logement (appareils de chauffage ou VMC, par exemple).

Ce n’est que dans les années 2000 que l’isolation rime définitivement avec économies d’énergie. La signature du protocole de Kyoto instituant une division par quatre des émissions de gaz à effet de serre est passée par là. La Réglementation thermique 2000 (RT 2000) introduit alors une nouvelle notion : le confort d’été. L’isolation de l’habitat doit ainsi être aussi performante en été qu’en hiver.

Cinq ans plus tard, la Réglementation thermique 2005 (RT 2005) poursuit les objectifs de la réglementation précédente en augmentant davantage les niveaux d’isolation requis. Une carte des zones climatiques françaises est dressée afin d’adapter les exigences de l’isolation en fonction de chaque région, et le label BBC (Bâtiment basse consommation) est mis en place.

Le 1er janvier 2013, la RT 2012 limite la consommation d’énergie primaire des bâtiments neufs : elle ne peut plus dépasser 50 kWhEP/m2/an, un plafond modulable selon les régions et l’altitude (40 kWhEP/m2/an sur l’arc méditerranéen, 65 kWhEP/m2/an en
Lorraine, par exemple). L’utilisation des énergies renouvelables est rendue obligatoire. Surtout, la RT 2012 institue un coefficient bioclimatique (le Bbio), qui prend en compte le besoin en énergie de la maison. Résultat : une maison neuve d’aujourd’hui consomme trois à cinq fois moins d’énergie qu’une villa bâtie avant 1974.

Prochaine étape : la Réglementation environnementale 2020 (RE 2020). ces nouvelles normes renforceront l’aspect économies d’énergie de la RT 2012. Et elles inciteront les maisons à être positives, c’est-à-dire à produire plus d’énergie qu’elles n’en consomment. Elles lui ajouteront les notions d’habitat décarboné avec notamment l’analyse du cycle de vie des matériaux. L’idée : promouvoir les solutions biosourcées, les circuits courts, le recyclage, mais aussi la santé dans l’habitat via notamment la qualité de l’air intérieur.

Le polyuréthane 

Le marché du polyuréthane (PU) progresse lentement mais sûrement. C’est le constat établi par le Syndicat national des polyuréthanes. Selon le directeur général du SNPU, ce sont ses caractéristiques qui ont permis au PU, « encore méconnu en France, de trouver sa place et son positionnement ».

Le PU s’applique principalement en isolation de toitures plates, des sols et des murs intérieurs. « Pour ce qui est de l’ITE et notamment du sarking (NDLR procédé d’isolation thermique par l’extérieur de toitures inclinées), le PU est challenger », mentionne le vice-président du SNPU. La mousse de polyuréthane est un isolant alvéolaire, composé de fines cellules emmagasinant un gaz à faible conductivité thermique. De fait, le polyuréthane est un isolant à Haute Performance énergétique (HPE). Léger et peu épais il possède en outre une excellente résistance mécanique. Quant à ses performances thermiques et sa durabilité, elles sont d’un bon niveau.

Le polyuréthane présente l’avantage d’avoir l’un des lambdas les plus faibles des matériaux de construction employés en isolation thermique. On atteint une conductivité thermique variant de 0,022 W/mK à 0,028 W/mK. L’aspect environnemental n’est pas en reste puisque le PU permet d’économiser jusqu’à 100 fois l’énergie qui a été nécessaire à sa fabrication.

Le PU répond également aux exigences de la réglementation d’émissions de COV (composés organiques volatils), gage de qualité de l’air intérieur. Il est classé A+ selon la réglementation française d’étiquetage des produits de construction en vigueur depuis le 1er janvier 2013. Quant à sa résistance au feu elle est bonne. « Le polyuréthane ne se consume pas, ne fond pas et ne goutte pas lorsqu’il est chauffé : il va « meringuer » et ne contribue pas à la propagation des flammes », note le directeur général de Soprema.

Le polyuréthane est particulièrement adapté à l’isolation par l’extérieur. Ses performances et sa durabilité sont d’un haut niveau.

Le verre

Le Foamglass® est un isolant fabriqué à partir de verre recyclé (> 60 %) et de matières naturelles, comme le sable, la dolomie et la chaux. Sa structure est constituée de petites cellules de verre parfaitement closes et hermétiques qui lui permettent d’afficher une capacité d’isolation stable dans le temps. C’est en outre un produit inorganique moussé sans cfc/cfc-h ou autres gaz nocifs.

Labellisé NaturePlus, le Foamglass® fait partie des rares matériaux isolants à présenter des garanties de pérennité de performance. Il est totalement inerte et ne diffuse pas de gaz à effet de serre durant toute sa durée de vie. Utilisable en partie enterrée, le verre cellulaire est une barrière au radon (gaz rare radioactif d’origine naturelle). Il est également insensible aux rongeurs et incompressible. Doté d’une conductivité thermique de 0,038 W/(m.K), inaltérable dans le temps, le verre cellulaire Foamglass® est particulièrement bien adapté à l’isolation par l’extérieur (ITE). Ses performances sont conformes aux exigences de la RT 2012.

