Acheter un terrain à bâtir en Franche-Comté

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En matière de terrain, l’idéal, c’est de pouvoir choisir en fonction de ses envies, en zone périurbaine pour ceux qui recherchent la proximité de la ville et de ses services et ceux qui aspirent à une maison plus en prise avec la nature. Mais ça, c’était avant car les demandes des familles changent. Elles cherchent désormais du foncier plus proche des villes.

Première étape de votre projet : le terrain. C’est une évidence : « nous devons connaître le terrain pour concevoir la maison », s’exclame Lionel Jacquet, le patron de la société Haut-Doubs Créer Bâtir. Or dénicher un terrain n’est pas si simple. Plus vous vous approchez de la Suisse, plus l’offre est rare et chère. « Faute de réseau ferroviaire, les Francs-Comtois qui travaillent en Suisse cherchent à vivre près de la frontière car il y a beaucoup d’embouteillages le matin et le soir notamment du côté des cantons de Neuchâtel et de Vaud, en particulier sur l’axe Yverdon/Lausanne », poursuit Lionel Jacquet.

Des superficies plus petites

Chère frontière. « Aujourd’hui, les acheteurs se contentent de 800 m2 quand ils en voulaient 1.000 il y a quelques années », note Nicolas Fidon, responsable de Maisons CT. Dans le Jura, aux Rousses, les parcelles de 500 à 600 m2 sont monnaie courante et se négocient 200 à 280 €/m2. Pour trouver moins cher, mieux vaut redescendre vers Champagnole ou Lons-le-Saunier où les tarifs sont plus doux : 60 à 100 €/m2. Dans le Haut-Doubs, la proximité de la frontière produit les mêmes effets. Aux abords de Métabief, les prix tournent autour de 200 €/m2 et grimpent même à 200/250 €/m2 du côté de Pontarlier. « La barre des 300 €/m2 est même parfois atteinte », s’exclame Didier Jouffroy, directeur commercial de Maisons Contoz.

Des prix plus abordables en plaine. Faute de moyens, direction la plaine où les parcelles de 800 m2 s’échangent entre 100.000 et 160.000 €. « À Besançon, tablez plutôt sur 180 000 € », remarque Frédéric Lefevre, directeur général de Zénith Construction. Hors secteurs urbains et périurbains, les tarifs tombent à 30.000/40.000 €, voire 50.000 € pour des superficies de 1.000 à 1.500 m2. Idem dans la Haute-Saône, sauf du côté de Vesoul où les prix peuvent monter jusqu’à 70.000/80.000 €. Quant au Territoire de Belfort, comptez de 60.000 à 80.000 € pour de modestes terrains de 600 à 1.000 m2.

Une parcelle de qualité

Bien vous informer. Question terrain, prenez le temps de la réflexion. Assurez-vous auprès de la mairie (ou sur le site www.geoportail.urbanisme.gouv.fr), que le Plu (Plan local d’urbanisme) ou la carte communale du secteur, ne contient pas de restrictions quant à votre projet. « De nombreuses communes ont révisé leur Plu et restreignent les possibilités de construire afin d’éviter le morcellement », reconnaît Lionel Jacquet. Le Plu vous fournira aussi des indications quant aux règles d’implantation, d’aspect, de hauteur de votre future maison. Si vous achetez en lotissement, vérifiez aussi son règlement qui peut émettre des conditions plus strictes que le Plu. N’hésitez pas à demander un certificat d’urbanisme.

Autre point très important, la qualité du sol. En zones argileuses, très fréquentes en Franche-Comté, le vendeur doit vous fournir l’étude géotechnique préalable rendue obligatoire par la loi élan du 23 novembre 2018 et en vigueur depuis le 1er octobre 2020 (arrêté du 22 juillet 2020). Elle vous renseigne sur l’éventuelle exposition de la parcelle « au phénomène de mouvement de terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols ». Consultez la carte des zones concernées sur www.georisques.gouv.fr).

Une étude plus poussée. Cette étude géotechnique préalable (dite G1) a pour but d’identifier le risque et de définir les principes généraux de construction. Une fois vos plans élaborés, un conseil : faites réaliser une étude géotechnique de conception (dite G2) qui prend en compte l’implantation et les caractéristiques de votre propre maison. Certains constructeurs comme Maisons France Confort systématisent cette étude dès l’avant-projet afin d’éviter les risques de sinistralité. « En présence d’un sol argileux, il faut prévoir un ancrage particulier des fondations », précise Fanny Moyse. Ce qui coûte plus cher. Enfin, pensez aussi à vérifier que le terrain est viabilisé, c’est-à-dire raccordé aux différents réseaux d’eau, d’électricité, de téléphone… À défaut, la note peut aussi être salée.