Une isolation plus écologique

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Les isolants font leur révolution ! Si leurs performances thermiques restent inchangées, ils ont surtout l’obligation d’être beaucoup plus verts qu’avant pour se conformer aux exigences de la nouvelle Réglementation environnementale 2020.

Avec la nouvelle Réglementation thermique 2020 la maison neuve à l’obligation de se mettre au vert. Les isolants, quels qu’ils soient, n’échappent pas à cette injonction. En plus d’être toujours plus performants ils doivent aussi répondre aux exigences bas carbone pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. La RE2020 fixe des objectifs ambitieux de réduction des émissions de CO2 durant la phase de construction de la maison ainsi que pendant son usage. Les plafonds d’émissions doivent passer de 640 kg CO2/m2/an en 2022 à 415 kg CO2/m2/an en 2031, soit une baisse de 35 % ! La révolution ne fait que commencer…

Les objectifs de la RE 2020

L’isolation des constructions neuves n’échappe pas aux nouvelles exigences de la Réglementation environnementale 2020. Si, pour une majorité d’acquéreurs, l’isolation permet d’abord de se protéger du froid, ils sont nombreux à oublier qu’elle sert également à se préserver des pics de chaleur, car chaud et froid se diffusent de la même manière. L’isolation doit ainsi répondre à trois objectifs :

– priorité à la sobriété énergétique : l’isolation doit d’abord permettre d’atteindre des hauts niveaux de performance thermique. L’objectif est de limiter les déperditions de chaleur. Moins de perte de calories, c’est moins de besoins en chauffage. Et aussi une réduction des gaz à effet de serre !

– moins d’émissions de carbone. Tous les industriels travaillent d’arrache-pied pour décarboner rapidement leur production en faisant évoluer leurs lignes de production vers des fours électriques performants et moins générateurs de CO2.

– garantir un bon confort d’été. Avec des séquences caniculaires de plus en plus fréquentes, c’est un sujet essentiel. Les isolants doivent désormais maintenir une certaine fraîcheur en été. Une bonne performance thermique des parois (résistance thermique des parois opaques, en particulier de la toiture) a une influence favorable de l’ordre de 1 à 3,5 °C sur la température intérieure du logement en été !

La laine de verre

La laine de verre reste un grand classique de l’isolation. Ses propriétés thermiques et acoustiques ne sont plus à prouver. Au fil des années, elle a évolué pour devenir l’un des isolants les plus performants. Elle est proposée sous différentes formes : rouleaux, panneaux souples ou semi-rigides à dérouler, panneaux rigides ou flocons. Sa structure ressemble à un matelas de fibres enchevêtré qui emprisonne de l’air. C’est ce qui donne à cette texture légère et peu encombrante un haut pouvoir d’isolation thermique.

La laine de verre, aussi, se met au vert. Non seulement elle utilise près de 50 % de verre recyclé, mais son liant est désormais biosourcé. www.isover.fr© Isover

Pour abaisser son bilan carbone, elle fait désormais appel à un liant biosourcé issu des industries sucrières et céréalières. La laine de verre est aussi un matériau qui utilise plus de 50 % de verres recyclés (calcin) en provenance des filières de recyclage de produits ménagers et industriels (pare-brise, bouteilles, verres du bâtiment, laine de verre).

La laine de roche

La laine de roche est l’autre grand isolant d’origine minérale. Elle possède également d’excellentes propriétés thermiques et acoustiques. Elle est fabriquée à partir de basalte ou de laitier de haut-fourneau, une matière formée lors de la fabrication de la fonte à partir de minerai de fer. Les industriels y ajoutent des fondants et du coke pour mettre le tout en fusion.

La laine de roche est l'autre grand isolant d'origine minérale. Les industriels misent sur des fours plus sobres en énergie et sur le circuit court. www.rockwool.fr© ROCKWOOL

La laine de roche se présente sous la forme de panneaux rigides ou de flocons présentant une forte résistance à la compression. Pour limiter son empreinte carbone, le principal fabricant favorise le circuit court. Par ailleurs, il utilise des fours à plasma, moins énergivores, et a mis en place une filière de récupération puisque la laine de roche est recyclable à l’infini.

Les isolants de synthèse

Les isolants synthétiques sont des dérivés de produits pétroliers, les produits d’isolation en plastique alvéolaire sont principalement le polystyrène expansé (PSE) et le polyuréthane (PUR).