Foamglas® est composé de verre cellulaire. Il est étanche à l’air et à l’humidité. Ses propriétés physiques sont uniques et stables dans le temps. www.foamglas.com

Structure en nid d’abeilles

L’air reste le meilleur isolant alors autant s’en faire un allié ! Actis l’a bien compris avec son produit Hybris. Initialement spécialisée dans la fabrication d’isolants minces réfléchissants, l’entreprise a développé une solution qui utilise les mousses de polyéthylène et des films métallisés. Le résultat ? Un isolant alvéolaire à structure en nid d’abeilles. Le lambda (coefficient de conductivité thermique) d’Hybris, à 0,033 W/m.K, le place dans le sillage des isolants traditionnels, notamment la laine de verre. Une performance validée par l’Association pour la certification des matériaux isolants (Acermi). La surface métallisée d’Hybris renvoie la chaleur vers l’intérieur, ce qui augmente la résistance thermique de la paroi. Autre atout, le matériau possède de bonnes performances acoustiques dues à sa structure alvéolaire.

Hybris est un isolant 2 en 1 nouvelle génération conçu pour réaliser en une seule opération l’isolation thermique, acoustique et l’étanchéité à l’air des toitures, murs et planchers de combles perdus et ce, avec un très grand confort de pose. www.actis-isolation.com

L’isolation sous vide

Le vide n’offrant aucune transmission de la chaleur, Isover s’est penché sur cette caractéristique physique fondamentale pour révolutionner l’isolation des maisons. Avec son produit Isovip, l’industriel se lance dans la technique dite sous vide. Le challenge technique est d’habiller ce vide. Isover a choisi de l’enfermer dans une coque en silice amorphe, enveloppée d’un film de polyester métallisé thermosoudé. Les deux faces de la plaque sont ensuite protégées par du polystyrène extrudé. Le problème de l’Isovip est qu’il faut maintenir le vide donc on ne peut pas couper les panneaux sur le chantier. Il est donc nécessaire de réaliser un calepinage préalable très précis pour minimiser les surfaces qui seront isolées à l’aide d’autres matériaux pour compléter le calepinage. Une application spécialement conçue permet d’évaluer le nombre de panneaux nécessaires au chantier. « C’est la juste quantité pour le juste chantier, une écoconception à l’échelle du chantier », observe le responsable marketing d’Isover. Ces panneaux se posent sur une ossature métallique, une technique répandue en maison individuelle.

Le lambda le positionne comme le plus performant de tous les isolants certifiés du marché (0,005 W/(m.K) en moyenne, soit plus de quatre fois mieux que les meilleurs PU, PIR et autres PF et plus de six fois mieux que les meilleures laines minérales). Cette performance est bien entendu certifiée par l’Association pour la certification des matériaux isolants (Acermi).

L’isolant Isovip offre la meilleure performance thermique du marché avec un lambda l = 5.2 mW/(m.K). C’est le premier isolant sous-vide à être certifié Acermi. www.isover.fr.

Les nanotechnologies au service de l’isolation

L’aérogel est un isolant exceptionnel très peu utilisé pour des raisons de coûts. Le matériau est solide et très léger. Il est issu des nanotechnologies et composé de 99,8 % d’air, ce qui en fait le plus solide et le plus léger au monde. Un litre de cette matière étonnante pèse seulement trois grammes ! Il s’agit d’un gel transparent où le composant liquide a été remplacé par du gaz. Sa faible densité ne l’empêche pas de pouvoir supporter plus de deux mille fois son poids. C’est un gel dont on a retiré le liquide pour le remplacer par des gaz. Et pourtant, il bat tous les records en terme d’isolation thermique.

L’aérogel de silice est trois fois plus efficace que la laine de verre pour isoler un bâtiment. 1 cm de matelassé d’aérogel de silice équivaut à 3 cm d’isolant traditionnel de type laine de verre ou de roche ! Et pour ne rien gâcher, il est également entièrement recyclable. En somme, il permettra de garder la chaleur de votre appartement ou maison sans perdre de précieux mètres carrés habitables. L’aérogel de silice, la variété la plus courante, est composé de minuscules granulés hydrophobes de 0,5 à 4 mm de diamètre, composés de 95 à 98 % d’air emprisonné, de 2 à 5 % de silice. Sa densité de 60 à 80 kg/m3 se traduit par un poids très réduit.

Sa structure si particulière lui confère la plus faible conductivité thermique connue à ce jour. Avec une conductivité thermique d’à peine 0,012 W/m.K, l’aérogel de silice est trente fois plus isolant que la meilleure laine de verre. Son seul défaut c’est son prix.
Mais il baissera dans les années à venir.

