Île-de-France : des maisons très tendance

Faire construire en Ile-de-France exige de faire des choix : maison contemporaine ou traditionnelle ? Villa à l’allure audacieuse ou aux lignes sages ? Menuiseries aux couleurs impertinentes ou aux tons neutres ? Plan ouvert ou volumes fermés ? Nos réponses et nos conseils pour bâtir dans la région capitale.

L’architecture en Ile-de-France ? Forcément à la pointe de la tendance. Logique : les acquéreurs franciliens aiment les maisons très contemporaines avec des façades blanches ou blanc cassé, qui viennent en contraste des anthracites et des gris plus clairs des menuiseries. Des volumes en porte-à-faux apportent du cachet et permettent de créer des volumes vides à l’intérieur des demeures. Indéniablement, « les maisons contemporaines sont très tendance avec leur toit-terrasse, leurs grands volumes, leurs beaux espaces, et leur importante luminosité », confirme Patrick Métaut, P-DG d’Archivim, une société qui construit dans le 78, le 91 et le 92 tous les styles de maisons.

Terre et Demeure a ici opté pour des jeux de volumes et d'ouvertures verticaux mis en valeur par d'élégantes menuiseries. www.terreetdemeure.fr

Si le contemporain a la cote, il ne suffit pas de bâtir de simples cubes pour satisfaire les acquéreurs. Le style doit être recherché et très personnalisé. « Les alignements de façade sont très travaillés : ils sont le plus possible décalés, avec différentes hauteurs de toiture », renchérit Jean-Michel Bournerias, P-DG de Terre et Demeure, un constructeur spécialisé dans le sur-mesure et la maison urbaine d’architecte. Ce qui permet à l’intérieur de belles hauteurs sous plafond de trois mètres et plus, très appréciées des acquéreurs.

Architecture personnalisée

C’est surtout le côté design de ces contemporaines qui contribue à leur actuel succès. Par exemple grâce aux menuiseries et aux grandes baies faites sur mesure qui sont devenues beaucoup plus abordables : on peut vraiment se faire plaisir en personnalisant sa maison. « C’est du reste une des modifications les plus demandées par les acquéreurs », rappelle Nicolas Foschia, responsable commercial et marketing des Maisons Foschia spécialistes du haut de gamme sur mesure.

Les lignes contemporaines de cette maison familiale de 240 m² dessinent les contours d’un lieu de vie esthétique et confortable. Une réalisation Yvelines Tradition. www.yvelinestradition.fr

Les acquéreurs qui recherchent les villas à l’architecture contemporaine « aiment les formes simples et les grandes baies vitrées mais tout dépend de leur budget : la création ne connaît de limites que celles de l’enveloppe dont ils disposent », souligne Sara Pedrosa, dessinatrice et commerciale pour les Maisons Rénobat, spécialistes des demeures haut de gamme de 250.000/300.000 € et qui construisent dans le sud du 77, le 78, le 91, le 92 et le 94.

Attention : quel que soit le budget dont on dispose, il faudra prendre en compte la forme du terrain, les normes énergétiques, et les exigences des Plans locaux d'urbanisme, qui peuvent modifier, voire freiner, les projets. C'est encore plus vrai dans les secteurs qui relèvent de l'autorité des architectes des Bâtiments de France (ABF), qui peuvent imposer des prescriptions particulières (teintes, volumes, voire styles).

La conception très élaborée des ouvertures de cette villa contemporaine Archivim la rende unique et lumineuse. www.archivim.fr

Dans les secteurs plus ruraux de la région parisienne, les acquéreurs sont à peu près libres de mener à bien leur chantier. Mais dans certains secteurs, les règles peuvent là encore être plus strictes. « Un bon constructeur connaît son secteur et entretien des relations constructives avec tous les interlocuteurs, notamment les ABF, ce qui permet d'obtenir plus facilement le permis de construire », note Jean-Michel Bournerias.

Maison : les styles traditionnels résistent

Le contemporain n'a pas le monopole de l'architecture francilienne. « Les maisons traditionnelles sont elles aussi appréciées mais seulement à condition qu’elles soient retravaillées dans un esprit moderne », considère Nicolas Foschia. Les toitures restent alors à quatre pentes mais les couleurs des ravalements sont les mêmes que celles des villas contemporaines et les grandes ouvertures de 3 m/3,50 m sont de rigueur. « Les hublots ne sont pas tellement prisés. Ce sont les baies en longueur qui ont la cote. Et de plus en plus de baies fixes, dans la cuisine par exemple où elles feront 2 m de long sur 60 cm de large », estime Nicolas Foschia. Ce rectangle élancé apporte de la dynamique à l’architecture de la maison. Il est également intéressant d’intégrer de la hauteur sur les pignons des maisons par exemple. Les grandes ouvertures carrées sont celles qui apporteront le plus de luminosité.

