Maison : comment construire en Aquitaine

Une maison en Nouvelle-Aquitaine ? Oui, mais pas n'importe laquelle. Moderne et confortable, elle doit offrir de l'espace, de la lumière, de la convivialité et des économies d'énergie. Sans oublier une vraie personnalité !

Certains s’en plaignent, d’autres s’en félicitent : Bordeaux s’est rapprochée de Paris grâce à la ligne à grande vitesse (LGV). À peine plus de deux heures pour passer de l’une à l’autre. C’est aussi l’ensemble de la région Aquitaine qui devient plus vite accessible. Avec à la clé un dynamisme accru, un développement économique qui se poursuit et une attractivité renforcée pour le littoral, mais surtout pour Bordeaux métropole et l’ensemble du département de la Gironde. Avec le quartier d’affaires Euratlantique notamment, « c’est toute une population de cadres qui va arriver sur la région bordelaise », rappelle Rémi Fromaget, président du groupe InCa (Demeures de la Côte d’Argent, Maisons Clairlande et Rouquié Constructions).

Jeu de façades, de matériaux et de couleurs pour cette maison contemporaine qui arbore également un toit terrasse. www.igc-construction.fr

De nouveaux arrivants au bon niveau de vie qui viennent s’ajouter à tous ceux qui, ces dernières années, ont déjà choisi le cadre agréable de la Gironde. Si cet afflux de population est positif, il n’est pas sans conséquence sur les prix de l’immobilier et notamment des terrains. Et de fait, faire construire dans certains secteurs d’Aquitaine et notamment en Gironde demande de disposer d’un bon budget.

Aquitaine : des maisons pour tous les budgets

Le haut niveau des prix des terrains et leur relative raréfaction dans certains secteurs ont un impact sur les projets des acquéreurs, et notamment sur ceux qui disposent d’un budget serré. Actuellement, par exemple, « avec un budget global inférieur à 250.000 €, il est assez difficile de faire construire en Gironde », estime Cécile Hervé, directrice des ventes du groupe Inca. Une enveloppe financière qui sera moins importante dans des départements plus ruraux, où la part consacrée au terrain est moindre.

Une maison moderne, de plain-pied aux lignes nettes et aux nombreuses baies vitrées pour une luminosité maximale. www.so9-habitat.fr

Pour réaliser leur projet, les ménages qui achètent pour la première fois (primo-accédants) et disposent de revenus modestes doivent arbitrer entre lieu de résidence, taille du jardin, et mètres carrés habitables... Même si les concessions se font le moins souvent possible sur la surface de la maison, celle-ci oscille entre 90 et 110 m2, en fonction du lieu de construction, mais pas seulement. « Nous construisons encore des maisons de 80 m2, note Cécile Hervé. Notamment pour les familles monoparentales. » La maison doit en effet « s’adapter aux nouveaux modes de vie, répondre aux enjeux sociétaux », détaille le président du groupe InCa. Il arrive aussi que, pour gagner des mètres carrés sur la maison, les acquéreurs renoncent au garage.

Côté prix, la moyenne tourne autour de 1.300 €/m² de surface de plancher sur l’ensemble de la région selon le Commissariat général au développement durable. Les maisons dites d’entrée de gamme démarrent aux alentours de 1.000 € du mètre carré. Les villas très contemporaines d’architecte, ou encore les maisons passives, si performantes qu’elles peuvent se dispenser de chauffage, peuvent coûter beaucoup plus cher.

Ce qu’il faut savoir, c’est que plus la maison est sophistiquée, plus son prix grimpe. Il faut aussi tenir compte de l’adaptation au terrain, de l’altitude pour ceux qui veulent s’installer en montagne, ou encore des surcoûts liés au bâti si le terrain ne permet pas d’optimiser la conception bioclimatique. Le mieux, c’est de faire un cahier des charges en listant ses besoins et ses envies et de faire ses choix en fonction du budget, tout en se faisant conseiller par les constructeurs.

Aquitaine : des maisons à la conception optimisée

Quelle que soit sa taille, la maison « est optimisée, avec des couloirs et dégagements réduits au strict minimum », indique Claude Guillemain, président des Maisons Sic. Pas de mètres carrés perdus, pour permettre des espaces de jour plus grands. « La pièce de vie, qui regroupe plusieurs fonctions, séjour, salle à manger, cuisine, bénéficie toujours de beaux volumes », poursuit-il. « La cuisine est conviviale, avec souvent un îlot central. » Ou alors, « la demande porte aussi sur des cuisines semi-ouvertes, remarque Cécile Hervé, afin d’éviter les odeurs de cuisine dans le séjour. Quoi qu’il en soit, la pièce de vie offre généralement une superficie de 40 à 50 m2 ».

