Construire une maison en Languedoc-Roussillon

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Terrain, architecture, spécificités régionales, choix des professionnels : autant de points à creuser pour réussir votre projet de construction dans cette belle région.

Soleil, mer, montagne… Le Languedoc-Roussillon attire par sa qualité de vie. Avec 282 000 habitants au compteur, sa capitale, Montpellier, s’est récemment hissé au rang de septième ville de France, tandis que l’arrière-pays, séduit des clients locaux, parisiens ou étrangers en quête d’un terrain pour faire bâtir la maison de leurs rêves, entre vignes et oliviers. Cet engouement pour ce coin du sud de la France entraîne une forte pression foncière. Les terrains situés en zone côtière ou en périphérie des grandes villes deviennent rares et chers. Dans les départements des Pyrénées-Orientales et de l’Hérault, leurs prix ont augmenté d’environ 10% sur l’année 2017, selon les dernières statistiques notariales.

Une interprétation du style contemporain. www.groupe-immo-selection.fr© Groupe IMMO SELECTION

Les terrains en Languedoc-Roussillon

La spéculation bat son plein dans les communes limitrophes de Montpellier. « Les prix sont exorbitants », constate Jean-François Sanchez, directeur général de 2A Villas. « Le terrain est souvent plus cher que la maison », ajoute pour sa part Véronique Rungette, chargée de clientèle chez Ginkgo. En effet, on peut faire construire sa maison à partir de 1 250 €/m2 et il faut compter entre 300 et 800 €/m2 pour un terrain au cœur de l’agglomération. Les statistiques notariales estiment à 128 400 € le prix médian d’un terrain en périphérie de Montpellier.

Face à ces prix élevés, les primo-accédants, dont le budget moyen oscille entre 200 000 et 300 000 €, optent pour des petits terrains (de 150 à 200 m2 en moyenne) avec des maisons de 80 à 100 m2 habitables, de préférence en R + 1, pour économiser de l’emprise foncière. Une solution qui leur évite de s’éloigner des zones urbaines. Ce qui leur garantit vie pratique et valorisation de leur patrimoine.

En réponse à cette nouvelle donne, les constructeurs densifient les surfaces au sol en proposant des maisons mitoyennes ou jumelées sur des macro-lots divisés en plusieurs parcelles. « La pression foncière est telle que le paysage urbain est en pleine mutation. La maison individuelle traditionnelle disparaît au profit de la maison de ville », analyse Jean-François Sanchez chez 2A Villas. Les ménages qui souhaitent disposer de plus d’espaces sans pour autant s’éloigner de la métropole devront prévoir un budget global de 400 à 500 000 € pour faire construire leur maison.

Une proposition de villa de plain-pied, une solution toujours prisée. www.maisonsvertes.fr© Maisons Vertes de l'Hérault

Investir en Languedoc-Roussillon

Malgré ces coûts, faire construire sa maison individuelle dans le Languedoc-Roussillon reste un placement d’avenir. « C’est encore le bon moment pour franchir le pas. Dans 10 ou 15 ans, ce sera encore plus difficile. Avec le Scot (Schéma de Cohérence Territoriale) qui tend à réduire l’emprise foncière, les prix des terrains vont encore monter ! », anticipe Jean-François Sanchez. Le calcul vaut aussi bien pour les acquéreurs d’une résidence principale que pour les investisseurs qui font construire en vue de louer.

La maison locative a en effet le vent en poupe. « La demande de location de maisons neuves est très forte car beaucoup de ménages n’ont pas la possibilité financière de faire construire et apprécient les avantages du neuf, en termes d’économie d’énergie notamment », assure Nicolas Gossart, directeur général de Maisons Bic. Jusqu’à 300 000 €, les investisseurs peuvent réaliser leurs projets de construction dans le cadre de la loi Pinel. Ce dispositif permet de défiscaliser les revenus locatifs sur une durée de 6, 9 ou 12 ans.