Les Maisons Renobat ont ici imaginé une demeure qui allie harmonieusement structure moderne et éléments traditionnels. www.lesmaisonsrenobat.com

Au-delà de ces détails, la grande majorité des maisons se déclinent en deux styles. D’un côté l’architecture d’inspiration briarde, avec sa toiture de tuiles rouge à deux ou quatre pentes, ses lucarnes, ses enduits grattés couleur sable, blanc, voire ocre pâle. De l’autre, le style Mansart, avec son brisis de toiture, son étage, sa couverture grise… « Pour l’essentiel, les clients motivés par l’architecture traditionnelle veulent marquer leur retour aux valeurs de famille, de racines, de sécurité », confie un constructeur. Ces tendances sont d’autant plus fortes que ces acquéreurs n’oublient pas la notion de patrimoine. Ils savent aussi qu’une maison assez conventionnelle se revend mieux qu'une villa par trop audacieuse et qu'elle s’adapte plus facilement à ses propriétaires successifs.

Une belle demeure bâtie par Chênes Construction qui a su renouveler les codes classiques de l'architecture francilienne. www.maisons-chenes.com

Mais attention : tout est dans le détail. Et lorsque l’on regarde avec attention les maisons fraîchement sorties de terre, chacune se distingue par des détails qui leur sont propres. « Nous apportons toujours le petit plus au client pour qu’il ne soit pas propriétaire de la maison de Monsieur Tout-le-Monde, tout en restant dans les limites de son budget. Nous proposons des bandeaux au-dessus des fenêtres ou des encadrements originaux, des décrochés de façade, des modénatures, etc. », précise un professionnel. « Derrière une architecture très classique, synonyme de valeur sûre, nos maisons sont conçues de manière à coller le plus possible aux désirs de notre clientèle », note Pierre Jude, P-DG de Maisons Pierre.

Lignes traditionnelles entièrement renouvelées pour cette villa francilienne signée Cofidim et Maisons Sésame. www.cofidim.fr et www.maisonssesame.fr

Ces touches de modernité seront également plus ou moins importantes à l’intérieur selon l’âge des acquéreurs : « les clients plus âgés apprécient les volumes fermés alors que les jeunes générations veulent des volumes ouverts, de grands espaces qui vont avec l’architecture contemporaine », considère Patrick Métaut.

Façades : quel style !

Le nuancier des demeures de l’Île-de-France ? Les façades aiment les enduits monocouches grattés projeté. « La grande tendance en matière de couleurs est presque exclusivement à l’anthracite à l’intérieur comme à l’extérieur qui s’accorde avec des tons gris pour affirmer un bel esprit contemporain », précise Patrick Métaut. Des blancs pour les façades avec, par exemple, des bandeaux bleus ou rouges. Plus des poteaux autour de la porte d’entrée pour faire des rappels, de l’anthracite pour les menuiseries, de la tuile couleur ardoise, et juste quelques parements de pierre.

Audacieux mélange de matériaux, variation étonnante des lignes et réflexion poussée sur les ouvertures : cette demeure signée par Maisons.com a tout bon. www.lesmaisons.com

Cela dit, la base des échantillons proposée par les industriels est énorme, et il serait vraiment dommage de s’en priver. « Opter pour la mode du « passe-partout » en pensant à la revente n’est pas nécessairement une bonne idée. Une villa qui joue des couleurs avec brio aura toujours nécessairement plus de cachet et de style », avertit Nicolas Foschia.

Un avis partagé par Jean-Michel Bournerias : « Sur les façades, place est donnée aux jeux de polychromie. Ils renforcent le dessin des volumes architecturaux. Grâce aux simulations que nous leur proposons, les acquéreurs se rendent compte de l’intérêt de ne pas avoir une façade aux couleurs fades. Les fabricants offrent aujourd’hui des gammes de coloris formidables, et nous utilisons des blancs comme des rouges, des rouge foncé, des bruns… » Deux à trois couleurs peuvent être sélectionnées auxquelles s’ajouteront des habillages. Là aussi de plus en plus de produits sont proposés, tels les parements pierre et les composites qui sont de grande qualité et apportent une touche de modernité.

