La Bretagne garde le cap

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La maison occupe une place de choix dans le cœur des Bretons. Elle n’hésite pas à prendre des allures contemporaines et à être à la pointe du développement durable tout en restant dans un budget accessible. Balade constructive et conseils pour réussir vos projets.

Des Côtes d’Armor au Morbihan en passant par le Finistère, de Rennes à Vannes et de Ploudéac à Chateaulin, la Bretagne allie rivages escarpés, bocages, hameaux et villes. Si la région est diverse, un élément la fédère : l’habitat individuel. 72 % de son parc de résidences principales est composé de maisons contre 57 % au plan national relève l’Insee. Et en Bretagne, 64 % des ménages sont propriétaires, une proportion qui s’établit à 58 % sur la France entière. Bref, les Bretons entretiennent une très forte relation avec la maison.

Rien n’entame cette cote d’amour. Une étude du Pôle Habitat de la Fédération française du bâtiment montre que les ventes ont légèrement augmenté en 2020 (+ 0,8 %) alors que le marché France entière recule de 8,5 %. « À la forte demande régionale s’ajoute celle de familles parisiennes en mal d’air pur et d’espace et qui profitent de la ligne à grande vitesse reliant Rennes ou Brest à la capitale, permettant de pratiquer le télétravail tout en venant une fois par semaine à Paris », analyse Hermann Genouël, président des Maisons de l’Avenir (Groupe Hexaôm).

Formes compactes et mélange de matériaux, deux des tendances souvent rencontrées en Bretagne. www.lamotte-maisons-individuelles.fr

Le contemporain ne se coupe pas de ses racines

Pour les maisons personnalisées à partir de catalogue comme pour les maisons sur mesure, le style longère néo-bretonne, avec façade granit et petites ouvertures, lucarnes et volets en bois perd du terrain. « Le granit n’est plus d’actualité sauf si l’architecte des Bâtiments de France (ABF) l’exige dans un périmètre classé ou protégé, par exemple près d’un clocher ou d’un château », observe Benoît Lombard, directeur Marketing des Maisons Rennaises.

La tendance actuelle est en effet au contemporain. D’abord parce que ce style valorise l’acte d’achat en montrant que la maison bénéficie d’un confort dernier cri. Mais aussi parce que la Réglementation thermique actuelle, la RT 2012, privilégie les formes cubiques : moins il y a de paroi en contact avec l’extérieur, plus les déperditions d’énergie sont réduites. L’autre tendance, c’est la présence de grandes ouvertures. Il s’agit de récupérer les calories gratuites du soleil et de faire entrer des flots de lumière dans la maison.

Des lignes modernes, un mélange habile de couleurs, des ouvertures de diverses formes donnent à cette maison toute sa personnalité. www.maisons-elian.com

Pour autant, souligne Céline Cornec, conseillère commerciale chez Polimmo La Maison, « après avoir demandé une ligne très épurée et presque froide, les acheteurs souhaitent du relief et un rythme des volumes qui reprend une écriture architecturale alliant modernité et tradition ». Ce qui se traduit par des toitures deux pentes en ardoise naturelle, des chiens assis, des lucarnes, des enduits grattés, des parements de pierre ou de zinc. « Pour une touche plus contemporaine, la toiture peut être monopente en zinc et deux pentes en ardoise sur des extensions telles que le garage, pour donner du rythme », ajoute Mathieu Larnicol, directeur de Maisons Elian.

La maison à ossature bois fait une véritable percée s’inscrivant à la fois dans une architecture sobre et moderne et dans la perspective du développement durable. Et la demande devrait s’accentuer avec la prochaine Réglementation environnementale 2020 (RE 2020). Deux constructeurs, Trécobat avec Trécobois et Maisons de l’Avenir avec Maisons de l’Avenir Bois, ont d’ailleurs leur propre production locale. D’autres professionnels de ce type d’habitat voient dans la Bretagne une terre d’opportunité. Booa, originaire du Grand Est, s’est installé dans le Morbihan et Ami-Bois, venu de l’Occitanie, développe une agence à Rennes.   

Une grande contemporaine, qui se distingue par sa terrasse et ses nombreuses ouvertures faites pour laisser entrer le soleil... www.trecobat.fr

Espace, confort et convivialité

Les plans et autres aménagements intérieurs sont quant à eux en pleine évolution. « La pièce à vivre occupe une place prépondérante alliant cuisine avec îlot central pour préparer les repas et dîner entre amis mais la salle à manger disparaît au profit d’un coin salon ou multimédia », constate Céline Cornec. Dans les maisons à étage, avec séjour cathédrale, ce coin multimédia ou espace de télétravail peut s’installer en mezzanine. Le coin salon peut aussi être déconnecté de la pièce centrale par une verrière type loft.
« On note une forte demande de portes à galandage dans l’espace central », confie Michaël Protzenko, directeur commercial chez Lamotte Maisons Individuelles. « Les acquéreurs peuvent ainsi moduler les pièces pour répondre à de nouveaux besoins ou créer un lieu tranquille, dédié au télétravail. »

Une proposition moderne, qui alterne jeux d'ombre et de lumière. www.polimmolamaison.bzh

La suite parentale avec dressing et salle de bains est incontournable. Parfois, pour les maisons à étage en bordure de mer, l’organisation de la maison est inversée comme l’observe Philippe Fray, président de Construction du Golfe, dans le Morbihan : « les chambres sont en rez-de-chaussée et les pièces à vivre à l’étage pour profiter de la vue mer ». Le garage, quant à lui, devient bien souvent une pièce à part entière servant de buanderie, de cellier, de rangement à vélos ou kayaks de mer… Si les terrains se font plus petits, les acquéreurs s’offrent souvent une belle terrasse, conçue comme une pièce de plein air semi-couverte pour profiter de l’extérieur le plus souvent possible.

