Qualité de l’air intérieur : les solutions pour agir

Marianne Font
Mis à jour par
le 7 juillet 2017
Journaliste chez PAP.fr

Allergènes, composés organiques volatils, gaz toxiques… l’air intérieur de nos logements est rempli de polluants nocifs pour la santé. A l’heure où être bien chez soi est devenu un véritable art de vivre, Faire construire sa maison vous explique comment respirer un air sain dans votre maison neuve.

Un air sain dans la maison ? C'est devenu un véritable enjeu de santé publique. Des études récentes réalisées par l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) mettent en évidence que nos logements seraient même plus pollués que l’air extérieur. En cause ? Les substances toxiques et autres composés organiques volatils (COV) émanant du mobilier, des produits détergents, de certains textiles, de la colle ou même de la cuisson des aliments. Et cette pollution n’est pas sans conséquences sur notre santé : allergies, irritations, troubles respiratoires et autres céphalées font partie des maladies qui se développent ces dernières années. Pire, certains polluants comme les formaldéhydes ont été reconnus comme des cancérogènes avérés pour l’homme.

Un air sans polluants, sans allergènes et sans humidité... cela change tout comme dans la Maison Air Lumière de Velux.© Maison Air et Lumière - Velux - Architecte : Nomade Architectes Photographe : Adam Mørk

Les normes changent. En matière d’environnement et d’écologie, les constructions neuves ont beaucoup évolué ces dernières années. La réglementation thermique 2012 (RT) a ainsi permis de réduire drastiquement la consommation des maisons et donc les rejets de gaz carbonique dans l’atmosphère. La réglementation bas carbonne (RE 2018) a pour objectif de généraliser la construction de bâtiments durables avec un faible bilan carbone. Enfin, en 2020 c’est le bâtiment à énergie positive (BEPOS) qui produit plus d’énergie qu'il n’en consomme qui deviendra la norme.

Demandez à votre constructeur quelle est sa démarche en terme de qualité d'air intérieur. www.bc-maison-ecologique.fr© Bati Concept Ecologique

Des progrès à venir. Mais concernant la qualité de l’air de nombreuses améliorations sont encore attendues. Les maisons RT 2012 sont surisolées et étanches à l’air afin de prévenir les fameux ponts thermiques, ces petites entrées de froid désagréables. Ce confinement est nécessaire pour diminuer vos factures de chauffage mais il nécessite également un système de ventilation efficace pour assurer le renouvellement d’air. La RT 2020 comprendra un volet sur la santé et le bâtiment qui devrait aller encore plus loin sur les exigences autour de la qualité de l’air. En attendant, certains constructeurs proposent déjà des solutions qui anticipent ce nouveau besoin. Il est possible d’opter pour des matériaux sains, sans colle ou même dépolluants. Le choix d’un système de ventilation filtrant est également fondamental. Enfin ne négligez pas les solutions connectées qui peuvent vous être utiles pour mesurer en temps réel la qualité de votre air intérieur. 

Acte 1 : faites la chasse aux polluants

Le premier réflexe quand on parle de qualité de l’air, c’est évidemment de diminuer au maximum tous les produits dégageant des polluants. Il faudra donc que votre constructeur attache une attention particulière au choix de ces matériaux autant qu’à la qualité sanitaire des travaux. Les matières naturelles comme les enduits à la chaux, le bois, les isolants écologiques (en lin, en chanvre, en ouate de cellulose…) devront être privilégiés. « Nous n’utilisons que des matériaux locaux qui ne dégagent aucune vapeur toxique lorsqu’ils sont en contact avec la chaleur. Les perturbateurs endocriniens qui sont contenus dans le PVC sont également à proscrire », explique Stéphane Weber, cofondateur de Bâti Concept écologique.

Attention à la décoration. Le gros œuvre n’est pas le seul élément qui peut dégager des substances polluantes, il faudra aussi être vigilant quant à la composition des produits utilisés à l’intérieur. Peintures, moquettes, vernis et autres vitrificateurs de parquet devront être les plus neutres possible. Les labels qualité NF Environnement ou encore l’Eco Label Européen certifient l’absence de solvants dangereux. « Mais pour les peintures, un autre critère est primordial : l’absence d’émission de COV après séchage », souligne Sylvain Ripoll, Directeur Marché Peinture Bâtiment du groupe Tollens.

Moins de colle. On n’y pense pas toujours, pourtant la colle est présente en masse dans nos maisons. De la charpente au parquet, sans oublier le mobilier, elle est partout et souvent pleine de COV. Sachez qu’il existe pourtant de nombreuses alternatives à l’utilisation des colles toxiques (clouer, agrafer, visser ou préférer le bois massif). Pour vous y retrouver plus facilement, fiez-vous au label zéro colle, qui vous garantit des produits plus naturels.

Bon à savoir : Les meubles en contreplaqué dégagent de nombreux COV. Il est conseillé de les stocker à l’extérieur quelques jours avant de l’installer dans une pièce à vivre. Les bougies parfumées, l’encens et les produits ménagers émettent également des émissions nocives. Il vaudra mieux opter pour des produits naturels (vinaigre, savon noir ou ayant obtenu un label vert).