Un concentré d'audaces architecturales et de couleurs pour cette villa imaginée par le Pavillon Français. www.lepavillonfrancais.fr

Même enthousiasme du côté de Patrick Métaut : « Les matériaux sont mixés : on ajoute des bandes de bois, des parements de pierre qui plaisent beaucoup. La vraie briquette, les mixes de placages variés, les tons pierre naturelle sont également tendance. Les contrastes animent les façades et les personnalisent. Et les acquéreurs se montrent vraiment friands de ces personnalisations ».

Cependant, au final, à cause des Plu, les ravalements des façades restent très sages : ils se contentent souvent d’être grattés avec des petites surfaces de parement pierre ou de parement bois selon le goût des clients. « Les tons beige/marron et anthracites prédominent, le bi-ton est très apprécié. Les menuiseries seront elles aussi colorées, généralement anthracites pour rappeler le ton de la façade et les encadrements », estime Sara Pedrosa.

Toitures en couleurs

En matière de teintes pour la toiture, les industriels s’ingénient à proposer de plus en plus de très beaux coloris : des noirs, des rouges flammés, des nuances qui rappellent la paille, l’ardoise… En centre-ville la tendance est de revenir à des couvertures en zinc, inspirées par les toits de Paris et très appréciées par les communes. « Elles permettent de construire plus à la verticale que la tuile par exemple, ce qui est parfait en ville. Seul problème : elles sont coûteuses. Vrai avantage : elles vieillissent très bien », résume Patrick Métaut.

Jeux de volumes très zen pour cette maison de plain-pied Ermi, appuyés par la tonalité blanche des façades et l'anthracite des toitures. www.maisons-ermi.fr

Jean-Michel Bournerias, lui, propose pour les toitures « les tuiles ardoisées ou parfois des coloris de la région rouge flammé et vieilli. Ou de l’ardoise, du zinc, du bac acier, du béton pour les toits-terrasses… ». Mais « les acquéreurs aiment aussi les toits tout à fait classiques, recouverts de tuiles choisies dans des tons sable/champagne ou ardoisés », rappelle Sara Pedrosa.

Des lignes de toit mises en valeur par de beaux volumes vitrés pour cette villa signée Valente Construction. www.valente-construction.fr

Ceux qui optent pour des volumes cubiques et des toits plats ne sont évidemment pas soumis aux mêmes choix. Pour autant, l'offre des industriels évolue pour s'adapter à des besoins de confort et de lumière toujours plus forts. Les constructeurs n'hésitent plus à placer des fenêtres de toit spécialement adaptées, qui offrent à la maison un véritable puits de lumière. Les menuiseries sont alors automatisées. Lors des nuits de chaleur estivale, la fenêtre de toit s'ouvre de même qu'une fenêtre au rez-de-chaussée, provoquant, par effet de tirage, une entrée d'air frais bienvenue.

La maison, côté plans

Les plans qui ont la cote auprès des acquéreurs sont ceux qui sont ouverts. Disposer de plusieurs petites pièces ne séduit plus. « Nous faisons de plus en plus d’espaces sans poteaux. Les maîtres d’ouvrage demandent souvent des aménagements de ce type même si ils sont plus onéreuses. Nos bureaux d’études parviennent à mettre au point des solutions élégantes », déclare Nicolas Foschia. Bref : plus il y a d’espace, mieux c’est, surtout au rez-de-chaussée. Ce qui permet par exemple d’installer un îlot central très pratique dans la cuisine. Très à la mode et de plus en plus souvent demandées aux cuisinistes : les verrières aussi vitrées que possible, souvent anthracites, qui servent à délimiter les cuisines tout en jouant sur la lumière et l’espace.

Une forme audacieuse au service de l’espace et de la lumière : réalisée en région parisienne, cette maison a été imaginée par les Maisons Barbey Maillard. www.lesmaisonsbm.com

En règle générale, au rez-de-chaussée, on trouvera une grande cuisine ouverte sur un vaste séjour et qui comprendra selon les cas, une arrière-cuisine, un cellier, une buanderie. Une suite parentale permet de recevoir les invités. A l’étage la suite réservée aux parents et les chambres des enfants complétées par des salles de bains et d’eau. Les chambres occupent en général 10/13 m2 mais si le budget le permet, dans des grandes maisons, elles feront facilement 25 m2. « Les grandes mezzanines avec vue sur le séjour et les salles de jeux sont très appréciées », confie Jean-Michel Bournerias. Dans les salles d’eau, les douches à l’italienne continuent à plaire et la tendance est définitivement au receveur de douche sinon extraplat du moins très fin. Attention, cette discrétion est le plus souvent onéreuse.