Ses volumes compacts et son style sage, cette familiale a su trouver sa place en centre-bourg. www.maisons-elian.com

L’équipement domotique est très variable selon les budgets. Certains acheteurs préfèrent miser sur la qualité des matériaux ou l’espace plutôt que sur l’habitat connecté. Cependant, précise Romuald Cassaigne, gérant de CLG Constructions : « toutes nos maisons sont équipées pour piloter les volets roulants, la porte du garage. Et nous proposons d’installer des modules qui permettront via le smartphone de programmer à distance la mise en route ou l’arrêt de la chaudière, l’ouverture ou la fermeture des volets, l’éclairage de la maison, l’alarme… ». Quelques constructeurs réalisent toutefois des maisons connectées entièrement pilotées à distance via un smartphone.

Pas de performance sans qualité de vie

En Bretagne, la pompe à chaleur est le mode de chauffage le plus répandu suivi par le gaz plus présent aux abords des grandes villes. Sur ces adresses, les terrains, notamment en lotissement, sont desservis par le réseau de gaz naturel. Dès lors, les acquéreurs optent pour une chaudière à condensation, dont le coût d’investissement est deux à trois fois inférieur à celui d’une pompe à chaleur. Cette chaudière peut être associée à un ballon thermodynamique pour l’eau chaude. Lorsqu’elle assure les deux fonctions, l’obligation de recourir aux énergies renouvelables est satisfaite par l’installation de panneaux photovoltaïques en toiture.

Ce qu’il faut retenir : quel que soit le mode de chauffage, la facture en énergie est réduite à la portion congrue. « Compte tenu de l’isolation, le budget chauffage est faible. Pour une maison de 120 m², il correspond à 250 € par an », estime Romuald Cassaigne. Selon une étude EDF, le besoin en chauffage est systématiquement inférieur aux exigences réglementaires de la RT 2012. De même, les consommations conventionnelles sont toujours en dessous des plafonds imposés par la RT 2012.

Une touche de rouge brique, un bardage zinc original, et voilà une demeure qui affiche fièrement sa personnalité. www.maisonscreation.com

Des constructeurs vont toutefois plus loin. C’est le cas de Maisons de l’Avenir avec son concept Bâti Activ. « Architecture bioclimatique, 23 % de surface vitrée contre une exigence réglementaire de 16 %, isolation plus efficace de 30 à 40 % par rapport à la RT 2012, meilleure étanchéité à l’air : cette ligne allie performance, confort et lutte contre le réchauffement climatique », indique Hermann Genouël. Une performance qui a un coût, la maison se vendant autour de 2.000 €/m². Seul un chauffage d’appoint est
nécessaire. Une version avec panneaux photovoltaïques est possible, se rapprochant de la maison positive.

Trecobat s’est aussi lancé dans la maison à énergie positive et bas carbone anticipant la RE 2020, avec des réalisations comme les villas E-Roise et E-Odet. Aujourd’hui, son nouveau cheval de bataille est la qualité de l’air l’intérieur. « Nous devançons les futures normes dans ce domaine. En cette période de confinement, ce point est essentiel pour la santé et pour le bien-être des habitants », confie Michel Roué, directeur du pôle Avant-projet chez Trecobat. « Nos maisons sont déjà équipées d’une ventilation mécanique par insufflation. Nous allons plus loin et proposons une VMI avec un filtre en argent dans cette ventilation qui permet de détruire la pollution de l’air intérieur. »

Une citadine toute de bois vêtue, qui montre que la maison bois a trouvé sa place en Bretagne. www.trecobois.fr

Question de prix

Véritable mine d’information, l’enquête EPTB du ministère de l’écologie révèle qu’en Bretagne la maison neuve moyenne affiche un mètre carré moyen hors terrain de 1.490 €. Un niveau qui varie selon la surface, les matériaux, les équipements… Pour une prestation standard, il faut compter entre 1.400 et 1.800 €/m², soit pour une maison de 100 m² entre 140.000 et 180.000 €. Les villas pour jeunes ménages primo-accédants, quant à elles, s’établissent aux alentours de 1.300 € du mètre carré, soit dans les 100.000 € pour 80 m². Une maison sur mesure avec un type de couverture spécifique (ardoise naturelle par exemple), des menuiseries en aluminium et de belles prestations peut dépasser les 2.000 €/m².

Quelles que soient les options, « le budget maison est le plus souvent envisagé hors peinture des murs, les acquéreurs préférant s’investir personnellement dans leur maison ou le faire réaliser par un artisan », note Céline Cornec. En revanche, il semble bien que les gros travaux réservés, comme la réalisation de l’isolation, la pose des sanitaires ou du réseau électrique soient moins demandés aujourd’hui, les acquéreurs préférant se libérer l’esprit et placer ces ouvrages dans le cadre des garanties du constructeur.

Des teintes douces pour cette demeure sagement contemporaine. www.maisonscreation.com

Certains constructeurs donnent un coup de pouce aux accédants et proposent des facilités de financement. Les Maisons Rennaises, par exemple, ne demandent aucun versement à la réservation mais 25 % lorsque les fondations sont coulées, ce qui évite les intérêts intercalaires. Maisons d’en France opte pour un versement de 5 % à la réservation et 95 % à la fin des travaux. Nombre de constructeurs ont par ailleurs conclu des partenariats avec des banques ou avec des courtiers pour faciliter le financement. Une politique constructive qui permet à de nombreux ménages de trouver du crédit.

 Elisabeth Lelogeais

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