En Bretagne la maison garde la cote

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L’engouement des Bretons pour la maison individuelle est culturelet surtout indéfectible. Mais surtout, ce qu’ils veulent,c’est un habitat moderne et confortable. Comment les constructeurs répondent-ils à leurs attentes ?

De la pointe du Raz à l’intérieur du pays Bigouden, peu de points communs si ce n’est une terre de légendes et des paysages magnifiques. Des côtes escarpées aux métropoles régionales en passant par les stations balnéaires et les villes moyennes, tout aussi peu de similitudes. En y regardant de plus près, la caractéristique la plus sensible est celle de l’attachement à la maison individuelle. Elle compte pour 72% du parc de logements, « une proportion supérieure de 16 points à la moyenne nationale » révèle une étude de la Direction régionale de l’équipement, de l’aménagement et du logement de Bretagne.

Selon la dernière note de conjoncture des notaires de l’Ouest, une étude réalisée en juin 2018, 90% des acquéreurs de terrains en Bretagne sont originaires du bassin sur lequel ils achètent. C’est dire l’attachement des Bretons de souche à la maison. Et ceux qui sont partis de la région mais qui y ont conservé racines et attaches comptent fermement y revenir, notamment pour y passer leur retraite. Cet engouement est conforté par des conditions de financement très attractives dans la région. Proches de leurs plus bas niveaux, les taux immobiliers tournent autour de 1,20% sur 15 ans, 1,40% sur 20 ans et 1,60% sur 25 ans, hors assurance et selon le profil de l’emprunteur et la qualité de son dossier.

Enduits deux tons et jeux de volumes pour cette maison qui n'oublie pas ses origines. www.constructionsdugolfe.com

Quel budget pour une maison en Bretagne ?

Selon les notaires de l’Ouest, un candidat sur cinq à l’accession a moins de 30 ans et un tiers a entre 30 et 40 ans. Ce qui laisse présager d’une forte amplitude de prix en matière de projet de construction. Les moyens d’un jeune ménage démarrant dans la vie ne sont pas les mêmes que ceux d’un couple avec enfants déjà bien établi dans la vie active.

Conscients de ces enjeux, les constructeurs proposent une grande variété de prix. Selon la taille de la maison et les prestations demandées, tant en termes de matériaux que de chauffage ou d’équipement domotique, les valeurs les plus courantes vont aller de 110.000 à 250.000 € pour 110 m². Selon le Commissariat général au développement durable, le mètre carré moyen s’établit à 1 400 €. Les maisons dites d’entrée de gamme démarrent quant à elles à un peu plus de 1.000 €/m².

Les ménages à revenus modestes ou moyens peuvent bénéficier d’un prêt à taux zéro (PTZ). Réservé aux primo-accédants, ce crédit gratuit finance, selon les secteurs de construction 20 ou 40% du projet. C’est un véritable coup de pouce pour les jeunes ménages bretons qui veulent s’installer. Mais il faut faire vite car cette aide, assortie d’un différé de paiement, va disparaître fin 2019 dans les communes des zones B2 et C du dispositif (villes moyennes et communes rurales).

Une fois le terrain repéré, il faut trouver le constructeur qui va adapter ses plans aux besoins de son client ou va faire du sur-mesure. Au-delà des compétences professionnelles des différents interlocuteurs, l’acquéreur veillera au cadre juridique de son projet. L’occasion de rappeler que le Contrat de construction-loi de 1990 est le seul à inclure des protections obligatoires (notice descriptive, prix global forfaitaire et définitif ou encore garantie de livraison à prix et délais convenus).

Terrasse et lumière pour cette contemporaine très urbaine. www.maisonscreation.com

Des maisons à l'architecture contemporaine aussi

Le cliché de la maison au toit deux pentes en ardoise, des parements de granit et des volets en bois a vécu. Il va même devenir vintage ! Les Bretons ne sont pas réfractaires à l’architecture contemporaine, loin de là. Et les architectes des Bâtiments de France n’y sont pas systématiquement opposés lorsque l’environnement n’est ni classé ni protégé. « Dans les lotissements, dès l’instant où le plan local d’urbanisme le permet et où l’architecte conseil l’autorise dans le cahier des charges, la toiture plate est admise » relève Marc Loys.

Les maisons se font pratiquement toutes à étages, « ce qui permet de jouer avec les décrochés en rez-de-chaussée et d’être moins monolithique » commente Benoît Lombard. Les façades sont majoritairement enduites avec des teintes différentes pour se différencier des voisins, même si certains lotissements exigent un bardage bois. Le parement pierre est presque systématique autour de la porte d’entrée.

Les adeptes de la maison traditionnelle avec toiture à pente ou la longère recouverte d’ardoises n’auront pas de mal à trouver un constructeur, les professionnels ayant tous des modèles classiques ou inspirés de la tradition locale. Des constructions que l’on retrouvera par exemple en centre bourg de l’intérieur des terres ou dans les secteurs relevant de l’architecte des Bâtiments de France (ABF).