Selon Nicolas Gossart, de belles opportunités sont à saisir autour de Béziers et de Narbonne. « Ce sont les deux grandes villes de bord de la mer les moins chères de France. C’est le moment d’investir tant que les prix sont bas ». Autre conseil de ce professionnel : oser l’arrière-pays. « Le Minervois, le Biterrois, les terres viticoles de Saint-Chinian sont des coins de campagne magnifiques, proches de la mer, où l’on peut dénicher des terrains de 400 à 600 m2 à partir de 60 000 € et faire bâtir une maison d’environ 90 m2 avec trois chambres pour moins de 200 000 € ! »

Les grandes ouvertures nécessitent des protections solaires. www.arcobat.fr© Arcobat

Maisons en Languedoc-Roussillon : des espaces optimisés

Côté plans, la tendance est à l’optimisation de l’espace. « Avant, on construisait au milieu du terrain. Aujourd’hui, la maison et le garage sont positionnés devant. La porte d’entrée donne sur la rue. Le terrain est recouvert d’une terrasse en bois, de gravillons ou de gazon synthétique. Les clients ne veulent plus passer le week-end à tondre leur pelouse », affirme Céline Guitard, gérante du Groupe Immo Sélection.

La demande la plus classique porte sur une maison avec trois chambres, dont une suite parentale, et une grande pièce à vivre de 40 à 60 m2, intégrant salon et cuisine ouverte. « L’espace nuit est réduit au maximum. Les clients privilégient leur espace de vie au détriment des chambres », observe Céline Guitard. La présence de deux salles de bains (dont une dans la suite parentale) devient la norme. La mode est aux w.-c. suspendus et aux douches italiennes. En termes de revêtement, les grands carreaux sont plébiscités : 60 x 60 ou 80 x 80 au sol et 80 x 120 pour les faïences murales.

Parmi les tendances émergentes, on note la création d’un coin multimédia. Certains clients bloquent une place pour l’ordinateur dans le salon. D’autres créent un espace ouvert dédié, à l’étage. « Dans tous les cas, cet aménagement est à anticiper dans les plans de la maison », recommande Céline Guitard. En outre, les futurs propriétaires sont de plus en plus sensibles à l’éclairage de leur intérieur et privilégient les lumières indirectes au plafond. « Là encore, c’est un élément à prévoir en amont afin de l’intégrer au cahier des charges du plaquiste », insiste Céline Guitard. Autre nouveauté, le garage est la nouvelle pièce incontournable de la maison. « Il n’est plus utilisé pour garer sa voiture mais plutôt comme cellier, garde-à-manger, buanderie... Certains clients demandent même des évacuations d’eau en prévision de le transformer, à terme, en studio », note le dirigeant de 2A Villas.

Une villa moderne avec quelques touches traditionnelles. www.maisons-serge-olivier.fr© Maisons Serge Olivier

Maisons en Languedoc-Roussillon : architectures variées

En matière d’architecture, les constructeurs locaux proposent une large palette de choix. Cela va de la construction traditionnelle avec toiture en tuiles canal et rangs de génoise, à la villa ultracontemporaine sous toit plat, en passant par la maison écolo en bois… L’idée est en effet de coller à tous les besoins, à toutes les envies mais aussi à tous les terrains et à tous les budgets.

Malgré la diversité de l’offre, il n’est pas toujours possible, néanmoins, de se laisser aller à toutes les fantaisies. « Dans les lotissements, l’acquéreur doit respecter les prescriptions de l’architecte-coordinateur », prévient Fabrice Pottier, directeur commercial d’Arcobat. A noter également : certaines parcelles se situent en secteur sauvegardé et le projet doit respecter les impositions des architectes des Bâtiments de France (ABF).

Quant aux parties communes (clôtures, traitement des trottoirs, parkings, plantations...), elles sont prises en charge par l’aménageur. « L’acquéreur a moins de liberté. En contrepartie, il a la garantie que ses voisins respectent les mêmes règles que lui. Cela entraîne une montée en gamme des lotissements et donne de la valeur au patrimoine », reconnaît Jean-François Sanchez de 2 A Villas.

Les amoureux de l’authenticité pourront trouver leur bonheur à Lunel, à quelques kilomètres de Montpellier. La commune est en train d’y aménager un lotissement privé sécurisé où le style provençal est à l’honneur. Les inconditionnels des toits plats seront comblés au Cres ou à La Grande-Motte, haut-lieu de l’avant-gardisme architectural. Ceux qui succombent au charme du bois trouveront un bon accueil du côté de Nîmes, où ce matériau est adopté depuis plusieurs années pour la construction de bâtiments institutionnels (crèches, écoles, etc.).
Enfin, si les règles d’urbanisme le permettent, il est tout à fait envisageable de jouer sur la mixité des matériaux et d’opter pour un mélange de bardage bois et de crépis (ou parement en pierres). « Les deux matières se marient très bien et leur association se démocratise dans les lotissements. Dans ce cas, il faut prévoir un coût supplémentaire pour l’Isolation par l’extérieur (ITE), indispensable à ce genre de construction », souligne Véronique Rungette, chez Ginkgo, constructeur spécialisé dans les maisons en bois.