Une maison lumineuse aux nombreuses baies vitrées et aux détails architecturaux soignés. www.maisons-mca.com

Les chambres, elles, se font plus petites, mais dotées d’un placard intégré, quand il faut compter les mètres carrés. Toutefois, « la suite parentale est quasiment devenue un standard, rappelle Jacques Dufort, président d’IGC. Le coin parent est de mieux en mieux aménagé, avec un dressing et une salle d’eau ».

Quant à la salle de bains familiale, elle est mieux équipée qu’auparavant, « avec des meubles vasques, des pommeaux de douche modernes... », précise Cécile Hervé. Par ailleurs, « la salle de bains n’est plus une simple pièce « de service », constate le président des Maisons SIC, elles sont un peu plus grandes, entre 7 et 8 m2. On a une forte demande de grandes douches à l’italienne ».

Pour plus de fonctionnalité encore, « nous installons de plus en plus de placards intégrés dans les maisons », reprend Cécile Hervé. Et pour aider les acquéreurs à se projeter dans la maison, nous leur proposons des plans sur lesquels figure du mobilier ».

Aquitaine : des maisons confortables et performantes

Quels que soient leur prix et les prestations choisies, les maisons d’aujourd’hui sont construites dans le respect de la Réglementation thermique actuelle, la RT 2012. Dotées d’un bâti performant, très bien isolées, orientées de façon optimale quand le terrain le permet, les maisons sont peu énergivores. D’ailleurs, la RT 2012 leur impose de ne pas consommer plus de 45 kWh/m²/an (consommation conventionnelle sur le chauffage, l’eau chaude, l’éclairage, le rafraîchissement et les équipements auxiliaires comme les pompes). C’est trois à cinq fois moins que l’ancien !

Quand la tradition basque s'allie avec l'architecture contemporaine... www.couleur-villas.fr

Côté chauffage, différentes options sont possibles. Les pompes à chaleur, notamment air/eau, continuent d’être plébiscitées. Dans ce cas, la chaleur est le plus souvent distribuée par un plancher chauffant. Mais les solutions air/air (chaleur diffusée par des ventilo-convecteurs) gagnent du terrain depuis quelques années. « Nous proposons de plus en plus souvent un système air/air », confirme Jacques Dufort. « C’est simple, performant et rapide, ce qui facilite la gestion du chauffage. » Autre atout : « ces systèmes assurent le rafraîchissement en été », rappelle Rémi Fromaget. Cette solution peut être retenue « pour les pièces de jour, tandis qu’un convecteur rayonnant électrique suffit pour les chambres, qu’on chauffe moins », note Claude Guillemain.

Les familles se montrent de plus en plus soucieuses de la qualité de l’air intérieur. Ce qui n’a pas échappé aux constructeurs. « Nous équipons toutes nos maisons de plaques de plâtre spécifiques, souligne le président d’IGC. Elles absorbent les polluants comme les COV (Composés organiques volatils). » En plus des solutions techniques mises en place dans le bâti, « le constructeur a un devoir de conseil, rappelle le président du groupe InCa. Par exemple, en préconisant des peintures non nocives ».

Par ailleurs, les constructeurs travaillent sur les apports lumineux et la ventilation naturelle. En plus des grandes baies appréciées des acquéreurs, certains préconisent la mise en place de fenêtres de toit, très utiles notamment pour le confort d’été. Elles fonctionnent comme une cheminée : la nuit, l’effet de tirage extrait l’air chaud de la maison pour le remplacer par un air extérieur plus frais. « Cela permet un rafraîchissement à moindre coût », remarque Rémi Fromaget.

Une pièce à vivre supplémentaire grâce à cette terrasse couverte aux dimensions généreuses, indispensable pour profiter le plus longtemps possible dans l'année de l'ensoleillement de cette région. www.clairedemeure.com/

Pour se simplifier la vie, la domotique propose de larges gammes de solutions. Toutefois, et notamment quand le budget est serré, « ce n’est pas une priorité, constate Claude Guillemain. Les ménages se satisfont de ce qui est désormais une prestation classique, comme l’automatisation des ouvrants ». Mais la maison peut être pré-équipée, « pour qu’à terme, elle puisse être pilotée à distance, en ce qui concerne le chauffage, l’alarme etc. », détaille Cécile Hervé.

Maison en Aquitaine : architecture traditionnelle ou contemporaine ?

Si les acquéreurs privilégient la surface habitable, la luminosité, le confort et la facilité d’entretien de leur maison, ils sont tout autant sensibles à son aspect. Et ce quel que soit le budget. « Les acquéreurs veulent une maison à leur image et dont ils soient fiers, souligne Jacques Dufort. À nous d’adapter nos propositions en fonction de ce qu’ils nous expliquent, et bien sûr en fonction du terrain. »

Les ménages privilégient le plain-pied à chaque fois que c’est possible. Mais « en ville, c’est la maison à étage qui s’impose », rappelle Jacques Dufort.

