Vrai/faux : 7 idées reçues sur la qualité de l’air intérieur

Dans votre maison neuve rôdent de manière invisible des polluants qui, en forte concentration, peuvent se révéler nocifs. Êtes-vous informé des risques encourus ? Connaissez-vous vraiment les gestes utiles pour vous protéger ? Tour d’horizon des a priori sur la qualité de l’air que vous respirez à l’intérieur.

Nous passons en moyenne 90 % de notre temps à l’intérieur. C’est dire si la qualité de l’air que nous respirons dans nos logements doit être scrutée avec attention. « Depuis la dernière réglementation thermique, RT 2012, les maisons sont désormais étanches. Il faut donc s’assurer que le système de ventilation qui est installé chez vous soit vraiment efficace », insiste Christophe Laurent, ingénieur énergie et confort du bâtiment chez Velux. Les constructeurs sont de plus en plus nombreux à se mobiliser sur cette question.

Pourtant tous les porteurs de projets ne semblent pas conscients des enjeux. « En moyenne, il n’y a qu’un Français sur deux qui se sent préoccupé vraiment par la qualité de l’air. C’est notre travail de faire de la pédagogie sur ce problème en les informant et en leur proposant des solutions concrètes pour lutter contre la pollution », estime Aurélien Nucera, responsable communication et marketing chez le constructeur Trecobat. Construire sa maison a donc décidé de démêler pour vous le vrai du faux pour vous aider à créer une ambiance saine dans votre maison.

Aérer son logement chaque jour est primordial. www.velux.fr

1 : L’air extérieur est plus pollué que l’air intérieur 

Faux

Toutes les études le prouvent. Nos intérieurs sont envahis d’une multitude de polluants : composés organiques volatils (COV) comme le formaldéhyde, le benzène, les oxydes d’azote, les particules fines, le radon ou même l’humidité et le CO². Ils proviennent d’origines diverses : matériaux de construction, ameublement, produits d’entretien…  Il est donc indispensable, même si vous disposez d’un bon système de ventilation, d’aérer quotidiennement votre maison. « Il est généralement recommandé d’aérer son logement 10 minutes au moins trois fois par jour », rappelle Christophe Laurent.

Vérifiez également qu’il existe en dessous de vos portes intérieures un espace d’environ deux centimètres pour laisser circuler l’air. Mais que se passe-t-il quand la pollution extérieure est élevée ? Même en cas de pic de pollution dehors, l’aération d’un bâtiment reste nécessaire. Programmez simplement l’ouverture des fenêtres aux heures les moins polluées (tôt le matin et tard le soir).

Les plaques de plâtre dépolluantes sont une solution complémentaire pour diminuer les polluants de votre maison. www.fermacell.fr

2 : Les solutions dépolluantes ne sont pas efficaces

Faux et vrai

Aujourd’hui, on trouve sur le marché toute une série de produits qui vantent leur capacité à dépolluer votre air intérieur. Tous n’ont pas le même niveau de réussite. « Les plaques de plâtre ou les peintures qui retiennent les polluants ont des effets réels. C’est un bon complément à la ventilation », assure Denis Poirier, directeur commercial et marketing du pôle résidentiel du groupe Quinoa. Les techniques de purification d’air varient d’un produit à l’autre mais le résultat est le même : vos murs sont capables d’absorber les émissions nocives. Le système de photocatalyse qui utilise la lumière pour générer un phénomène d’oxydation et rendre inopérantes des substances nocives est également proposé dans certains équipements comme le bardage.

Mais d’autres solutions dépolluantes semblent moins efficientes. Il n’y a pas de preuves scientifiques fiables que les plantes seraient capables de capter la pollution. Par contre, elles peuvent se révéler apaisantes et antistress, évitez simplement les variétés allergisantes. Tous les purificateurs d’air n’affichent pas non plus les mêmes performances. Préférez les modèles n’émettant aucune substance nocive.

 

La gestion de l'humidité est primordiale dans votre maison. www.atlantic.fr

3 : L’humidité est une source indirecte de pollution

Vrai

On n’y pense pas toujours et pourtant l’humidité est un vrai fléau pour votre maison. L’apparition de moisissures doit servir de signal : le taux d’humidité dans votre maison est trop important. En les laissant se développer, vous prenez des risques pour votre santé. En moyenne, il faut que le taux d’humidité dans votre intérieur soit compris entre 40 et 60 % et la température maintenue entre 18 et 22 °C. Comme pour les polluants, votre système de ventilation doit vous garantir une parfaite hygrométrie.

Vous pouvez renforcer ses effets avec des gestes simples. Par exemple en aérant après des activités produisant de l’humidité (douche, bain, cuisson…) ou en étendant votre linge à l’extérieur ou dans une pièce bien ventilée. Petite astuce : La présence de plantes vertes pourra jouer sur le taux d’humidité. Notez enfin que si une maison trop humide peut être problématique, l’inverse est également dangereux. Un taux d’humidité trop faible peut créer des difficultés respiratoires.

