Construire en Auvergne-Limousin en 2017

Motivés, les candidats à la maison neuve de ces deux régions sont aussi très exigeants sur tous les aspects de leur projet. Comment les constructeurs répondent-ils à leurs attentes ?

Les temps changent. « La maison que l’on paye sur 25 ans, où l’on y passe toute sa vie et où on espère y finir ses jours, ce n’est plus trop la demande », constate Jean-Christophe Couvidou, président des Maisons Limousines et Novea. Mais cela ne veut pas dire pour autant que les acquéreurs boudent la maison individuelle, au contraire : « du début de l’année jusqu’aux élections, les ventes ont progressé de 8% », indique Sylvain Massonneau, directeur général de Tradimaisons et vice-président de la LCA-FFB, en charge du métier de constructeur.

Simplement, la façon d’envisager la maison et ses usages a évolué. En tout cas pour les jeunes acquéreurs, qui se séparent plus facilement que leurs aînés, ou qui vont être amenés à déménager plus fréquemment au gré des évolutions de leur carrière professionnelle. Ce qui ne les empêchent pas d’être exigeants : « les maisons actuelles sont mieux équipées, en termes de domotique par exemple, et mieux finies, avec des matériaux de qualité », souligne Sylvain Massonneau.

Les constructeurs proposent des maisons de qualité spécialement destinées aux familles à petit budget. www.maisonprovincialelimousin.fr

Toutefois, de nouveaux profils d’acquéreurs de maisons neuves apparaissent, notamment des personnes seules. Pas forcément des jeunes célibataires, mais de nombreux quadragénaires, « souvent des femmes divorcées, qui pensent très rapidement, plus que les hommes, à réinvestir dans une petite maison de ville. Là, peu de jardin, plus un espace extérieur pour en profiter aux beaux jours, et plutôt près des centres-villes, par commodité. Ces profils représentent un client sur trois ou quatre », souligne Jean-Christophe Couvidou. Quels que soient son projet et son mode de vie, il faut avant tout bien réfléchir à son budget.

Question d’argent
Faire construire, c’est une question d’argent. Outre les crédits classiques, il est possible de bénéficier de financements aidés comme le PTZ, un crédit gratuit réservé aux primo-accédants. « Les jeunes ménages ne sont pas tous au courant de l’existence de ces prêts, regrette Karim Kerioui, président des Maisons Elan. Nous devons donc les accompagner au mieux pour pouvoir définir concrètement un projet avec eux. » Les constructeurs, grâce à des partenariats conclus avec des banques, peuvent aussi les aider à obtenir leur crédit. Un coup de main très constructif !

Choisir son terrain pour construire en Auvergne-Limousin

Globalement, plus le terrain se situe près des villes, plus il est cher… et souvent plus il est petit. « Dans l’agglomération de Clermont-Ferrand, il faut compter entre 70.000 et 80.000 € pour un terrain de 400 à 500 m² », indique Evariste Da Silva, chargé de clientèle du groupe ACI Maisons Clédor. Mais le prix n’est pas le seul critère de choix.

Cette villa se structure autour de son jardin. www.maisonspartout.fr

L’emplacement est déterminant. « Les acquéreurs vérifient les trajets pour aller travailler, la proximité des écoles et des commerces, ainsi que la desserte par les transports en commun », confie Sylvain Massonneau. Attention, il faut aussi regarder sa configuration et ses possibilités d’aménagement et de viabilisation. « Dans nos régions où les terrains sont souvent en pente, il faut faire attention aux surcoûts générés par le renforcement des fondations, met en garde Sylvain Massonneau. Par exemple, s’il faut mettre en œuvre un système de pieux, il faut rapidement compter une enveloppe de 15.000 à 20.000 € supplémentaires. Des surcoûts à intégrer dès le départ pour éviter les mauvaises surprises. » Sans compter la taxe d’aménagement : « si en moyenne elle s’élève à 2 000 €, elle peut parfois atteindre les 7.000 ou 8.000 € », prévient Yoann Canet, président des Maisons Partout.

