Construire en zone termitée

La France est infestée par les termites. Si vous construisez dans une zone termitée, le constructeur devra obligatoirement prendre des mesures de protection préventives.

Les termites sont des insectes xylophages redoutables. Ils ne se cantonnent plus à leur habitat forestier. Ils s’attaquent aux arbres et aux maisons en toute discrétion pour causer des dommages impressionnants. Ils se régalent du bois en le consommant en lamelles, dans le sens des fibres, sans pour autant rejeter de la sciure. La trace de leur passage n’est signalée que par des trous d’aération aussi petits qu’une tête d’épingle. Ils peuvent ainsi continuer leur travail de sape à l’abri des regards… jusqu’à destruction complète.

Tout  y passe : le bois, le papier, le carton et les panneaux dérivés contenant de la cellulose. Structures de la maison et équipements : rien ne leur résiste, y compris les matériaux qu’ils ne consomment pas, mais qu’ils traversent sans hésiter pour atteindre la cellulose dont ils sont friands. Le plâtre ou encore les gaines électriques peuvent être aussi endommagés. La solidité de la maison peut même être remise en cause. La charpente, les escaliers ainsi que les meubles peuvent alors être irrémédiablement altérés.

Depuis 10 ans, le niveau d’infestation par les termites est stable en France.  « La Charente-Maritime fait partie des zones les plus infestées, car elle est envahie par une sous-espèce de termites plus vorace que la normale, entraînant de grosses dégradations », déclare Marc Choisnet de l’entreprise TTBR.

Des mesures obligatoires

L'infestation grandissante est probablement due en partie au réchauffement climatique. Parmi les 2 500 variétés de termites recensées, la France en compte six dont cinq d’entre elles sont des termites souterrains transitant par le sol avant de pénétrer dans les maisons.

Pour faire face à ce fléau, la loi Termites impose la mise en place de dispositifs spécifiques de lutte contre ces xylophages pour tout bâtiment construit dans une zone déclarée « termitée » par un arrêté préfectoral. Selon l'article R 112-4 du Code de la construction et de l'habitat, « le constructeur du bâtiment fournit au maître d’ouvrage, au plus tard à la réception des travaux, une notice technique indiquant les dispositifs, les protections ainsi que les références et caractéristiques des matériaux mis en œuvre ». Le surcoût de l'adaptation de la maison est compris dans le prix convenu lors de la signature du contrat de construction.

Que dit la loi ?

Depuis l'arrêté du 16 février 2010, les maisons neuves doivent être protégées si le département est déclaré infesté par les termites. Le maître d'œuvre (le constructeur) doit alors prendre toutes les mesures techniques nécessaires. Trois dispositifs sont proposés par la réglementation : un dispositif de construction contrôlable, une barrière physique ou une barrière physico-chimique.

Une construction facilement contrôlable

La mise en œuvre d’un dispositif de construction dont l’état est contrôlable permet de répondre aux exigences de l’article 2 de l’arrêté du 27 juin 2006. Une construction contrôlable telle que définie par la loi doit permettre de pouvoir détecter visuellement les termites par une simple observation visuelle au contact sol-bâti. Pour les parties de la maison non contrôlables, une barrière antitermite est imposée.

Les contrôles annuels doivent être réalisés par une entreprise. Naturellement ce dispositif ne protège pas la maison mais permet d’anticiper toute infestation. Le vide sanitaire accessible est la solution la plus courante. Ce dernier doit avoir un accès de 0,60 m2, une hauteur minimale de 0,60 cm en maison individuelle. Doit s'ajouter une zone d’inspection le long de la maison d’environ 10 cm de large.

Le constructeur doit fournir au maître d'ouvrage la notice technique dans laquelle il indique la fréquence des contrôles et le descriptif du système.

Un soubassement impénétrable

Le soubassement de la maison doit répondre à un cahier des charges technique spécifique, l'objectif étant de barrer le passage aux termites. Les matériaux alvéolés sont proscrits. Ils seront soit en béton banché soit en blocs béton pleins et les joints verticaux seront totalement maçonnés. Si des blocs alvéolés sont utilisés, le dernier rang sera réalisé en blocs pleins.

La protection physique

Pour barrer le passage aux insectes il existe des barrières physiques. Il s’agit le plus souvent d’un treillis en acier inoxydable dont le maillage est suffisamment resserré pour que le termite ne puisse passer au travers. Pour garantir l'efficacité de ces barrières, il faut qu'elles soient sous avis technique du Centre scientifique et technique du bâtiment. Cette barrière physique est installée sur toutes les zones susceptibles de fournir un point d'entrée dans le bâtiment comme le périmètre du bâti, les fourreaux, les canalisations, les refends, etc.

Les barrières physico-chimiques

Il existe aussi des protections chimiques. Elles peuvent être associées à la barrière physique. Il s'agit alors d'une membrane comportant un insecticide. Leur efficacité est garantie dix ans. Le film prêt à poser recouvre alors la totalité de l’assise de la maison. Il existe aussi des peintures bitumineuses insecticides qui s’appliquent principalement sur les maçonneries en soubassement. Si ces procédés contiennent des produits insecticides, ils doivent être inoffensifs pour la santé et l’environnement et devront être certifiés CTB P+.

Un entretien régulier

Une fois bâtie, la maison devra être inspectée et entretenue régulièrement pour maintenir une bonne hygiène. Il s'agira de supprimer les eaux stagnantes à proximité et d'éliminer tous les bois morts. Le stockage de bois de chauffage et de tout ce qui contient de la cellulose ne devra pas être directement en contact avec le sol et les murs.

Il faut également éviter les plantations à proximité immédiate de la maison. La présence d’une végétation importante peut être une source d’humidification répétée ou permanente des parois extérieures et attirer les insectes. Les végétaux peuvent aussi détériorer les fondations.

Où s'informer ?
– Observatoire national termite du FCBA (Institut technologique forêt cellulose bois-construction ameublement) : //termite.com.fr
– Dans votre commune et dans chaque préfecture.

Publié par
© construiresamaison.com -