Côté lignes, la sobriété l’emporte. Pour des raisons de budget, mais aussi parce que les acquéreurs « aspirent à des maisons plus contemporaines. On en a fini avec les arcades », sourit Claude Guillemain. Les maisons sont souvent rectangulaires, voire carrées (c’est la forme la moins onéreuse), mais quand le budget le permet, « elles peuvent par exemple présenter un U très évasé, avec une piscine au milieu », indique le président d’IGC.

Des menuiseries noires qui tranchent avec le blanc de la façade, des matériaux contemporains, de belles ouvertures, cette maison aux volumes généreux arbore une architecture moderne et raffinée. www.demeures-occitanes.fr

Pour conforter l’aspect contemporain, les acquéreurs optent « pour des toits plats, signale Claude Guillemain. Ou alors pour des toitures mixtes. On note aussi une tendance à la tuile noire, mais elle n’est pas autorisée partout, tout comme les toitures plates d’ailleurs ». Pour un rendu moderne, on peut aussi assortir tuile noire et menuiseries anthracites.

Pour les grandes baies, les menuiseries en aluminium s’imposent, tandis que pour les fenêtres classiques, le choix s’effectue généralement entre aluminium et PVC. Ce dernier « peut être teinté dans la masse, rappelle Jacques Dufort, mais la plupart du temps, on reste sur du blanc. Pour l’aluminium, le choix se porte généralement sur l’anthracite, le gris clair ou le gris bleuté ». Quant au bois, on le retrouve principalement dans les secteurs où il est imposé par l’architecte des Bâtiments de France (ABF). « Par exemple, dans le secteur de Sarlat, on nous demandera des volets bois », confirme Claude Guillemain. Partout où c’est possible, les grandes ouvertures s’imposent. « Les acquéreurs veulent faire entrer la nature dans la maison », constate Cécile Hervé. Et pour cela, les baies à galandage (qui s’escamotent complètement dans le mur) sont très prisées. Par ailleurs, « les fenêtres panoramiques, horizontales, plaisent pour l’aspect paysage qu’elles apportent », confie le président des Maisons Sic.

Villa ultra-contemporaine aux façades noires et blanches, aux grandes baies vitrées et à l'architecture originale qui s'organise autour de deux espaces de vie totalement séparés. www.maisons-lara.com

Enfin, les acquéreurs apprécient les terrasses couvertes, « voire les pergolas bioclimatiques quand le budget le permet », continue-t-il. À l’extérieur aussi, ce sont la convivialité et le confort qui priment !

Les bons réflexes
Selon Cécile Hervé, directrice des ventes du groupe InCa (Demeures de la Côte d’Argent, Maisons Clairlande et Rouquié Constructions), il est judicieux « d’aller voir le constructeur dès qu’il y a une envie d’achat ». En effet, certains ménages au budget serré « s’autocensurent », alors qu’ils n’ont pas forcément connaissance de toutes les options possibles. En découvrant les attentes du client, ses besoins et ses envies, et en tenant compte de son enveloppe financière, le constructeur peut lui proposer des solutions adaptées. Et l’orienter vers ses partenaires financiers pour qu’ils puissent obtenir un prêt.
Trouver son terrain. Là encore, vous avez tout intérêt à consulter le constructeur. Il dispose généralement d’un réseau de partenaires qui vous facilitera la tâche. De plus, il vous conseillera dans le choix de la parcelle en fonction de vos impératifs comme la distance par rapport au lieu de travail, la proximité des services ou encore la scolarisation des enfants. Par ailleurs, votre maison elle-même dépend de l’emplacement, de l’orientation et de la configuration du terrain, tous les projets n’étant pas possibles partout.
Choisir son constructeur. Comparez les offres, mais pas trop, pour éviter de s’égarer. Il est bon de consulter trois ou quatre constructeurs. Vérifiez la réputation du constructeur, sa bonne santé financière. Demandez à visiter des chantiers en cours. Indispensable, la signature d’un CCMI (Construction d’un contrat de construction d’une maison individuelle). Régi par la loi de 1990, ce contrat garantit, entre autres, la livraison de la maison au prix et dans les délais convenus.
Etudier les prix. Enfin, ne vous laissez pas forcément séduire par les prix les plus bas. « Il faut être vigilant quand il y a de écarts de prix trop importants entre les différents constructeurs consultés, souligne Jacques Dufort, président d’IGC. Quand une maison semble « bradée », il faut savoir pourquoi. Et pour ne pas se tromper, « il est nécessaire de bien analyser chaque proposition, voir ce qu’elle contient en termes de matériaux, d’équipements et de services », conclut-il.

Zoom sur les maisons en Aquitaine

 

Publié par M. Pouplot
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