Une piste pour trouver des terrains : la division parcellaire, mais attention, elle n’est pas autorisée par toutes les communes. Lorsque des propriétaires mettent en vente leur maison ancienne, si le budget est trop élevé pour les acquéreurs locaux, certains professionnels leur conseillent de diviser le terrain pour en vendre une partie nue, ce qui peut constituer de bonnes opportunités d’emplacement. « Il est plus facile de trouver un acquéreur pour la maison avec 180.000 € de budget et un acheteur pour un terrain à 40.000 ou 50.000 €, qu’une seule personne avec 230.000 € dans le Cantal », confirme Yoann Canet.

Maisons neuves en Auvergne-Limousin : quels plans ?

A la base, on peut penser qu’il s’agit d’un carré ou d’un rectangle avec des murs pour délimiter les différentes pièces. En pratique, c’est bien bien plus complexe. Outre les impératifs liés à la réglementation, il faut tenir compte de son mode de vie. Le garage a son importance, accolé ou intégré à la maison selon les configurations. A l’extérieur, les acquéreurs recherchent une certaine intimité. Les constructeurs peuvent alors jouer sur l’emplacement de la maison sur le terrain, pour se couper de vues trop plongeantes des voisins ou créer des patios pour éviter les vis-à-vis trop importants.

En Auvergne comme en Limousin, les architectures contemporaines gagnent du terrain. www.maisons-elan.com

A l’intérieur de la maison, la tendance majoritaire est à la grande pièce de vie multifonction avec une cuisine ouverte et un îlot central. Mais cette configuration n’est pas systématique. « Les acquéreurs demandent de plus en une cuisine fermée, ou avec une salle à manger, délimitée du salon », constate Yoann Canet. Le coin bureau ou multimédia peut être logé sur un pallier par exemple, plutôt que dans la pièce de vie ou la chambre.

Autre tendance : « on voit aussi des demandes avec une suite parentale, le classique combo chambre avec dressing et salle de bains, située à l’opposé des chambres des enfants, avec la cuisine et la pièce de vie intercalées entre les deux espaces nuit », remarque Jean- Christophe Couvidou. Chacun peut ainsi avoir plus d’intimité, notamment avec des adolescents. Enfin, « les chambres, même bien aménagées avec des rangements, sont plus petites, note Sylvain Massonneau. Peut-être parce que les enfants jouent dorénavant plus avec des consoles ou des tablettes qu’avec des Playmobil ou des trains électriques ».

Maisons neuves en Auvergne-Limousin : quels équipements ?

« Les maisons sont actuellement très bien isolées avec la RT 2012, les acquéreurs ne recherchent pas de performances énergétiques supérieures », constate Evariste Da Silva. Avec des maisons essentiellement réalisées en béton ou brique, plus rarement en bois, l’isolation est composée majoritairement en laine de verre ou de roche, parfois en polystyrène, mais « il n’y a pas de demande pour les biomatériaux de type laine de bois ou de chanvre, ni pour l’isolation par l’extérieur », note Karim Kerioui.

Très innovante, cette maison à énergie positive est équipée d'une pile à combustible. www.batisseursdici.com

Principalement en tuile ou en ardoise, les toitures deux ou quatre pentes doivent respecter les Plu (plans locaux d’urbanisme) à la lettre. Les toits-terrasses sont rares. En revanche, même en altitude, les acquéreurs réfléchissent à des solutions de climatisation en plus du chauffage, souvent au gaz ou avec une pompe à chaleur. « Parfois, certains demandent un équipement pour recycler les eaux de pluie afin d’arroser jardins et plantations », indique Yoann Canet.

Les acquéreurs se laissent séduire par les équipements domotiques, et son attentifs à leur confort : « par exemple, installer des plaques de plâtre dépolluantes, absorbant les Cov (composés organiques volatils), ne représente qu’un surcoût global d’environ 1.000 €, une isolation phonique supplémentaire entre 1.500 et 2.000 €, pour un réel gain de confort au quotidien », souligne Sylvain Massoneau.