Un grand classique de la région. www.2a-villas.com© 2a Villas

Maison bioclimatique en Languedoc-Roussillon

Avant de faire construire sa maison, il faut d’abord bien choisir son terrain. Selon Véronique Rungette, « c’est le terrain qui va donner le pouls de la maison ». Il convient de bien l’appréhender, sous tous ses aspects : typologie du sol, inclinaison, assainissement (tout-à-l’égout ou individuel…), végétation… « Par exemple, si l’on est en présence de saules pleureurs, on peut en déduire que le terrain est humide… »
Les professionnels conseillent de visiter son terrain plusieurs fois, à différentes heures de la journée, afin de bien en connaître son exposition, d’en repérer les ombres portées, etc. Cela sera un élément déterminant pour élaborer le plan de la maison. « Dans nos régions, il faut savoir se protéger du chaud, comme du froid, ainsi que des grands écarts de températures. Bien exposer sa maison permet de capter les rayons du soleil quand il faut. » Selon Véronique Rungette, « mieux vaut donc éviter les grandes ouvertures à l’ouest qui reflètent les rayons du soleil aux heures les plus chaudes » !

Bien choisir ses matériaux de menuiserie peut également aider à mieux protéger sa maison de la chaleur. Fabrice Pottier, chez Arcobat, déconseille les volets gris-anthracite. « C’est très à la mode mais cette couleur est à éviter car elle attire la chaleur. L’idéal est de rester dans les tons clairs. » Un conseil qui vaut aussi pour les enduits extérieurs. Ces derniers se retrouvent d’ailleurs dans la grande majorité des maisons neuves.

Pour rafraîchir sa maison, on peut aussi opter pour la climatisation. « 90 % de nos clients la demandent. Elle est incontournable au moins au rez-de-chaussée mais il faut l’anticiper », note Céline Guitard. Une anticipation d’autant plus importante que la Réglementation thermique 2012, qui régit la construction, plafonne les consommations d’énergie. Et la clim’ est très gourmande !
Là encore, la conception bioclimatique offre des solutions. Casquettes et brise-soleil limitent les surchauffes. Des systèmes de rafraîchissement naturel permettent de faire circuler l’air par effet de tirage. La nuit, la fenêtre de toit et une autre fenêtre s’ouvre, chassant l’air chaud pour le remplacer par de l’air frais. Un dispositif qui peut se piloter tout seul grâce à des capteurs.

Autre moyen de se rafraîchir : la piscine ! Là encore, même si on ne la construit pas tout de suite, il est recommandé de l’intégrer dans le permis de construire. « Cela évite de refaire, par la suite, des démarches administratives de déclaration de travaux », indique Céline Guitard. Ils restera plus qu’à la construire, sachant qu’ici, le choix est très large.

Une demeure traditionnelle bien intégrée dans son environnement. lestoitsdefrance.fr© Maisons Toits de France

Languedoc-Roussillon : des maisons performantes

La RT 2012 impose aux maisons neuves l’utilisation d’énergies renouvelables. « 70 % de nos clients plébiscitent la pompe à chaleur », remarque Fabrice Pottier d’Arcobat. Les poêles à granules et les radiateurs rayonnants avec thermostat et capteurs de température sont également en vogue. « A l’exception des grandes agglomérations, le gaz n’arrive plus dans les lotissements. Chauffage, eau chaude, plaques de cuisson vitrocéramiques… On est dans le règne du tout électrique », poursuit Fabrice Pottier.

Certains acquéreurs prévoyants anticipent déjà la prochaine réglementation, la RE 2020. Celle-ci remplacera la RT 2012 à compter du 1er janvier 2021. Grâce à cette réglementation, chaque maison devra être à énergie positive, c’est-à-dire produire plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Le recours aux filières courtes et les panneaux photovoltaïques captant l’énergie solaire seront de mise. Revers de la médaille : « cela devrait faire augmenter les coûts de construction de la maison d’environ 10 % », indique Jean-François Sanchez.

Marie-Noëlle Frison

 

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