L’aérogel de silice est un matériau exceptionnel. C’est actuellement le meilleur matériau d’isolation thermique. Composé d’une structure de silice amorphe très légère qui contient plus de 95 % d’air capturé dans des pores de taille nanométrique. Cette structure aérienne lui confère la plus faible conductivité thermique « l » connue à ce jour. www.enersens.fr

La peinture isolante

Il fallait y penser mais surtout la fabriquer. La peinture isolante existe. Sa composition n’a plus grand-chose à voir avec les peintures traditionnelles puisqu’elle intègre de la céramique, des résines… L’objectif ? Augmenter ses capacités d’isolation et sa réflectance. Tous les tests menés en laboratoire semblent confirmer ses caractéristiques. La peinture isolante agit sur la conductivité des matériaux et améliore le pouvoir isolant de l’habitat. Ainsi la première peinture certifiée et validée par de nombreux tests peut réfléchir jusqu’à 90 % des infrarouges du rayonnement solaire responsable de l’échauffement des façades et des structures. Elle permettrait une variation de température de 4 °C et jusqu’à 30 % d’économies sur la facture énergétique.

Un autre fabricant assure pouvoir absorber et restituer les excès de température à l’intérieur d’un bâtiment en été comme en hiver. Cette peinture intègre des microcapsules à changement de phase (ou MCP) qui emmagasinent et restituent une forte quantité de chaleur latente au moment de leur changement de phase (passage de l’état solide à l’état liquide ou inversement). Ce changement de phase s’effectue au-dessus d’une température spécifique à chaque matériau. Le confort intérieur se trouve fortement amélioré grâce à la suppression des excès de chaleur. Ce procédé utilise uniquement de l’énergie naturelle et disponible gratuitement et se répète sans entretien pendant toute la durée de vie du bâtiment. Un pas supplémentaire est donc franchi vers l’indépendance énergétique des bâtiments.

Composée de micro-particules sphériques acryliques et incorporées dans un liant extrêmement résistant, la solution Theotherm agit sur les deux modes de transfert du froid et de la chaleur. La peinture se décline en deux versions : intérieure et extérieure. www.theolaur.com

Isoler à partir de tissus usagés

Des vieux vêtements pour protéger la maison du froid ? C’est possible avec Métisse®, un isolant écolo, efficace et solidaire. Fabriqué à partir de tissus usagés collectés par Le Relais (fondation Emmaüs), il présente de très bonnes capacités d’isolation thermique et acoustique. Son temps de déphasage de six à huit heures lui permet d’être deux à trois fois plus efficace contre la chaleur estivale que les solutions classiques. Traité contre les moisissures et les insectes, il ne se tasse pas et laisse les murs respirer. Il bénéficie d’un avis technique du CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) et du classement Acermi (il est donc homologué). Certains constructeurs, comme Maisons Bois Cruard, l’utilisent couramment. Enfin, Métisse® est recyclable et son empreinte écologique est faible, comme le montre sa Fiche de déclaration environnementale et sanitaire. Il est plus cher que les solutions classiques mais les prix ont baissé de 15 % début 2015. www.isolantmetisse.com

L’isolant Métisse est composé de tissus recyclés et affiche de très bonnes performances techniques. www.isolantmetisse.com

L’isolation par l’extérieur 
Si la plupart des maisons neuves sont isolées par l’intérieur, certaines bénéficient pourtant d’une isolation dite par l’extérieur. Particulièrement efficace, cette solution permet de supprimer rapidement les ponts thermiques, même s’il faut apporter un soin particulier aux ouvertures, aux points de jonction avec la charpente et aux parties basses des murs extérieurs. Il n’y a pas de pertes de surface pour les pièces intérieures. L’étanchéité doit être étudiée de près pour éviter les remontées d’eau par capillarité. Bémol, ce système demande une main-d’œuvre spécialement formée et rompue à ce procédé.  

Solution d'isolation par l'extérieur développée par Unilin, Trilatte Confort est un panneau bi-matière associant les performances thermiques du polyuréthane aux qualités thermiques de la laine de roche. Le produit est classé excell zone verte et A+ pour les émissions dans l’air intérieur. www.unilin.com/fr

La laine de roche

La laine de roche est le deuxième matériau le plus utilisé pour l’isolation des maisons neuves. Comme son nom l’indique, elle se compose de basalte mis en fusion puis centrifugé et fibré. Côté performances, la laine de roche remplit sa mission. Sa conductivité thermique est comprise entre 0,042 et 0,033, soit en moyenne 0,038. Les dernières innovations peuvent même atteindre un lambda de 32 ! Un rouleau de laine de roche d’épaisseur 200 mm avec un lambda 0,039 coûte environ 10 €. Comme sa cousine la laine de verre, elle se décline dans une gamme permettant d’isoler la maison du sol au grenier. Elle est disponible en rouleaux, panneaux et sous forme de flocons pour les combles perdus. Chez Rockwool, l’innovation passe par une solution 100 % laine de roche dotée d’un système breveté monocouche. Elle est conçue pour faciliter l’isolation des combles aménagés, augmenter le confort de pose et améliorer les performances thermiques et acoustiques. Élu produit innovant en 2019 par les professionnels du BTP, Rockcomble Évolution permet également un gain de temps pendant l’installation et un gain de place intérieur une fois installé.

100 % laine de roche Rockcomble Evolution combine tous les avantages du matériau : confort, incombustibilité, performances thermique et acoustique. www.rockwool.fr