Maisons neuves en Auvergne-Limousin : quelles garanties ?

Pour ceux qui se lancent dans leur premier projet de construction de maison, le contrat de construction de maison individuelle dit CCMI, offre de nombreux avantages par rapport au contrat de maîtrise d’œuvre. Il est strictement encadré par la loi du 19 décembre 1990 et l’acquéreur n’a alors qu’un seul interlocuteur : le constructeur.

Jeux d'enduits et de volumes personnalisent les styles contemporains. www.batidur.fr

Lors de la signature du CCMI, le client connaît le coût total de son projet de construction. « Le prix est ferme et définitif, ce qui va notamment faciliter l’acceptation du dossier par la banque », indique Yoann Canet. Si un acompte est remis au constructeur lors de la signature du contrat, celui-ci doit souscrire une garantie de remboursement : si les conditions suspensives ne sont pas réalisées dans le délai prévu ou si le chantier n’est pas ouvert à la date convenue, l’acquéreur sera remboursé de son acompte.

Ensuite, les paiements sont réglementés : la loi fixe le pourcentage maximal du prix convenu pouvant être exigé par le constructeur à chaque stade de construction (voir encadré). 15% peuvent être exigés par le constructeur à l'ouverture du chantier (5% à la signature, 5% à l'obtention du permis de construire et enfin 5% au début effectif des travaux), 25% du prix de la maison devra ensuite être réglé au moment de l'achèvement des fondations, 40% après la construction des murs, 60% à la pose du toit, 75% à la mise hors d'air et 95% à la fin du chantier. C’est la banque qui va débloquer les fonds au fur et à mesure, en lien avec le constructeur. Le versement des 5% restants est conditionné à la réception du bien par le propriétaire et à l'absence de réserves émises sur le procès-verbal.

Les constructeurs proposent aussi des villas traditionnelles. www.maisons-millot.com

Avec un CCMI-loi de 1990, le constructeur s’engage à réaliser l’ensemble des travaux dans un délai fixé au contrat. En cas de retard, il sera tenu de verser des pénalités de retard. Enfin, une fois le chantier ouvert, en cas de défaillance du constructeur, la maison sera achevée aux prix et délais convenus grâce à la garantie de livraison qui est obligatoire dans le cadre du contrat de construction de maison individuelle. Elle couvre aussi la réparation des malfaçons éventuelles sans coût supplémentaire.

Le constructeur, enfin, est obligatoirement couvert par une assurance dommages couvrant sa responsabilité civile professionnelle, et comprenant la garantie de parfait achèvement et la garantie décennale. « Dans le cadre du contrat de maîtrise d’œuvre, ces garanties ne sont pas incluses et le prix n’est pas définitif », rappelle Karim Kerioui. Et d’ajouter « les constructeurs inscrivent l’assurance dommages-ouvrage dans leur CCMI, ce qui fait baisser le prix de cette protection obligatoire qui facilite la mise en œuvre de la garantie décennale. Il fait aussi noter qu’avec un CCMI, le constructeur est juridiquement tenu de livrer une maison conforme à la RT 2012 ».

Argent pas cher
Les taux des crédits immobiliers sont restés relativement stables depuis le mois d’avril selon le dernier Observatoire Crédit Logement/CSA : en septembre, hors assurance et toutes durées d’emprunt confondues, le taux moyen s’élevait à 1,56%. Selon le courtier Cafpi, toujours à fin septembre, les emprunteurs ont pu obtenir des taux d’intérêt moyens (hors assurance) à 1,48% sur 15 ans, 1,79% sur 20 ans et 1,93% sur 25 ans en Auvergne et 1,38% sur 15 ans, 1,58% sur 20 ans et 1,85% sur 25 ans dans le Limousin.

Zoom sur les maisons neuves en Auvergne-Limousin

Sophie Fichepain