  • Le polystyrène expansé (PSE), de couleur blanche ou grise, est le troisième matériau le plus utilisé. Il est fabriqué à partir de l’assemblage de différentes molécules de styrène d’où son nom de « polystyrène ». Il se présente sous forme de billes sphériques de petit diamètre (de 0,2 à 0,3 mm). Composé à 98 % d’air, il est peu consommateur de matières premières. C’est un matériau qui offre un haut niveau d’isolation et qui est bon marché. Les applications du polystyrène expansé sont multiples : sols, murs, terrasses ou toitures plates. Des industriels tentent de s’affranchir des dérivés pétrochimiques en les remplaçant par des composés issus de la biomasse comme le bio-naphta ou le bio-gaz. Cette nouvelle approche permet d’afficher un gain de 60 % sur le poids carbone de l’isolant !
  • Le polyuréthane (PUR) est fabriqué à partir d’un cocktail de différents éléments chimiques. Il se décline sous forme de panneaux très fins ou de mousse à projeter. Doté d’un très grand pouvoir isolant, il résiste à l’eau et à la compression, ce qui en fait un candidat intéressant pour l’isolation des toitures. Sa fabrication est la moins énergivore de tous les isolants. Moins lourd et moins volumineux, cela veut aussi dire moins de camions pour les transporter. Et ainsi moins d’émissions de CO2 !
Le PSE est le troisième isolant le plus utilisé en France. Sa composition n'échappe pas au verdissement non plus. www.placo.fr© Placo

Les isolants biosourcés 

Le biosourcé a aujourd’hui le vent en poupe. On entend par isolant biosourcé, tout matériau issu de la biomasse animale ou végétale (matière première renouvelable). Presque 100 % naturels, ces isolants contribuent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et au stockage temporaire du carbone. Les principaux matériaux biosourcés sont le bois et ses dérivés, la ouate de cellulose, la paille, le chanvre, le lin, le liège et la laine de mouton. On trouvera toutes les solutions d'isolation en fibre de bois ou en laine de bois, en laine de chanvre, en panneau de liège, en laine de mouton. Et côté performances, ils sont aussi efficaces que les isolants d’origine minérale ou de synthèse.

La famille des isolants biosourcés est aujourd'hui très demandée. Qu'ils soient d'origine animale ou végétale, leur bilan carbone est bon. www.produitbiosource.fr© Y Hustache - Karibati

Leur bilan carbone est particulièrement bon. Ces matériaux biosourcés ont une faible empreinte environnementale. Au cours de leur croissance, les matières biosourcées d’origine végétale captent le CO2 présent dans l’atmosphère via le processus de photosynthèse. Ce sont des puits de carbone. Leur fabrication est également beaucoup moins énergivore que celle des isolants traditionnels.

Les isolants réflecteurs alvéolaires

Les isolants réflecteurs alvéolaires sont des isolants de nouvelle génération qui offrent des performances d’isolation élevées et durables. Ce qui permet une très bonne résistance thermique pour tous les travaux d’isolation tout en assurant l’étanchéité à l’air, à la vapeur d’eau par l’intérieur et à l’eau par l’extérieur. Leur secret ? Leur structure alvéolaire particulière en nid d’abeille, en mousses de polyéthylène sur films métallisés et un pare-vapeur sur l'une de leurs faces. C’est une solution 3 en 1 qui assure l'isolation thermique hiver/été, l'isolation phonique et l'étanchéité à l'air des bâtiments.

Les isolants réflecteurs alvéolaires possèdent d'excellentes performances thermiques. Légers, faciles à poser, ils sont aussi 100 % recyclables. www.actis-isolation.com© Actis

Leurs performances thermiques sont élevées et ils offrent un bon confort d’été puisque jusqu’à 95 % du rayonnement infrarouge est renvoyé. Leurs performances sont certifiées, puisqu'ils sont marqués ACERMI. Enfin, côté environnement, ils sont 100 % recyclables. Une fois récupérés, ils sont broyés et réintroduits sous forme de billes dans le processus de fabrication. Autre atout, ils sont moins énergivores à fabriquer et nécessitent moins de matières et de ressources.

Quelques indices à connaître

Les marquages CE, NF, CSTbat et Acermi garantissent la qualité des isolants. Mais seule la certification délivrée par l’Association pour la certification des matériaux isolants (ACERMI) certifie le niveau de performances des matériaux mis en œuvre. Les mesures réalisées en laboratoire sont objectives, fiables et incontestables. Tous les emballages doivent porter le sigle Acermi et afficher le nom et les performances du matériau.

Trois indicateurs permettent d’évaluer les performances des isolants :

  • ʎ caractérise la conductivité thermique. Il mesure l’aptitude d’un matériau à conduire la chaleur. Plus la valeur ʎ est basse, plus la qualité isolante du matériau est élevée.
  • R pour la résistance thermique. Le R mesure l’aptitude de l’isolant à résister au passage de la chaleur. Cette valeur dépend de la valeur du lambda (ʎ) et de l’épaisseur. Plus la valeur R est élevée, plus la perte thermique est faible et l’isolation meilleure !
  • U évalue la transmission thermique d’une paroi. Le U caractérise la quantité de chaleur capable de traverser un mur. Plus la valeur U est faible, plus la déperdition est basse et meilleur est le système d'isolation.