Les constructeurs veulent anticiper la prochaine réglementation thermique. www.igc-construction.fr

Que dit la réglementation ?
La qualité de l’air intérieur est en train de devenir un véritable enjeu d’ordre public. Concrètement le Plan national santé environnement (PNSE) a permis de véritables avancées comme l’étiquetage obligatoire des matériaux de construction, l’interdiction de produits dangereux, la surveillance de la qualité de l’air intérieur dans les établissements recevant du public. D’autres mesures sont prévues comme le développement de l’étiquetage à d’autres produits et des actions d’information auprès du grand public sur les dangers. Il existe également des valeurs guides pour les polluants les plus nocifs comme le formaldéhyde ou le monoxyde de carbone. Concernant la maison individuelle, l’arrivée de la nouvelle réglementation environnementale (RE 2020) devrait enfin clarifier la situation. Même si on ne connaît pas encore le détail des textes, elle contiendra un volet entièrement dédié à la qualité de l’air intérieur.

La domotique est un moyen efficace pour agir sur la qualité de l'air de votre maison. www.velux.com

4 : La maison intelligente améliore la qualité de l’air

Vrai

La maison intelligente peut vous aider à lutter contre la pollution de votre intérieur. Vous trouverez sur le marché de nombreux outils capables de vous informer sur le taux de pollution de votre intérieur et surtout d’agir en conséquence. Par exemple, certaines applications associées à des capteurs se révèlent capables de mesurer un taux de CO², une température ou un taux d’humidité trop élevé. « Dans ce cas, des solutions intelligentes se chargeront d’ouvrir les ouvrants automatiquement pour faire revenir les concentrations à la normale », précise Aurélien Nucera. Et comme tout est automatisé, vous n’avez même plus à y penser. Votre maison vous protège.

Toutefois des progrès doivent encore être faits en la matière. Il n’existe ainsi pas encore dans l’habitat privé d’appareils capables de mesurer la réalité de la qualité de l’air de votre intérieur. « On peut évaluer certaines substances mais les COV sont tellement nombreux qu’il reste très difficile de les connaître et donc de les mesurer. Mais un taux de COV élevé marche en principe de concert avec un dépassement de seuil de CO² », temporise Christophe Laurent. Les ventilations mécaniques contrôlées (VMC) ont également gagné en efficacité grâce à ces applications gérables à distance. « Le problème principal reste l’invisibilité de cette pollution. Les particuliers l’oublient souvent. Avec des appareils mesurant de manière précise la qualité de l’air de leur maison, chacun pourra agir plus facilement », espère Denis Poirier.

Nouvel air
Des maisons toujours plus isolées, des ventilations pas toujours à la hauteur, des meubles qui émettent des substances toxiques (composés organiques volatils ou COV) : la qualité de l’air intérieur mobilise les constructeurs. Témoin le Groupe Moyse (marque Moyse, Maisons Plaisancia, Tradidemeures, Maisons Rocbrune) qui renforce son action dans ce domaine. Le groupe emploie des VMC de nouvelle génération équipées de systèmes puissants de filtration et de gaines semi-rigides étanches. Il mise sur des matériaux classés A+ pour leur faible émissivité de polluants. Il équipe les chambres de ses maisons de plafonds qui éliminent, par réaction chimique, les formaldéhydes. Il installe des plaques hydrofuges dans les cuisines, toilettes et salles de bains pour éliminer l’humidité. Et il renforce l’aération naturelle pour éliminer le radon, un gaz radioactif présent dans les sous-sols de certaines régions.

Une ventilation mécanique est indispensable dans votre maison. Ce modèle renouvelle l'air et filtre les polluants. www.vortice-france.com

5 : Pas d’air sain sans ventilation

Vrai

Pour vous assurer de la qualité de l’air de votre maison, il faudra porter une attention particulière à la VMC (ventilation mécanique contrôlée). Elle seule peut assurer un renouvellement d’air suffisant et contrôlé pour votre intérieur. Il existe aujourd’hui différents types d’appareils : simple flux hygroréglable, double flux, VMI® (Ventilation mécanique par insufflation). Leur choix dépendra de votre budget (voir encadré) et de vos besoins. Tous les modèles font un parfait boulot pour évacuer l’humidité et le CO². Mais privilégiez les solutions qui vous offrent en plus un air entrant filtré et débarrassé des polluants. La double flux présente l’avantage de servir aussi de chauffage puisque l’air entré sera aussi préchauffé grâce à la récupération des calories dans l’air sortant. La VMI® met votre maison en légère surpression et propose une circulation d’air homogène.