Acte 2 : miser sur une excellente ventilation

Opter pour une VMC double flux vous assurera un air toujours à la bonne température et débarrassé de toutes les particules nocives pour votre santé.© Vortice

Dans une maison RT 2012, on a banni la ventilation naturelle. Pourquoi ? Parce qu’elle n’est pas compatible avec l’enveloppe étanche des maisons neuves qui leur permet de réduire de manière significative leur consommation d’énergie. L’installation d’un système de ventilation efficace est donc devenue plus qu’indispensable pour éviter humidité, poussières et assurer le renouvellement de l’air.

Simple ou double flux ? La VMC (ou ventilation mécanique contrôlée) simple flux est le système le plus courant. Comment ça marche ? L’air neuf passe par des entrées ouvertes sur l’extérieur puis est évacué par les bouches d’extraction. Elle est efficace à condition d’être utilisée à bon escient. Arrêter une VMC se révélera dangereux car l’humidité va s’accumuler laissant prospérer les moisissures qui peuvent être mauvaises pour votre santé. Mais surtout la VMC simple flux ne filtre pas l’air entrant. Il vaudra donc mieux opter pour un modèle double flux. Composée de deux systèmes de gaines distincts avec échangeur de chaleur, cette VMC distribue un air entrant et réchauffé dans les pièces à vivre tout en expulsant l’air vicié récupéré dans les pièces humides (salle de bains, cuisine). En été, le système permettra de rafraîchir l’air entrant. Mais surtout toutes les entrées d'air passent au travers d’un filtre spécifique qui enlève pollens, allergènes et autres polluants. Quel que soit le système pour lequel vous optiez, soyez vigilant sur la qualité de la pose. « A cause d’un manque de formation des professionnels, on a établi qu’environ 60% des systèmes de ventilation installés dans les maisons neuves n’étaient pas aux normes », assure Gerald Duval, responsable marketing chez Ventilairsec.

Le modèle Purevent de Ventilairsec est équipé d'un filtre à particules à haute performance. www.ventilairsec.com © Ventilairsec

Et la VMI® ? Moins répandue, la Ventilation mécanique à insufflation (VMI®) est une alternative intéressante pour votre maison. Il s’agit en quelque sorte d’une VMC inversée. Autrement dit, elle insuffle un air sain, filtré et préchauffé dans les pièces à vivre et assure le renouvellement de l’air de la maison en la mettant légèrement en surpression. « La VMI® est un système moins encombrant que la VMC double flux et donc plus simple à installer », explique Gerald Duval. Et en terme de qualité de l’air, elle permet de filtrer l’air extérieur en un seul point. Elle est équipé d'un filtre haute performance, le seul capable d’arrêter les particules fines les plus dangereuses. La régulation du débit d’insufflation en fonction de l’humidité intérieure et du poids d’eau extérieur est particulièrement efficace pour gérer les problèmes liés à l’humidité et à la condensation.

Acte 3 : l’art de la dépollution

La technologie Activ'Air® de Placo® permet d'absorber le formaldéhyde dans l'air ambiant et de le stocker dans la plaque de plâtre pour le rendre inerte. www.placo.fr© Placo

Pour aller encore plus loin dans la qualité de l’air intérieur, sachez que la tendance du moment concerne les matériaux dépolluants. Du béton au vitrage en passant par la peinture et la moquette, une nouvelle génération d’équipements est aujourd’hui capable d’agir sur la pollution intérieure de votre habitat. Plusieurs techniques existent comme la photocatalyse qui fonctionne sans ultraviolets. Une technique efficace mais dont les effets sur le long terme sont encore en cours d’analyse. D’autres ont développé des formules chimiques spécifiques qui viennent piéger les molécules de formaldéhyde. « Notre peinture Captéo détruit 80% des polluants dès l’application. Elle est inerte et sans nanoparticules », précise Sylvain Ripoll. Il existe également des matériaux absorbants comme certaines plaques de plâtre. Cerise sur le gâteau, ces produits dépolluants sont souvent compatibles avec votre sens de la décoration. « Notre gamme propose une grande variété de couleur et les trois finitions mat, satiné ou velouté pour que chacun l’adapte à son intérieur », conclut Sylvain Ripoll. Selon les marques, les polluants bloqués ne seront pas les mêmes. Pour l’instant, ce sont surtout les COV qui sont ciblés, mais à l’avenir ils pourraient être opérants sur d’autres types d’allergènes ou de bactéries. Lisez attentivement les étiquettes.

Pensez à opter pour un purificateur d'air. Ce modèle mobile est efficace, neutre et transportable facilement d'une pièce à l'autre. www.aykow.fr© Aykow

Le purificateur d’air. En plus d’un système de ventilation performant, on vous conseille également d’opter pour un purificateur d’air. Il existe désormais des modèles nomades capables d’assainir l’air intérieur et même d’enlever les mauvaises odeurs. Mais surtout les avancées technologiques vous garantissent un appareil qui ne produira pas de nouveaux polluants. Une nouvelle technique totalement neutre à base de lumière douce violette suffit à enclencher le phénomène de photocatalyse qui détruit les polluants intérieurs. « L’avantage, c’est que ces appareils peuvent être déplacés de pièce en pièce très facilement. Notre produit fonctionne à l’aide d’un port USB et consomme très peu », souligne Gregory Jean, président fondateur Aykow. Pour aller encore plus loin, vous pouvez opter pour un modèle connecté qui sera en plus capable de vous donner des informations sur la qualité de l’air de votre maison. Ces fonctionnalités feront augmenter le prix de votre purificateur d’air, comptez un peu moins de 200 € pour un modèle standard et à partir de 250 € pour une version connectée.

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