Les fondations d'une maison au crible

Comment choisit-on les fondations d’une maison ? Comment sont-elles réalisées ? Réponse avec cette villa construite par Yvelines Tradition à Marne-la-Coquette dans les Hauts-de-Seine.

Invisibles, elles contribuent à la solidité de votre maison ! Les fondations font en effet partie des ouvrages essentiels car elles doivent répartir correctement le poids de la construction sur le sol naturel sous peine de provoquer l’apparition de fissures, voire un enfoncement de la maison. Encore faut-il choisir les fondations adaptées à la nature du sol. Comment identifier les caractéristiques du sous-sol ? Comment construire les fondations ? Quelles sont les étapes à respecter ? Focus sur la construction d’une maison, située à Marne-la-Coquette, une commune des Hauts-de-Seine. Réalisée par Yvelines Tradition, cette habitation de 182 m² sur sous-sol, a été dotée de combles aménagés.

Les fondations nécessaires à cette maison auront coûté environ 10.000 € auxquels il a fallu ajouter l'évacuation des terres, soit un budget supplémentaire de 15.000 €.

Le sol au crible pour choisir les fondations

Pour connaître la nature du sol, le constructeur a utilisé une tarière, un outil enfoncé à une profondeur de 5 à 6 m, permettant de prélever des échantillons de sol. Résultats ? Proche du niveau d’une nappe phréatique, le terrain se compose de limons argileux. Ces informations ont été complétées par l’utilisation d’un pénétromètre. Il s’agit d’une pointe d’acier enfoncée à une profondeur de 6 m qui évalue la résistance mécanique du sol, c’est-à-dire sa capacité à supporter le poids de la maison. « La portance du terrain était moyenne », rappelle Miguel Gomes, gérant d’Yvelines Tradition. « L’étude de sol a préconisé le renforcement de la structure de la maison et des fondations. »

Un terrassement essentiel pour la maison

L’étude de sol a ensuite été transmise au bureau d’études béton qui a dimensionné les fondations d’une largeur de 55 cm contre 45 cm en temps normal. Il s’agit de longrines, des poutres en béton armé qui supporteront les murs. Le terrassier a ensuite creusé à une profondeur de 2,30 m par rapport au sol naturel pour matérialiser l’emprise de la future maison. Des travaux qui ne supportent pas la moindre erreur comme le rappelle Miguel Gomes : « L’entreprise a une responsabilité importante car la hauteur de la maison doit être conforme au permis de construire accordé par la mairie ».

Cette pelleteuse devra creuser le sol pour construire la maison.

La maison à sa place sur le terrain

Le géomètre expert a ensuite implanté la future construction sur le terrain en plaçant ses bornes à 2 m du périmètre de la maison. Des tranchées ont été creusées à l’emplacement des fondations. Un polyane a été posé à l’intérieur, une solution qui évite que la terre ne se mélange au béton. Le ferraillage a été placé à l’intérieur des tranchées avant que la pompe à béton ne déverse le béton. Ce dernier a été tiré par l’entreprise à l’aide d’une carrelette pour le niveler. « Selon la température extérieure et le climat, le temps de séchage s’échelonne en moyenne entre 8 et 10 jours », rappelle Miguel Gomes. « En 8 jours, le béton acquiert la majorité de sa résistance. » Les fondations prêtes, deux rangs de parpaings ont été réalisés pour accueillir le dallage du sous-sol.

Il faudra attendre 8 à 10 jours pour que le béton soit sec.

Les fondations au crible

  • Les longrines ou semelles filantes : ce sont des poutres en béton armé qui sont utilisées pour des sols ne présentant pas de difficultés particulières pour supporter le poids de la maison.
  • Le radier : c’est une dalle en béton armé d’une épaisseur de 30 à 35 cm sur laquelle seront édifiés les murs. Une solution préconisée notamment pour les sols peu porteurs comme des terrains à tendance argileuse.
  • Les micro-pieux : ce sont des pieux enfoncés à une profondeur comprise entre 10 et 20 m autour desquels est coulé du béton, des fondations réalisées pour des sols aux composantes hétérogènes ou peu porteurs. C’est notamment le cas des terrains tourbeux.  

Une étude de sol très précieuse
Des fondations qui font exploser le budget des acquéreurs ! C’est ce qui peut arriver à ceux qui font construire sans avoir réalisé une étude de sol. Cette dernière détermine la nature du sol et définit le type de fondations adaptées. Si l’étude de sol n’est pas obligatoire, elle est fortement conseillée. Certains constructeurs en réalisent systématiquement une pour calculer le prix de la maison, ce dernier incluant les fondations qui peuvent représenter un poste important dans certaines configurations. D’autres le font uniquement si une première reconnaissance du sol suscite des doutes quant à la capacité du sol à supporter le poids de la maison.
Négocier le prix du terrain. Précieuse pour choisir les fondations les mieux adaptées, l’étude de sol peut être aussi très utile pour négocier le prix d’un terrain. Les propriétaires de terrain acceptent d’ailleurs qu’une étude de sol soit réalisée sur leur bien alors qu’ils n’ont signé qu’une promesse de vente avec leur acheteur. « Lors de la signature de la promesse de vente du terrain, nous conseillons à l’acquéreur de prévoir une clause lui permettant de se rétracter si les coûts des fondations dépassent 5.000 € », conseille Miguel Gomes, gérant d’Yvelines Tradition.
Une baisse pour financer des fondations particulières. Si l’étude de sol indique en effet la nécessité de réaliser des fondations particulières comme des micro-pieux ou un radier, l’acquéreur a tout intérêt à négocier une baisse du prix. Une négociation dont se charge généralement le constructeur. « Toutes les parties consentent un effort sur le prix demandé que ce soit le vendeur ou l’agence immobilière qui s’occupe de la transaction », rappelle Miguel Gomes. « Ce qui nous permet de réaliser le projet du client sans surcoût important. »

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