La maison bois connaît un franc succès en Bretagne avec 10% de parts de marché. Des constructeurs comme Trecobat avec Nature et Bois, Maisons de l’Avenir avec Maisons Vivre et Bois ont contribué à son développement. « Nous en fabriquons depuis 40 ans mais nous sentons aujourd’hui une demande très active en lien avec la protection de l’environnement, le citoyen responsable. Par ailleurs un processus de fabrication industrialisé a permis d’en faire baisser le coût » constate Fabrice Treguer.

L'art et la manière de s'adapter à un petit terrain. www.dbl-constructions.fr

La domotique au service du confort

A l’image de l’architecture contemporaine, l’aménagement intérieur affiche de nouvelles tendances. « Les pièces à vivre se veulent spacieuses avec des surfaces de 35 à 40 m² pour l’ensemble salon séjour et cuisine » constate Patricia Ridard, responsable commerciale de DBL Constructions. Des volumes souvent ouverts, qui renforcent l’impression d’espace et qui laissent entrer la lumière extérieure.

Une nouvelle mode se dessine comme l’explique Philippe Fray, président de Constructions du Golfe : « certains acquéreurs demandent un salon plus petit mais une grande cuisine conviviale avec îlot central pour faire les repas mais aussi une grande table où l’on reçoit également ses amis ».

Autre tendance : la cuisine est fermée par des parois vitrées, à la manière des restaurants d’aujourd’hui. Dans les grandes maisons, des pièces annexes comme l’arrière cuisine servant de buanderie ou un dressing attenant à la suite parentale située en rez-de-chaussée font partie des incontournables. Sur des surfaces plus petites, le garage fait office de buanderie et de pièce de rangement.

Astucieux, les Bretons savent optimiser l’espace sans pénaliser le confort. A l’étage, au minimum trois chambres avec salle de bains et salle d’eau.L’autre tendance actuelle est l’accélération de l’utilisation de la domotique dans la maison. Si le pilotage des volets roulants et de l’alarme font partie des prestations fournies par la plupart des constructeurs dans leur contrat de base, d’autres vont plus loin en proposant des options payantes. « La domotique revient en force dans la maison grâce au smartphone » explique Didier Clémot, gérant de Maisons Création. « A la notion de sécurité s’ajoute une notion de confort d’usage et d’économie d’énergie avec la gestion, à distance, des volets selon la saison pour préserver une température fraîche ou chaude de la maison, de la chaudière, de l’éclairage et la mise en route du four, de l’arrosage automatique, de la température de la piscine… »

Si la domotique perce, c’est aussi parce que les fabricants ont changé leurs solutions. Pour Benoît Lombard, « l’usage en est maintenant simple et ludique. Grâce aux avancées de nos partenaires industriels, plus besoin d’être geek pour savoir s’en servir ». Reste cependant à prévoir dans son budget un coût d’installation et d’abonnement. Ce qui explique peut-être que ces options ont plus de succès, pour le moment, chez les quadras et seniors que chez les jeunes primo-accédants. Pour aller plus loin encore, le constructeur Trecobat lance prochainement sa maison connectée où la domotique ne serait pas seulement liée à l’utilisation de la maison…

Les maisons bretonnes n'hésitent plus à afficher la couleur ! www.maisons-rennaises.fr

Des maisons performantes

La réglementation thermique actuelle, la RT 2012, s’est concentrée sur les économies d’énergie pour minimiser les factures des occupants. Ce qui passe par une meilleure isolation, une meilleure étanchéité à l’air, un chauffage mieux adapté… Résultat : les consommations des maisons neuves bretonnes sont en moyenne inférieures de 10% aux plafonds exigés par la RT 2012 selon une récente enquête menée par EDF pour Les Constructeurs et aménageurs de la Fédération française du bâtiment (LCA-FFB).

Certains constructeurs vont au-delà de la réglementation comme les Maisons de l’Avenir et sa maison Bâti-Activ. Pour Hermann Genouel, son président, « il s’agit de rendre la maison 40% plus efficace en énergie que la RT 2012 en améliorant la qualité bioclimatique, l’exposition, la perméabilité à l’air pour qu’elle se chauffe mieux seule et garde la chaleur. Elle consomme toujours un peu avec un chauffage électrique d’appoint mais n’ayant pas de pompe à chaleur, elle en dispense l’entretien ». Une version avec panneau photovoltaïque est possible avec zéro énergie de dépenses mais il faut que le terrain permette une très belle exposition. Et un budget de départ plus élevé de l’ordre de 1.800 €/m² contre 1.400 €/m² pour la version sans panneaux.

Trecobat livre aussi sa villa E-Odet à énergie positive et bas carbone (E+/C-), anticipant sur la future réglementation environnementale 2020 et ses maisons à énergie positive, produisant plus qu’elles ne consomment. En effet, la RT 2020 ne se limitera pas à la performance thermique mais prendra en compte à l’empreinte écologique de la maison.

Enfin, les constructeurs bretons se préoccupent aussi de la qualité de l’air à l’intérieur de la maison, très critiquée aujourd’hui. Pour l’améliorer, Didier Clémot, préconise « d’accélérer le débit de renouvellement de l’air, d’utiliser des plaques qui absorbent les polluants dégagés par la peinture, les matériaux d’ameublement, les produits d’entretien, les colles… ». Bref, en Bretagne, la maison neuve prend aussi soin de ses habitants.

 Des modèles de maisons bretonnes

 Louise Granger

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