Quel que soit votre choix, l’entretien de votre équipement reste primordial. La VMC ne doit jamais être éteinte mais vous pourrez par contre éventuellement en moduler la vitesse. Nettoyez souvent les bouches d’extraction et de soufflage mais évitez de mouiller des bouches hygroréglables car elles perdraient de leur efficacité. Au moins une fois par an, vous devrez changer les filtres des VMC double-flux. Et un spécialiste doit venir faire le réglage environ tous les trois ans.

Combien coûte un air sain ?
Une maison disposant d’un système de ventilation efficace et capable de vous débarrasser des polluants les plus néfastes n’est pas forcément plus chère. L’investissement consenti dépendra surtout de l’équipement choisi. Une VMC simple flux classique, qui extrait l’air vicié des pièces humides, coûte entre 100 et 200 €. Avec un modèle hygroréglable, filtrant l’air entrant et assainissant l’air intérieur, comptez entre 600 et 700 €. La VMC double flux reste la plus chère puisqu’en plus d’extraire l’air vicié, elle réchauffe et filtre l’air entrant. Les tarifs grimperont entre 4. 000 et 6.000 € . Depuis peu, une nouvelle venue a fait son apparition : la VMI® (ventilation mécanique par insufflation). Son prix est un peu plus accessible (autour de 2.000 €) que le modèle à double flux tout en étant plus simple à installer.

Respirer des substances nocives à trop fortes doses aura des conséquences sur votre santé. www.falmec.fr

6 : La pollution intérieure a des conséquences sérieuses sur la santé

Vrai

Selon l’observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI), environ 20.000 décès sont causés par les polluants intérieurs en France. Et selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ces mêmes particules seraient la cause de 28 % des AVC et 17 % des cancers. Tous les polluants ne représentent pas les mêmes dangers.

Le CO² : au-delà de 1 000 ppm, le dioxyde de carbone affecte le confort et la concentration. Au-delà de 1 300 ppm, il entraîne maux de tête et endormissement.

Les particules fines (poussières de matière) : l’OQUAI estime qu’elles sont la principale cause de décès dus à une mauvaise qualité de l’air.

Le radon : ce gaz radioactif est cancérogène. Il n’est présent en grande quantité que dans certaines régions.

Le formaldéhyde (COV) : cette substance cancérogène peut aussi entraîner des irritations occulaires, nasales et de la gorge, des allergies et des maux de tête.

Les NOX (les oxydes d’azote) : ces gaz irritants provoquent des difficultés respiratoires.

Choisissez des revêtements décoratifs sans émanation de produits toxiques. www.tarkett.fr

7 : Il n’y a aucun moyen d’éviter les produits polluants

Faux

La présence de substances nocives dans la maison est liée en grande partie à l’activité humaine mais aussi aux produits utilisés dans la construction et l’entretien du bâtiment. Même des objets anodins en apparence comme des meubles peuvent émettre des COV et autres polluants. Pour choisir vos revêtements (moquette, peinture, papier peint, vinyle) et autres produits nécessaires à leur pose (colle, vernis, isolant), reportez-vous aux étiquettes Émissions dans l’air intérieur. « Cet étiquetage mis en place depuis le 1er janvier 2012 est simple. Les produits classés A+ sont les plus neutres pour votre santé », indique Christophe Laurent.

Pour le nettoyage et la décoration, référez-vous aux produits proposant un écolabel (écolabel européen ou nordique ou l’Ange Bleu). Ils sont la garantie de produits limitant leur impact sur l’environnement. Pour terminer, quelques recommandations d’usage, ne mélangez jamais plusieurs produits détergents, évitez d’utiliser systématiquement des détergents et privilégiez le nettoyage vapeur.

La Villa E-Roise est exemplaire dans plusieurs domaines, notamment celui de la qualité de l'air. www.trecobat.fr

L’exemple de la Villa E-Roise
Rendez-vous à Brest pour découvrir la Villa E-Roise, maison expérimentale conçue par le groupe Trecobat dans le cadre du projet Comépos*. Cette maison entièrement équipée de solutions innovantes doit servir d’exemple pour la construction de demain. Econome en énergie et respectueuse de l’environnement, cette demeure destinée à une famille de quatre personnes se préoccupe aussi de la santé des habitants. Plusieurs solutions ont été mises en œuvre :
– Elle est équipée de plaques de plâtre aniti-COV qui capturent 80 % de ces particules présentent dans l’air ambiant.
– Une VMI assure la gestion de l’air de la maison. Elle chasse les polluants vers l’extérieur et 99 % des particules contenues dans l’atmosphère extérieure sont filtrées avant d’entrer dans la maison.
– Les émissions de champs électromagnétiques constituent une autre source de pollution invisible. Afin de limiter l’exposition des individus à ces ondes, la Villa E-roise est équipée d’un câblage blindé qui bloque 99 % de ces émissions.

* Projet qui a pour ambition la validation de normes autour de la construction de maisons à énergie positive, autrement dit qui produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment. Littéralement : Conception et construction Optimisées de Maisons à Énergie Positive.

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