Les menuiseries tendance
Elles seront en aluminium gris foncé. Il est souvent dit que l’anthracite est à la mode, mais l’anthracite est une couleur noire. Les constructeurs proposent aux acquéreurs de choisir du bleu ou du rouge foncé pour sortir des coloris que l’on voit maintenant partout. Le bois reste rare mais le mixe des matériaux aluminium à l’extérieur/bois à l’intérieur est très chic.

Avec un très beau budget
Les acquéreurs favorisent la décoration intérieure : les beaux sanitaires, les aménagements de cuisine, les très beaux carrelages mais avant tout ils optent pour une architecture très élaborée avec par exemple 30% de baies vitrées et/ou des structures complexes. Plusieurs garages peuvent également être prévus.

 La tendance déco a évolué
Les faïences, les parquets, les portes intérieures sont devenus essentiels, la domotique est en force. Le budget réservé aux salles de bains a grimpé en flèche et atteint facilement 10.000/15.000 €. Et parfois plus pour avoir de la balnéo, un bac de douche imposant, des robinetteries chics… En ville les acquéreurs aiment les carreaux en ciment, les verrières de type industriel pour les cuisines.

Les escaliers font leur show
L’escalier n’est plus encloisonné et caché derrière une porte. Aujourd’hui il est prestigieux, apparent et il investit l’espace. Il s’est transformé en meuble jusqu’à faire partie du décor à part entière. Il sera en pierre naturelle, en métal, en béton avec revêtements… Les balustrades seront en inox ou en fer, leurs parois parfois en verre. Seul l’escalier en bois est boudé par les acquéreurs, sauf s’il est mixé avec du métal. En matière de design, le choix est quasi infini. Les escaliers industriels standard vaudront quelque 1.200 €. Pour un bel escalier avec rambarde réalisé par un artisan spécialisé, comptez entre 6.000 et 10.000 €. Il apporte une vraie valeur ajoutée à la maison.

Tendance terrasse
Les terrasses sont de plus en plus souvent surélevées pour se trouver juste au niveau du rez-de-chaussée. Il y a juste à sortir de la cuisine : nul besoin de descendre un escalier pour se retrouver sur sa terrasse ! Elles seront juste carrelées, soit dans la continuité du carrelage de la cuisine ou au moins dans la teinte, soit dans un style complètement différent mais elles seront toujours antidérapantes.

Construire à petit prix
Les primo-accédants, ces jeunes ménages qui achètent pour la première fois, peuvent faire construire en Ile-de-France. ils iront chercher leur terrain dans les petites villes de la grande couronne, voire dans les départements limitrophes de la région. Sur ces secteurs, des parcelles constructibles de 600 à 800 m² valent de 90.000 à 150.000 €. De nombreux constructeurs proposent des maisons adaptées, qui marient petit prix et grande qualité. Un modèle de 90 m² aux prestations d'entrée de gamme démarre aux alentours de 100.000 à 110.000 €. Les professionnels ont également mis au point des packages tout compris, qui incluent parcelle, terrain et financement, le tout à prix optimisé. 

Ile-de-France : bâtir en ville
Faire construire en ville ? C'est possible en Ile-de-France ! Notamment en première couronne, où il reste des terrains disponibles. Une opération qui doit être menée avec rigueur. Le plus souvent, il faut démolir une ancienne bâtisse inexploitable et parfois dépolluer le terrain. Deux tâches qui demandent un savoir-faire technique et des formalités administratives. L’architecture est un défi. Il faut tenir compte des limites séparatives drastiques, des reprises en limites de rue. Elle devra être conçue sur deux ou trois étages, elle sera contemporaine. Un soin particulier doit être apporté aux fenêtres et aux baies vitrées. Il faut en effet gérer les vis-à-vis tout en respectant une réglementation thermique qui impose un pourcentage minimal d'ouverture (elles doivent compter pour un sixième des murs). Nombre de constructeurs se sont positionnés sur ce segment de marché qui le plus souvent relève de la conception sur mesure, en compagnie d'un architecte. Il faut également prévoir un solide budget dans les 600.000 à 800.000 € tout compris et parfois davantage. Ce type d'habitat cadre avec de nouvelles tendances de vie, où la voiture comme le grand jardin ne sont plus jugés indispensables. En fait, le jardin est vécu par ces amateurs de maisons urbaines comme une grande pièce de plein air, facile à entretenir et faite pour accueillir famille et amis.

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